Les patineurs …

 » Il fait froid, on a chaud, on est libre
La vitesse nous tient en équilibre
Les yeux brillent et sur deux lames on glisse
Sans ciller sur la surface lisse.

Pour s’initier aux joies de la glace
Des danseurs qui patinent avec grâce,
Glissons sans songer au malheur
Sur la glace, on prend de belles couleurs

Lorsque nous connaissons l’effroi,
Lorsque la peur nous met dans l’embarras
Balançons jambes et bras

Et sourions car chacun sait
Nous sommes les artisans de nos peurs
Et le bonheur suit de près le succès  » Alain HANNECART (Poète français)

Photos-collage : Silvia HOKKE

Des roses sous la neige …

 » Pourquoi, Seigneur, fais-tu fleurir ces pâles roses,
Quand déjà tout frissonne ou meurt dans nos climats ?
Hélas ! six mois plus tôt que n’étiez-vous écloses ?
Pauvres fleurs, fermez-vous ! voilà les blancs frimas !

Mais non, refleurissez ! Le bonheur et les larmes
Dans nos cœurs (Dieu le veut) se rejoignent ainsi.
Si près de ces glaçons, ces fleurs ont plus de charmes ;
Et si près de ces fleurs, l’hiver est plus transi.  » Alphonse de LAMARTINE (Poète, romancier, dramaturge français / Extrait de son recueil Harmonies poétiques et religieuses (Pièces rajoutées)

« Dernières roses » Jules BRETON

Le Houx et le Gui …

« Coupez le gui ! Coupez le houx !
Feuillage vert, feuillage roux,
mariez leurs branches ;
perles rouges et perles blanches,
coupez le gui ! Coupez le houx !
C’est la Noël, fleurissez vous !
chassez les grives et les merles,
chassez les mésanges au dos bleu
du gui dont les fleurs sont des perles,
du houx dont les fleurs sont du feu !
Courez à la forêt prochaine,
courez à l’enclos des fermiers ;
coupez le gui sur le grand chêne,
coupez le gui sur les pommiers.
coupez le houx le long des haies
qui bordent le chemin des bois ;
coupez le houx sous les futaies
où sont nos vieux temples gaulois ?
… Et coupez-les par tas, par piles !
Liez en gerbes leurs rameaux,
Et qu’on en pavoise les villes,
qu’on en pavoise les hameaux !
Coupez le gui ! Coupez le houx !
Feuillage vert, feuillage roux,
mariez leurs branches !
perles rouges et perles blanches ;
coupez le gui ! Coupez le houx !
c’est la Noël ! Fleurissez-vous !  » Charles FRÉMINE ( Écrivain, poète, journaliste français – Extrait de son ouvrage Poésies, comptines et chansons pour Noël/Gallimard 1988) 

La comptine du Père Noël …

A ma petite-fille qui m’a récité ce délicieux poème :

 » Quand je serai très vieux,
Je serai Père Noël
Je vivrai dans les cieux,
Sous un toit d’arc-en-ciel.
Mes ateliers-jouets
Seront dans les nuages,
De là-haut je verrai
Quels sont les enfants sages.
Mais je me souviendrai
De quand j’étais petit,
Des caprices que j’ai faits,
Des mensonges que j’ai dits.
Et j’aurai dans ma hotte,
Pour les petits coquins,
Des jouets qui clignotent
Et des ours câlins.  » Corinne ALBAUT (Auteur de livres pour enfants, auteur-compositeur-interprète)

La crèche de Noël …

 » Devant la crèche de Noël
Nous avons posé de la mousse
Amenée par la ribambelle :
A l’enfant-Dieu une herbe douce

Nous avons posé les moutons
Maman a prêté son miroir
Qui sera l’étang des canards
Nous avons mis un petit pont

Où passent deux et trois santons
Portant le pain sans une hotte
Et sur le ôté de la grotte
Nous avons posé du coton

Ce sont les nuages du ciel
Qui tiennent chaud le pied des anges
Comme l’Enfant dedans ses langes
C’est notre crèche de Noël

Voici Joseph, le chaste époux
Dans sa brune robe de bure
Et la Sainte Vierge, à genoux
Dans sa belle robe d’azur

Couleurs de la terre et du ciel
Unis pour la Nouvelle Alliance
Et même une étoile s’avance
C’est le miracle de Noël

Voici le bœuf et l’âne gris
Couchés près du divin poupon
Tandis que chante dans la nuit
La pastorale des santons

Voici notre progéniture
Qui regarde le doux Jésus
Ils ont le cœur et les yeux purs
Et leurs âmes sont toutes nues

Nous allons prier le Sauveur
Donne-moi ta main, mon amour
Nous allons prier que cette heure
Dure encore, encore et toujours. « Yves-Marie ADELINE (Écrivain, poète et musicologue français)

Noël n’est pas au magasin …

 » Je voudrais bien faire plaisir
Je voudrais être riche
Pour acheter et pour offrir
Ce qui est sur les affiches
Tout ce que d’autres ont fabriqué
Mais je n’ai que trois sous légers
Comment faire quand même
Cadeau à ceux que j’aime
Noël n’est pas au magasin
Mais dans mon cœur et dans mes mains
Et si j’en prends la peine
Ma tête est toute pleine
De ce que j’offrirai demain
Noël n’est pas au magasin

Avec du papier, des ciseaux
Des crayons, de la colle
Je ferai naître des oiseaux
Qui chantent et qui s’envolent
Avec quatre bouts de tissu
Des rubans, des boutons perdus
Du coton bleu ou rose
J’inventerai des choses
Noël n’est pas au magasin
Mais dans mon cœur et dans mes mains
Et si j’en prends la peine
Ma tête est toute pleine
De ce que j’offrirai demain
Noël n’est pas au magasin

Quand j’aurai fabriqué des fleurs
Des lampions des images
Dans un grand morceau de bonheur
Je ferai l’emballage
Et pour me ficeler tout ça
Un grand sourire suffira
Mon cadeau est à prendre
Voyez comme il est tendre
Noël n’est pas au magasin
Mais dans mon cœur et dans mes mains
Et si j’en prends la peine
Ma tête est toute pleine
De ce que j’offrirai demain
Noël n’est pas au magasin.  » Anne SYLVESTRE (Auteure-compositrice française)

Photo de Natasha RODIONOVA

Les sapins

 » Les sapins en bonnets pointus
De longues robes revêtus
Comme des astrologues
Saluent leurs frères abattus
Les bateaux qui sur le Rhin voguent

Dans les sept arts endoctrinés
Par les vieux sapins leurs aînés
Qui sont de grands poètes
Ils se savent prédestinés
À briller plus que des planètes

À briller doucement changés
En étoiles et enneigés
Aux Noëls bienheureuses
Fêtes des sapins ensongés
Aux longues branches langoureuses

Les sapins beaux musiciens
Chantent des noëls anciens
Au vent des soirs d’automne
Ou bien graves magiciens
Incantent le ciel quand il tonne

Des rangées de blancs chérubins
Remplacent l’hiver les sapins
Et balancent leurs ailes
L’été ce sont de grands rabbins
Ou bien de vieilles demoiselles

Sapins médecins divaguants
Ils vont offrant leurs bons onguents
Quand la montagne accouche
De temps en temps sous l’ouragan
Un vieux sapin geint et se couche  » Guillaume APOLLINAIRE (Extrait son recueil Alcools / Rhénanes-1913)

Tableau de Paul CORNOYER

La boule de Noël …

 » La boule de Noël qui pare les sapins
est née à Meisenthal en pays de Moselle.
Quand la récolte des pommes ne fut pas belle,
la disette de pommes rouges c’est malin,
fit place au verre soufflé au verre filé,
au bois au métal au coton et au papier.
En dix-huit cent cinquante huit un bon verrier
Se mit à faire des fruits en verre moulé.
On y ajouta par la suite des guirlandes
Et des cheveux d’anges s’accrochèrent aux branches,
Des chandelles firent écho de lueurs blanches
à l’étoile du faîte qui est la plus grande,
symbole du havre de paix qu’est le foyer
où se passe le mystère que vous voyez.  » Roger MIALON ( Poète français )

Première neige …

 » Une plume blanche et légère,
Effleure la joue d’un sapin
Qui accueille cette étrangère
Comme une caresse en satin.

Puis c’est un doux duvet qui pose
Sa grande main immaculée,
Comme un silence sur les choses,
Un soupir s’élève, étouffé.

La forêt ne respire pas,
Les oiseaux suspendent leurs chants,
Le temps même allège son pas
Pour honorer l’elfe aux gants blancs

Qui, lentement, tire le voile
Sur la nature et son jardin.
Là-haut, se taisent les étoiles,
La nuit s’endort dans un écrin. » Un poème de Marie-France MELLONE (Poétesse française)