La photographie … par Jacques-Henri LARTIGUE

 » La photographie est une chose magique, une chose qui a des odeurs mystérieuses un peu étranges et effrayantes. C’est un art que vous apprenez à aimer très rapidement. Je prends des photos avec amour, j’essaie alors d’en faire des œuvres d’art. Mais je les faits d’abord pour moi, c’est important, et si ce sont des œuvres d’art ça me va. !

Pour moi, la photographie c’est saisir un instant qui passe et qui est vrai. Quant au cadrage, la composition, la mise au point, ce n’est pas le moment de se poser des questions : il faut faire confiance à son intuition. 

Parler de la photo plutôt que d’en faire me semble idiot. C’est comme si je m’arrêtais de parler d’une femme que j’aime au lieu de lui faire l’amour » Jacques-Henri LARTIGUE (Photographe, écrivain et peintre français)

JACQUES HENRI LARTIGUE 1
Jacques-Henri LARTIGUE 1894/1986 –  » L’ultime Peter Pan de la photographie  » disait de lui Michael HOPPEN, propriétaire d’une galerie très connue de Londres .
LARTIGUE HENDAYE 1934
 » HENDAYE 1934 – Jacques-Henri LARTIGUE
LARTIGUE Hippodrome d'Auteuil 1911
 » Hippodrome d’Auteuil 1911 – Jacques- Henri LARTIGUE
LARTIGUE Dany Michon et Bobby, Club de Friborg 1936
 » Dany, Michon et Bobby – Club de  Fribord 1936  » – Jacques-Henri LARTIGUE
 » Grand Prix de l’Automobile Club de France  » 1912 – Jacques-Henri LARTIGUE
Londres Juillet 1967 – Jacques Henri LARTIGUE

Herman LEONARD … L’œil du jazz

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Herman LEONARD

 » Toutes mes photos de jazz, je les faisais strictement pour moi-même. Au bout d’un certain temps, j’ai réalisé des contrats pour des maisons de disques en particulier Verve Records avec Norman Granz en tant que producteur. Mais le public n’a rien su de mon travail, en termes historiques, avant 1968. Quarante ans après les avoir photographiés, j’avais ma première exposition complète de mon travail de jazz à Londres en Angleterre. En conséquence, une société est devenue le sponsor et a décidé de faire une tournée aux Etats Unis et en Europe. Cette tournée m’a conduit à une exposition à Washington et c’est là que Mr John Edward Hasse, conservateur de la musique américaine au Musée National d’Histoire américaine m’a dit : «  Mr Leonard, j’aimerai beaucoup que vous fassiez partie du Smithsonian  » – Je lui ai répondu  » Oh mon Dieu ! C’est le plus grand honneur que je puisse jamais recevoir !  « 

Dans les clubs j’étais limité à l’équipement que j’avais. J’ai toujours porté deux petites lumières stroboscopiques portables. Être confiné à deux sources de lumière m’a procuré un avantage : je devais faire attention. Beaucoup de photographes ont utilisé trop de lumière et ont tout compliqué. En ce qui me concerne, j’ai toujours essayé de préservé, autant que possible, l’atmosphère pure du club. Je l’ai fait en plaçant une lumière stroboscopique à côté du projecteur du club au plafond. L’autre je l’ai placé derrière l’artiste en arrière-plan. J’ai utilisé des unités sans fil pour déclencher les flashs, mais je n’utilisais ces flashs que si je devais le faire. La lumière dérangeant les artistes. La plupart des photos que j’ai prises ont été faites lors des répétitions, alors ce n’était pas si mal. Pendant que je travaillais, les propriétaires des clubs ont toujours été très coopératifs. Bien sur je n’ai pas tiré toute la nuit. Cela aurait été trop envahissant pour les musiciens et le public. Je me limitais donc au nombre de prises de vue. ….  Lors d’une exposition à Denver, trois adolescents sont venus vers moi. Ils devaient avoir 13 ou 14 ans. Ils m’ont dit :  » Mr Leonard nous sommes ravis que vous soyez là parce que nous aimons la musique, mais nous n’avons jamais vraiment compris à quoi elle ressemblait  » . J’ai eu un frisson. Je veux dire que ce ne sont pas des musiciens qui ont compris, c’était des adolescents. Et si je peux les atteindre et influer sur leur réaction au jazz, c’est très gratifiant. Ce que je veux dire c’est que vous faites un gâteau et tout le monde l’aime. Quoi de mieux que ça ?  » Herman LEONARD ( Photographe américain spécialisé dans les photos des stars du jazz )

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Dizzie GILLEPSIE – Herman LEONARD
HERMAN LEONARD 1956 CHET BAKER
Chet BAKER – 1956 – Herman LEONARD
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Duke ELLINGTON – 1958 – Herman LEONARD
HERMAN LEONARD 1965 Louis ARMSTRONG NEWPORT
Louis ARMSTRONG – 1965 – Herman LEONARD
Nat KING COLE – 1949 – Herman LEONARD
Miles DAVIS – 1989 – Herman LEONARD
Ella FITZGERALD – 1949 – Herman LEONARD

Un portrait … par Philippe HALSMAN

 » En photographiant la beauté d’une personne, j’essaie  de montrer son caractère. Une fois, j’ai photographié un homme avec un gros nez, en soulignant bien son gros nez, et il était content de la photo. Cela ne pourrait pas arriver avec une femme : la femme la plus intelligente rejettera un portrait s’il ne la flatte pas. Une seule fois, au cours de ma carrière, une blonde m’a demandé :  » s’il te plait, fais-moi paraître intelligente  » … Malheureusement c’était impossible ! Un vrai portrait devrait, dans cent ans à compter de maintenant, témoigner de l’apparence et l’identité humaine. Parmi les milliers de personnes célèbres ou inconnues qui se sont assises devant ma caméra, on me demande souvent quel était le sujet le plus difficile, le plus facile, ou bien encore quelle photo est ma préférée. Cette dernière question reviendrait à demander à une mère quel enfant elle aime le plus.

Qu’est-ce que je veux capturer le plus dans mes photographies ? L’émotion humaine et l’essence de l’être humain. Un bon portrait est incroyablement difficile à créer. Il y a trop de tentation de flatter l’individu plutôt que de le dépeindre comme il est. La plupart des gens se raidissent de gêne lorsqu’ils posent pour une photo. L’éclairage et le bon appareil photo sont inutiles si le photographe ne peut pas leur faire baisser le masque, au moins pour un moment, afin qu’il puisse capturer sur son film leur personnalité et leur caractère réels et non déformés.

Tous les visages que je regarde me semblent cacher et parfois fugitivement révéler, le mystère d’un être. Capturer cette révélation devint le but et la passion de ma vie. Je suis devenu un collectionneur, je collectionne des reflets d’intériorité. Ceux de tous les gens qui passent devant mon objectif. »  Philippe HALSMAN ( Photographe-portraitiste américain)

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 Autoportrait  – Philippe HALSMAN 1906/1979
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 Jean COCTEAU  – 1949 – Philippe HALSMAN
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Marilyn MONROE – 1952 – Philippe HALSMAN
HALSMAN 1962Promotion pour le film les oiseaux
 Alfred HITCHCOCK pour la promotion du film  » Les Oiseaux  » – 1962 – Philippe HALSMAN
HALSMAN 1963 Mohamed ALI Cassius CLAY
 Mohamed ALI dit CASSIUS CLAY – 1963 – Philippe HALSMAN
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 » Portrait-saut  » – FERNANDEL – 1948 –  Philippe HALSMAN  («  Lorsque vous demandez à une personne de sauter, son attention est essentiellement portée sur l’action de sauter et le masque tombe, révélant la vraie personnalité. » ) – Il a fait  » sauter  » de très nombreuses personnalités. Toutes ces photos précisément ont été réunies dans un ouvrage qui fut publier en 1959 et qui s’intitule  » Le Jump Book «
 » Audrey HEPBURN  » 1954 – Philippe HALSMAN
Salvador DALI 1940 – Philippe HALSMAN
Grace KELLY 1952 – Philippe HALSMAN

La photographie … par Fouad ELKOURY

« Ce n’est jamais facile de devenir photographe. Tout comme il n’est pas facile d’aimer. Ça arrive, c’est tout. Et quand vient la révélation, il faut savoir discerner l’essentiel et avoir le courage d’aller jusqu’au bout. Il faut une envie profonde couplée à une attention de chaque instant pour photographier. Le photographe est habité par ce qu’il cherche, il est dévoré par le besoin de communiquer une émotion ressentie et la restituer sous forme d’image. Tout le temps que dure la prise de vue, il est animé par un désir d’autant plus aigu qu’il est incertain d’atteindre son objectif. Sur un cliché effectivement pris, combien d’autres sont ratés ? Et combien d’autres ont été laissés de côté ? On passe souvent près d’une photo dont on sait qu’elle sera bonne, simplement parce que les conditions du moment nous auront empêché de la prendre. Tout d’un coup, on voit la photo, on sent dans son bras un tressaillement et parce que l’on a pas d’appareil sur soi, on est, pendant ce court instant, en état de manque …. Ces images vues, mais non prises, sont celles dont on se souvient longtemps après. Elles font partie du parcours du photographe au même titre que les autres. Il les a en tête quand il regarde l’ensemble de son travail, elles s’inscrivent dans sa mémoire comme des images virtuelles et meurent avec lui faute de traces. » Fouad ELKOURY ( Photographe et cinéaste libanais – Extrait de son livre La Sagesse du Photographe )

FOUAD ELKOURY
Fouad ELKOURY

Portrait photographique … par Gisèle FREUND

Gisèle FREUND (1908-2000)

 » J’ai toujours considéré le portrait comme un reportage . Un photographe doit lire un visage comme la page d’un livre. Il doit déchiffrer aussi ce qui est écrit entre les lignes. On ne demande pas au photographe de créer les formes, mais de les reproduire. Dans la hiérarchie des artistes, il se rapproche du traducteur, et un bon traducteur doit savoir écrire lui-même. Personne ne se voit tel qu’il parait aux autres. Nous habitons notre visage sans le voir, mais nous exposons cette partie du corps au premier venu que l’on croise dans la rue. Nous nous regardons dans la glace, mais celle-ci reflète nos traits à l’envers. De plus, les pressions et les convenances de la société nous ont obligé à porter un masque pour cacher nos émotions, nos fatigues et nos désillusions. C’est pourquoi les visages ouverts des enfants nous émeuvent par leur innocence. Quand nous nous regardons, nous ne voyons pas seulement nos traits, mais aussi notre caractère, car le portrait que nous faisons de nous-mêmes est d’ordre psychologique plutôt que visuel. Révéler l’homme à l’autre, être un langage universel, accessible à tous, telle demeure pour moi la tâche primordiale de la photographie.

Le visage humain m’a toujours fasciné. Le bon portrait est celui où l’on retrouve la personnalité du sujet et non celle du photographe. Ce qui compte, à mon sens, c’est que l’on dise devant une photographie : C’est André Malraux ou Virginia Woolf et non C’est une photo de Gisèle Freund . Si j’ai su parfois capter la personnalité d’un écrivain ou d’un artiste, c’est parce que n’existait entre eux et moi d’autre relation que l’amitié ou l’estime. Il n’y a jamais eu une commande, jamais il ne fut question d’argent. J’étais libre de réaliser des portraits comme je l’entendais, alors que des commandes officielles m’auraient forcément obligée à des concessions. Gisèle FREUND (Sociologue et photographe-portraitiste française d’origine allemande.)

Charles DE GAULLE & André MALRAUX – Photo de Gisèle FREUND
Frida KHALO & Diego RIVERA – Photo de Gisèle FREUND
Colette – Photo de Gisèle FREUND
André BRETON – Photo de Gisèle FREUND
Simone DE BEAUVOIR -Photo de Gisèle FREUND
Alberto GIACOMETTI – Photo de Gisèle FREUND
Henri MATISSE – Photo de Gisèle FREUND
Virginia & Léonard WOOLF – Photo de Gisèle FREUND (Elle fut l’une des premières à utiliser la couleur en 1938)

Les bons photographes … par Jean-Loup SIEFF

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Jean-Loup SIEFF (1933/2000)

 » Les bons photographes sont rares et indéfinissables, mais ils ont toujours un trait en commun : aller au-delà d’eux-mêmes, être plus qu’ils ne pourraient être, avoir en eux cette petite musique …. bref, être un peu miraculeux ! Après tout, ce que l’on appelle les bons photographes ne sont pas ceux à qui cet incident chanceux est arrivé un grand nombre de fois, parce que faire une photo c’est toujours gagner contre le hasard. Le hasard de la rencontre, celui de la compréhension immédiate, de sa transcription instantanée .La représentation photographique ne sera, hélas, jamais fidèle au sentiment qui l’a fait naître, mais même dans son imperfection, elle est cette tentative, naïve, de retarder la mort, d’arrêter le temps sur un regard, une lumière, un moment privilégié qui, jamais plus, ne sera semblable, mais continuera à vivre grâce à elle, comme ces étoiles mortes depuis des millénaires mais dont la lumière n’a pas encore fini de voyager vers nous pour nous montrer ce qu’elles furent. » Jean-Loup SIEFF ( Photographe français)

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Claire MOTTE à la barre – 1960 – Jean-Loup SIEFF
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Yves SAINT-LAURENT – 1969 – Jean-Loup SIEFF
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Bottines CASSANDRE-Paris – 1979 – Jean-Loup SIEFF
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Catherine DENEUVE – 1997 – Jean-Loup SIEFF
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CAFÉ DE FLORE/Paris – 1975 – Jean-Loup SIEFF

«  Le noir et blanc va à l’essentiel. C’est une façon d’épurer un peu les choses. La couleur impose une couleur que je trouve parfois un peu anecdotique, la couleur dit  » c’est comme ça  » alors que le noir et blanc propose une évasion. » Jean-Loup SIEFF

Le loup est un chasseur ! Le photographe aussi … Patrick BLIN

 » Le loup est un chasseur ! Le photographe aussi ! La photographie animalière est, par ailleurs, nommée   chasse photographique  . Mais que nous soyons photographe animalier, portraitiste, reporter, photographe de plateau ou photographe de sports, nous sommes tous des chasseurs. Nous chassons l’instant, l’éphémère, le scoop, la lumière, les ombres, le sujet rare, le mouvement, l’ambiance, l’atmosphère, les couleurs, les formes, les lignes, les regards, les rires, les larmes, les émotions, l’exploit. Nous transformons parfois le réel en irréel, en image abstraite ou terriblement concrète. Mais quelle que soit notre spécialité ou notre passion, nous sommes tous des chasseurs, consciemment ou non. Notre approche est souvent la même, comparable à celle des grands prédateurs. Nous regardons tout autour de nous, puis nous décelons une présence, un mouvement, une forme. Alors notre regard et notre corps se figent, nous sommes connectés à notre sujet. Nous ne sommes plus simples spectateurs, nous devenons observateurs. En général, tout va très vite dans notre esprit. Le sujet, la distance qui nous sépare de lui, la lumière qui l’entoure, l’intérêt de déclencher. Tout comme les loups, nous nous faisons discrets, presque invisibles afin de ne pas perturber le spectacle qui s’offre à nous, car ce qui importe, c’est le résultat, l’émotion que procure cet instantané figé à tout jamais.  »

Patrick BLIN ( Photographe français – Extrait de son livre   Sur la terre des loups-Voyage en Yakoutie /2012

PATRICK BLIN PHOTOGRAPHE
Patrick BLIN

« Craints ou adorés à travers les siècles, les loups ne nous laissent jamais indifférents. Pour ceux qui ont la chance de les apercevoir, la rencontre, même furtive, laisse une trace. J’ai eu le bonheur de les approcher… À travers mes photos, j’ai voulu rendre hommage à leur beauté et partager mon émotion ». P.B.

LOUP PATRICK BLIN
Photos Patrick BLIN

Patrick DEMARCHELIER …

« Quand on est photographe de mode, il faut inspirer un rêve. Être photographe c’est travailler tout le temps car votre œil est le premier appareil photo. La photographie c’est un moment, un instant. Vous avez besoin d’une demi-seconde pour obtenir une photo, c’est donc bien de capturer les gens lorsqu’ils sont eux-mêmes ! La mode est à l’opposé du réel qui est son pire ennemi. La photo de mode est subversive.  » Patrick DEMARCHELIER (Photographe de mode français)

Patrick DEMARCHELIER (Photo de son fils Victor DEMARCHELIER) 1943/2022

Patrick Demarchelier fut un très grand et talentueux photographe de mode et de publicité, français, un portraitiste brillant, dont on disait qu’il était le photographe plus payé au monde dans sa catégorie . Lui se verra toujours comme un artisan de l’image . En 50 ans de carrière, il a acquis une importante notoriété, notamment aux Etats-Unis où il a eu beaucoup de succès.

Il est décédé le 31 mars 2022 des suites d’un cancer de la gorge et de la langue . C’est un autodidacte qui a , comme il l’a souvent répété, appris sur le tas, en faisant beaucoup de photos, et de nombreuses erreurs aussi au début, ce qui lui a permis d’apprendre et se perfectionner. On peut réellement affirmer qu’il a fait rayonner la mode française et internationale dans le monde entier. C’est une phrase qui revient souvent, mais elle est tout à fait justifiée.

Il fut très apprécié, très convoité, respecté. On a souvent appel à lui que ce soit des grandes marques comme Dior (40 ans de collaboration avec elle) , Céline, Lacoste, Revlon, Lancôme Chanel, Vuitton, Clavin Klein, Ralph Lauren, Saint Laurent, Elisabeth Arden, Armani , des magazines célèbres (notamment et plus particulièrement Vogue (version américaine et anglaise – Grace Coddington a lancé sa carrière à Londres) et Harper’s Bazaar (durant 12 ans) , des publicités, des couvertures d’albums, des acteurs, actrices, chanteuses etc … Les plus grands mannequins de la planète ont posé pour lui , certaines étaient des débutantes au départ et sont devenues célèbres après avoir posé sous son objectif .

Madonna
Keira KNIGHTLEY

Gisèle BÜNDCHEN
Cindy CRAWFORD
Christian DIOR Couture
Michael DOUGLAS
Tom CRUISE
Kiefer SUTHERLAND
Christy TURLINGTON et la rose
Meg RYAN

Sans oublier des personnalités royales et en particulier Lady Di. C’est elle qui le contactera en 1989 après avoir été séduite par des photos sur Vogue. Il dira avoir apprécié sa gentillesse, sa simplicité. Il va moderniser son image timide et un peu gauche du départ, et affirmer sa féminité. Elle fera de lui son photographe officiel personnel, mais aussi celui de la famille royale d’Angleterre. Ils resteront d’excellents amis jusqu’au décès de la princesse de Galles. Il deviendra également le photographe du prince Albert, princesse Charlène, princesse Madeleine de Suède etc etc…

Lady DI
Lady DI
Princesse CHARLÉNE de MONACO

« Quand je fais un portrait, je prépare ma photo. Je ne cherche pas le rapport de force. J’aime la spontanéité. Contrairement par exemple à Avedon qui aimait montrer le noirceur, moi j’aime dévoiler le côté positif, sympathique » P.D. – Il a photographié des personnalités célèbres, mais il affirmait que, finalement, ses plus beaux portraits étaient ceux de son fidèle teckel à poils long Puffy.

Puffy

Ses merveilleux clichés sont considérés comme des véritables œuvres d’art. Ils ont fait le tour du monde, l’objet d’expositions. Ils sont iconiques, légendaires, expressifs, . On apprécie chez cet adorateur de la beauté (propos de l’écrivain Glenn O’Brien), chez ce classique intemporel (comme le disait la papesse de la mode Anne Wintour) son œil, sa grande compréhension du monde de la mode, son lyrisme, son glamour, sa patience, son expérience, sa facilité à savoir maîtriser l’espace, sa spontanéité, son naturel et sa gentillesse.

Il est né en France, à Eaubonne, en 1943 dans une famille plutôt modeste, élevé par sa mère avec ses quatre frères. Il se passionne pour la photographie vers l’âge de 17 ans. Son beau-père lui offre son premier appareil photo, un Kodak Eastman.

Départ pour Paris à 20 ans, premier emploi chez un photographe, puis déménagement à New York en 1975. Sur place il apprendra la photographie de mode, travaillera avec Henri Cartier-Bresson et Jacques Guilbert, débuts chez Vogue peu de temps après, première couverture et le succès avec une photo de Madonna en 1989, habillée par Jean-Paul Gaultier (ci-dessous) . En 1992, il deviendra le photographe principal du magazine Harper’s Bazaar. Il était parti pour six mois. Il restera et vivra définitivement aux Etats-Unis.

Madonna 1980 – Habillée par Gaultier

Il a signé, à deux reprises, en 2005 et 2008, le célèbre calendrier-culte Pirelli. En 2007 il a été fait officier des Arts et des Lettres par le gouvernement français en place à l’époque – La plupart de ses clichés sont en noir et blanc. Il est venu à la couleur à partir des années 1980 et là encore il s’est distingué en proposant des photos où le fond était en coordination avec la couleur de la robe afin d’obtenir plus d’effets et de la subtilité.

Calendrier Pirelli  » Perles d’Orient  » 2008
Calendrier Pirelli  » Perles d’Orient  » 2008
Une des photos signée Patrick Demarchelier pour le calendrier anniversaire de Pirelli (on peut y voir Helena Christensen- Isabeli Fontana – Alessandra Ambrosio – Alek Wek – Miranda Kerr et Karolina Kurkova) Pour ce projet, la marque fit appel également à un autre photographe de mode connu : Peter LINDBERGH.

Il a épousé Mia Skoog, un mannequin rencontré lors d’une séance chez Vogue. Elle lui a donné trois garçons : Gustaf, Arthur et Victor qui deviendra, lui aussi, photographe de mode.

Au moment de vague du mouvement Me too, il a malheureusement fait l’objet , en 2018 d’une mise en cause pour harcèlement sexuel venue de certaines de ses anciennes assistantes. Une attaque qui l’a profondément attristé et qu’il a toujours farouchement nié, en affirmant que c’était des mensonges, des histoires ridicules, des propos diffamatoires pour ternir son image. De 2018 jusqu’à sa mort, il n’y a eu, finalement, aucune procédure judiciaire lancée à son encontre.

Milton GREENE en couleurs …

MILTON avec marilyn
Milton GREENE et Marilyn MONROE

Milton Greengold dit Milton Greene a été un grand photographe. Il vu le jour à New York en 1922. Il a développé un grand intérêt pour la photographie dès l’adolescence et se perfectionnera, dans cet art, auprès du photojournaliste Elliot Elisofon avant de se lancer dans la photo de mode auprès de Louise Dahl-Wolfe qui travaillait pour Harper’s Bazaar.

Il a excellé dans cet univers de la haute-couture en travaillant  pour de grands magazines internationaux comme Vogue, Look, Life etc…avec les mannequins vedettes des années 50 comme Suzy Parker ou Fiona Campbell-Walter, avant de se tourner, avec talent vers la photo-portrait de personnalités célèbres du cinéma, de la musique, du théâtre, de la littérature, l’ écriture et la télévision. Il a ouvert son propre studio en 1941. 

Infiniment sensible au rapport humain, il a su, comme personne, saisir, en couleurs ou noir et blanc, avec beaucoup de naturel, de sincérité, de profondeur,  la véritable personnalité, la  beauté, l’élégance, la sincérité, l’émotion, les qualités de cœur et de sensibilité de chacune d’entre elles  et c’est ce qui a fait son succès dans ce domaine. De par la beauté de ses photos en couleur, on l’a surnommé l’enfant prodige de la couleur.

Suzy PARKER Milton GREENE 1952
Suzy PARKER – Milton GREENE 

Coup de foudre artistique en 1953 avec Marilyn Monroe ( rencontrée une première fois en 1949 ) puis dans les studios de la Fox, et  avec laquelle il fera de très nombreuses séries de photos comme la très belle Ballerine ou Série Noire. Elle sera son égérie, son associée dans l’agence qu’ils montent ensemble (Marilyn Monroe Productions, qui produira entre autres Bus Stop et Le prince et la danseuse ) – Ils entretiendront une longue et sincère amitié. Peut-être furent-ils amants, le bruit a couru mais nul ne le sait vraiment Dans ses photos, il a tenu à ce qu’elle ne soit perçue non comme un objet sexuel , mais tout simplement comme un être humain, fragile, forte et complexe à la fois. Qu’elle soit plus Norma Jeane que Marilyn . 

« Dans mon métier on rencontre beaucoup de mannequins, d’actrices. Mais jamais je n’avais rencontré quelqu’un avec tant de douceur, de tendresse. Marilyn était d’une grande hypersensibilité mais aussi schizoïde, elle pouvait être absolument merveilleuse et gentille et l’instant d’après, tout le contraire. » M.H.G

Il ne fit pas que des photos d’elle, il a surtout cherché à la protéger de l’univers  d’Hollywood, il a négocié un temps les contrats qu’on lui proposait, écarté les difficultés qu’elle pouvait avoir, supervisé son  maquillage et les éclairages sur les plateaux de tournage où elle se produisait etc…. A partir de 1955, elle va, malheureusement, s’entourer de personnes qui lui seront néfastes et s’écartera de Greene. En 1957, elle va rompre leurs liens dans la société qu’ils avaient en commun. Ensuite ils ne se verront plus, jusqu’à un certain jour de Juillet 1962 : elle l’appellera et souhaitera vivement  le revoir. Malheureusement, elle décède en le 4 août de la même année.

MILTON 1954 Ballerine
Marilyn MONROE / Ballerine ( ou Tutu ) Milton GREENE
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Marilyn MONROE – Milton GREENE
Marilyn MONROE – Milton GREENE
Marilyn MONROE – Milton GREENE

Il a été marié deux fois : la première avec son amour d’enfance  Evelyn Franklin en 1942  ( divorce en 1949 – Elle épousera Richard Avedon  ) , puis avec Amy Franco, un mannequin, en 1953 dont il a eu deux fils Joshua et Anthony. Il est décédé d’un cancer en 1985. C’est son fils Joshua qui gère les collections photographiques de son père, lesquelles font l’objet d’expositions présentant souvent des clichés inédits ou connus, comme ce fut le cas, par exemple, en février 2019, à la  Galerie de l’Instant ( 46 rue de Poitou ) dans le 3e arr. de Paris qui a présenté de sublimes clichés.

CARY GRANT
Cary GRANT – Milton GREENE 
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Grace KELLY – Milton GREENE
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Richard BURTON & Liz TAYLOR – Milton GREENE
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Alain DELON – Milton GREENE
Audrey HEPBURN – Milton GREENE
Maria CALLAS – Milton GREENE