Aria :  » L’amour est un oiseau rebelle  » (Acte I Carmen) … Georges BIZET

Vidéo : Anna Caterina ANTONACCI

 » L’amour est enfant de bohème, il n’a jamais, jamais connu de loi. Si tu ne m’aimes pas je t’aime, et si je t’aime prends garde à toi … »

Carmen est née de la plume de l’écrivain français Prosper Mérimée. La passionnante et tragique histoire de Carmen, ce personnage sulfureux, mythe de la petite gitane sauvage, image de la liberté féminine qui trouble l’ordre public, est devenue extrêmement populaire grâce au chef-d’œuvre de Georges Bizet. A partir de là, cette héroïne rebelle, empruntée à l’Espagne des gitans et des toreros, a continuellement exercé une grande fascination dans le monde de l’art.

 » Eh bien cette fois j’ai écrit une œuvre qui est toute clarté et vivacité, pleine de couleurs et de mélodies » écrira Georges Bizet. Il s’adressait aux critiques qui l’avaient souvent accusé, dans le passé, d’être un peu trop sombre et compliqué dans ce qu’il proposait.

Bizet fut un pianiste virtuose, Ier prix de Rome en 1857, grand musicien, génie dramatique, compositeur efficace et original avec une belle subtilité rythmique mélodique, harmonique, et un style orchestral qui reste l’un des plus riches et raffinés de son temps.

Carmen fut son œuvre majeure. Créée en 1875 à l’Opéra comique de Paris. Le livret est de Henri Meilhac et Octave Halévy d’après Prosper Mérimée. Ce sera un véritable fiasco le soir de la première parce que le sujet va choquer un public bien trop conventionnel à l’époque. Certains crieront au scandale et après 48 représentations, on y mettra fin.

Huit ans plus tard, Carmen sera reprise et ovationnée pour son exotisme, son charme sensuel, le côté sauvage de l’héroïne, la force des personnages, la richesse orchestrale de la musique, les arias ( telles celle-ci ) incroyablement superbes notamment celles de ce personnage volage, passionnée qui enflamme la scène, cet  » oiseau rebelle  » qui charmera avec cet sublime aria.

Malheureusement, Bizet n’assistera pas à ce triomphe tardif puisqu’il va mourir tragiquement et brutalement d’une complication cardiaque à Bougival en 1875.

Il est souvent écrit Habanera tout à côté du titre de cette Aria. Tout simplement en référence à une danse cubaine appréciée en Europe au XIXe siècle.

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Duo de chambre N.1 Op.8 :  » Chi d’amor tra le catene  » … Giovanni BONONCINI

( Vidéo : Duo interprété par Philippe JAROUSSKY (Contre-Ténor) & Emanuel CENCIC (Contre-Ténor) – Ils sont accompagnés par William CHRISTIE à la direction de l’Ensemble Les ARTS FLORISSANTS )

Giovanni Bononcini est un violoncelliste et compositeur italien de l’époque baroque. Il est né à Modène en 1670. Après des études musicales à Bologne, il deviendra membre de l’Académia Filarmonica, maître de chapelle à San Giovanni in Monte et compositeur de Cour. Il voyagera beaucoup, ses opéras, musiques de Chambre, messes, sinfonie, oratorios, cantates et autres  vont avoir énormément de succès et lui apporteront une solide réputation dans toute l’Europe.

Il sera appelé à Londres pour travailler comme directeur du King’s Theatre et compositeur de la Royal Academy dirigée par Haendel. Bon nombre de ses œuvres lyriques furent jouées dans la capitale anglaise et obtiendront un énorme succès, ce qui finira, bien qu’ils restèrent collègues, par amener des tensions et une rivalité certaine avec Haendel.  Il quittera définitivement l’Angleterre  pour se rendre à Paris , Lisbonne et Vienne.

Où qu’il aille, son talent et la beauté de ses partitions seront récompensés par le triomphe que lui fera le public…. Et pourtant un jour il tombera dans l’oubli.  Il est mort à Vienne en 1747.

Ce sublime et poignant duo de Chambre date de 1691 et il fait partie des duos baroques qui sont très rarement interprétés . William Christie a eu l’excellente idée de réunir les voix superbes de ces deux contre-ténors pour nous en offrir quelques-uns de différents compositeurs, dont celui-ci.

 

Maria CALLAS …

» Le jour où mes prétendues rivales chanteront ce que je chante, travailleront comme je travaille, se sacrifieront comme je me sacrifie, apporteront ce que j’apporte à l’histoire de l’art, je pourrai alors les considérer comme des rivales. Mais vous voyez je n’ai pas de rivales. Je n’en ai pas une seule grâce à Dieu pour moi et malheureusement pour l’art !! On m’accuse de vouloir faire tout. Il ne s’agit pas de vouloir tout faire. J’accomplis mon devoir. Ma seule arme est d’avoir la santé, un art parfait, et la capacité de la prouver. » Maria CALLAS( Cantatrice grecque)

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Maria CALLAS ( 1923/1977 )

Aria : Casta Diva … Vincenzo BELLINI

(Vidéo : Maria CALLAS – Elle est accompagnée par l’ORCHESTRE DE LA SCALA de MILAN – Direction Tulio SERAFIN )

Casta Diva est une aria ( Acte I )  de l’opéra Norma écrit par  Vincenzo Bellini qui fut créé en 1831 à la Scala de Milan –  Le livret est de Felice Romani.

Probablement l’un des plus beaux opéras de ce compositeur, bouleversant, dramatique, poignant, qui n’aura absolument pas de succès lors de la première , mais connaîtra le triomphe au fil des années qui suivront.

Norma demande de beaucoup d’exigence vocale à celle qui tient le rôle principal , notamment notamment au niveau de la puissance, et de la virtuosité, mais également des talents de tragédienne. Maria Callas fut dotée de toutes ces qualités, ce qui amena l’un de ses partenaires à dire un jour  » Dans une vie on peut voir beaucoup de grandes choses au théâtre, mais voir Maria Callas dans Norma, que peut-il y avoir de comparable « . En cela il avait totalement raison, comme dans beaucoup d’autres œuvres lyriques, elle est inoubliable dans celle-ci !

Aria :  » O quante volte  » … Vincenzo BELLINI

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Cette aria est issue du Ier acte/4e scène de l’opéra de Vincenzo Bellini Les Capulet et les Montaigu, qui fut créé en 1830 à la Fenice de Venise puis en version française trois ans plus tard au Théâtre Italien de Paris.

Le livret est de Felice Romani d’après une Nouvelle de Matteo Bandello datant du XVIe siècle et une pièce de théâtre de Luigi Scola en 1818. Bien que l’histoire soit celle de Romeo et Juliette, cette œuvre lyrique, au demeurant passionnante, intensément dramatique et puissante, n’est absolument pas une version musicale de la pièce de Shakespeare.

A cette époque Bellini se remettait doucement de l’échec de son dernier opéra Zaïra qui avait été créé un an plus tôt à Parme. La Fenice, à Venise,  le pressait d’écrire un nouvel ouvrage et lui souhaitait vivement pouvoir reconquérir le public. Donc il va utiliser une méthode qui se faisait couramment à l’époque à savoir reprendre des éléments d’autres de ses pièces et notamment, dans ce cas, ceux provenant de Zaïra.

C’est ainsi qu’cette sublime aria proposée ce jour, faisait partie de son premier opéra Adelson et Salvini en 1825. En un peu plus d’un mois, l’opéra était prêt pour la Fenice.

( Vidéo : Au vocal : Natalie DESSAY / Accompagnement musical par l’ensemble CONCERTO KÖLN dirigé par Evelino PIDO )

Greensleeves …

(Vidéo : Patricia PETIBON (Soprano Colorature) – Accompagnement et arrangement par l’Ensemble LA CENTRA BAROCKORCHESTRER BASEL – Direction : Andrea MARCON)

Greensleeves est une délicieuse vieille ballade anglaise datant du XVIe siècle. Nul ne sait réellement qui en est l’auteur. La légende dit qu’elle aurait été écrite par  (ou à la demande de ) Henri VIII pour Anne Boleyn lorsqu’elle était sa maîtresse.

Toujours est-il que son inspiration musicale fait beaucoup penser à des danses de Cour de la Renaissance en Italie comme le Passamezzo.

Vocale au départ, elle a, néanmoins, fait l’objet de très nombreuses et différentes versions instrumentales depuis des siècles.

 

Aria :  » Vedro col mio diletto  » … Il Giustino RV 717 Antonio VIVALDI

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 » La voix de contre-ténor attise les passions. Elle a ses fans et ses détracteur et chaque auditeur peut avoir ses préférences. Mais elle est beaucoup variée qu’on ne le pense souvent. Elle offre des timbres très différents. Elle est très difficile parce qu’elle ne correspond pas à la voix parlée. Le naturel est donc plus difficile à obtenir. L’universalité du chant se trouve dans la simplicité. Si c’est ce qui a pu permettre à la voix de contre-ténor de devenir une voix à part entière, tant mieux !  » Philippe JAROUSSKY (Contre-ténor français)

( Vidéo : Philippe JAROUSSKY (Contre-ténor)accompagné par l’ENSEMBLE MATHEUS dirigé par Jean-Christophe SPINOSI )

Cette aria est un véritable moment de bonheur, d’émotion, de tendresse, d’humanité et d’amour également puisque elle est interprétée par l’empereur Anastasio lorsqu’il part à la bataille et s’adresse à son épouse.

Elle est extraite de l’opéra Il Giustino d’Antonio Vivaldi,  écrit en 1724.  Une œuvre lyrique qui confirme,  si besoin était, tout le talent de dramaturge de ce compositeur.

Le livret, conservé à la Bibliothèque Nationale de Turin, est de Nicolo Beregan. Avant qu’il ne soit retenu par Vivaldi, il a été utilisé une première fois en 1683 pour l’opéra de Giovanni Legrenzi, puis il sera revu, retouché, re-travaillé,  à nouveau, en 1703 et 1711 pour des œuvres lyriques  de Scarlatti et Tommaso Albinoni .

Aria :  » Se pietà di me non senti  » … Giulio Cesare / HAËNDEL

Dans cette catégorie destinée à l’art lyrique, j’ai eu envie  de vous faire écouter  les plus belles arias et duos  de l’opéra, mais aussi de donner la parole à celles et ceux qui les interprètent.

Kozena desempolva las arias de Vivaldi para bruñirlas con su voz ...
Magdalena KOZENA

» Je veux que ma voix soit aussi naturelle que possible. le chant est très proche de la parole et je veux être capable de dire quelque chose en chantant. Certains veulent impressionner lorsqu’ils chantent,  faire sentir que ce qu’ils font c’est difficile . Personnellement, je préfère qu’en m’écoutant, les gens pensent que ce peut être facile, et, qu’ils pourraient presque en faire autant  » – Magdalena KOZENA (Mezzo-soprano tchèque)

( Video : Magdalena KOZENA / Les MUSICIENS DU LOUVRE – Direction Marc MINKOWSKI)

 » Se pietà di me non senti  » est une aria de l’acte II du drame lyrique Giulio Cesare, quintessence de l’opéra séria ! Il fut composé par Georg Friedrich Haëndel en 1724 – Le livret est de Nicola Francesco Haym. Il est  très joué mais fort apprécié de nos jours, un succès qui était déjà au rendez-vous à l’époque puisqu’il a été à l’affiche durant 13 saisons.

Ständchen (Sérénade) D.957… Franz SCHUBERT

 

(Vidéo : Ständchen par Barbara HENDRICKS ( vocal ) – Radu LUPU ( piano )

Cette très belle pièce est extraite de son recueil Le chant du cygne  ( nom donné par son éditeur lors de la parution à titre posthume  lequel se compose de quatorze lieder basés sur des textes de différents poètes ou écrivains allemands.

En les écoutant on passe de la joie à la mélancolie, d’un côté sombre à la lumière, de la sérénité à un esprit tourmenté, mais quels qu’ils soient, c’est absolument magnifique.

Celui-ci, plein de profondeur, tendresse et de nostalgie, est le chant d’un amoureux à sa bien-aimée. Le texte est de Ludwig Rellstab ( poète, critique musical et écrivain allemand ) :

 » Doucement mes chants t’implorent
à travers la nuit ;
En bas, dans le calme bosquet,
mignonne, rejoins-moi !
Chuchotant, les cimes élancées chantent
dans la lumière de la lune ;
Le guet malveillant du perfide,
Belle, ne le crains pas.
Entends-tu le battement d’aile des rossignols ?
Ah ! Ils t’implorent,
d’un doux air plaintif,
ils t’implorent pour moi.
Ils comprennent le cœur alangui,
connaissent la peine d’amour,
ils touchent de leurs voix d’argent
celui au cœur tendre.
laisse aussi ton cœur s’attendrir …  »

 

Alcina … Georg Friedrich HAËNDEL

HAENDEL OPERA GARNIER
Sculpture de Georg Friedrich HAËNDEL réalisée par Jean-Jules SALMSON ( celle-ci se trouve à l’Opéra Garnier)

«  Haëndel est le maître infini de tous les maîtres. Allez et apprenez avec lui comment réaliser de grands effets avec de simples moyens. C’est le plus grand compositeur qui ait jamais vécu. Je découvre ma tête et me mets à genoux sur sa tombe. » Ludwig V.BEETHOVEN (Compositeur allemand)

(Vidéo : Ouverture-Prélude – John Eliot GARDINER à la direction de l’Ensemble ENGLISH BAROQUE SOLOISTS )

Parmi les œuvres magnifiques de Haëndel, il y a Alcina, un de ses plus gros succès opératiques, écrit en 1735 et créé la même année au Covent Garden de Londres.

Le livret a différentes sources d’inspiration : Alcina deluso da Ruggiero  écrit par Antonio Marchi en 1725 pour un opéra de Tomaso Albinoni ; livret repris et remanié en 1728 par Antonio Fanzaglia pour l’Isola d’Alcina,  un opéra de Riccardo Broschi en 1728.

C’est une histoire d’amour passion dans un monde enchanté, délicieusement ensorcelant. Une œuvre inventive, expressive, particulièrement bien réussie, avec de sublimes arias.

Cet opéra a connu quelques problèmes lors de sa création : le castrat Giovanni Carestini ne voulait absolument pas interpréter l’aria principale prétextant que sa voix ne s’y prêtait absolument pas ! Quant à l’étoile de la danse , Marie Sallé, elle trouvait que le costume de Cupidon, qu’elle devait porter, ne la mettait absolument pas en valeur lorsqu’elle dansait et préféra apparaître dans une toute autre tenue qui ne sera absolument pas du goût de tout le monde.

Haëndel réussira, malgré tout, à calmer tout ce petit monde capricieux et l’œuvre obtiendra un triomphe. Un jour, elle tombera dans l’oubli ….. et renaîtra de ses cendres en 1928 à Leipzig. Elle ne connaîtra, toutefois, réellement le succès qu’en 1957 lors de la merveilleuse interprétation de la soprano australienne Joan Sutherland.

(Vidéo : Ah mio cor, schernito sei  / Acte II . Joan SUTHERLAND accompagnée par l’Ensemble CAPPELLA COLONIENSIS sous la direction de Ferdinand LEITNER )