Horst J. HORST …

«Je ne pense pas que la photographie ait quoi que ce soit à voir, de près ou de loin avec le cerveau. Cela n’a à voir qu’avec l’attrait visuel  » HORST J.HORST

HORST Photo 2
Horst J.HORST (1906-1999)

Horst Paul Albert Bohrmann, dit Horst J.Horst, est un talentueux  photographe de mode (et de studio) américain, quelque peu révolutionnaire dans son domaine, suggestif, pas vraiment fantaisiste ( à de rares exceptions), rigoureux et minutieux dans ses préparations de prises de vue (si l’on s’en réfère à ce que les autres ont pu en dire ) aimant la beauté féminine, sa grâce et sa sensibilité. Ses photos ne sont pas quelconques, elles ont un cachet un peu spécial, avec une lumière particulière, un sens des détails que ce soit dans la pose, ce qui bien souvent les rend élégantes, ce qui lui vaudra d’ailleurs  le surnom : le photographe de l’élégance.

Il est né à Weissenfels en 1906. Passionné par l’art architectural et la sculpture grecque  au départ, il part étudier la première de ces disciplines  à Hambourg, puis à Paris (stage chez Le Corbusier) . Il  va aimer fréquenter tout ce qui compte d’artistes bohèmes de la capitale, fréquente aussi les endroit chics, se fait inviter dans des soirées où se croisent  des personnalités influentes du monde de l’art.

HORST Le grec 1942
 » Le grec  » 1942 – Horst P.HORST

C’est ainsi qu’il fait des  rencontres intéressantes pour lui , une surtout  : George Hoyningen-Huene directeur du magazine Vogue-France (surnommé  le Baron) . Coup de foudre : il devient son élève, son amant, son modèle. Tous deux vont beaucoup voyager. George trouve que Horst a du talent en photographie, il lui permet de s’enrichir auprès de grands photographes du moment .

Premières photos en 1931 pour Vogue dans  l’édition parisienne,  et premier cliché à succès en 1939 : Le corset. Après quoi il embarque sur le paquebot Normandie pour les Etats-Unis lorsque  la seconde guerre mondiale éclate.  Avant de partir, il va se lier d’amitié avec Coco Chanel et la photographiera durant une trentaine d’années.

HORST Corset 1939
 » Le corset  » 1939 – Horst J.HORST
HORST Coco
Coco CHANEL par Horst P.HORST

Installation à New York, obtention de la nationalité américaine et un nouveau nom à savoir celui qu’on lui connait désormais : Horst P.Horst. Ses portraits des stars, mannequins, et personnalités  américaines ( Bette Davis, Rita Hayworth,  Loretta Young, Marlène Dietrich, le top de l’époque Lisa Fonssagrives, Joan Crawford , Steve McQueen,  Luchino Visconti, le président Harry Truman, de nombreuses premières dames et autres photographes,  Salvador Dali, Andi Warhol ,  etc etc …  obtiennent énormément de succès. Les professionnels de la photo le reconnaissent comme l’un des leurs  et,  dans la foulée, il devient le directeur de la photographie du magazine Vogue/Etats Unis. Il y restera jusqu’en 1951 à la fermeture des studios .

HORST Summer Fashion Couverture Vogue 1941
 » Summer Fashion  » pour Vogue 1941 – Horst P.HORST
HORST Betty FORD 1975
Betty FORD pour VOGUE 1975 – Horst P.HORST
HORST Marlène
Marlène DIETRICH par Horst P.HORST
HORST andy WARHOL
Andy WARHOL – par Horst P.HORST à la Factory

Après quoi il va ouvrir son propre atelier,  travaille beaucoup dans son atelier-photo pour d’autres magazines (dont Life en 1980) et  des couturiers aussi . Ses photos, réunies en différentes séries, se tirent à des millions d’exemplaires et coûtent cher. Il fait l’objet de nombreuses expositions et rétrospectives dans les années qui suivront.

HORST Couverture Vogue pour Clavin KLEIN Fashion
Couverture de Vogue pour Clavin KLEIN en 1983  – Horst P. HORST
HORST Série round clock 1987
Série Round the Clock / 1987 – Horst P.HORST
HORST 1987 Round the clock
Série Round the Clock / 1987 Horst P.HORST

 

Il meurt à Palm Beach en 1999 à l’âge de 93 ans.

HORST Nature morte 1937
 » Nature Morte  » 1937 – Horst P.HORST

 

 

 

Teun HOCKS …

«  Le monde de la réalité à ses limites. Le monde de l’imagination est sans frontières. » Jean-Jacques ROUSSEAU (Écrivain et philosophe genevois)

HOCKS Teun 5

Quand on regarde les clichés de Teun Hocks,   on ne peut s’empêcher de penser un peu à l’univers surréaliste des tableaux de Magritte.

C’est un artiste néerlandais, né en 1947,   un peu particulier, très connu,  un rêveur qui combine dessin-photographie-peinture (depuis 1973) à savoir qu’il fait des photos au Polaroid  en noir et blanc,  puis les peint en transparence à l’huile par la suite. On pourrait croire que son travail est quelque chose de  » facile « , mais ça ne l’est pas. La technique employée est longue réaliser, méticuleuse. Ses créations, une fois terminées sont des œuvres d’art à part entière.

Il se représente dans des décors qu’il réalise personnellement. Un homme face à sa solitude, dans des situations et des scènes assez grotesques. C’est intelligent, étrange, décalé, bizarre,  plein d’humour, mais empli de poésie également. Ces photos-tableaux n’ont pas de titre car l’artiste veut que chacun de celles et ceux qui les regardent, aient la liberté de leur en trouver un.

Pour lui, elles sont l’illustration des frustrations et des attentes de l’homme dans sa vie, dans son quotidien, mais aussi dans le monde dans lequel il vit, confronté à l’adversité. Mais c’est aussi l’artiste incapable de saisir le réel.

Il a reçu en 1992  le prestigieux prix Capi-Lux Alblas Prijs des Pays-Bas pour l’ensemble de son œuvre. Il fait l’objet de nombreuses expositions individuelles et collectives. Il a fait partie durant l’été  2019 de l’exposition-promenade & rencontre  Le Chemin des Images à Épinal, en France.

Ses œuvres sont régulièrement représentées dans des galeries internationales. Indépendamment de cela, il est directeur artistique, metteur en scène . Il enseigne, par ailleurs, à la Design Academy d’Eindhoven et à la Gerrit Prietveld Academy de Amsterdam.

 » J’ai fait au départ une école d’art. Je dessinais beaucoup, je peignais jusqu’au jour où j’ai décidé d’intégrer la photographie et faire des œuvres influencées par le pop art et réunissant ces trois dimensions. J’ai toujours aimé combiner les choses entre elles. J’ai donc repris une technique assez ancienne à savoir peindre des photos en noir et blanc avec de la peinture à l’huile. Je commence sans véritable idée en faisant des dessins sur des situations sorties de mon imagination. Mes croquis peuvent rester longtemps dans mes boites de projets jusqu’au jour où je repense à l’un d’entre eux pour en faire un travail. Je construis et peint alors un décor. Puis je prends place et commence à me photographier dans ce décor, le tout devant être plongé dans une atmosphère qui peut faire penser que tout ce que l’on voit s’est réellement passé. Personnellement, j’aime bien que ce soit narratif. Dans le passé, ça aurait été impensable, n’est-ce pas, car ce n’était pas de l’art proprement dit. Je me sens très vulnérable. Comme mon oeuvre. Je préfère rester à l’écart et rire sous cape, plutôt que de me mettre à nu. Je crois que c’est la raison pour laquelle mes œuvres sont des archétypes: j’essaie d’exprimer des choses qui valent pour tout le monde, qui ont une valeur générale, et non de montrer mes propres frustrations.   » T. H.

HOCKS Teun 6

HOCKS Teun

Imagination et réalité

HOCKS Teun 4

HOCKS Teun 5

HOCKS Teun 7

Cecilia PAREDES …

«  Il y a un dicton qui dit ‘ l’œuvre est si locale et véridique à ses origines, qu’elle devient universelle « . Ceci est très lié à ce que je pense que l’art devrait être. Respectez votre vérité, analysez exactement ce que vous voulez dire et faites-en votre mantra quotidien. Cela vous amènera au niveau de ceux qui ne transigent pas avec un succès éphémère et des ventes faciles. C’est un chemin plus difficile, une vie difficile, mais l’art sérieux n’a pas sa place dans le mensonge.

J’enveloppe, couvre, ou peins mon corps à partir du même modèle que le tissu  et je me représente dans le cadre de ce paysage. Par cet acte, je travaille sur le thème de construction de ma propre identité avec mon entourage  et la partie du monde où je vis, et que je peux appeler ma maison. Je suis une nomade, ainsi peut-être que ceci est aussi un besoin de faire un processus de transfert constant.  » Cecilia PAREDES

CECILIA PAREDES photo
Cecilia PAREDES

Cecilia Paredes est une talentueuse artiste péruvienne, réputée dans le monde entier,  vivant une partie du temps  à Philadelphie aux Etats Unis et une autre à Lima au Pérou. Une passionnée de body-painting qui a associé cette passion à son métier de photographe.

Elle se met en scène en peignant  ( le plus souvent seule, ou parfois avec l’aide d’une assistante pour un rendu parfait, lorsqu’elle ne peut y arriver  ) une partie de la peau de son corps, ou le corps entier,  d’un motif similaire au  tissu qui sert de décor, de paysage pourrait-on dire,  et se fond dans celui-ci comme un camouflage. Le tout devient un tableau, une œuvre d’art qu’elle place face à une caméra pour en faire une photo .  C’est un travail d’autoportrait photographique et pictural très original, assez incroyable et surprenant.

 » Dans mon travail le corps n’est pas caché, il imite juste l’arrière-plan. Il en fait partie. C’est une forme de liberté, se sentir à l’aise dans un nouveau monde …  » C.P.

Elle tient ainsi à exprimer la présence d’un artiste dans une œuvre, la limite qu’il peut y avoir entre elle et le corps, le réel et l’imaginaire, mais c’est aussi pour elle qui a dû quitter le Pérou pour des raisons politiques et partir en exil, une sorte de travail sur  la migration, le déplacement, la relocalisation, une envie d’être enfin chez soi.  Dans ce genre de travail elle n’a plus de frontières. Elle vient de quelque part, pour aller ailleurs au travers de son imagination, de sa fantaisie, de son art. C’est donc une démarche artistique assez profonde puisqu’elle s’associe à un travail intérieur et des ressentis qui amène sa vision du corps à quelque chose de sacré

« Une partie de ce qui nous rend humains est notre capacité à voir au-delà de la porte étroite par laquelle nous entrons dans le monde, à grandir au-delà de la culture de notre naissance en reconnaissant d’autres cultures, d’autres modes de vie. Pourtant notre culture de naissance est toujours imprimée sur nous. Le mystère de l’identité n’est jamais entièrement résolu. Nous sommes toujours d’une époque et d’un lieu où  nous ne pourrons jamais retourner.  » C.P.

Cecilia Paredes est née en 1950 à Lima au Pérou. Lorsqu’elle était étudiante, elle a fait partie d’un mouvement politique dont les idées n’étaient pas en accord avec celles du gouvernement en place. Ses prises de position la conduiront à partir en exil. Direction les Etats Unis où elle s’est reconstruite avec son mari qui travaille dans la musique lyrique. Elle même est une passionnée de musique classique.

Depuis sa jeunesse, de l’eau a coulé sous les ponts, et elle a pu retrouver son pays dans lequel elle vit désormais une partie du temps, en alternance avec Philadelphie. C’est une militante assidue et engagée pour la préservation de l’environnement. Elle se bat contre la mondialisation et ce qu’elle appelle un monde factice.

Sa formation artistique s’est faite dans sa ville natale au départ,  à Cambridge en Angleterre où elle a fait des études d’art, à l’Académie des Beaux Arts de Rome, et à l’Université de Calgary au Canada.

Son travail fait l’objet d’expositions internationales dans des musées et des galeries. Il a été très souvent récompensé par de nombreux prix et lui a valu de recevoir de subventions intéressantes pour poursuivre dans la voie qu’elle s’est tracée.

CECILIA PAREDES 6

CECILIA PAREDES 5

CECILIA PAREDES pliage

CECILIA PAREDES

CECILIA PAREDES 4

CECILIA PAREDES 8CECILIA PAREDES 7

Erwin OLAF …

 » Je n’ai jamais étudié la photographie dans une école d’art ou une université. A l’origine je suis diplômé d’une école de journalisme. J’ai, d’ailleurs, beaucoup appris au cours de ces années-là en tant qu’assistant d’un photographe-journaliste qui travaillait en studio et en extérieur. Je ne sais pas si cela vaut la peine que l’on aille dans un école d’art ou une université, parce que je trouve que les élèves qui les fréquentent sont éduqués à un certain goût, moins d’idées personnelles, peut être aussi moins de compétences. Ce que je veux montrer avant tout, c’est un monde parfait avec une fissure à l’intérieur. Mon travail consiste à rendre l’image suffisamment attrayante pour que les gens aient envie de rentrer dans  l’histoire que je leur raconte, avant de leur porter un coup   » Erwin OLAF (Photographe néerlandais)

OLAF Erwin

Erwing Olaf est reconnu comme étant l’un des plus grands photographes néerlandais, un incontournable du monde de la photo , une sorte de metteur en scène tant ses clichés sont comme une histoire qu’il nous raconte. Un polyvalent anticonformiste, tout aussi déroutant que drôle, empreint de sensibilité et qui aime bousculer ce qui lui semble bien lisse, trop parfait.

Son travail est très minutieusement construit,  un mélange de photographie d’art et de photographie sociale, dans lequel comme il le dit lui-même, il aime à interpeller autant la forme que le fond et s’interroger sur les malaises et les problématiques  de la société . C’est un univers un peu étrange, réalisé en studio ( à Amsterdam ) , entouré de stylistes et décorateurs. Il travaille à l’instinct et à l’intuition

 » Je ne fais que suivre mon nez et faire ce que j’ai envie de faire. Je veux rester au plus près de mon intuition. Il y a des périodes où je ne ressens rien et juste au moment où je me sens un peu désespéré, quelque chose se produit, ou bien je lis un article, regarde un film, écoute des personnes discuter dans les transports en commun, et là ça me donne une idée et l’idée devient un récit visuel.  »

Il a un style très particulier, étrange, dérangeant, mystérieux   ( lui le qualifiera de baroque, probablement parce qu’il a toujours été fasciné par ce mouvement pictural et le clair-obscur qui l’a caractérisé) qui a fait sa renommée. Il a très souvent choqué, déconcerté, brisé les tabous ( notamment par ses prises de position vis à vis des gays – lui-même est un homosexuel affirmé  ) , fait scandale au début de sa carrière avec des photos de nus ne cachant nullement l’anatomie masculine et  pour lesquelles  il expliquait  » tant pis pour ceux qui me prendraient pour un dépravé. Quand on voit L’origine du monde de Gustave Courbet, on pense que c’est de la pornographie, mais un corps est un corps !  »

Mature_CindyC78_1999_KW06
Série Mature / Edwin OLAF

Il a véritablement connu un succès fulgurant, à l’échelle mondiale, avec la série Royal Blood, mélange de blanc et de rouge-sang, de morbide et d’humoristique,  dans lequel il a fait entrer la reine Marie-Antoinette, l’impératrice Elisabeth d’Autriche ( Sissi ), la princesse Diana, ou bien encore Jackie Kennedy. Chacune d’elle est maculée. La photo de Marie-Antoinette dans laquelle on peut voir une jeune fille portant la tête coupée de la reine a été vendue 10.000 dollars lors d’une vente aux enchères.

MARIE ANTOINETTE erwin OLAF 2000 Royal Blood
Royal Blood Marie-Antoinette / 2000 – Edwin OLAF
OLAF Série ROYAL BLOOD
Royal Blood / Edwin OLAF

Après quoi, son travail a été de plus en plus apprécié et exposé dans des prestigieuses institutions muséales et galeries du monde entier , primé de très  nombreuses fois. Il est également le portraitiste officiel de la famille royale néerlandaise depuis 2017.  Une véritable icône dans son pays, lequel lui déroule très souvent le tapis rouge de ses  grands musées. Ses clichés continuent de se vendre à des prix assez élevés  ( entre 10.000 et 15.000 euros le tirage)

OLAF Ice cream
Ice cream / Edwin OLAF
OLAF la cuisinière
La cuisinière / Edwin OLAF
OLAF Le coiffeur
Le coiffeur / Edwin OLAF

Il a souvent travaillé dans la mode : Chanel, Saint Laurent, Moschino, Versace, Guicci, Bottega Veneta, mais aussi Levi’s, Diesel, Microsoft, Nokia, Virgin, Nintendo etc.. ont fait appel à lui pour des photos publicitaires.

OLAF 1
Publicité Diesel / Erwin OLAF

Et pourtant, il ne s’est pas gêné de largement critiquer cet univers avec sa série incisive, et provocatrice  Fashion Victims en 2000. J’ai choisi une photo correcte parmi tant d’autres plutôt osées, voire dérangeantes parfois :

OLAF 2000 Fashion Victims YSL
Série Fashion Victims ( Yves Saint Laurent ) – Edwin OLAF / 2000

Il est né en 1959 aux Pays Bas. En 1978, il part étudier le journalisme à Ultrecht. Pas vraiment par passion ou conviction Ses études se portent au départ sur le journalisme. Un de ses professeurs qui ne le sentait pas franchement intéressé par la rédaction des textes, lui suggère de plutôt suivre les cours de photographie qu’il prodiguait. Ce sera une révélation !  Il va aimer l’odeur de la chambre noire, et se passionnera surtout pour le recadrage, le point de vue, le mouvement qui se fige dans le temps. Ses débuts se feront dans la photo de mode et la publicité.

Sa carrière s’est envolée vers la reconnaissance internationale en 1988 lorsqu’il a reçu le premier  prix du jeune photographe européen . C’est à cette époque qu’il apprend être atteint d’une grave maladie pulmonaire chronique et héréditaire. La photographie l’aidera  à surmonter cette difficulté.

OLAF Cyrano
Série Delamar Theater   » Cyrano  » / Edwin OLAF ( Cette série a été réalisée pour la ré-ouverture de ce célèbre théâtre d’Amsterdam. Pour ce faire, il a revisité des pièces et films célèbres)
AMADEUX OLAF
Série Delamar Theater /  » Amadeus  » / Edwin OLAF
OLAF Qui a peur de Virginia Woolf
Série Delamar Theater /  » Qui a peur de Virginia Woolf  » / Edwin OLAF

 

Irving PENN …

«  Une bonne photographie est celle qui communique un fait, touche le cœur du spectateur, le transforme. En un mot, une photographie doit être efficace. Je me nourris d’art plus que de photographies. Je peux aimer la photographie, mais je ne voudrais mais je ne veux pas en faire par besoin d’en faire…. Je trouve décevantes les photos qui représentent les gens dans leur milieu naturel. Je sais qu’atteindre des résultats convaincants dans ce genre d’images, dépasse mes forces. C’est pourquoi j’ai préféré une tâche plus limitée : m’occuper seulement de la personne, loin des incidents de la vie quotidienne, isolée de mon studio, portant simplement ses vêtements et ornements. C’est du sujet que je distille l’image que je veux. Dans la photographie de portrait, il y a quelque chose de plus profond que nous cherchons à l’intérieur de la personne, tout en étant douloureusement conscients que la limitation de notre milieu est que l’intérieur est enregistrable uniquement dans la mesure où il est évident de l’extérieur.   » Irving PENN (Photographe américain)

PENN Irving 1948 autoportrait photo
Irving PENN 1917/2009 (  Photo-autoportrait en 1943)

Irving Penn fut l’un des peintres le plus célèbre de sa profession, un homme cultivé, perfectionniste brillant, rigoureux, avec un style empreint à la fois de simplicité et dont la modernité plaira beaucoup. Il restera à jamais un Maître de la photographie élégante, raffinée, noble. Il y a de la beauté, de la subtilité, un talent pour capturer, de façon assez particulière, la lumière. On sent le peintre qu’il a essayé d’être à une certaine époque de sa vie. Un art qu’il a abandonné car il ne se sentait pas assez talentueux.

Il fut l’inventeur d’un concept : travailler en studio plutôt que d’aller dans la rue. Peu importe si le studio n’avait parfois  pas de fenêtre, il a inventé une lumière qui pouvait se rapprocher au plus près de cette dite naturelle et pour ce faire il installait des ampoules sur un rail coulissant, au plafond. Ce n’est pas lui qui sortait à la rencontre des autres. Ce sont les autres qui venaient à lui y compris durant ses voyages au Pérou, Népal, Maroc, Inde, Nouvelle Guinée etc… Il recréait, à chaque fois, un studio pour ses photos sur fond gris.

«  Je me rends compte que j’ai toujours eu tendance à préférer travailler en studio. Utiliser un équipement simple. La lumière me procure une grande joie et un sentiment de plénitude. .  » I.P.

Il est né en 1917 à Plainfeld dans le New Jersey aux Etats Unis. Maman infirmière, papa réparateur en horlogerie. Il grandira à Philadelphie. A l’âge de 18 ans il apprendra le dessin, l’aquarelle et la peinture à l’huile puis entrera à l’école du Museum of Industrial Art de la ville où il suivra les cours de l’un des plus illustres, pour ne pas dire le plus grand designer du XXe siècle : Alexey Brodovitch, lequel le remarque et lui propose à 20 ans de devenir son assistant dans le magazine Harper’s Bazaar.

Penn se mettra à son compte dans son propre studio, sur la 5e avenue de New York, en 1938. Bien plus tard on appellera cet endroit l’hôpital, probablement parce que beaucoup ont affirmé qu’il y régnait un ordre infiniment méticuleux. Il y travaillait en blouse et baskets.

Le monde de la mode le fascine. Après s’être essayé un temps comme peintre, il finit par acheter un appareil photo avec l’argent reçu pour quelques dessins publiés dans Harper’s Bazaar. C’est un Rolleiflex.

Brodovitch fut une première rencontre importante dans sa vie. Alexander Liberman, directeur artistique de Vogue, en sera un autre. Non seulement il va lui proposer un poste de photographe, mais l’encouragera vivement pour continuer dans ce métier. Il réalisera une photo/nature-morte avec une écharpe, un sac, un topaze et des citrons qui va faire la une du magazine en 1943 et marquera le début d’une fructueuse collaboration entre eux. Elle va durer plus de cinquante ans.

PENN première couverture Vogue 1943
Couverture / Nature- morte pour le magazine Vogue en 1943 / Irving PENN
Obit-Irving Penn
 » Black and White Vogue Cover  » 1950 New York ( Jean Patchett )  – Irving PENN 

Durant la seconde guerre mondiale, il partira en Inde avec l’armée britannique et exercera le métier de photographe de guerre. A son retour aux Etats Unis, il retrouvera sa place chez Vogue.

Irving Penn a photographié de très nombreuses personnalités, que de soit des peintres, des danseurs, des écrivains, des politiques, des musiciens etc… et quel que soit le client, il s’est toujours présenté face à lui sans jamais craindre de s’imposer. La personnalité de ses modèles a eu une grande importance dans son travail de photographe, aussi bien dans les photos dites de mode que dans les portraits. Il a toujours eu à cœur d’extraire les personnes de leur contexte habituel pour mettre en valeur leur personnalité et ce fut la même chose avec un objet ou un vêtement par exemple : vu sur un mannequin durant un défilé de mode c’était une chose, mais dans son studio, ce vêtement méritait que l’on reporte toute l’attention uniquement sur lui.

Il a toujours affirmé que ce qui se cachait derrière un visage ( une façade ) était quelque chose de merveilleux. On peut dire qu’il a parfaitement réussi à installer une sorte d’intimité entre lui et ses modèles. C’est probablement la raison pour laquelle il n’a quasiment jamais refait deux fois le même portrait d’une personne ( sauf pour de très rares exceptions). Tout simplement parce qui ce qui se passait lors d’une première prise était difficile à recréer ensuite. Pour lui il fallait que ce soit profond et parfaitement abouti.

Kurt Weill, George Balanchine, Salvador Dali, Jean Cocteau, Pablo Picasso, Truman Capote, le boxeur Joé Louis, Audrey Hepburn, Marlène Dietrich, Giorgio di Chirico, Igor Stravingsky, Rudolf Noureev, Martha Graham, Blaise Cendars, Isabella Rossellini, Miles Davis, Woody Allen, la duchesse de Windsor, Alfred Hitchcok, Colette, Louis Jouvet, Louis Amstrong, Jerome Robbins, Yves Saint Laurent, Sophia Loren, John F.Kennedy,  Spencer Tracy … etc etc etc … se sont retrouvés face à son objectif.

PENN Salvador DALI
Salvador DALI par Irving PENN
PENN Marlène Dietrich 2
Marlène DIETRICH par Irving PENN
PENN JFK
John F.KENNEDY par Irving PENN
PENN Isabella Rossellini
Isabella ROSSELLINI par Irving PENN
NOUREEV par PENN
Rudolf NOUREEV par Irving PENN
PENN Truman Capote 1948
Truman CAPOTE par Irving PENN
PENN Audrey Hepburn 1951
Audrey HEPBURN par Irving PENN

Son épouse fut l’un de ses modèles fétiches. Une suédoise : Ilsa Fonssagrives. Un mannequin très célèbre dans les années 40/50, représentant le chic et l’élégance à l’américaine. Elle fut un peu révolutionnaire dans son métier, à son époque, compte tenu que durant toute sa carrière elle n’a pas eu d’agent et se faisait payer à l’heure.  Elle fut sa muse, son inspiratrice, son épouse. Ils se sont mariés en 1950. Il y avait entre eux un feeling très touchant et il en sera ainsi jusqu’à ce qu’elle décède en 1992 à l’âge de 80 ans. Ils ont eu un fils : Tom, né en 1952.

PENN avec sa femme Lisa et son fils Tom
Irving PENN, son épouse Lisa et son fils Tom
PENN Lisa with a chicken hat 1948 49 , son épouse
 » Lisa with a chicken hat  » 1848/49 – Irving PENN
PENN lisa son épouse robe rochas 1950
 » Lisa en robe Rochas  » 1950 – Irving PENN

Durant ses voyages à l’étranger, il a beaucoup aimé photographier des enfants. Ceux de Cuzco au Pérou sont célèbres et de vraies références photographiques. Elles vont lui apporter énormément de succès. Il tirait ses clichés dans un studio itinérant sous une tente, lequel recréé à l’identique son studio de New York.

PENN Cuzco children 1948 Irving PENN
 » Cuzco children  » 1948 – Irving PENN
PENN une famille de Cuczo
 » Une famille de Cuczo  » 1948 – Irving PENN

Entre 1950 et 1951 naissent «  les petits métiers  » une série-hommage à Eugène Atget qui a été un grand photographes spécialiste des métiers de rue) en collaboration avec Edmonde Charles-Roux qui était, à l’époque, la rédactrice en chef du magazine Vogue/France. La série comporte environ 250 clichés en noir et blanc. Les sujets étaient recrutés, au départ, à Paris, par un écrivain et spécialiste des bas-fonds : Robert Giraux et le photographe Robert Doisneau.

C’est ainsi qu’il a faire venir en son studio de la rue Vaugirard à Paris, des balayeurs, poissonniers, marchands de journaux, livreurs de lait, chiffonniers, charcutiers, boulangers, ramoneurs, électriciens etc… un travail qui a énormément compté pour lui car il avait une réelle tendresse pour tous ces petits métiers. Il les a tous traités sur un pied d’égalité, accompagnés de leurs outils. Cette démarche n’avait pas pour but de les  isoler de leur environnement habituel, mais de les  » transformer « , les embellir aussi quelque part. Il fera d’autres clichés, sur le même thème, à Londres.

PENN La vendeuse de ballons
La vendeuse de ballons – Irving PENN
PENN le ramoneur 1950
Le ramoneur / Irving PENN
PENN Le vendeur de marrons 1951
Le vendeur de marrons / Irving PENN

La série Les Fleurs  débutera en 1967 pour le magazine Vogue/USA. Chaque été, à partir de cette date, fut consacrée à une fleur en particulier : 67 les tulipes, 68 les coquelicots, 69 les pivoines, 70 les orchidées, 71 les roses, 72 les lys, 73 les bégonias. Il avouait ne prétendre à aucune connaissance particulière sur l’horticulture, mais a laissé libre cours au simple plaisir de photographier la beauté d’une fleur.

PENN Flowers coquelicots
 » Coquelicots  » / Irving PENN

Les années 70 marquent celles des détritus jonchés sur les trottoirs de New York, ainsi que de sa célèbre série sur les mégots de cigarettes. Une passion qui va durer quinze mois.

 » Une cigarette écrasée en dit long sur le caractère, la sensibilité. Le choix même d’une cigarette dénote le goût de la personne  » .I.P.

PENN Cigarettes
 » Cigarettes  » – Irving PENN

Il a également travaillé avec le milieu des cosmétiques ( Maison Clinique ), la haute Couture ( le couturier Issey Miyaké deviendra un grand ami ) et il a publié de nombreux ouvrages sur son travail photographique. Ce dernier a influencé de nombreux autres photographes, notamment cette façon si particulière d’utiliser la lumière, une atmosphère éthérée. Mais il faut bien avouer que personne n’a véritablement réussi à le faire avec le talent déployé par Irving Penn.

CLINIQUE by Irving PENN
 » Clinique  » par Irving PENN

Mister Penn, comme l’appelaient ses assistants, c’est éteint à New York, dans son appartement de Manhattan, en 2009 à l’âge de 92 ans. Il a fait don de toutes ses archives au Museum d’Art de Chicago et une partie de ses objets personnels se trouvent à la Bibliothèque Reyson & Burhnam à l’Art Institute de Chicago. La Fondation Irving Penn a vu le jour en 2005.

PENN Café à Lima Jean Patchett 1948
 » Un café à Lima  » ( Jean PATCHETT ) 1948 – Irving PENN

Josef SUDEK …

SUDEK Josef photographe
Josef SUDEK ( 1896-1976)

  » J’accorde beaucoup d’importance à l’instinct. L’homme ne devrait jamais sous-estimer cette importance et ne devrait jamais vouloir tout savoir en même temps. Si jamais il y parvenait, il perdrait son instinct et il saurait toutJe n’aime pas beaucoup de qui est géométrique et anguleux, trop défini, je préfère la vie des objets et la vie des jours est bien différente de cette géométrie, elle n’a pas de certitude simplificatriceJe crois que la photographie aime les objets ordinaire et moi j’aime la vie de ces objets. Je suppose que vous connaissez le conte d’Andersen où les jouets des enfants qui s’endorment, s’animent tout à coup. Je voudrais raconter la vie des objets, représenter du mystérieux, faire voir la septième face du dé. »  (Josef Sudek )

Je ne sais si certains d’entre vous connaissent ce photographe ou si vous avez eu l’occasion de voir la magnifique exposition qui lui fut consacrée en 2016 au Jeu de Paume, ce centre d’art situé dans le jardin des Tuileries à Paris.

Sudek fut  un photographe à part. Photographe du silence , magicien de l’ordinaire, ou homme de la lumière disponible comme on a pu le qualifier souvent , photographe manchot depuis qu’une blessure à la guerre lui a coûté son bras, il fut un homme du peuple, très discret, passionné de musique classique,  humble, vivant dans une pauvreté extrême, reclus dans son appartement, refusant les honneurs et préférant nettement capter des instants de lumière souvent depuis la fenêtre de son atelier, ou lors de ses promenades solitaires.

Il aimait  les endroits souvent oubliés, les paysages de sa ville natale, les atmosphères voilées de brume , la pluie, les ciels gris, un clair-obscur qui laissait  transparaître ses ressentis, ses joies intérieures, ses douleurs  . Un peu comme le faisait Monet dans la peinture, il choisissait  un sujet, puis se levait  chaque matin très tôt, quelle que soit la météo,  pour étudier les effets de la lumière sur ce sujet et le faire , ensuite, à différentes heures de la journée afin de le voir évoluer.

On peut trouver ces clichés banals et simples, mais ils sont bien plus que cela : magiques, émotionnels , tourmentés , méditatifs, et tellement poétiques. Son talent a été reconnu sur le tard, mais lorsque ce fut le cas, et que l’on a véritablement compris le sens de son travail, il a été encensé dans le domaine de la photographie. De nos jours, il est considéré comme un maître de la photo en natures-mortes et paysages. Lors de ventes aux enchères, ses photos sont très recherchées et  atteignent des prix très élevés.

Il est né à  Kolin (Tchékoslovaquie), au bord de l’Elbe,  en 1896. Son père était un peintre en bâtiment. Josef est le deuxième enfant d’une fratrie qui en compte trois. Ses parents meurent à quelques années d’intervalle et il se retrouve soutien de famille à 8/10 ans. Il apprendra, au départ, le métier de relieur , partira pour Prague pour se perfectionner dans ce domaine. Il fréquentera l’École royale des métiers et obtiendra un diplôme.

La photo arrive pour la première fois  dans sa vie en 1913, en tant que plaisir personnel,  avec  surtout des vues de Prague ou des paysages . Deux ans plus tard, il part faire son service militaire et rejoint le front en Italie. L’explosion d’un obus lui fait perdre son bras. Il est amputé. On le renvoie dans son pays mais il ne peut plus, malheureusement, continuer son métier de relieur. Il reçoit une pension d’invalidité qui lui permet de vivre.

C’est sa rencontre avec un photographe tchèque très connu,  qui deviendra son ami, qui fait véritablement basculer sa vie dans le monde de la photographie. Il se lance alors dans le portrait , rejoint des clubs et des associations de photographes pour mieux apprendre et se perfectionner . Son travail plait et il décroche un  premier prix-paysages.

Petit à petit il expose lors de manifestations pour photographes-amateurs, se fait de nombreux amis : écrivains, musiciens, sculpteurs, peintres etc… En 1926, il signe sa première collaboration avec un magazine connu de Prague et devient professionnel.Il expose et reçoit de nombreux prix . Ce n’est pas pour autant qu’il gagne beaucoup d’argent, tout au contraire il vit très modestement, pour ne pas dire misérablement . Ce qui ne le dérange nullement, l’essentiel restant sa passion pour la photographie.

Il meurt d’un cancer en 1976.

«  Dès que j’avais assez d’argent pour payer mon loyer et manger, je fermais mon atelier et je photographiais pour moi-même. Le contact avec son propre travail ne doit jamais se perdre : on ne peut l’interrompre impunément plus longtemps que six mois, car ensuite on ne peut renouer avec soi-même » . J.S.

SUDEK Josef 1956 la dernière rose
 » La dernière rose  » – Josef SUDEK
SUDEK Joseph un dimanche après midi 1924
 » Un dimanche après-midi  » Josef SUDEK
SUDEK Josef clair obscur 1968
 » Clair-Obscur  » – Josef SUDEK
SUDEK Josef 1948 la fenêtre de mon atelier
 » La fenêtre de mon atelier  » – Josef SUDEK
SUDEK Josef 1959 Prague la nuit
 » Prague la nuit  » – Josef SUDEK
SUDEK Josef Cour du château à Prague
 » Cour du château à Prague  » – Josef SUDEK
SUDEK Josef 1
 » Dans la maison de Janacek  » (Janacek : compositeur) – Josef SUDEK

 

 

 

 

 

Gianni BERENGO-GARDIN

 » Pour moi la photographie c’est raconter et documenter ce que je vois. Je n’ai aucun désir d’être considéré comme un artiste. Les photographies qui m’intéressent sont celles qui racontent une histoire. Quand je photographie j’aime bouger. Je ne dis pas danser comme Cartier-Besson, mais j’essaie aussi de ne pas être visible. Si je dois raconter une histoire, j’essaie toujours de partir de l’extérieur, montrer où est et comment est fait un pays, entrer dans les rues, dans les magasins, dans les rues, les maisons et photographier les objets, les personnes. Le fil conducteur est celui-là. Il s’agit d’un chemin logique, normal et bon pour découvrir un village ou une ville. … Je ne suis pas contre le numérique, mais je ne pense pas que ce support présente de gros avantages. Ce n’est que mon avis personnel. Le numérique a certainement été une révolution, mais comme toutes les révolutions, il y a du bon et du mauvais. Lorsque j’ai travaillé à Venise, j’ai remarqué que tout le monde photographiait et je dirai que tout le monde photographiait mal, par hasard, juste pour faire une photo, y compris les choses les plus stupides ! Il est clair que chacun a pleinement le droit de le faire, car chacun fait ce qu’il veut. La photographie a, à ce moment là, une grande diffusion, mais elle ne conduit pas à grand chose …. Je ne crois pas aux belles photos. Une fois j’ai dit  « quelle belle photographie« .Je commençais tout juste dans ce métier, j’étais très jeune. Je n’arrêtais pas de dire à Ugo Mulas  » comme cette photo est belle  » lorsqu’il me montrait ses clichés. A un certain moment, il m’a dit  » si vous dites encore et répétez toujours que ma photo est belle, je vous chasse.  » J’étais très gêné et je lui ai répondu  » excusez-moi Maestro, mais que dois-je dire pour affirmer que vos photos sont belles ?  » –  » vous devez dire qu’elles sont bonnes  » Moi je pensais que belles ou bonnes c’était plus ou moins la m même chose. « Non m’expliqua t-il, belles sont les photos esthétiquement parfaites, bien composées. Pourtant elles ne disent rien. Une bonne photographie raconte et dit des choses, communiquent quelque chose. La belle photographie communique elle aussi, mais dit des choses inutiles« . Depuis je n’ai plus jamais dit « c’est une belle photo » , mais « c’est une bonne photographie » Gianno BERENGO-GARDIN ( Photographe et photojournaliste italien)

Berengo-Gardin
Gianni BERENGO-GARDIN

BERENGO GARDIN 1

PORTFOLIO MONDO - WORLD PORTFOLIO

Gianni BERENGO GARDIN 5

Berengo_Catania_.tifGianni BERENGO GARDIN 6Gianni BERENGO GARDIN VeniseGianni BERENGO GARDIN 3

BERENGO GARDIN Venise
Cette photo fait partie de son album Monstres à Venise. Tous les clichés devaient être présentés lors d’une exposition dans la Sérénissime, mais elles ne le seront pas car le maire de la ville a annulé  la manifestation et censuré les clichés . Beaucoup de voix se sont élevées pour prendre parti pour le photographe qui souhaitait montrer le danger que représentent ces paquebots pour la cité. »Voilà quelque chose qu’un maire ne doit pas faire, cacher la vérité même si elle n’est pas appréciée » a notamment dit le chanteur Adriano CELENTANO

Gianni Berengo-Gardin est né en 1930. C’est une éminente et importante figure de la photographie non seulement en Italie, mais dans le monde entier. Son travail a fait l’objet d’un grand nombre d’expositions internationales. Il a écrit divers ouvrages sur son art et reçu de nombreux prix pour l’ensemble de sa carrière.Après avoir séjourné dans différentes villes en Italie, il s’est fixé à Milan. C’est là que sa carrière a véritablement commencé.

Ses photos sont empreintes d’un grand humanisme, d’originalité, de subtilité, de sincérité et d’une certaine poésie. Ce sont pour la plupart des témoignages, des petites études sociologiques. Elles font aussi parfois office de reportage et attirent l’attention sur certains sujets comme par exemple celles  prises dans un asile psychiatrique qui ont amené à la discussion et entraîné une série de réformes dans le système de santé en Italie.

BERENGO GARDIN Hopital psychiatrique
Hôpital psychiatrique / Florence 1968

Que ce soit l’Italie ou dans les autres pays dans lesquels il s’est rendu, il a eu à cœur de les montrer sous toutes les facettes, faisant partager la vie quotidienne des habitants, les fêtes, les coutumes, les traditions.