La marelle …

 » La marelle s’en est allée
Ne cherchez plus sur le pavé,
Plus de dessin , plus de trace
Tous les souvenirs s’effacent …
Sauriez-vous encore dessiner
La marelle des jeunes années ?
Déjà coquettes et court-vêtues,
Les bras sur les côtés tendus,
Comme elles étaient légères ces filles
En socquettes sur les chevilles …
Elles sautaient d’un pied jusqu’au ciel
Emportant mon cœur avec elles….  » François BESNARD ( Poète français )

Un tableau de Maria Magdalena OOSTHUIZEN

Une porte …

 » Entrée ou sortie ? Bienvenue ou au revoir ?
Ouverte le jour mais fermée le soir
Au seuil ou sur le pas, l’œil pour décider…
Le sort est scellé d’un tour de poignée

Très souvent toutes se ressemblent
Celles qui séparent comme celles qui rassemblent
Battante ou dérobée, en métal ou bois dur
Fermée sur le passé ouverte sur le futur

Frappez et on vous ouvrira dit le Prêcheur
Sonnez deux fois précisent-on au Facteur
NE PAS DERANGER ! Demande le client de la 17
ATTENTION AU CHIEN ! Prévient la petite affichette

Parfois l’oreille s’y colle pour percer le secret
D’un chuchotement que l’on voulait discret
Un petit mot glissé par le dessous
Rappelle à l’absent un prochain rendez-vous

Peu importe ce que la rumeur colporte
Le vent de mon indifférence l’emporte
Seuls l’amour et l’amitié m’apportent
Le désir irrépressible de leur ouvrir ma porte. » Elie AYACHE (Poète libanais)

  » Portes  » de Trine SONDERGAARD (Photographe et artiste contemporaine danoise )

Mon jardin sous mes mots …

‘ Roses, jasmins, iris, lilas, volubilis,
cerisiers du Japon et jeunes arbousiers,
colorant le matin de leurs chants printaniers
adornent mon jardin de vivants ex-libris.

Abeilles et frelons s’y disputant les lys,
piétinent les pistils sans aucune pitié,
alors que, s’échappant des pages d’un herbier,
un papillon de nuit dévore un myosotis.

Solitaire et pensif, un arôme somnole
sous le dais argenté d’un antique olivier,
dont l’ombre de satin imite l’Acropole.

Dans mon jardin aussi, le soleil a planté
une pure fontaine, comme un encrier,
où je plonge ma plume et bois l’éternité. » Francis Etienne SICARD (Poète et écrivain français / Son poème Mon jardin sous mes mots a été écrit en 2009 )

Tableau de Antonietta VARALLO

Elle passe des heures émues …

 » Elle passe des heures émues
appuyée à sa fenêtre,
tout au bord de son être,
distraite et tendue.

Comme les lévriers en
se couchant leurs pattes disposent,
son instinct de rêve surprend
et règle ces belles choses

que sont ses mains bien placées.
C’est par là que le reste s’enrôle.
Ni les bras, ni les seins, ni l’épaule,
ni elle-même ne disent : assez !  » Rainer Maria RILKE (Poète autrichien – Extrait du recueil Les Fenêtres/1927) 

Sur la photo : l’actrice Jenna COLEMAN

Un baiser …

» Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce?
Un serment fait d’un peu plus près, une promesse
plus précise, un aveu qui se veut confirmer,
un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer.
C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
une communion ayant un goût de fleur,
une façon d’un peu se respirer le cœur,
et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme! … » Edmond ROSTAND ( Extrait Acte III/ Scène 10 dans Cyrano de Bergerac )

Sculpture de Georges DIEBOLT

16.2.2021 : Mardi-Gras …

 » Venise en organza, plumes et soie précieuse
Habille ses folies de fastes tapageurs
Sous le masque, reluit la flamme aventureuse
Des beaux yeux de l’Amour, éternel voyageur.

Il volète, insouciant comme ce papillon
Que de sa main gantée la belle attire à elle
Mais qui s’enfuit déjà plus loin , à tire-d’aile
Vers le bleu d’un regard ou l’émoi d’un frisson !

Les décors somptueux de ces fêtes profanes
Et le gai tourbillon de tant de femmes fleurs
Que les hommes pressants suivent avec ardeur
Sont déjà révolus, leur image se fane…

Venise en organza, plumes et soie précieuse
Hante mes souvenirs sur la place Saint-Marc
Et j’ai le blues de toi, Belle mystérieuse
Sous le masque blafard où brûlait ton regard.  » Michèle CORTI (Poétesse française)


https://pointespalettespartition.wordpress.com/2020/02/25/25-2-2020-mardi-gras/

La nuit n’est jamais complète …

 » La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.  » Eugène GRINDEL dit Paul ÉLUARD (Poète français / Extrait de son recueil Derniers poèmes d’amour)

Tableau de Pier Paolo ROVERO

Psyché et l’amour …

 » Tout l’Univers obéit à l’Amour ;
belle Psyché, soumettez-lui votre âme.
Les autres dieux à ce dieu font la cour,
et leur pouvoir est moins doux que sa flamme.
Des jeunes cœurs c’est le suprême bien
aimez, aimez ; tout le reste n’est rien.

Sans cet Amour, tant d’objets ravissants,
lambris dorés, bois, jardins, et fontaines,
n’ont point d’appâts qui ne soient languissants,
et leurs plaisirs sont moins doux que ses peines.
Des jeunes cœurs c’est le suprême bien
aimez, aimez ; tout le reste n’est rien.  » Jean de LA FONTAINE ( Poète français )

Détail de la sculpture Psyché ranimée par le baiser de l’amour d’Antonio CANOVA (1777)

2.2.2021 : la Chandeleur …

 » Je suis menue et toute blonde
Avec des taches de rousseur
Deux yeux dans ma figure ronde
En rondelle de banane en fleur

Le bout du nez en chantilly
Et le sourire en confiture
Je suis la reine du jury
La plus belle des créatures

C’est ma fête à la chandeleur
On me fait faire des galipettes
On me tourne et j’ai mal au cœur
Je vole à en perdre la tête

J’entends tout le monde qui rit
En regardant mon vol de guêpe
Parce que lorsque j’atterris
Je m’étale comme une crêpe  » Yves LE GUERN (Poète, auteur-compositeur français)

Tableau de Wilhelm ROSENSTAND

https://pointespalettespartition.wordpress.com/2020/02/02/2-2-2020-la-chandeleur/

L’écureuil et la neige …

« Le flocon de neige tombe élégamment des cieux,
Désireux de visiter nos lieux.
Il survole la forêt tout en l’admirant,
Se laissant entraîner par le vent.
Une branche de sapin l’accueille.
Il attire l’attention d’un jeune écureuil
Qui s’approche, le regard étonné
De voir une chose aussi délicate et raffinée.
Et bientôt le ciel recouvert d’un tapis de coton
S’embellit d’une myriade de flocons.
C’est d’une telle splendeur
Que son cœur s’emplit de joie et de bonheur.
Et la magie de la neige transforme la forêt :
Tout ce qui était sombre et triste se revêt
D’un manteau d’un blanc immaculé,
Rendant le paysage d’une incroyable beauté. » Alain SOULET (Poète français)