MARILYN / Bert STERN … La dernière séance

Bert STERN  :  » en 1962, je suis assez sûr de moi et de mon métier de photographe pour me mesurer à Marilyn. Je possède mon art de regarder autant qu’elle possède l’art d’être regardée. Pourquoi attendre davantage ? « 

 » En 1962, Bert Stern est un photographe reconnu par la qualité de ses portraits ; c’est un chasseur d’icônes qui croque les stars les unes après les autres. Dans l’avion qui le ramène de Rome où il vient de photographier Liz Taylor sur le tournage de Cléopâtre, il caresse un rêve : celui de photographier Marilyn Monroe. Dès son retour à New York, il propose à Vogue un reportage photos sur Marilyn Monroe. La rédaction du magazine accepte cette idée avec enthousiasme.

Les événements s’enchaînent rapidement. Marilyn accepte de poser pour lui. Bert Stern peut réaliser son rêve. Plutôt que de la photographier en studio, il préfère s’installer dans une suite de l’hôtel Bel-Air de Los Angeles. L’éclairage est minimal. Il attend Marilyn avec inquiétude. Viendra … Viendra pas ? Marilyn est connue pour ses sautes d’humeur et ses caprices. Elle est devenue très fantasque. Elle vient seule et n’a que cinq heures de retard. La séance peut alors commencer !

Marilyn accepte de poser nue, le corps sans maquillage. Un rapport puissant, presque amoureux, s’installe entre le modèle et le photographe. Il la photographie durant douze heures sans s’arrêter. Le résultat est exceptionnel, mais trop dénudé pour Vogue qui propose à Bert Stern de la rephotographier, mais cette fois maquillée et plus habillée. Marilyn accepte de poser une nouvelle fois pour Bert Stern.

Elle meurt un jour avant la sortie de son reportage dans VogueLa dernière séance est composée de 2571 photos. Bert Stern choisit de n’en présenter qu’un petit nombre. Chaque exposition génère une nouvelle sélection de photos.  » Olivier LORQUIN ( Écrivain, directeur du musée Maillol)

Marilyn – La dernière séance – 1962 – Bert STERN :  » Marilyn enfile une petite robe noire toute simple. Kenneth la coiffe en dégageant le visage. Elle est très belle. Il me faut un contre jour. Cette image est la quintessence du noir et blanc et de la blondeur. Il y a une grande pureté dans ce genre de travail.  » Bert STERN
Marilyn La dernière séance – 1962 – Bert STERN : »  » Marilyn est un fantasme. Si elle s’immobilise un seul instant, sa beauté va s’envoler. Photographier Marilyn, c’est comme photographier la lumière même.  » Bert STERN
Marilyn – La dernière séance / Bert STERN 1962
Marilyn La dernière séance – 1962 – Bert STERN « Elle prend les foulards l’un après l’autre, les regarde, les palpe. Elle en soulève un devant la lumière. Je vois son visage à travers. Elle a du bleu dans les yeux. Elle baisse le foulard et m’interroge du regard. – « Vous voulez faire des nus ? « … Elle a tout deviné. – « C’est-à-dire…heu.. j’imagine que ce ne serait peut-être pas mal. Pas vraiment des nus puisqu’il y aurait un foulard. » – « Très transparent ?  » –  » Tout dépendra de l’éclairage. »Échange entre Marilyn et Stern durant la séance.

Steve McCURRY …

Steve MCCURRY

«  Je pense que pour être un bon photographe, il faut avoir un esprit curieux. Personnellement je reste plutôt simple et j’essaie de traiter les personnes avec la plus grande dignité et le plus grand respect lorsque je les photographie. J’essaie toujours de créer une atmosphère de confiance. Il y a une qualité contemplative ou méditative dans la photographie, comme une sorte d’état pacifique. Quand je pars pour un travail photographique, j’entre alors dans un état d’esprit particulier, plus en phase avec le monde qui m’entoure. Je suis présent dans l’instant, je suis en vie ! Je regarde mon environnement et je vois alors ce qui est spécial et différent dans cet endroit. J’examine, j’explore et je vois ce qu’il en ressort, même ce qui n’est pas nécessairement humain. Ce peut être une fissure sur un trottoir ou un animal qui joue. C’est l’appréciation d’un moment dans le temps  » Steve McCURRY (Photographe américain)

Tout le monde connait cette célèbre photo, ces grands yeux verts magnifiques, immenses, perçants appartenant à Sharbat Gula surnommée La Mona Lisa afghane , une jeune réfugiée de 12/13 ans qui avait perdu ses parents et vivait dans le camp de réfugiés de Nasir Bagh à Peschawar, un cliché de Steve McCurry qui fera la couverture du National Geographic en 1985 et le tour de la planète.

Après bien des recherches, il l’a retrouvera presque vingt ans plus tard, en 2002, au Pakistan. Nul ne sait quand ni comment elle est arrivée là. Elle était mariée et avait eu trois enfants. McCurry et la National Geographic vont l’aider financièrement notamment pour des soins apportés à son époux qui était très malade . Depuis cette ultime rencontre, elle a perdu son mari et l’un de ses enfants, a été arrêtée pour détention de faux papiers, condamnée à de la prison et une forte amende. Elle retournera finalement dans son pays, en Afghanistan. Sa notoriété (grâce à la photo) l’aurait, semble t-il, précédée et lui aurait permis d’obtenir une maison.

Presque 20 ans plus tard … Steve MCCURRY

Au-delà de son travail photographique qui nous offre réellement de très belles photos, originales, pleines de sensibilité, d’émotion et de poésie, McCurry est un superbe coloriste. Ses clichés sont de véritables tableaux ! Il a reçu de très nombreuses récompenses, comme par exemple le titre de meilleur photographe de l’année en 1984, et en 1995, le prix Robert Capa gold métal, Grand prix de reconnaissance spécial du Jury au concours Phaidon Press, Prix Leica Hall of Fame, to etc… Il a été fait Chevalier des Arts et des Lettres en 2013, et publié de très nombreux livres.

Il est né en 1950 à Philadelphie (Etats-Unis). Études au Collège d’art et architecture à l’Université de Pennsylvanie. Son souhait, à l’origine, était de devenir cinéaste documentaire. Après avoir travaillé pour un magazine local, il décide de se faire globe-trotter et part voir le monde pour s’enrichir de nouvelles cultures. Cela l’amène d’abord en Europe, puis en Inde, et entre clandestinement, en Afghanistan peu de temps après que l’invasion russe dans ce pays. Sur place, il se lance dans un grand reportage photos qui, dès son retour, va être fortement apprécié, publié dans le monde entier et lui vaudra de recevoir le Robert Capa Gold Métal, laquelle l’amène la reconnaissance internationale.

« lorsque l’on attend, les gens oublient votre appareil et leur âme s’ouvre à votre regard  » S.Mc.C

Inde 1983 / Steve McCURRY
Inde 1983 – Steve McCURRY
Mali 1986 – Steve McCURRY
Lourdes 1989 – Steve McCURRY

A partir de là, il décide de couvrir différents conflits armés sur le terrain (guerre en Afghanistan-guerre Iran/Irak-guerre civile au Liban-guerre du Golfe) , pas vraiment le conflit lui-même, mais plutôt la condition humaine des civils qui en sont les victimes innocentes. Durant des années, ce travail accentuera sa renommée, sera très prisé, et lui vaudra d’être primé et récompensé à différentes reprises.

Membre de la très célèbre agence Magnum depuis 1986, Il fut de base, un grand photojournaliste, une véritable icône dans ce domaine. Photojournaliste ou reporter-photo implique de devoir se plier à certaines règles éthiques comme, par exemple, ne pas retoucher les photos, ne pas supprimer des détails etc…

Or en 2016, il s’est retrouvé face à une polémique : Paolo Viglione, un photographe italien, se rend à Turin pour y voir l’exposition Le monde de Steve McCurry , laquelle regroupe plus de 250 clichés se référant à ses voyages au Brésil, aux Etats-Unis, à Cuba, en Italie, et en Afrique. Son regard s’arrête sur une photo prise à Cuba et certains détails le troublent. Il en déduit que la photo a été retouchée.

Une tornade d’attaques et de critiques s’abat alors sur McCurry. Il y répondra en précisant 1) qu’il a toujours été freelance dans sa profession – 2) pour son travail sur place :  » je n’ai pas fait un travail de news, je n’ai pas cherché à donner des informations sur un lieu, je ne prétends pas faire comprendre comment est Cuba aujourd’hui, je n’ai pas ces contraintes ... 3) que l’initiative de retouches ne venait pas de lui, mais de l’un de ses employés qui travaillait pour lui, mais qu’il en assumait, quoiqu’il en soit, l’entière responsabilité : »  À l’avenir je vais devoir mieux contrôler ce qui peut l’être » Il a été soutenu par certains de ses confrères de Magnum, critiqué par d’autres.

«  La photographie est une profession incroyablement subjective. Dans les critiques faites à l’égard de McCurry, les mots vérité et subjectivité, très forts, reviennent beaucoup. Je ne crois pas vraiment en ces mots. S’il avait voulu manipuler des images, pourquoi aurait-il approuvé un travail si incroyablement mal fait ? Son explication selon laquelle quelqu’un de son studio a agi unilatéralement semble aussi plausible.  » Peter Van AGTMAEL (Photographe agence Magnum)

Photo objet de la polémique (Cuba) – Steve McCURRY

Ce genre de « chasse aux sorcières » ne s’est pas produit uniquement sur lui. D’autres photographes (Robert Capa notamment) en ont fait les frais à un moment de leur carrière. Ces attaques l’ont amené à redéfinir son statut : désormais il se considère comme un visual storytelling, a savoir «  je suis un conteur visuel, un poète s’exprimant ,non par des mots, mais par des images , ce qui me rend libre de faire ce que je veux avec mes photos en terme d’esthétique et de composition  » Il ne se définit donc plus comme un photojournaliste. Du coup, ses commanditaires sont à présent des galeries, des musées, des collectionneurs.

Si il a été profondément touché par ses attaques, elles n’ont en rien changé sa popularité . Il reste un géant, une icône dans son domaine, un créateur. Son travail est toujours très apprécié par le grand public et on se presse à chacune de ses expositions .

Cachemire 1996 – Steve McCURRY
Sri Lanka 1995 – Steve McCURRY
Cachemire 1996 – Steve McCURRY
Lake Burma Myanmar 2011Steve McCURRY

Ce grand curieux toujours émerveillé par celles et ceux qu’il rencontre dans le monde, ce grand amoureux des paysages, du risque, du danger, est reconnu aussi comme un excellent portraitiste. Son objectif s’est très souvent attardé sur des visages que ce soit dans les pays où sévissait la guerre, mais aussi en Chine, à Cuba, en Thaïlande, au Cambodge, au Yemen, en Birmanie, au Japon, en Inde, en Ethiopie. Ce sont des portraits de personnes connues dans leur région, ou plus généralement des anonymes, mais tous sont très expressifs, assez saisissants, touchants . La majorité de ses photos, quel qu’en soit le sujet, reste un témoignage sur les personnes, sur leur façon de vivre au quotidien, avec leurs joies, leurs peines, leur espoir ou leur désespoir. Comme il le dit lui-même je cherche à capter l’âme profonde et l’expression gravée sur le visage de mes sujets.

Jeune tibétain au Tibet 2011 – Steve McCURRY
Rabari Tribal Elder en 2010Steve McCURRY
Tibet 2000 -Steve McCURRY

En 2001, il se trouvait à New York lorsque les tours du World Trate Center sont percutées par des avions. Il s’est rendu sur place assez vite, et a réalisé un très grand reportage pour traduire sur la pellicule ce que je ressentais, l’horreur et la perte. Il fut dédié à l’héroisme et l’humilité des citoyens new-yorkais.

World Trate Center 2001 – Steve McCURRY

Les nombreux enlèvements de journalistes sur le terrain il y a quelques années, et l’épidémie du Covid ont stoppé un peu ses voyages. Il s’est posé dans sa ville natale, Philadelphie. En attendant de pouvoir repartir, il s’est lancé dans un grand classement de ses archives-photos et négatifs. Ces clichés, non connus, ont fait l’objet de très beaux livres , et d’expositions également.

Annie LEIBOVITZ …

« Contrairement à ce que l’on peut croire, je suis très timide, pas du tout autoritaire. La photographie a été pour moi un outil de socialisation qui m’a permis de découvrir l’autre et de garder une part d’imprévu ..Mon père était officier dans l’armée de l’air. J’ai passé mon enfance à voyager. Notre famille de six enfants s’entassait à l’arrière d’un break, nos bagages étaient empilés sur le toit. Mes parents se relayaient au volant. Un jour ma sœur m’a dit que, finalement, mon tout premier cadrage c’était la vitre de la voiture à travers laquelle j’ai vu défiler tellement de choses. Je n’ai jamais cessé de photographier en parallèle des célébrités et des déshérités, des migrants, des laissés-pour-compte du grand rêve américain … Mon travail sur l’image devient de plus en plus intéressant et complexe avec le temps, et c’est à moi de le nourrir. Je suis en perpétuelle recherche d’inspiration et totalement incapable de dire non. Je n’ai jamais su comment mettre quelqu’un en valeur, ni la différence entre le bon et le mauvais profil. J’ai fini par m’y entendre un peu en éclairage, bien que je ne sois pas une bonne technicienne. J’ai des assistants pour ça. Moi, je me contente de regarder et composer l’image, mais je n’aime pas diriger les gens. C’est à eux de se projeter » Annie LEIBOVITZ ( Photographe américaine, spécialiste du portrait )

Annie LEIBOVITZ

Anna Leibovitz est une très célèbre photographe américaine. Elle a fait du portrait une spécialité et on peut dire qu’elle excelle dans son domaine. Ce sont des clichés vraiment forts, originaux, expressifs, surprenants, intimes, lumineux, iconiques, réalistes, inventifs, subversifs, sophistiqués, impertinents, humoristiques aussi, voire même ironiques. Il y a aussi une part d’authenticité, notamment ceux des années70/80 qui permettent de voir l’évolution des générations et de la société. Elle ne s’interdit rien. Sa réputation, à travers le monde, n’est plus à faire, et ses photos font la une des plus grands magazines. Certaines sont même devenues cultes.

Photo prise en 1974 après le départ de RIchard Nixon de la Maison Blanche – Elle fut la seule photographe à faire ce cliché

Il est incontestable qu’elle a un don certain pour capter le petit plus de la personnalité de celles et ceux qu’elle photographie. Des personnalités célèbres qui acceptent, sans hésiter, qu’elle les montre dans des mises en scène assez curieuses parfois, originales sans aucun doute.

Elle sait comme personne les mettre à l’aise, y compris celles que l’on imagine pas capables de le faire comme par exemple la reine Elisabeth II qui n’a pas hésité à lui faire confiance. C’est vrai que durant la séance de 2007, il y avait eu quelques petits échanges maladroits . La photographe demande à la reine de retirer sa couronne pour quelques photos où elle apparaîtrait moins habillée . Oh my god ! La reine est choquée ! Moins habillée ? Que croyez-vous que c’est ? (parlant de la couronne) …. Leibovitz dira par la suite que la reine fut « impétueuse et grincheuse, mais avait un sens du devoir« ) ce qui sera repris par la BBC qui, par la suite, présentera ses excuses pour en avoir parlé . Sa Majesté n’a pas hésité, cependant , à faire la rappeler pour le portrait officiel de 2008 et autres photos en 2017.

Sa majesté la reine Elisabeth et son époux le prince Philipp / Annie LEIBOVITZ

De très nombreuses célébrités venues du monde du cinéma, de la mode, de la musique, et de la politique sont passées derrière son objectif : Sylvester Stallone, Carla Bruni, le Dalaï Lama, Angelina Jolie, Caitlyn Jenner, Yoko Ono et John Lennon, la famille Obama, Nelson Mandela, Michael Jackson, Demi Moore, Lady Gaga, Tony Kushner, Michael Baryshnikov, Hillary Clinton, Donald et Melania Trump, Adèle, Anna Wintour etc etc etc la liste est longue ! – Mais les portraits n’ont pas été ses uniques sujets elle a travaillé sur le conflit à Sarajevo et immortalisé Ground Zero.

Caitlyn JENNER (Ex Bruce Jenner)
Famille OBAMA pour Vogue Magazine – Annie LEIBOVITZ
Lady Gaga – Annie LEIBOVITZ
LEIBOVITZ Demi MOORE
Demi MOORE – Annie LEIBOVITZ
Michael JACKSON – Annie LEIBOVITZ
Carla BRUNI-SARKOZY sur le toit de l’Elysée – Annie LEIBOVITZ
Leonardo DI CAPRIO – Annie LEIBOVITZ

Elle est née à Waterbury(Etats-Unis) en 1949 dans une fratrie de six enfants. Fille d’un militaire dans l’armée de l’air et d’une professeur de danse contemporaine (elle dit avoir hérité des deux dans son travail : discipline, rigueur, et délicatesse) Études dans la peinture au San Francisco Arte Institute et parallèlement dans la photographie le soir.

C’est à cette époque qu’elle découvre les grands photographes les plus connus, décide de se lancer à son tour dans cet art et débute avec un appareil offert par sa maman . Elle part vivre dans un kibboutz en Israël, prend de nombreuses photos une fois sur place . Lorsqu’elle rentre aux Etats-Unis, et sur les conseils d’un ami, elle présente ses clichés au magazine Rolling Stone qui apprécie beaucoup et l’engage. Son talent va payer : elle en deviendra durant dix ans la photographe officielle.

Groupe Rolling Stone durant leur tournée / Photo du magazine – Annie LEIBOVITZ

Mais avant de recevoir ce titre, avant de faire la photo officielle du groupe Rolling Stone et partir en tournée avec ceux, le patron du magazine lui demandera de faire un portrait de John Lennon. Le résultat le satisfait pleinement et la photo fera la une du magazine en 1971. Une photo de Lennon avec Yoko Ono qui deviendra mythique, prise quelques heures seulement avant qu’il ne décède, tué par balle par Mark David Chapman.

John LENNON & Yoko ONO – Annie LEIBOVITZ

En 1983, elle quitte Rolling Stone, décide de se lancer dans les photos pour des couvertures de magazines et travaillera beaucoup notamment avec Vanity Fair au départ, puis en 1998 avec Vogue. Elle s’entoure de très nombreux assistants, plongent les personnalités qu’elle photographie dans des décors et costumes assez coûteux. Les directions font un peu la tête, mais lui donnent carte blanche pour la qualité de son travail.

En 1988, elle rencontre celle qui deviendra la femme de sa vie : la romancière Susan Sontag. Coup de foudre amoureux dont elles diront longtemps qu’il est amical, préférant la discrétion sur leur relation. Susan est mariée et elle a une fille. Elles sont très différentes (l’une glamour, l’autre militante de gauche) mais elles se complètent. Elles voyageront beaucoup ensemble. Leur très belle histoire va durer jusqu’au décès de Susan en 2004.

Susan SONTAG / Annie LEIBOVITZ

Par ailleurs, les célébrités ne sont pas les seules qu’elle aime avoir derrière son objectif. Sa famille a eu une grande importance : que ce soit sa compagne Susan, ses parents, sa grand-mère, sa sœur, ses trois filles : Sarah, et ses jumelles Samuelle et Susan, qui sont pour elle de grandes sources d’inspiration et lui permettent d’aborder l’intime, le naturel, le sans artifice.

Avec ses filles / Annie LEIBOVITZ

Ses photos ont fait, et continuent de faire, l’objet de nombreuses expositions à travers le monde entier, que ce soit dans des musées ou des galeries. Elle a reçu de nombreux prix tout au long de sa carrière comme, par exemple, le titre de Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres par le gouvernement français, la médaille du centenaire de la Royal Photographic Society de Londres, le prix Wexner, un Lifetime Achievement Award par le Centre national de la photographie etc… La bibliothèque du Congrès des Etats-Unis la décrit comme une véritable légende vivante !

Le baroque sous-marin de Christy LEE ROGERS …

Christy LEE ROGERS

«Le premier impact de l’image est instantané, quelque chose que je ressens en moi. Mais ensuite je vais l’imprimer, le mettre sur mon mur et vivre avec durant des mois. Si je l’aime et que je ne m’en lasse pas, je sais qu’il résistera à l’épreuve du temps. Je suis assez fascinée par le fait de briser certaines des règles de la photographie contemporaine en utilisant l’eau et la lumière de manière expérimentale. Je fais différemment des autres photographes sous-marins, je photographie au-dessus de l’eau et j’utilise la réfraction des lumières »  » Christy LEE ROGERS ( Photographe américaine)

Christy Lee Rogers est une grande photographe d’art sous-marin, américano-hawaïenne (née à Honolulu) . vivant à Nashville aux Etats Unis. Elle est peu connue en France (bien qu’elle ait fait l’objet d’une exposition de ses clichés à l’Opéra d’Angers en 2013/14) mais elle est dotée d’une grande réputation dans de nombreux pays pour son travail en contrastes et clair-obscur, dans lequel elle développe un style qui fait penser à des peintures baroques.

Elle a mis plus de quinze ans à développer sa technique et continue toujours d’expérimenter de façon constante. C’est très original, fascinant, impressionnant et assez unique.

Élue photographe de l’année en 2019 aux Sony World Awards, elle expose souvent aux Etats Unis, en Chine, au Japon, en Argentine, en Europe aussi et ses photos apparaissent dans des magazines internationaux comme Vogue, Harper’s Bazaar, Elle décoration, Art China etc. –

L’eau a toujours été pour elle une véritable passion, voire une obsession. Elle travaille la nuit( au-dessusd’une piscine) pour plus d’intensité dans les lumières, plus éclat dans l’obtention de couleurs éblouissantes (prédominante la couleur pour elle !). Les corps sont enchevêtrés et ondulent dans l’eau.

«  Je choisis des couleurs qui se démarquent du noir  comme les rouges, les oranges, et les blancs, puis je mélange du bleu et du marron pour remplir ces tons moyens. Mes gouts personnels sont beaucoup de neutres avec d’énormes touches de couleurs. C’est le contraste qui me délivre un message. « C.L.R.

Ce travail magnifiquement complexe a une signification : celle d’évoquer et traduire la force, mais également la fragilité, la vulnérabilité, le tragique, la folie même, de la condition humaine.

Willy RONIS …

«  Pendant toute ma vie de photographe ce sont des moments tout à fait aléatoires que j’ai retenir. Ces moments savent me raconter bien mieux que je ne saurai le faire. Ils expriment mon regard, ma sensibilité. Mon auto-portrait ce sont mes photographies. A chaque photo, il pouvait se passer quelque chose comme il pouvait ne rien se passer. Ma vie a été un pavé de déceptions mais aussi d’immenses joies … Je ne voudrai  retenir que ces moments de joie qui consolent de tous les autres. Quand la vie, furtivement, vous fait un signe de reconnaissance, vous remercie, il y a alors ne grande complicité avec le hasard que l’on ressent profondément. Alors on le remercie aussi. C’est ce que je nomme la joie de l’imprévu. Des situations minuscules, comme des têtes d’épingle. Juste avant il n’y avait rien et juste après il n’y a plus rien. Alors il faut être toujours prêt. » Willy RONIS

 L’objectif est tourné ce jour vers un merveilleux et talentueux photographe-reporter qui a eu une très longue carrière couronnée de nombreux prix ( Prix Kodak 1947 – médaille d’or à la Biennale de Venise 1957 – Grand prix national des Arts et des Lettres 1979 – Prix Nadar 1981 ) ; un œil sûr qui a su magnifiquement bien capter les gens et leur vie quotidienne. Il fut membre de la Royal Photographic Society of Great Britain ( 1993 ).

Un  passionné de dessin et de peinture qui a souvent déclaré que le photographe se rapprochait du peintre dans ce qu’il fallait de patience, de réflexion et de temps à réaliser une œuvre :  ‘‘ La photo est fille de la peinture. Je mets ces deux disciplines sur un pied d’égalité. Lorsque l’on est artiste, on produit de l’art, peut importe lequel. » – La photo de son épouse, nue devant un lavabo, prise à Gordes dans leur maison  en 1948 et qui fait partie d’une série, a eu beaucoup de succès, elle fut publiée par l’agence Rapho. On l’a souvent comparée à un tableau.

 » Le nu provençal  » 1949 à Gordes – Willy RONIS ( Médiathèque de l’architecture et du patrimoine)  —  » Je bricole au grenier, il me manque une certaine truelle restée au rez-de-chaussée. Je traverse l’escalier de pierre qui traverse notre chambre au premier. Sortie de sa sieste, Marie-Anne s’ébroue dans la cuvette ( on va chercher l’eau à la fontaine). Je crie  » reste comme tu es !  » – Mon Rolleiflex est sur une chaise, tout près. Je remonte trois marches et fais quatre prises, les mains tâchées de plâtre. C’est la deuxième photo que j’ai choisie, le tout n’a pas duré deux minutes. C’est ma photo fétiche parue depuis lors sans discontinuer, ici et partout. Le miracle existe, je l’ai rencontré  » 

Ses clichés sont de véritables portraits, à la fois intimistes, pleins de tendresse, d’émotion, de réflexion, de fraîcheur, profonds et poétiques. Ils semblent nous raconter l’histoire des personnes qu’il rencontre,  sur lesquelles il a posé, très souvent, un regard d’enfant, un regard attendri. Au-delà d’eux il y a eu aussi toutes les rues et les ruelles des quartiers de la capitale où il a aimé se promener, flâner , des patineurs au bois de Boulogne, des promeneurs, le froid , la neige qui tombe , la Pyramide du Louvre, les Puces de St Ouen, les Halles, les trains , les manifestations et grèves dans les usines , les enfants, les amoureux (  » chaque fois que je rencontre des amoureux, mon appareil sourit : laissons-le faire ! «  ) la guerre, la Provence, les paysages industriels.

 » j’aime mieux tâter un peu de tout, quitte à porter mon effort sur ce que je fais volontiers et refuser ce qui m’intéresse moins. Être libre ? Oui, mais ça n’est pas tant la question de liberté que le goût des choses diverses. » W.R.

Un travail très éclectique, empreint d’une grande liberté d’exécution, sans contrainte aucune, sans le souci de devoir se conformer à une mode quelconque, sans devoir obéir à qui que ce soit. Ce fut un artiste authentique, sincère, avec juste le désir, niché au plus profond de lui-même, de donner une image de ce qui présentait à lui. Il a nettement préféré que son travail ait du sens et que ses photos restent des moments de vérité éternelle, sans vulgarité aucune.

Son œuvre photographique n’a jamais  été empreinte de tristesse et même lorsque la gravité était là, elle fut humainement lumineuse, constellée de cet émerveillement qui fut le sien pour nous offrir ces cadeaux que sont ses photos. Il nous a , en quelque sorte, ouvert son journal intime car ses clichés sont non seulement liés à sa vie, mais aussi à ses idéaux politiques et idéologiques, aux découvertes qu’il a faites dans le monde, un monde dont il a tellement aimé explorer les mystères ! Il fut un optimiste, un peu espiègle, humoristique, et tendre.

Il n’a pas de trépied mais photographie appareil en bandoulière, tenu  à la main. Il observe, patiente, réfléchit, calcule le bon angle, puis capture l’instant avec émotion. Ses photos excellent dans l’art de la composition. Elles jouent à merveille dans les jeux de l’ombre et de la lumière. Lui dira que ce qui l’a inspiré c’est ce que la lumière éclaire et surtout comment les gens ressortent de ce clair-obscur.

La photo a été une véritable passion :  » j’ai remercié le destin de m’avoir fait photographe. Cela m’a probablement préservé de souffrances intolérables. » – Ce qui a été merveilleux chez lui c’est d’avoir su s’émerveiller de tout ce qu’il a approché dans cet univers et toute sa vie durant.

Willy Ronis est né dans une famille juive en 1910, d’une mère lithuanienne très croyante et d’un père ukrainien agnostique. Sa maman était musicienne et jouait du piano. Non seulement elle lui apprendra à en jouer, mais il suivra, également, des cours de violon dès l’âge de 7 ans. Il a beaucoup aimé la musique et d’ailleurs à une certaine époque il aurait voulu en faire son métier, être compositeur. Lorsqu’il dit :  » La majorité de mes photographies sont composées en hauteur, car je travaille en surplomb pour faire émerger les différents plans distinctement. C’est pour moi comme les trois ou quatre portées d’une Fugue de Bach  » on est tenté de croire que finalement la musique a  » accompagné  » ses photos.

Son père était photographe en Ukraine et trouvera un emploi de retoucheur-photos en arrivant  à Paris. Après avoir travaillé pour d’autres, il ouvrira un magasin rue Voltaire. C’est lui qui a guidé les premiers pas de Willy dans le monde de la photo..

Il a donc baigné et grandi dans cet univers. Pourtant à ce moment là il ne se voyait pas épouser une carrière dans la photo, mais plutôt dans le monde de la composition musicale. Par ailleurs il suit des cours de droit à la Sorbonne;

Les choses prendront une autre tournure lorsqu’il devra, un jour, remplacer  son père, atteint d’un cancer,  dans le magasin  Une période de 4 ans durant laquelle il avouera s’être beaucoup ennuyé . Le père meurt en 1936, le studio se retrouve face à de nombreuses dettes, le magasin est vendu, les créanciers s’en empare. Toute la famille part dans les 11e arr. Il lui faut trouver du travail.

La photographie de presse l’intéresse et retient son attention. Premiers clichés pour la SNCF, et l’ Office du tourisme. L’arrivée du Front populaire va lui offrir l’opportunité de beaux clichés comme ceux du 14 juillet à la Bastille, un événement qu’il qualifiera de  » fabuleux «  ! – A partir de là, il prend son envol et se lance en 1937 dans ce métier de façon officielle en tant que photographe-reporter-illustrateur et fait l’acquisition de son premier Rolleiflex.

En 1938/39 il couvrira les grèves de l’industrie automobile ( Citroën ) ainsi que différents mouvement sociaux , immortalise une déléguée syndicaliste qui va plaire et qui sera publiée . Elle fera le tour du monde entier. Il va rencontrer de grands photographes , se lier avec certains comme par exemple Henri Cartier-Bresson avec lequel  il rejoindra , à peu près à cette époque, l’Association des Écrivains et Artistes révolutionnaires ( assez proche du parti communiste) –

«  Rose Zehner  » (Syndicaliste Citroën ) – 1938 – Willy RONIS ( Médiathèque de l’architecture et du patrimoine)

Communiste il l’a été lorsqu’il était jeune mais  sans y adhérer au départ.  Les photos faites pour le Front populaire au 14 juillet feront l’objet d’une publication dans une revue de ce mouvement. Il se sentira, par ailleurs, très proche du monde ouvrier et compatira à leurs problèmes, il sera membre du parti très peu de temps (1945/1951)  , préférant rester indépendant. Même si il a partagé leurs idéaux , il n’a pas milité ni  jamais fait passer un quelconque message de ce parti au travers de ses photos.

 » Mes idées ont été et sont toujours fondées sur la libération des hommes du joug capitaliste. J’ai été membre du parti communiste un certain temps et j’ai travaillé quelques années pour ce mouvement tout en restant indépendant. J’étais orienté certes, mais je suis resté libre !  » W.R.

Durant la guerre, face au régime de Vichy il passera outre le fait de devoir rester à Paris et porter l’étoile jaune. Il franchit la ligne de démarcation et partira vivre dans le midi de la France en faisant différents petits métiers. Son appareil photographique sera rangé durant toute cette période.

La seconde guerre mondiale avait interrompu ses activités photographiques , il les reprendra à la libération en travaillant  alors pour  le TimeLife, Point de vue et image du monde et rejoint en 1946 l’agence Rapho dans laquelle de grands photographes sont en poste notamment Doisneau et Brassaï. Avec eux, dans les années 50 naîtra la mouvance des photographes humanistes, s’intéressant nettement plus aux gens.

Les marchandes de frites  » – 1946 – Willy RONIS ( Médiathèque de l’architecture et du patrimoine) –  » Ce jour-là je venais de terminer un reportage sur les Halles Baltard, les grandes Halles de Paris. Le quartier m’intéressait beaucoup et je me promenais encore, comme ça au gré de ma fantaisie. Il était midi et j’étais arrivé rue Rambuteau. J’ai été saisi par la grâce de ces deux jeunes filles qui vendaient simplement des frites et parlaient à un client qui, naturellement, plaisantait avec elles. J’ai fait ma photo, de chic, le nez au vent. Il y avait beaucoup de monde tout autour et comme elles étaient jolies et avenantes ça excitait la verve des clients. Paris vivant une période d’optimisme et de grande enthousiasme. C’est ce que traduit pour moi cette photo. Leur charme, leur sourire, leur malice, c’est au fond tout ce qu’on aime dans ce Paris-là, vif, alerte, drôle …  »

Cette année-là il épouse une peintre Marie-Anne Lansiaux qui avait un fils Vincent. Ronis va l’élever comme s’il était le sien. Malheureusement, il aura la douleur de le perdre en 1988 lors d’un accident de deltaplane . Trois ans plus tard, c’est sa femme qui décèdera atteinte depuis quelques années de la maladie d’Altzeimer.

Différents reportages voient le jour ,  notamment sur le retour des prisonniers de guerre et donc, par conséquent, de nombreux voyages dans toute l’Europe  – Avec son épouse ils feront l’acquisition en 1949 d’une maison à Gordes.

 » Le retour des prisonniers  » – 1945 – Willy RONIS ( Médiathèque de l’architecture et du patrimoine) –  » Ce jour-là j’étais à la gare de l’Est pour réaliser un reportage et en marchant dans la gare bondée, où les prisonniers arrivaient, fatigués, amaigris, dans une atmosphère assez troublante de cohue et d’espoir, j’ai été soudain frappé par cette infirmière qui faisait ses adieux à un prisonnier qu’elle avait dû soigner pendant le convoi. J’assiste donc à leur séparation. Je me dis que le prisonnier arrive à Paris et que, probablement, quelqu’un l’attend, quelqu’un qui l’a même attendu très longtemps. Mais ça, je ne le sais pas vraiment. J’imagine, j’invente, j’associe, je me laisse aller à ma rêverie, mais c’est au moment précis où j’ai développé et tiré cette photo qu’elle m’a bouleversé, parce qu’il y avait une expression si émouvante sur le sur le visage de cette femme si complice et pudique à la fois… »

Après avoir quitté son agence dans les années 55 , il se tournera vers la photo de mode et la publicité.

C’est là que commenceront un peu les années  » galère « . En refusant de faire des concessions sur la présentation de ses photos, en voulant rester avant toute chose le créateur de son travail, d’avoir un droit de regard sur lui, de vouloir en conséquence » se mettre en retrait  » pour rester très indépendant, il va se marginaliser et on ne fera plus trop appel à lui. On pensera qu’il n’a plus trop envie de travailler et lui-même dira qu’il a dû taper aux portes :  » j’ai fait du porte-à-porte, mes photos sous le bras. Les rédactions ne m’appelaient plus. » – Ces difficultés dans sa profession vont entraîner des problèmes financiers. Il quittera Paris et se réfugiera avec femme et enfant à Gordes puis à L’isle sur Sorgue.

Les photos de mode qu’il propose ne retiennent pas l’attention, tout simplement car désormais ce qui plaisait à l’époque  eh bien c’était le scoop ! Mais il n’a pas l’âme d’un paparazzi :  » j’ai sérieusement songé à quitter le métier. J’étais une espèce de maniaque inadapté. »

Dans les années 70 il enseignera  la photo à l’Ecole des Beaux Arts d’Avignon,  dans les facultés d’Aix en Provence et Marseille. Elles seront les années du succès revenu, celles des récompenses et des titres . En 1983 c’est le retour dans la capitale. Il fait l’objet de nombreuses expositions en France, en Russie, en Angleterre, aux Etats Unis et même au Japon où aura lieu une grande rétrospective de son travail à Tokyo en 1985.

Après tant d’années vouées à son art, Il arrêtera sa profession entre 2000/2001 en jugeant que l’heure était  venue pour lui  d’y mettre un terme. D’autres expositions suivront. En 2009, il décède, presque centenaire, à l’âge de 99 ans.

Avant cela il avait fait don à l’État en 1983 et 1985 de ses archives photographiques afin d’une part qu’elles ne quittent pas la France, et d’autre part, il reçoit un engagement du paiement de son loyer jusqu’à la fin de ses jours ( il traversait alors de grosses difficultés financières) . Pour cela, c’est lui qui a repris toute son oeuvre et trié beaucoup de photos  et rassemblé celles qui lui ont semblé être les meilleures. Pour que l’utilisation qui en sera faite soit optimum, il écrira un testament dans lequel il nomme quatre exécuteurs. Son petit-fils Stéphane Kovalsky a été héritier d’une part réservataire.

 » Le petit parisien  » – 1952 – Willy RONIS ( Médiathèque de l’architecture et du patrimoine) (  » Ce jour-là, pour cette photo qui a été tant de fois reproduite dans la presse et qui, pour finir, pourrait venir signer mon auto-portrait en petit parisien, j’avais fait une petite entrave à ma pratique habituelle. Je veux dire que j’ai fait un minimum de mise en scène. Je devais illustrer un reportage qui s’appelait  » Revoir Paris  » et racontait l’histoire d’un parisien qui était allé vivre quinze ans à New York et revenait à Paris en remarquant, avec amusement, tous les signes distinctifs de ce qu’on voit à Paris. Parmi toute ces choses distinctes, il y avait bien entendu le grand pain parisien. Il fallait donc que je trouve une façon particulière de le photographier, de le mettre en situation, ça n’aurait pas eu de sens de choisir simplement le cadre d’une boulangerie. Il était midi, je suis allé dans mon quartier rôder du côté d’une boulangerie. Dans la queue j’ai vu ce petit garçon avec sa grand-mère qui attendait son tour. Il était charmant avec un petit air déluré. J’ai demandé à sa grand-mère :  » s’il vous plait Madame est-ce que vous m’autoriseriez à photographier ce petit garçon lorsqu’il sortira avec son pain ? J’aimerai bien le voir courir avec son pain sous le bras…. » Mais oui bien sur, si ça vous amuse, pourquoi pas ?  » – Je me suis posé un peu plus loin, j’a attendu, il a acheté son pain et il a couru de façon si gracieuse et vivante….  »

P.S : Les explications de Willy RONIS sous les photos sont extraites de son livre  » Ce jour-là  » aux Editions Mercure de France)

René MALTÊTE … l’humour photographique

René MALTÊTE 1930-2000

René Maltête fut un atypique et merveilleux photographe. Il nous a laissé des photos décalées, attachantes, impertinentes, ironiques, malicieuses, drôles, mais non dénuées de tendresse . Elles nous font sourire aujourd’hui encore et en ces temps moroses cela fait franchement du bien !

Cet homme très discret, dont on disait qu’il fut  » anarchiste, anti-conformiste, non-violent, anti-militariste, pacifiste … » ou bien encore  » un militant ardent, inventif, ayant engagé l’humour sous la bannière des causes qu’il défendait : la protection de la planète et la condamnation de la guerre  » … fut bien moins connu personnellement que ne l’ont été ses clichés , exposés dans le monde entier lors d’expositions ou sous forme de cartes postales.

Il est né en 1930 et mort en 2000. La photo est entrée dans sa vie lorsqu’il était adolescent. A l’âge de 20 ans, il effectuera un stage auprès de Jacques Tati et Claude Barma, et dix ans plus tard il fera partie de l’agence Gamma-Rapho.

Sa passion sera de saisir des instants insolites et cocasses, qui nous prouvent combien ce photographe savait manier originalité, humour mais également poésie (lui qui a été aussi poète à ses heures) et philosophie pourrait-on dire parce qu’elles amènent à la réflexion .


Elliott ERWITT …

 » Pour moi la photographie est un art de l’observation. Il s’agit de trouver quelque chose d’intéressant dans un endroit ordinaire. J’ai trouvé qu’il y avait peu de choses que l’on voit et tout est à voir avec la façon dont on les voit. » Elliot ERWITT (Photographe américain)

Elliott Erwitt and Stephanie March

Elliott Erwitt a mis sa vie au service de la photographie dite  » originale « . L’œil rivé derrière son objectif, scrutant les moindres faits et gestes et n’ayant pas son pareil pour savoir capter un instant précis qui devient quasiment une petite histoire que l’on pourrait raconter en la regardant.

Pour bien comprendre ses photos, il faut avoir en tête que l’humour et le talent de ce photographe ne se trouvent pas dans ce qu’il photographie, mais plutôt dans la photo elle-même, à savoir que l’on peut être amené, par exemple, à prendre une scène cocasse qui finalement se révèle sans vie, et photographier une personne ( ou une situation) qui fait un geste tout à fait banal au premier abord mais qui le fait d’une façon telle que la photo devient alors très amusante et intéressante.

ERWITT Confessional de rue 1940
 » Confessional de rue / 1940  » Elliott ERWITT

ERWITT Musée du Prado 1995
 » Musée du Prado / 1995  » Elliott ERWITT

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 » Combat entre Mohamed ALI et Joe FRAZIER  » Madison Square Garden de New York en 1971 – Elliott ERWITT :  » j’avais acheté mon billet. J’étais au milieu de la foule quand Ali est tombé K.O. J’ai déclenché juste au bon moment. Ce qui rend l’angle original, c’est que tous les photos-reporters étaient placés près du ring. Moi, j’avais un autre point de vue.« 

ERWITT Soldat
« Soldat tirant la langue / 1951  » Elliott ERWITT : «  Cette photo d’un soldat me tirant la langue a été prise à Fort Dix pendant un entrainement de base. Je marchais, au milieu de la troupe, à côté de lui. Je portais mon appareil photo, un Leica à objectif pliable. C’est une vieille photo mais je l’aime toujours!  » 

C’est là le grand talent de Erwitt qui, avec son côté chaplinesque, a su réaliser ce que je viens d’expliquer, et qui le fait de façon simple, tendre, légère, lucide, drôle, espiègle et malicieuse, pétillante aussi, sans écarter l’émotion lorsqu’elle est bouleversante ou dramatique. Il ne revient jamais sur ses clichés au tirage, ne les recadre pas. La photo prise sur le vif reste telle quelle. Cela a toujours été très important pour lui.

Ses photos sont, pour la plupart, en noir et blanc. Il y en a eu en couleur également mais elles l’ont été pour un côté plus professionnel dirons-nous, destinées à des magazines ou pour l’Agence Magnum.

ERWITT Deauville 1965
 » Deauville 1965  » Elliott ERWITT

ERWITT Amsterdam 1968
 » Amsterdam 1965  » Eliott ERWITT

Erwitt est une vraie légende qui a fait l’objet de très nombreuses expositions un peu partout dans le monde. Ses sujets sont très variés : personnes dans des situations inattendues, objets et lieux insolites, scènes burlesques ou plus dramatiques, moments précis pris sur une plage, dans des trains, des bals, des photos de baisers volés, des stars, des hommes politiques, des écrivains, des enfants, des chiens  …. Des tas de sujets, tout sauf la guerre !

FRANCE. Paris. 1989. Eiffel tower 100th anniversary.
 » Paris 1989 Tour Eiffel  » – Elliott ERWITT 

USA. California. 1955.
 » Santa Monica Californie 1955  »  Elliott ERWITT 

Les enfants font partie des sujets  qu’il apprécie parce qu’il dit les trouver très spontanés, pleins de fraîcheur. Quant aux chiens, alors là il les a vraiment beaucoup aimés :  » ils ne savent pas qu’ils sont photographiés et ont donc une attitude tout à fait naturelle « . Il avoue pourtant qu’ils ne sont pas tous photogéniques. Sa préférence va aux chiens français qui à son humble avis sont ceux qui affichent le plus de personnalité.

FRANCE Tableau achat / vente de FRANCE pas cher
 » La baguette et le béret / Provence 1955  » Elliott ERWITT 

This Week's Photo — Boy with Pistol — Elliot Erwitt | by Arshdeep Matharu |  Medium
 » L’enfant au pistolet  »  Elliott ERWITT ( Un jour dans une exposition on a demandé à Erwitt quelle était sa photo préférée parmi toutes celles qui étaient accrochées. Il a désigné celle-ci et a répondu «  parce qu’elle m’émeut « 

ERWITT Dog jumping 1989
 » Dog Jumping  » 1989 Elliott ERWITT

ERWITT 1974
Série Dogs en 1974 – Elliott ERWITT

ERWITT Dog birmingham 1991
 » Série Dogs – Birmingham 1991  » Elliott ERWITT

Elliott Erwitt est né à Paris en 1928. Enfance passée d’abord en Italie, puis départ pour les Etats-Unis : New York d’abord, Los Angeles ensuite. Ses parents se séparent lorsqu’il est adolescent. Il va donc se débrouiller un peu tout seul. La photo fait déjà partie de sa vie à cette époque. Premier appareil à 13 ans, et travail dans un laboratoire de développement deux ans plus tard. C’est là qu’il dit avoir eu une révélation : celle que la photo allait devenir toute sa vie. Il tombe, en effet, sur une photo de Cartier Bresson sur des trains qui va le fasciner pour tout ce qu’elle apporte d’incroyable en atmosphère et qui se révèle complètement naturelle et inattendue.

A partir de là, son attrait pour la photo va considérablement s’intensifier. En plus de son travail en laboratoire, il photographie pour son propre compte et son plaisir. Il quitte ses obligations professionnelles, et part voyager en France, en Italie, collabore pour divers magazines très en vogue en Europe, puis retourne aux Etats-Unis.

Il part faire son service militaire tout en continuant à travailler pour des revues américaines. Son travail est à son image : optimiste, souvent ironique et plaît beaucoup. Il gagne même un concours. A la sortie de l’armée, il fera de belles et grandes rencontres : d’abord Edward Steichen qui lui obtiendra un véritable premier job dans la publicité et le fera participer à des expositions fondamentales et importantes.

Puis ce sera Robert Capa, déjà croisé avant son service militaire à Paris, lorsque ce dernier avait une petite agence de pub. Il apprend qu’il va ouvrir une agence américaine. Elle devient la célèbre Agence Magnum. Capa parraine Erwitt et le fait entrer. C’était en 1953. Il en deviendra l’un des principaux piliers, sinon le plus célèbre et bien des années plus tard le président. Ses photos pour l’agence feront le tour du monde et la Une d’un grand nombre de couvertures.

Son aisance, sa liberté, son sens aigu de la composition, son style sont sa carte de visite. En dehors de la photo, Erwitt a travaillé également dans la publicité, le reportage (Life, Look, Paris Match etc…) , le documentaire. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la photo, a réalisé des programmes comiques ( voire satiriques ) pour la télévision.

Sa route a croisé celle de nombreuses personnalités connues : JFK, Jackie Kennedy, Le Che, Truman Capote, Fidel Castro, Marlène Dietrich, Simone de Beauvoir, Bill Clinton, Arnol Scharzenegger etc etc … Sans oublier Marilyn qu’il rencontre sur le tournage de Certains l’aiment chaud et la retrouvera dans les Misfits. 

Dans tous les cas de figures, attention : pas de comportement  spécial, ni d’attention particulière  due à la hiérarchie, la notoriété. Quel que soit le statut social, tout ce beau petit monde sera traité de la même façon, placé à égal niveau.

ERWITT Marilyn 1954
 » Marilyn 1954  » Elliott ERWITT :  » Elle était toujours agréable, facile à photographier. Elle avait un instinct très fort pour ceux qu’elle aimait et ceux qu’elle n’aimait pas. Elle était très accessible. La Terre entière a fait son portrait ! Rater une photo de Marilyn relevait de l’impossible. Cela relève de la photogénie »

ERWITT JFK
 » JFK  » Elliott ERWITT 

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 » Jackie Arlington 1963  » Elliott ERWITT 

Elliott Erwitt a été marié quatre fois et a eu six enfants. Il est grand-père, toujours optimiste et actif. Il a travaillé dans la photo jusqu’à plus de 80 ans.

ERWITT 2017
ERWITT chez lui en 2017 avec son chien 

Une danseuse, une fleur …

 » Il y a toujours une sorte de chimie entre un photographe et son modèle, et grâce à cela, il y a des photos intéressantes qui voient le jour. Le plus important est de photographier exactement ce que vous ressentez, ce à quoi vous pensez, ce qui est excitant et même ce qui est dérangeant. A mon avis, la photographie est le reflet du moi intérieur d’un artiste » Yulia ARTEMYEVA (Photographe russe)

Yulia ARTEMYEVA
Yulia ARTEMYEVA

Yulia Artemyeva est une jeune photographe née en 1983 à Gorky en Russie. Sa passion du dessin et de la photograhie l’a emporté sur ses études d’économie. De cet art, elle dit qu’il est  » sa passion, son amour, sa motivation « .

Diplômée de l’Academy of International Collaboration de Moscou, elle a gagné en 2016 le prix d’excellence de la part de la Fédération Internationale de l’Art photographique en France.

Son travail est très recherché et il a fait l’objet de nombreuses expositions internationales comme notamment cette série intitulée Ballerines & Fleurs, où les fleurs s’unissent à la danse.

Pour elle, les fleurs ont la grâce de la danse et toutes deux ont une durée de vie assez courte. Ce travail, en collaboration avec la danseuse Marina Mastyka,  lui a pris quatre ans. Treize photos en noir et blanc où les fleurs reprennent les postures des danseuses avec beaucoup de délicatesse, de subtilité, d’élégance et de fragilité aussi.

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«  La beauté des femmes n’est pas éternelle. Celle des fleurs non plus. La carrière d’une danseuse est aussi courte que celle d’une fleur. Savez-vous à quel âge part à la retraite une ballerine en Russie : 38 ans !  » Yulia ARTEMYEVA

Rodney SMITH …

«  Mes influences ne sont pas issues de la culture populaire. Elles viennent de la peinture de la Renaissance italienne, de la photographie du milieu du XXe siècle, de la peinture de John Singer Sargent, de la culture japonaise, du style Biedermeier. En plus d’être fantaisiste, j’espère profondément que mon travail est émotionnel et réfléchi. Le monde d’aujourd’hui a atteint une impasse. La musique est discordante, l’art , conceptuel ou non, est vulgaire, la culture indélicate, elle manque de style, de grâce et tout cela aurait besoin de changement. Le monde de mes photographies est un monde un peu hors de portée. Il nous oblige à aspirer à plus, à atteindre un mieux, à apporter de la civilité, de la grâce, de la beauté, et le retour à un monde qui a malheureusement disparu. Sans s’en rendre copte la culture populaire crie Non ! . J’espère que mes photos proclament plutôt un Oui ! . » Rodney SMITH((Photographe américain)

RODNEY SMITH photo
Rodney SMITH (1947/2016)

Rodney Smith a été un éminent photographe, incroyablement passionné par son métier,  avec des clichés très facilement reconnaissables. Des portraits et paysages,  très élégants, pleins d’esprit, magiques, poétiques, optimistes, fantaisistes, intemporels,  entre rêve et réalité, subtilité et contradiction, poésie et absurde. Si ses photos ont plu et continuent de plaire autant c’est parce qu’elles offrent une impression de beauté et  d’incroyable spontanéité.

Elles sont toutes différentes les unes des autres. On pourrait croire qu’elles surprennent par leur côté étrange et inhabituel, mais ce n’est pas le cas : tout semble être là de façon normale, naturelle, simple. Et c’est cela qui est fantastique dans son travail : nous amener à penser de la sorte !

Son côté surréaliste fait penser au peintre belge René Magritte ; son sens du design et de la composition à Edward Hopper. Il les appréciait énormément tous deux et on le compare souvent à eux. De ses études en théologie il a gardé un sens contemplatif très profond et toute sa vie il a tenté de sortir du chaos, de la confusion, de l’incompréhension, du désespoir du monde moderne, essayant de cherchant le sens d’un être humain.

Il a très longtemps été un adepte de la photo en noir et blanc ,  la couleur n’est entrée dans sa vie qu’en 2002. Avec le temps, et surtout depuis son décès en 2016, elles sont devenues des sortes d’œuvres d’art très recherchées non seulement par les musées du monde entier, mais aussi  par les collectionneurs. Elles font souvent , par ailleurs, l’objet de nombreuses grandes expositions et rétrospectives. Quarante-cinq ans de carrière auréolés par de nombreux prix et récompenses. Il fut également professeur de photographie à l’Université de Yale et l’auteur d’ouvrages sur son art.

Il est né en 1947 à New York. Élevé par son père, un riche industriel de la mode. Études à l’université de Yale dont il sort diplômé en 1970. Parallèlement à cela, il prend des cours de photographie. Six ans plus tard, il obtient une bourse qui lui permet de se rendre en Israël durant trois mois afin de faire une sorte de retraite-études sur la diversité des  cultures et religions du Moyen-Orient. Un voyage intérieur qui va beaucoup lui apporter.

A partir de là, il voyagera beaucoup, travaillant surtout sur la lumière que lui apporte les différents pays où il se rend. Son style personnel années 50,qui prend un malin plaisir à jouer avec le temps et l’espace et emmener chacun de nous dans un monde enchanteur qui nous fait oublier les tracas de la vie,   va naître, fait de mises en scène un peu étranges mais pleines de poésie, jamais retouchées, développées en chambre noir, un véritable artisanat dont il était fier.

La nature a tenu une part importante dans son travail, son langage, elle a été le décor de ses photos et probablement qu’elle lui a permis de trouver les réponses aux questions qu’il n’a cessé de se poser toute sa vie sur la nature profonde de l’homme : « Je suis toujours attiré par un endroit où la main de l’homme est évidente. »

Il est décédé en 2016.

RODNEY SMITH Reed Skiing Lake Placid New York 2008
« Ski à Lake Placid  »  2008 – Rodney SMITH

RODNEY SMITH Superslow Exercise New York 2001
 » Exercice super lent  » 2001 – Rodney SMITH

RODNEY SMITH Alan Leaping From 515 Madison Avenue 1999 New York
« Alan bondissant du 515 Avenue à New York  » 1999 – Rodney SMITH

RODNEY SMITH Mira Looking through window at Paris 2001
 » Mira regardant à travers la fenêtre  » 2001 – Rodney SMITH

Rodney Smith. Reed reading upside down. Amenia. New York. 2013 ...
 » Reed lisant à l’envers  » 2013 – Rodney SMITH

RODNEY SMITH Edythe and Andrew s'embrassant sur un taxi New York 2007
 » Edith et Andrew s’embrassant sur un taxi à New York  » 2007 – Rodney SMITH

RODNEY SMITH Maria tenant un ballon orange Charleston 2010
 » Maria et le  ballon orange à Charleston  » 2010 – Rodney SMITH

Rodney SMITH 4
 » Saori sur l’aile d’un avion en République Dominicaine  » 2010 – Rodney SMITH

Horst J. HORST …

«Je ne pense pas que la photographie ait quoi que ce soit à voir, de près ou de loin avec le cerveau. Cela n’a à voir qu’avec l’attrait visuel  » HORST J.HORST

HORST Photo 2
Horst J.HORST (1906-1999)

Horst Paul Albert Bohrmann, dit Horst J.Horst, est un talentueux  photographe de mode (et de studio) américain, quelque peu révolutionnaire dans son domaine, suggestif, pas vraiment fantaisiste ( à de rares exceptions), rigoureux et minutieux dans ses préparations de prises de vue (si l’on s’en réfère à ce que les autres ont pu en dire ) aimant la beauté féminine, sa grâce et sa sensibilité. Ses photos ne sont pas quelconques, elles ont un cachet un peu spécial, avec une lumière particulière, un sens des détails que ce soit dans la pose, ce qui bien souvent les rend élégantes, ce qui lui vaudra d’ailleurs  le surnom : le photographe de l’élégance.

Il est né à Weissenfels en 1906. Passionné par l’art architectural et la sculpture grecque  au départ, il part étudier la première de ces disciplines  à Hambourg, puis à Paris (stage chez Le Corbusier) . Il  va aimer fréquenter tout ce qui compte d’artistes bohèmes de la capitale, fréquente aussi les endroit chics, se fait inviter dans des soirées où se croisent  des personnalités influentes du monde de l’art.

HORST Le grec 1942
 » Le grec  » 1942 – Horst P.HORST

C’est ainsi qu’il fait des  rencontres intéressantes pour lui , une surtout  : George Hoyningen-Huene directeur du magazine Vogue-France (surnommé  le Baron) . Coup de foudre : il devient son élève, son amant, son modèle. Tous deux vont beaucoup voyager. George trouve que Horst a du talent en photographie, il lui permet de s’enrichir auprès de grands photographes du moment .

Premières photos en 1931 pour Vogue dans  l’édition parisienne,  et premier cliché à succès en 1939 : Le corset. Après quoi il embarque sur le paquebot Normandie pour les Etats-Unis lorsque  la seconde guerre mondiale éclate.  Avant de partir, il va se lier d’amitié avec Coco Chanel et la photographiera durant une trentaine d’années.

HORST Corset 1939
 » Le corset  » 1939 – Horst J.HORST

HORST Coco
Coco CHANEL par Horst P.HORST

Installation à New York, obtention de la nationalité américaine et un nouveau nom à savoir celui qu’on lui connait désormais : Horst P.Horst. Ses portraits des stars, mannequins, et personnalités  américaines ( Bette Davis, Rita Hayworth,  Loretta Young, Marlène Dietrich, le top de l’époque Lisa Fonssagrives, Joan Crawford , Steve McQueen,  Luchino Visconti, le président Harry Truman, de nombreuses premières dames et autres photographes,  Salvador Dali, Andi Warhol ,  etc etc …  obtiennent énormément de succès. Les professionnels de la photo le reconnaissent comme l’un des leurs  et,  dans la foulée, il devient le directeur de la photographie du magazine Vogue/Etats Unis. Il y restera jusqu’en 1951 à la fermeture des studios .

HORST Summer Fashion Couverture Vogue 1941
 » Summer Fashion  » pour Vogue 1941 – Horst P.HORST

HORST Betty FORD 1975
Betty FORD pour VOGUE 1975 – Horst P.HORST

HORST Marlène
Marlène DIETRICH par Horst P.HORST

HORST andy WARHOL
Andy WARHOL – par Horst P.HORST à la Factory

Après quoi il va ouvrir son propre atelier,  travaille beaucoup dans son atelier-photo pour d’autres magazines (dont Life en 1980) et  des couturiers aussi . Ses photos, réunies en différentes séries, se tirent à des millions d’exemplaires et coûtent cher. Il fait l’objet de nombreuses expositions et rétrospectives dans les années qui suivront.

HORST Couverture Vogue pour Clavin KLEIN Fashion
Couverture de Vogue pour Clavin KLEIN en 1983  – Horst P. HORST

HORST Série round clock 1987
Série Round the Clock / 1987 – Horst P.HORST

HORST 1987 Round the clock
Série Round the Clock / 1987 Horst P.HORST

 

Il meurt à Palm Beach en 1999 à l’âge de 93 ans.

HORST Nature morte 1937
 » Nature Morte  » 1937 – Horst P.HORST