L’Élisir d’amore … Gaétano DONIZETTI

« Ma devise : Vite ! C’est peut-être regrettable mais ce que j’ai vraiment fait de bon a toujours été fait vite. Le plus souvent, le reproche d’une éventuelle négligence concernera ce qui m’a demandé le plus de temps. Quand un sujet me plait, c’est plus fort que moi, il m’inspire, mon cœur parle, ma tête vole et ma main écrit.  » Gaétano DONIZETTI (Compositeur italien)

( Vidéo : Ouverture/Préludio – James LEVINE à la direction de l’ORCHESTRE DU METROPOLITAN OPERA / NEW YORK)

Fin 1830 des mouvements révolutionnaires secouent l’Italie. Cette situation n’inquiètera pas beaucoup Donizetti qui continuera son travail de composition et s’occupera des  représentations de ses opéras entre Rome et Naples. Ils ne seront pas tous auréolés de succès jusqu’au jour où il présentera  son opéra bouffa  :  l’Elisir d’amore –  Une semaine aura suffit à Felice Romani le librettiste pour l’écrire, et quatorze jours à Donizetti pour le composer. On peut dire que l’œuvre réunit deux orfèvres car c’est un réel bijou.

Le livret fut rédigé  d’après un texte d’Eugène Scribe pour un opéra de Aubert intitulé Le Philtre, lui-même inspiré par la pièce Il Filtro de Sylvia Malaperta.

Donizetti va beaucoup demander à son  librettiste, il exigera de nombreux changements dans la rédaction  pour que tout soit absolument tel qu’ il le souhaitait. On peut dire que cet opéra figure parmi les plus populaires du compositeur. L’intrigue fait place à beaucoup de lyrisme, les mélodies gracieuses mettent bien en évidence  les personnages tout à fait attendrissants et drôles aussi  , les arias sont magnifiques. Avec cette œuvre il a vraiment osé un nouveau type d’opéra en abondant en motifs charmants, et en apposant  sa petite marque de fabrique à savoir que le registre sentimental et celui plus pathétique s’harmonisent bien avec le côté comique.

Histoire de l’amour qu’éprouve Nemorino pour la belle Adina ; amour  contrarié par l’arrivée dans le pays d’un régiment avec à sa tête le fringuant et galant Belcore qui va tomber amoureux d’Adina et la demande en mariage. Bien des péripéties vont se succéder ( notamment le recours de Nemorino à la magie d’un philtre d’amour proposé par le charlatan Dulcamara pour obtenir les faveurs d’Adina). La fin sera heureuse pour les deux jeunes gens et le militaire s’en ira vers d’autres batailles.

La première représentation eut lieu en 1832 au Théâtre Canobbiana de Milan avec notamment le ténor  Giambattista Genero ( Nemorino ) et la soprano Sabine Heinefetter  (Adina) .

En prenant cette voie, Donizetti a continué celle qui avait été tracée avant lui par Rossini. Il était alors seul à le faire et deviendra LE compositeur de l’opéra bouffa.

(Vidéo : Aria de Nemorino –  » Una furtiva Lacrima  » – Rolando VILLAZON)

Manon LESCAUT … Giacomo PUCCINI

(Vidéo : Preludio Intermezzo – Antonio PAPPANO et l’ORCHESTRE du ROYAL OPÉRA de LONDRES )

Manon est un opéra captivant, exigeant, avec des arias et duos inoubliables. Plus on avance dans les actes et plus c’est beau ! Il fut créé à Turin en 1893. Le livret est de Luigi Illica, Giuseppe Giacosa, Mario Praga, Domenico Liva, Giulio Ricordi, d’après le roman de l’Abbé Prévost Manon Lescaut (une histoire qui fait partie d’un roman-mémoires en sept volumes, rédigé entre 1728 et 1731 Mémoires et aventures d’un homme de qualité qui s’est retiré du monde)

C’est un drame lyrique qui va beaucoup plaire et obtiendra un franc succès le soir de la première, conférant ainsi une belle notoriété à Puccini. Il disait je crois en mon héroïne et il aura raison car l’opéra est vraiment sublime.

Puccini avait bien étudié l’œuvre de Jules Massenet, écrite avant la sienne. Toutefois, il souhaitera que sa Manon soit différente. Pour lui elle ne sera pas écervelée et frivole, mais audacieuse, passionnée, sensuelle. Il dira :  » Massenet a ressenti ce sujet avec de la poudre et des menuets. Moi je la vois comme un Italien, dévorée par la passion. »

(Vidéo :  » Sola, perduta, abbandonata  » (Acte IV) Kristina OPOLAIS)

L’histoire on la connait tous me semble t-il : elle est triste et tragique. Manon est une jeune femme attirée par l’argent et le luxe. Elle vivra une passion amoureuse avec le Chevalier des Grieux qui est totalement obsédé par elle. Mais la jalousie, la trahison, l’infidélité et le manque d’argent seront toujours au centre de leur tumultueuse relation. Manon sera emprisonnée, déportée. Il la suivra, fuiront ensemble dans le désert, épuisés. Elle va mourir dans les bras de son amant.

La musique est à l’image de l’histoire, magnifique, subtile, passionnée . Elle démontrera une fois de plus que Puccini fut un compositeur avec une grande maîtrise de l’orchestration, capable d’innovations harmoniques.

(Vidéo : Jonas KAUFMANN  » Donna non vidi mai  » Acte I )

PHAÉTON … Jean-Baptiste LULLY

( Vidéo : Ouverture : Christophe ROUSSET à la direction des TALENS LYRIQUES )

C’est Jean Racine qui , semble t-il, aurait été  le premier à proposer à Lully un opéra sur ce personnage. Il avait même émis l’idée d’apporter sa contribution pour le livret   avec Nicolas Boileau. Mais Lully refusa ce projet avec eux , ce qui provoquera colère et rancune principalement de la part  du second.

Toutefois, le sujet sur ce fils du Soleil impertinent et ambitieux, ne  déplaisait pas à Lully. Il le reprendra donc avec son librettiste attitré    : Jean-Baptiste Quinault. Ce sera d’ailleurs la dernière fois qu’ils aborderont la mythologie grecque. Le roi et la Cour venaient de s’installer au château de Versailles et compte tenu du fait qu’il n’y avait pas de salle de spectacle prévue à cet effet, l’œuvre fut créée à la salle des Manèges. Le roi assistera  aux sept représentations qui seront données en ce lieu. Après quoi, elle fut présentée, quatre mois plus tard, à l’Académie royale de musique à Paris.

Si le roi appréciait tant cette tragédie lyrique, c’était très certainement parce qu’elle n’était pas sans lui rappeler l’épisode de Nicolas Fouquet, son surintendant des finances,  qui avait voulu l’éblouir en le recevant de façon fastueuse en son château de Vaux-le-Vicomte. Un affront fait à sa majesté qui provoquera sa chute et son emprisonnement. Cet opéra était une façon détournée de Lully et Quinault pour prévenir de ce qui pourrait arriver à quiconque aurait envie d’agir de la sorte en envisageant de vouloir être au-dessus du roi.

C’est véritablement une œuvre d’ambition et de pouvoir, expressive, pleine de grâce et de charme, subtile, dramatiquement intense, très originale, brillante, lumineuse, raffinée, pittoresque, émouvante aussi, moderne pour son époque, instrumentalement inventive et  rythmiquement conquérante comme savait si bien le faire ce merveilleux compositeur, avec des envolées vocales magnifiques.

L’amour est présent également : celui de Phaéton et Théonie, qu’il délaissera pour vouloir épouser Libye et devenir roi d’Égypte, alors qu’elle est aimée de Epaphus. Jaloux, ce dernier va le narguer et le provoquer au sujet de sa filiation de naissance, à savoir fils du Soleil. C’est pour cette raison que Phaéton demandera à son père de conduire son char dont il perdra le contrôle provoquant la colère de Jupiter qui, dans un éclair, entraînera sa chute et sa mort.

Après avoir longtemps été l’opéra du roi ,le musicographe français Jean-Laurent Le Cerf de la Vieville en parlera comme étant l’opéra du peuple( dans son ouvrage Comparaison de la musique italienne et de la musique française, publié en 1704) tant il fut acclamé avec enthousiasme par le public en France et en Europe.

( Vidéo : Heureuse une âme indifférente / Acte I – Véronique GENS au vocal – LES MUSICIENS DU LOUVRE – Direction : Marc MINKOWSKI

(Vidéo : Dans ce palais, bravez l’envie – Acte IV – ENSEMBLE VOCAL SAGITTARIUS – LES MUSICIENS DU LOUVRE – Direction : Marc MINKOWSKI )

Duos d’amour :  » L’heure exquise  » (Lippen Schweigen) &  » Je t’ai donné mon cœur (Dein ist mein ganzes hertz ) … Franz LEHAR

(Vidéo : Diana DAMRAU & Bryn TERFEL)

Ce superbe et tendre duo est extrait de l’opérette composée par Franz Lehar (La veuve joyeuse), créée, en allemand, en 1905. Elle sera présentée à Paris, en français, cinq and plus tard. Le livret est de Léon Stein et Victor Léon d’après la pièce de Henri Meilhac qui fut donnée en 1861 sur la scène du théâtre du Vaudeville (L’attaché d’ambassade).

C’est une œuvre très célèbre, absolument délicieuse, raffinée, d’une grande richesse orchestrale, cocasse, sensuelle, pleine de cœur et d’esprit, élégante, et assez audacieuse pour l’époque ! La danse y est incroyablement présente : valse, polonaise, cancan, mazurka etc…

(Vidéo : Anna NETREBKO – Placido DOMINGO et Rolando VILLAZON)

Après l’énorme succès de La veuve joyeuse, Franz Lehar en connaitra un autre tout aussi fulgurant avec sa romantique et magnifique opérette Le pays du sourire, créée en 1923, en allemand, à Vienne. Le livret est de Ludwig Herzer et Fritz Löhner.

Une histoire d’amour difficile, impossible, mais qui se terminera bien, entre une comtesse européenne(Lisa) et un prince asiatique(Souchong)

C’est une œuvre absolument harmonieuse, légère et mélancolique à la fois, d’une émotion fragile, bouleversante à bien des égards.

TOSCA … Giacomo PUCCINI

En 1889, Puccini assiste à une représentation de la pièce de Victorien Sardou La Tosca avec, dans le rôle principal Sarah Bernhardt. Cela lui donne l’envie de composer un opéra différent de ses deux derniers ( La Bohème et Manon  ). Il le voit encore plus réaliste et crédible . Il écrit à Giulio Ricordi, son éditeur,  pour obtenir les droits : «  Je vous prie de faire le nécessaire pour obtenir l’autorisation de l’auteur. Je serais fort triste de renoncer à cette idée. Pour moi, Tosca est une oeuvre  faite exactement à ma mesure. Elle n’est pas de dimensions excessives, n’est pas un spectacle décoration et ne nécessite pas une surabondance de musique. »

Faute de réponse, le projet ne verra pas le jour tout de suite . Quelques années passeront  avant qu’il n’ait véritablement toute l’expérience pour se jeter dans ce travail d’adaptation, et qu’il ait fait tout son possible pour obtenir l’acceptation de Victorien Sardou. Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, ses librettistes favoris, seront chargés de la rédaction du livret. Certains personnages seront supprimés et l’action va se recentrer en trois actes.

PUCCINI et ses deux librettistes
Giacomo PUCCINI en 1896 avec à ses côtés ses deux librettistes attitrés à savoir : Giuseppe GIACOSA et Luigi ILLICA. L’un lui a apporté son côté poétique ( Giacosa ) , l’autre son côté dramatique ( Illica) – Une belle osmose entre les trois.

Une histoire où se mêlent l’amour, la politique, la passion, la conspiration, le meurtre et le suicide. Elle  se déroule à Rome et met en scène une cantatrice ( Flora Tosca )  infiniment jalouse, maîtresse d’un peintre ( Mario Caravadossi ) . D’un autre côté on a un ancien consul républicain  romain (Angelotti), ami du peintre, qui s’évade de la prison Saint Ange, se réfugie dans l’église San Andrea della Valle  et lui demande de l’aide pour le cacher car il est recherché par le chef de la police  Scarpia, lequel n’est pas insensible lui aussi aux charmes de Tosca.

Scarpia veut se débarasser de Caravadossi, l’arrête en l’accusant d’avoir soutenu un fugitif, le fait torturer par ses hommes de mains. Tosca découvre avec stupeur le sort réservé à son amoureux.Il est menacé de mort et peut y échapper à la seule condition qu’elle se donne à Scarpia. Pour le sauver, elle accepte le chantage, mais lorsqu’ils se retrouvent tous deux, elle le poignarde en plein coeur , vole le sauf-conduit avant de fuir vers son amour. Quand ils se retrouvent elle lui raconte tout. Malheureusement les tireurs arrivent et le tuent. Accablée de douleur elle enjambe le parapet et  se jette dans le vide.

Tosca est un drame de passion et de désir qui sera créé à Rome au théâtre Costanzi en 1900. On ne peut pas dire qu’il obtiendra le succès que Puccini attendait. Les critiques seront très mitigées notamment en raison du côté assez violent de l’histoire. Toutefois, le public, lui, est assez enthousiaste et l’opéra fait l’objet de plusieurs rappels à la fin.

C’est une oeuvre lyrique magnifique, chaleureuse,  éblouissante, expressive,  très intense, oppressante même, avec une musique brillante incroyablement belle, une fluidité superbe dans le déploiement musical et dramatique, des sentiments réalistes, profonds, des personnages qu’il est difficile d’oublier,  un livret efficace et concis dans lequel l’histoire est vibrante. Puccini a fait preuve d’un grand souci du détail ce qui apporte à cet opéra un côté très authentique. Les arias et duos sont absolument bouleversants.

Le rôle de l’héroïne principale  est très exigeant, très riche. Il nécessite d’avoir des qualités vocales aussi performantes dans le grave que dans l’aigu. En cela la saisissante et charismatique Maria Callas reste une Tosca inoubliable ( j’oserai dire insurpassable comme elle l’a souvent été ) car, tout comme elle, il est  passionné et  impétueux.

( Vidéo : «  Vissi d’arte  » Acte II – Maria CALLAS )

( Vidéo :  » E lucevan le stelle  » – Acte III – Luciano PAVAROTTI )

Hippolyte et Aricie … Jean-Philippe RAMEAU

(Vidéo : Ouverture / Ensemble Les ARTS FLORISSANTS – Direction William CHRISTIE)

Hippolyte et Aricie est une tragédie lyrique qui fut créée à l’Académie royale de musique en 1733, d’après le livret de l’Abbé Simon Joseph Pellegrin qui avait déjà travaillé, à l’époque, avec d’autres compositeurs connus.

Rameau avait alors cinquante ans . Cet opéra va à la fois récolter les compliments et une certaine admiration venue de personnes très qualifiées, mais il va également en scandaliser un grand nombre qui trouvait que sa musique était bien trop bruyante, agressive. Pour la qualifier en l’insultant , ils emploieront, pour la première fois, le terme baroque.

Mais bon, dans tout ce méli-mélo d’opinions diverses, c’est une œuvre qui connaitra un beau succès et fera l’objet d’une quarantaine de représentations au départ. Elle sera présentée, à nouveau, dix ans puis vingt ans plus tard avec, à chaque fois, des coupures et des modifications, mais toujours un nombre encourageant de représentations.

C’est quelques siècles plus tard, en 1903, qu’on pourra la découvrir, à Genève au départ avec la version de Émile Jacques Dalcroze, puis à Paris en 1908 avec celle de Paul Vidal pour l’Opéra de Paris.

Ce qui frappe surtout dans cette œuvre dramatique, inventive, audacieuse, mélodique, c’est vraiment sa grande richesse musicale à qui l’on reprochera souvent de comporter trop de notes, a savoir d’être trop chargée. Qu’importe, elle est tellement bouleversante !

(Vidéo : Ah faut-il, en ce jour, perdre tout ce que j’aime » Acte IV – Mark PADMORE (Ténor) – Ensemble LES ARTS FLORISSANTS – Direction : William CHRISTIE)

Benvenuto Cellini … Hector BERLIOZ …

(Vidéo : John Eliot GARDINER à la direction de l’ORCHESTRE RÉVOLUTIONNAIRE ET ROMANTIQUE)

Le très célèbre opéra Benvenuto Cellini fut composé en 1836/37. Il sera révisé en 1852, puis en 1856 . Le livret est de Léon de Wailly et Auguste Barbier d’après l’autobiographie du sculpteur et orfèvre natif de Florence : Benvenuto Cellini  » Vita  » au XVIe siècle.

Si de nos jours on attribue ( à juste raison ) de belles qualités à cette oeuvre lyrique fort inventive, audacieuse et originale, il n’en fut pas de même lors de sa création à Paris en 1838.  Ce sera, en effet, un échec mémorable. Un opéra qui laissera le public dans l’indifférence la plus totale car on trouvait que la musique était bien trop novatrice pour l’époque. Berlioz en sera profondément blessé.

Il le remaniera complètement et c’est Franz Liszt qui le dirigera à Weimar en 1852. Là encore on ne peut pas vraiment affirmer que l’accueil soit trop enthousiaste, ce qui poussera Berlioz, une fois de plus, à le revoir et le remanier en 1856.

C’est une œuvre éclatante, brillante, passionnée, pleine de subtilités diverses, avec une musique superbe, des arias, duos et chœurs qui le sont tout autant. A noter, à ce propos, qu’il nécessite des voix qui se doivent d’être très techniques et virtuoses.

(Vidéo :  » le chant des ciseleurs  » Michael SPYRES (Benvenuto Cellini) – Sophia BURGOS – Maurizio MURARO – Tareq NAZMI – Lionel LHOTE – Adèle CHARVET – Vincent DELHOURME – Ashley RICHES sont les interprètes de cet opéra – Accompagnés par le CHŒUR MONTEVERDI & l’ORCHESTRE RÉVOLUTIONNAIRE ET ROMANTIQUE sous la direction de John Eliot GARDINER )
(Vidéo : « Scène du carnaval » Michael SPYRES (Benvenuto Cellini) – Sophia BURGOS – Maurizio MURARO – Tareq NAZMI – Lionel LHOTE – Adèle CHARVET – Vincent DELHOURME – Ashley RICHES sont les interprètes de cet opéra – Accompagnés par le CHŒUR MONTEVERDI & l’ORCHESTRE RÉVOLUTIONNAIRE ET ROMANTIQUE sous la direction de John Eliot GARDINER )

Ballet des flocons de neige … Opéra-féérie Le voyage dans la lune de Jacques OFFENBACH

(Vidéo : Ballet des flocons de neige / Interprété par L.ORCHESTRE DE LA SUISSE ROMANDE direction Neeme JARVI)

Le Ballet des flocons de neige fait partie des 30 tableaux et numéros musicaux qui composent l’opéra-féérie de Jacques Offenbach, créé à Paris en 1875. Les dramaturges et librettistes furent : Albert Van Loo, Eugène Leterrier et Arnold Mortier. Ils se sont vaguement inspiré des livres de Jules Verne à savoir De la terre à la lune et Voyage au centre de la terre.

Cette œuvre lyrique a remporté un incroyable succès à l’époque. Le public sera très enthousiaste car l’œuvre était pleine de folie, de péripéties, avec des effets spéciaux et des décors spectaculaires, flamboyants imaginés par des peintres connus.

Tout y est irrésistiblement entraînant, spectaculaire, très imaginatif, cocasse, fastueux, exubérant, poétiquement désopilant, nostalgique aussi, et les danseuses de l’époque portaient, d’après les témoignages, des petites tenues assez affriolantes qui ne laissaient personne insensible.

Dardanus … Jean-Philippe RAMEAU

(Vidéo : « Ouverture  » Marc MINKOWSKI à la direction de l’Ensemble LES MUSICIENS DU LOUVRE)

Ce superbe opéra fut présenté la première fois à l’Académie royale de musique en 1739. Il sera remanié en 1744. Le livret était signé d’un jeune écrivain galant Charles Antoine Le Clerc de Bruère.

L’accueil fut assez mitigé et fera l’objet de 26 représentations. Il sera la victime de la guerre qui régnait entre les fervents admirateurs de Lully et ceux qui défendaient Rameau. Les premiers n’hésitèrent pas à critiquer l’œuvre, affirmant que c’était un opéra vraiment soporifique. Du coup, quelques années plus tard, on procéda à une révision assez importante, mais elle n’aura pas plus de succès que la précédente.

Un jour, ce petit trésor sera apprécié à sa juste valeur ! Ce qui est absolument magnifique dans cette œuvre lyrique, c’est que chacun des actes est un petit opéra à lui tout seul. Elle est éclatante, vivace, limpide, puissante, ne manque pas d’ampleur et révèle tout le talent dramatique de Rameau. L’orchestral est varié, plein de couleurs. Par ailleurs, à l’époque, la danse y tenait une place de premier choix.

(Vidéo : « Cesse cruel amour de régner sur mon âme  » Acte I scène I – Véronique GENS accompagnée par l’Ensemble LES MUSICIENS DU LOUVRE – Direction Marc MINKOWSKI

La voix de Contre-ténor …

« La voix de Contre-ténor attise les passions. Elle a ses fans et ses détracteurs et chaque auditeur peut avoir ses préférences. Mais elle est beaucoup plus variée qu’on ne le pense souvent. Elle offre des timbres très différents. Elle est très difficile parce qu’elle ne correspond pas à la voix parlée. Le naturel est donc plus difficile à obtenir. L’universalité du chant se trouve dans la simplicité. Si c’est ce qui a pu permettre à la voix de Contre-ténor de devenir une voix à part entière, alors tant mieux !  » Philippe JAROUSSKY(Contre-ténor français)

Philippe JAROUSSKY