Hier j’écrivais des poèmes …

« Hier j’écrivais des poèmes
comme je distribue aujourd’hui les baisers.
Mes baisers sont moins chers et
mes poèmes de plus en plus rares.

Maintenant j’écris des poèmes seulement
quand la couleur d’une fleur me blesse
ou lorsqu’une chauve-souris
dans son vol nocturne frôle ma joue.

J’embrasse en toute saison.
J’embrasse des étudiants, des médecins
des poètes rencontrés au hasard.

Ensuite ils en font des poèmes
comme moi je distribue les baisers,
par poignées, à l’étourdie, à la hâte. » Halina POSWIATOWSKA (Poétesse et écrivaine polonaise très connue , décédée à l’âge de 32 ans après avoir subi une intervention chirurgicale (la 2e) pour malformation cardiaque. Ce poème fait partie des traductions françaises de Isabelle MACOR spécialiste en poésie polonaise)

Halina POSWIATOWSKA 1935/1967

La générosité …

 » Pour la plupart des gens, la générosité consiste seulement à donner. Mais recevoir est aussi un acte d’amour. Permettre à l’autre de nous rendre heureux, cela le rendra heureux aussi. » Paulo COELHO(Romancier, journaliste et interprète brésilien)

Sur la photo : Charlie CHAPLIN & Virginia CHERRILL

Il a neigé la veille …

 » Il a neigé la veille et, tout le jour, il gèle.
Le toit, les ornements de fer et la margelle
du puits, le haut des murs, les balcons, le vieux banc,
sont comme ouatés, et, dans le jardin, tout est blanc.
le grésil a figé la nature, et les branches,
sur un doux ciel perlé, dressent leurs gerbes blanches….  » François COPPÉE (Poète français – Vers Extraits d’un poète extrait de son recueil Promenades et intérieurs / 1872)

Les nus de Degas …

 » Au cours des années 1880, Degas entame une ambitieuse série de nus féminins à la toilette. S’il a déjà travaillé ce genre, notamment dans ses Jeunes Spartiates ( vers 1860/61) il l’a abandonné durant les années 1870 au profit des scènes de la vie modernes dans le milieu parisien. Il s’éloigne peu à peu des scènes de ballet pour se concentrer sur le thème des baigneuses. Sa contribution à la huitième et dernière exposition impressionniste consiste en une série de dix oeuvres présentées sous le titre commun : Suite de nus de femmes se baignant, se lavant, se séchant, s’essuyant, se peignant, se faisant peigner. Seule six ou sept de ces toiles seront exposées, mais son choix de présenter une série de nus féminins traduit une nouvelle orientation de son art. Deux ans plus tard, il reprendra le thème avec la présentation de neuf baigneuses lors d’une exposition à la galerie Boussod & Valandon sur le boulevard Montmartre. Ces nus annoncent l’engagement délibéré du peintre pour les sujets traditionnels. Toutefois, comme toujours chez Degas, ce dernier revisite la tradition avec un traitement moderne : il situe ses figures dans des appartements contemporains ou dans son propre atelier. La Suite de nus souligne également la préférence de Degas pour le travail au pastel, technique plus volontiers associée aux artistes rococo français du XVIIIe siècle et qui connaît alors un regain d’intérêt pour la nouvelle génération de peintres.  » Jon KEAR ( Professeur d’histoire et de théorie de l’art à Londres – Écrivain de nombreux ouvrages sur la peinture

Symphonie N°1 Op.25 dite  » La classique  » … Sergueï PROKOFIEV

(Vidéo : Le LONDON SYMPHONY ORCHESTRA – Direction : Valery GERGIEV)

Prokofiev a expliqué qu’il l’avait surnommée la classique parce qu’il avait souhaité qu’elle soit fidèle aux principes du style de Haydn, imaginant comment un tel Maître du passé aurait pu écrire une symphonie quelques siècles plus tard … Probablement en lui apportant de surprenants éléments , qui sait ? C’est en se basant là-dessus que, personnellement, il lui a insufflé un soupçon de provocation et un zeste d’humour.

Pour aimer cette symphonie, il faut la comprendre, comprendre ce que j’ai évoqué ci-dessus, car c’est ce qu’il a ressenti en l’écrivant. Il a commencé en 1916, a continué en 1917 de façon plus assidue, et la créera en 1918.

Elle est fascinante, orchestralement parlant surtout, harmonieusement inventive, altière, assez vivace et gaie, pleine de légèreté, forte mais douce également.

Les animaux en hiver …

Que font les animaux en hiver ?

Les oiseaux sont partis 

En Afrique et en Polynésie.

La neige tombe à gros flocons

Et recouvre de son blanc manteau

La colline, les parc, les côteaux

La ville, les jardins, les maisons.

L’ours, la hulotte et la marmotte

Se sont réfugiés dans la grotte,

La taupe, la lapine, les lapereaux

Dans leur terrier bien au chaud,

La biche, le cerf et le marcassin

Sous les grandes branches du sapin.

L’écureuil au fond de son trou

Attend des jours plus doux.

Seule la renarde se hasarde

Dans la bise glacée ,son pelage épais la garde

De l’hiver et de ses gelées.

Elle est à la recherche de nourriture

Pour sa nombreuse progéniture.  » Carmen MONTET (Enseignante et poétesse française)

Un écrivain…

« Un écrivain travaille avec un instrument qui est sa langue. Et alors là, toutes espèces de difficultés et d’épreuves l’attendent aussi. S’il veut être un écrivain complètement pluraliste, un écrivain fidèle à la langue telle qu’il l’a reçue de ses professeurs et de ses maîtres, il a une grande chance de manquer de liberté. Il y a des choses auxquelles un écrivain doit être absolument sensible : il faut que son langage soit absolument fidèle à la réalité. S’il fait parler un empereur qui appartient à la tradition classique, il faut que son style ait quelque chose de la tradition classique. S’il fait parler un ouvrier, il faut se garder de tous les mots de plus de quatre syllabes. Il faut être clair. L’écrivain qui ajoute des obscurités à la vie qui, Dieu merci, est déjà assez obscure, en créant une obscurité de mots pour faire beau, pour faire intéressant, pour faire amusant, pour que cela est l’air d’être quelque chose de nouveau, c’est tout à fait en dehors de sa vocation d’écrivain. Quand on écrit, c’est pour être compris. » Marguerite YOURCENAR (Femme de Lettres, romancière, poétesse, traductrice, essayiste et critique littéraire française, naturalisée américaine 1947))

Marguerite YOURCENAR (1903/1987)

Les encens …

« Chaque jour en vivant, nous aimons quelque chose.

Un sourire, un regard, un baiser, une fleur,

le ciel d’un matin pur, un crépuscule rose,

Un nuage plus banc sur un jour de chaleur,

au fond de la mémoire, un souvenir qui chante,

refleurissant le cœur qui s’en trouve embaumé,

un vieux refrain qui berce, un vers qui nous enchante !

C’est souvent ce qu’il faut pour vivre un jour aimé.

Et tous ces légers riens qui parfument nos heures

ont souvent plus de prix, font souvent plus de bien,

que tous les plaisirs fous, les fêtes pas meilleures

où le bruit captive, où le bonheur n’a rien.

Et tous ces petits riens menus, gracieux et fragiles,

arrivent jusqu’au cœur, y tombent pour briller,

comme des grains d’encens aux odeurs très subtiles,

qu’on met sur des charbons et qu’on laisse brûler.

Aussi, moi qui connais la valeur de ces choses,

j’ai voulu les garder, je veux les retenir :

parfums de mes amours, parfums de mes roses,

Oh ! restez dans mes vers, vous ne pouvez mourir !

J’aime tous ici-bas : chaque jour en mon âme

brûlent des grains d’encens ; parce que chaque jour

un sourire, un regard, un beau vers me réclame,

dans un chant, dans un son, je trouve un peu d’amour.

Et c’est dans cet encens que viennent les poèmes !

Chaque grain, en brûlant allume vite un vers !

Et parce que j’adore et que, joyeuse, j’aime,

je chanterai demain autant qu’hier !

Je chanterai toujours : l’amitié la meilleure,

la joie et les soucis, la pluie et le beau temps,

la lumière du jour, la nuance de l’heure,

les brumes de l’hiver et le retour du printemps !

Je chanterai, pourvu que dans mon chant suprême,

viennent encore brûler, tout au fond de mon cœur,

les petits grains d’encens qui forment les poèmes,

brûlent pour la beauté, chantant pour le bonheur ! » Germaine BERNIER (Professeur, journaliste, auteure, musicienne, poétesse, conférencière canadienne)

Germaine BERNIER 1902/1986

Merci et bienvenue …

J’ai eu le plaisir d’accueillir de nombreux nouveaux abonnés depuis ces fêtes de fin d’année et je les remercie, infiniment, d’avoir fait le choix de s’inscrire sur mon blog. Je tenais à leur souhaiter la bienvenue au travers de ce bouquet de saison. Pour moi c’est important de le faire.

Il est pour vous, mais il est également pour toutes celles et ceux qui me suivent depuis quelques années déjà. Je voulais qu’ils sachent que leur fidélité me touche énormément.

Je vous adresse à tous et toutes, anciens et nouveaux, mes amicales pensées.

Lisa ♥

Anna RAZUMOVSKAYA …

« Si on demandait à un artiste ce à quoi il pense en créant ses peintures, il donnerait une réponse à peine raisonnable à cette question. C’est quelque chose que l’on ne peut analyser. C’est un peu comme un miracle. On ne fait que dessiner, sans penser à quelque chose de précis, et c’est tout. Dieu seul sait comment cela se passe …. Plaisir, passion, joie sont les caractéristiques de ce processus. Personnellement, je dessine comme je vis : vite, facilement, brillamment. Mon art est le reflet de ma vie, le reflet de moi-même. » Anna RAZUMOVSKAYA (Peintre russe)

Anna RAZUMOVSKAYA

Anna Razumovskaya est une peintre russe très connue, née en 1962. Elle est diplômée de l’Université des Arts de Russie, puis s’est rendue parfaire son éducation picturale , et sa technique, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique. Ses différents voyages, de 1992 à 1995, lui ont permis d’aller à la rencontre d’autres influences artistiques.

Je suis persuadée que vous avez certainement vu, un jour, une de ses toiles car certaines d’entre elles sont célèbres. Non seulement, elle a fait l’objet de nombreuses expositions dans le monde, mais elle attire beaucoup les collectionneurs.

Elle avoue avoir une grande admiration pour Rubens, Rembrandt, Chagall, Sargent et Boldini, mais n’a jamais voulu que cela influence trop sa peinture, et ce afin de pouvoir rester elle-même et suivre ses propres émotions. C’est une artiste qui revendique le pouvoir que l’art peut avoir dans notre vie, dans nos ressentis, dans notre cheminement.

Il y a dans ses tableaux, beaucoup de romantisme, de grâce, d’expressivité, d’élégance, de couleurs, de lumière. Un beau mélange de moderne et de classique, qui arrivent à séduire, à capturer l’attention, lorsque l’on regarde ses merveilleux tableaux.

Elle vit désormais à Montréal au Canada.