Une chanson …

 » La chanson fait chanter notre mémoire  » Yves MONTAND (Chanteur et acteur français)

Yves MONTAND 1921/1991

 » Oh, je voudrais tant que tu te souviennes,
Des jours heureux quand nous étions amis,
Dans ce temps là, la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Tu vois je n’ai pas oublié.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi,
Et le vent du nord les emporte,
Dans la nuit froide de l’oubli.
Tu vois, je n’ai pas oublié,
La chanson que tu me chantais…
C’est une chanson, qui nous ressemble,
Toi qui m’aimais, moi qui t’aimais.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m’aimais, moi qui t’aimais.
Mais la vie sépare ceux qui s’aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m’aimais, moi qui t’aimais.
Et la vie sépare ceux qui s’aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis  » Jacques PRÉVERT (Poète français- En 1945 Joseph Kosma composa une musique pour un ballet de Roland Petit. Un an plus tard, sortait le film de Marcel Carné Les portes de la nuit. Le réalisateur demanda à Prévert d’écrire une chanson sur la musique de Kosma : Les feuilles mortes était née. Montand la fredonnera dans le film, et l’immortalisera en l’interprétant plus tard.

Une chanson …

«  La chanson Caruso, Je l’ai écrite par hasard. J’avais cassé mon bateau et je me suis retrouvé à Sorrente (près de Naples) dans l’hôtel où Enrico Caruso a passé ses derniers jours. On m’a logé dans sa suite. J’ai écrit la chanson en utilisant le piano sur lequel il jouait, et en m’inspirant d’une vieille chanson napolitaine. Je n’aurais jamais pensé qu’elle se vendrait à des  millions d’exemplaires dans le monde. Sans cette avarie, jamais je ne l’aurais écrite. Naples est ma deuxième ville, peut-être même la première. Bologne a été le centre intellectuel de l’Europe au Moyen-Âge, mais Naples est le cœur de la culture italienne. Des populations de toutes les origines y ont convergé et toutes ont trouvé leur place.  » Lucio DALLA (Auteur-compositeur-Interprète italien-La chanson Caruso a été écrite en 1986. Elle est dédiée au chanteur d’opéra Enrico CARUSO)

Lucio DALLA 1943/2012


Qui dove il mare luccica e tira forte il vento

Ici où il y a la mer et un vent si fort
Sulla vecchia terrazza davanti al golfo di surriento
Sur une vieille terrasse donnant sur le golfe de Sorrente
Un uomo abbraccia una ragazza dopo che aveva pianto
Un homme embrasse une fille après qu’elle eût pleurée
Poi si schiarisce la voce e ricomincia il canto
Puis il s’éclairci la voix et recommence son chant

Te voglio bene assai
Je t’aime tant
Ma tanto bene sai
Mais tant tu sais
E una catena ormai
C’est devenue une réaction en chaîne désormais
Che scioglie il sangue dint’e vene sai
Qui dissout le sang dans les veines, tu sais

Vide le luci in mezzo al mare penso alle notti là in America
Je vois ces lumières au milieu de la mer, et je pense aux nuits là-bas en Amérique
Ma erano solo le lampare e la bianca scia di un elica
Mais ce ne sont que les lampions des pécheurs et le sillage blanc d’une hélice
Senti il dollore nella musica e si alzo dal pianoforte
Il ressentit une douleur dans la musique, et il se leva du piano
Ma quando vide la luna uscire da una nuvola
Mais lorsqu’il vit la lune sortir d’un nuage
Gli sembrò più dolce anche la morte
Même la mort lui sembla plus douce
Guardo negli occhi la ragazza quegli occhi verdi come il mare
Il regarda la fille dans les yeux, ces yeux verts comme la mer
Poi all’improvviso usci una lacrima e lui credette di affogare
Puis à l’improviste une larme surgit, et lui il crut qu’il se noyait

Te voglio bene assai
Je t’aime tant
Ma tanto bene sai
Mais tant tu sais
E una catena ormai
C’est devenue une réaction en chaîne désormais
Che scioglie il sangue dint’e vene sai
Qui dissout le sang dans les veines, tu sais

Potenza della lirica dove ogni dramma é un falso
Puissance du lyrisme où chaque drame est une supercherie
Che con un po’di trucco e con la mimica puoi diventare un altro
Où avec un peu de maquillage et quelques mimiques tu peux devenir un autre
Ma due occhi che ti guardano cosi vicini e veri
Mes deux yeux qui te regardent de si près et si vrais
Ti fan scordarele parole confondonoi pensieri
Te font oublier les paroles et s’emmêler tes pensées
Cosi diventa tutto piccolo anche le notti la in America
Comme ça tout devient petit, tout comme ces nuits en Amérique
Ti volti e vedi la tua vita come la scia di un’elica
Tu te retournes et tu vois ta vie comme le sillage d’une hélice
Ma si é la vita che finisce ma lui non ci penso poi Tanto
Même si c’est la vie qui finit lui il y pense à peine
Anzi si sentiva gia felice e ricomincio il suo canto
D’ailleurs il se sentait déjà réconforté et il reprit son chant

Te voglio bene assai
Je t’aime tant
Ma tanto bene sai
Mais tant tu sais
E una catena ormai
C’est devenue une réaction en chaîne désormais
Che scioglie il sangue dint’e vene sai
Qui dissout le sang dans les veines, tu sais  » Paroles et musique de Lucio DALLA

Une chanson …

« Je suis un auteur qui a parfois des climats poétiques et parfois de la fulgurance poétique. Les poètes sont des oiseaux sans ailes qui sont tombés du ciel pour suivre une étincelle. Tu auras beau te parer d’or et te parfumer, on ne console pas un oiseau déplumé. » Serge LAMA (Auteur, chanteur, parolier français)

Serge LAMA

 » Je ne fume plus
Je ne rêve plus
Je n’ai même plus d’histoire
Je suis sale sans toi
Je suis laid sans toi
Comme une orphelin dans un dortoir
Je n’ai plus envie
De vivre ma vie
Ma vie cesse quand tu pars
Je n’ai plus de vie
Et même mon lit
Se transforme en quai de gare
Quand tu t’en vas, Je suis malade
Complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Me laissant seul avec mon désespoir
Je suis malade
Complètement malade
J’arrive on ne sait jamais quand
Tu pars on ne sait jamais où
Et ça va faire bientôt deux ans
Que tu t’en fous .Comme à un rocher
Comme à un péché
Je suis accroché à toi
Je suis fatigué, je suis épuisé
De faire semblant d’être heureux
Quand ils sont là
Je bois toutes les nuits
Et tous les whiskys
Pour moi ont le même goût
Et tous les bateaux
Portent ton drapeau
Je ne sais plus où aller tu es partout. Je suis malade
Complètement malade
Je verse mon sang dans ton corps
Et je suis comme un oiseau mort
Quand toi tu dors
Je suis malade
Parfaitement malade
Tu m’as privé de tous mes chants
Tu m’as vidé de tous mes mots
Pourtant moi j’avais du talent
Avant ta peau. Cet amour me tue
Si ça continue
Je crèverai seul avec moi
Près de ma radio
Comme un gosse idiot
Écoutant ma propre voix qui chantera. Je suis malade
Complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Et qu’elle me laissait seule avec mon désespoir
Je suis malade
C’est ça
Je suis malade
Tu m’as privé de tous mes chants
Tu m’as vidé de tous mes mots
Et j’ai le cœur complètement malade
Cerné de barricades
T’entends
Je suis malade « Paroles Serge LAMA – Musique Alice DONA

Une chanson …

 » Le challenge, pour moi, c’est de réussir à écrire une chanson que personne d’autre ne pourrait écrire. » Charles AZNAVOUR (Auteur-compositeur-interprète, acteur, écrivain français)

Charles AZNAVOUR (1924/2018)

 » Hier encore, j’avais vingt ans, je caressais le temps
J’ai joué de la vie
Comme on joue de l’amour et je vivais la nuit
Sans compter sur mes jours qui fuyaient dans le temps
J’ai fait tant de projets qui sont restés en l’air
J’ai fondé tant d’espoirs qui se sont envolés
Que je reste perdu, ne sachant où aller
Les yeux cherchant le ciel, mais le cœur mis en terre

Hier encore, j’avais vingt ans, je gaspillais le temps
En croyant l’arrêter
Et pour le retenir, même le devancer
Je n’ai fait que courir et me suis essoufflé
Ignorant le passé, conjuguant au futur
Je précédais de moi toute conversation
Et donnais mon avis que je voulais le bon
Pour critiquer le monde avec désinvolture


Hier encore, j’avais vingt ans mais j’ai perdu mon temps
À faire des folies
Qui me laissent au fond rien de vraiment précis
Que quelques rides au front et la peur de l’ennui
Car mes amours sont mortes avant que d’exister
Mes amis sont partis et ne reviendront pas
Par ma faute j’ai fait le vide autour de moi
Et j’ai gâché ma vie et mes jeunes années
Du meilleur et do pire en jetant le meilleur
J’ai figé mes sourires et j’ai glacé mes pleurs
Où sont-ils à présent?
À présent
Mes vingt ans …  » Paroles et musique Charles AZNAVOUR

Une chanson …

« Rappelons que la chanson est un art mineur, car c’est ainsi que l’on désigne tout art ne requérant pas d’initiation ; et qu’il peut y avoir des chefs-d’œuvre dans un art mineur ….. et des horreurs dans un art majeur !  » Françoise HARDY (Auteure-compositrice-interprète française)

 » Beaucoup de mes amis sont venus des nuages
Avec soleil et pluie comme simples bagages
Ils ont fait la saison des amitiés sincères
La plus belle saison des quatre de la Terre

Ils ont cette douceur des plus beaux paysages
Et la fidélité des oiseaux de passage
Dans leurs cœurs est gravée une infinie tendresse
Mais parfois dans leurs yeux se glisse la tristesse
Alors, ils viennent se chauffer chez moi
Et toi aussi, tu viendras

Tu pourras repartir au fin fond des nuages
Et de nouveau sourire à bien d´autres visages
Donner autour de toi un peu de ta tendresse
Lorsqu’un autre voudra te cacher sa tristesse

Comme l´on ne sait pas ce que la vie nous donne
Il se peut qu´à mon tour je ne sois plus personne
S´il me reste un ami qui vraiment me comprenne
J´oublierai à la fois mes larmes et mes peines
Alors, peut-être je viendrai chez toi
Chauffer mon cœur à ton bois  » Chanson de Jean-Max RIVIÉRE (Paroles) & Gérard BOURGEOIS (Musique) – Interprétation Françoise HARDY

Mon enfance …

 » La chanson est dans le quotidien de chacun : c’est sa fonction, sa force. Sociale, satirique, révolutionnaire, anarchiste, gaie, nostalgique. Elle ramène chacun de nous à son histoire … » BARBARA 1930/1997

 »J’ai eu tort, je suis revenue dans cette ville au loin perdue
Où j’avais passé mon enfance
J’ai eu tort, j’ai voulu revoir le coteau où glissait le soir
Bleu et gris, ombres de silence
Et j’ai retrouvé comme avant
Longtemps après
Le coteau, l’arbre se dressant
Comme au passé ; J’ai marché les tempes brûlantes
Croyant étouffer sous mes pas
Les voies du passé qui nous hantent
Et reviennent sonner le glas
Et je me suis couchée sous l’arbre
Et c’était les mêmes odeurs
Et j’ai laissé couler mes pleurs
Mes pleurs ; j’ai mis mon dos nu à l’écorce, l’arbre m’a redonné des forces
Tout comme au temps de mon enfance
Et longtemps j’ai fermé les yeux, je crois que j’ai prié un peu
Je retrouvais mon innocence
Avant que le soir ne se pose
J’ai voulu voir
La maison fleurie sous les roses
J’ai voulu voir
Le jardin où nos cris d’enfants
Jaillissaient comme source claire
Jean-Claude et Régine et puis Jean
Tout redevenait comme hier
Le parfum lourd des sauges rouges
Les dahlias fauves dans l’allée
Le puits, tout, j’ai tout retrouvé
Hélas . La guerre nous avait jeté là, d’autres furent moins heureux je crois
Au temps joli de leur enfance
La guerre nous avait jeté là, nous vivions comme hors-la-loi
Et j’aimais cela quand j’y pense
Oh mes printemps, oh mes soleils, oh mes folles années perdues
Oh mes quinze ans, oh mes merveilles
Que j’ai mal d’être revenue
Oh les noix fraîches de septembre
Et l’odeur des mûres écrasées
C’est fou, tout, j’ai tout retrouvé
Hélas. Il ne faut jamais revenir aux temps cachés des souvenirs
Du temps béni de son enfance
Car parmi tous les souvenirs, ceux de l’enfance sont les pires
Ceux de l’enfance nous déchirent
Oh ma très chérie, oh ma mère, où êtes-vous donc aujourd’hui?
Vous dormez au chaud de la terre
Et moi je suis venue ici
Pour y retrouver votre rire
Vos colères et votre jeunesse
Et je reste seule avec ma détresse
Hélas. Pourquoi suis-je donc revenue et seule au détour de ces rues
J’ai froid, j’ai peur, le soir se penche
Pourquoi suis-je venue ici, où mon passé me crucifie
Elle dort à jamais mon enfance » Paroles et musique de Monique Andrée SERF dite BARBARA (Auteure-compositrice-interprète française)