Benvenuto Cellini … Hector BERLIOZ …

(Vidéo : John Eliot GARDINER à la direction de l’ORCHESTRE RÉVOLUTIONNAIRE ET ROMANTIQUE)

Le très célèbre opéra Benvenuto Cellini fut composé en 1836/37. Il sera révisé en 1852, puis en 1856 . Le livret est de Léon de Wailly et Auguste Barbier d’après l’autobiographie du sculpteur et orfèvre natif de Florence : Benvenuto Cellini  » Vita  » au XVIe siècle.

Si de nos jours on attribue ( à juste raison ) de belles qualités à cette oeuvre lyrique fort inventive, audacieuse et originale, il n’en fut pas de même lors de sa création à Paris en 1838.  Ce sera, en effet, un échec mémorable. Un opéra qui laissera le public dans l’indifférence la plus totale car on trouvait que la musique était bien trop novatrice pour l’époque. Berlioz en sera profondément blessé.

Il le remaniera complètement et c’est Franz Liszt qui le dirigera à Weimar en 1852. Là encore on ne peut pas vraiment affirmer que l’accueil soit trop enthousiaste, ce qui poussera Berlioz, une fois de plus, à le revoir et le remanier en 1856.

C’est une œuvre éclatante, brillante, passionnée, pleine de subtilités diverses, avec une musique superbe, des arias, duos et chœurs qui le sont tout autant. A noter, à ce propos, qu’il nécessite des voix qui se doivent d’être très techniques et virtuoses.

(Vidéo :  » le chant des ciseleurs  » Michael SPYRES (Benvenuto Cellini) – Sophia BURGOS – Maurizio MURARO – Tareq NAZMI – Lionel LHOTE – Adèle CHARVET – Vincent DELHOURME – Ashley RICHES sont les interprètes de cet opéra – Accompagnés par le CHŒUR MONTEVERDI & l’ORCHESTRE RÉVOLUTIONNAIRE ET ROMANTIQUE sous la direction de John Eliot GARDINER )
(Vidéo : « Scène du carnaval » Michael SPYRES (Benvenuto Cellini) – Sophia BURGOS – Maurizio MURARO – Tareq NAZMI – Lionel LHOTE – Adèle CHARVET – Vincent DELHOURME – Ashley RICHES sont les interprètes de cet opéra – Accompagnés par le CHŒUR MONTEVERDI & l’ORCHESTRE RÉVOLUTIONNAIRE ET ROMANTIQUE sous la direction de John Eliot GARDINER )

Ballet des flocons de neige … Opéra-féérie Le voyage dans la lune de Jacques OFFENBACH

(Vidéo : Ballet des flocons de neige / Interprété par L.ORCHESTRE DE LA SUISSE ROMANDE direction Neeme JARVI)

Le Ballet des flocons de neige fait partie des 30 tableaux et numéros musicaux qui composent l’opéra-féérie de Jacques Offenbach, créé à Paris en 1875. Les dramaturges et librettistes furent : Albert Van Loo, Eugène Leterrier et Arnold Mortier. Ils se sont vaguement inspiré des livres de Jules Verne à savoir De la terre à la lune et Voyage au centre de la terre.

Cette œuvre lyrique a remporté un incroyable succès à l’époque. Le public sera très enthousiaste car l’œuvre était pleine de folie, de péripéties, avec des effets spéciaux et des décors spectaculaires, flamboyants imaginés par des peintres connus.

Tout y est irrésistiblement entraînant, spectaculaire, très imaginatif, cocasse, fastueux, exubérant, poétiquement désopilant, nostalgique aussi, et les danseuses de l’époque portaient, d’après les témoignages, des petites tenues assez affriolantes qui ne laissaient personne insensible.

Dardanus … Jean-Philippe RAMEAU

(Vidéo : « Ouverture  » Marc MINKOWSKI à la direction de l’Ensemble LES MUSICIENS DU LOUVRE)

Ce superbe opéra fut présenté la première fois à l’Académie royale de musique en 1739. Il sera remanié en 1744. Le livret était signé d’un jeune écrivain galant Charles Antoine Le Clerc de Bruère.

L’accueil fut assez mitigé et fera l’objet de 26 représentations. Il sera la victime de la guerre qui régnait entre les fervents admirateurs de Lully et ceux qui défendaient Rameau. Les premiers n’hésitèrent pas à critiquer l’œuvre, affirmant que c’était un opéra vraiment soporifique. Du coup, quelques années plus tard, on procéda à une révision assez importante, mais elle n’aura pas plus de succès que la précédente.

Un jour, ce petit trésor sera apprécié à sa juste valeur ! Ce qui est absolument magnifique dans cette œuvre lyrique, c’est que chacun des actes est un petit opéra à lui tout seul. Elle est éclatante, vivace, limpide, puissante, ne manque pas d’ampleur et révèle tout le talent dramatique de Rameau. L’orchestral est varié, plein de couleurs. Par ailleurs, à l’époque, la danse y tenait une place de premier choix.

(Vidéo : « Cesse cruel amour de régner sur mon âme  » Acte I scène I – Véronique GENS accompagnée par l’Ensemble LES MUSICIENS DU LOUVRE – Direction Marc MINKOWSKI

La voix de Contre-ténor …

« La voix de Contre-ténor attise les passions. Elle a ses fans et ses détracteurs et chaque auditeur peut avoir ses préférences. Mais elle est beaucoup plus variée qu’on ne le pense souvent. Elle offre des timbres très différents. Elle est très difficile parce qu’elle ne correspond pas à la voix parlée. Le naturel est donc plus difficile à obtenir. L’universalité du chant se trouve dans la simplicité. Si c’est ce qui a pu permettre à la voix de Contre-ténor de devenir une voix à part entière, alors tant mieux !  » Philippe JAROUSSKY(Contre-ténor français)

Philippe JAROUSSKY

Il Giustino(Anastasio) RV 717 … Antonio VIVALDI

(Vidéo : Sinfonia-Ouverture – Alan CURTIS à la direction de l’Ensemble IL COMPLESSO BAROCCO)

En 1722, Vivaldi est a Rome. Il était venu présenter l’un de ses opéras pour lequel il obtiendra un immense succès. Federico Caprinaca, directeur d’un théâtre assez connu de la ville , lui passera commande de celui-ci, une œuvre magnifique qui confirmera, si besoin était, tout le talent de dramaturge du compositeur.

L’opéra sera créé en 1724 durant la période du Carnaval . Compte tenu du fait qu’à l’époque l’autorité papale n’autorisait pas les femmes sur scène, ce seront plusieurs castrats réputés qui interprèteront cette histoire de corruption, de vertu, et d’amour passion.

Le livret, conservé à la Bibliothèque nationale de Turin, est de Nicolo Beregan. Avant qu’il ne soit retenu par Vivaldi, il avait déjà était utilisé en 1683 par Giovanni Legrenzi, puis il sera, à nouveau, repris, revu et corrigé par Scarlatti (1703), Tommaso Albinoni(1711) et même par Haendel en 1737.

Parmi les sublimes et aériennes arias que l’on peut y entendre, il y en a une qui est un véritable moment d’émotion, de sensibilité, de tendresse, voire même d’humanité, un message d’amour que l’empereur Anastasio adresse à son épouse Arianna lorsqu’il part à la bataille : Vedro con mio diletto. C’est le castrat Giovanni Ossi qui l’interpréta en 1724.

(Vidéo :  » Vedro con mio diletto  » Philippe JAROUSSKY (Contre-ténor) Il est accompagné par l’ENSEMBLE MATHEUS dirigé par Jean-Christophe SPINOSI)

Niobe reine de Thèbes … Agostino STEFFANI

(Vidéo : trois duos interprétés par Cecilia BARTOLI (Mezzo-soprano) & Philippe JAROUSSKY (Contre-ténor) – Ils sont accompagnés par l’ensemble I BARROCHISTI dirigé par Diego FASOLIS  » T’abbraccio mia diva « (début de la vidéo) – « Combatton quest’alma » (2.37) –  » Serena o mio bel sole  » (4.42)

Ces trois superbes duos sont extraits de l’opéra Niobe reine de Thèbes écrit par le compositeur italien Agostino Steffani (1654/1728) et créé à Munich en 1688. Le livret est de Luigi Orlandi d’après les Métamorphoses d’Ovide. Une commande du prince électeur de Bavière Maximilien Emmanuel II.

Une œuvre lyrique tombée dans l’oubli, assez audacieuse pour l’époque, dramatiquement intense, émotionnellement riche.

L’opéra …

 » L’opéra c’est le domaine de l’émotion pure. Quand la passion, le chagrin, la souffrance, la folie atteignent un tel degré de saturation que les mots deviennent impuissants à les exprimer. Que seul le chant y parvient … Cela dépasse les limites de l’entendement de la logique : c’est indescriptible.  » Bernard MINIER (Auteur français)

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Les Capulets et les Montaigus … Vincenzo BELLINI

(Vidéo :  » Sinfonia  » acte I – Claudio ABBADO à la direction de l’ORCHESTRE DE LA RADIO DE MUNICH)

Les Capulets et les Montaigus est un véritable chef d’œuvre du bel canto. Il fut créé en 1830 à la Fenice de Venise puis en version française trois ans plus tard au Théâtre Italien de Paris.

Felice Romani va remanier un livet qu’il avait écrit quelques années auparavant pour l’opéra du musicien et professeur de chant Nicola Vaccai, lequel s’inspirait d’une pièce de théâtre de Luigi Scola en 1818. Le tout (y compris Shakespeare) trouve sa source dans une Nouvelle de l’écrivain Matteo Bandello datant du XVIe siècle . Bien que, de base, l’histoire soit celle de Romeo et Juliette, cette œuvre lyrique, au demeurant passionnante, intensément dramatique et puissante, n’est absolument pas une version musicale opératique de la pièce de Shakespeare, disons plutôt une réécriture ..

A cette époque Bellini se remettait doucement de l’échec de son dernier opéra Zaïra qui avait été créé un an plus tôt à Parme. La Fenice, à Venise,  le pressait d’écrire un nouvel ouvrage et lui souhaitait vivement pouvoir reconquérir le public. Donc il va le composer en un mois et demi, et utiliser une méthode qui se faisait couramment à l’époque à savoir reprendre des éléments d’autres de ses pièces et notamment, dans ce cas, ceux provenant de Zaïra. L’aria proposée ci-dessous vient, par exemple, de son premier opéra Adelson et Salvini en 1825.

( Vidéo :  » Oh quante volte  » Acte I – Natalie DESSAY – Elle est accompagnée par l’Ensemble CONCERTO KÖLN dirigé par Evelino PIDO )

Giulio Cesare … Georg Friedrich HAËNDEL

(Vidéo : Ouverture – Marc MINKOWSKI à la direction de l’Ensemble LES MUSICIENS DU LOUVRE)G

Giulio Cesaare est un opéra de George Friedrich Haëndel. Le sixième qu’il présentera devant la Royal Academy de musique à Londres en 1724. Le livret est de Nicola Francesco Haym. On peut dire, sans hésitation, que c’est l’un de ses plus beaux, le plus réussi, un chef d’œuvre qui, à l’époque, restera 13 semaines à l’affiche et qui, de nos jours, est très souvent programmé et fort apprécié.

Une histoire d’amour sur fond de guerre, de luttes pour le pouvoir, de rivalités, de raison d’état. Le rôle principal, au demeurant très difficile, était tenu à l’époque par le célèbre castrat italien Francesco Bernardi dit Seresino. C’est une œuvre lyrique à la fois puissante et tendre, efficace, exigeante vocalement parlant, cohérente, mélodiquement très riche, toute en couleurs et panache, dans l’émotion, espiègle, désespérée aussi, avec des nombreuses arias sublimes, tourbillonnantes, époustouflantes.

(Vidéo :  » tu sei il cor di questo core «  Acte I aLAN EWING
(Vidéo :  » Si pietà di me non senti  » Acte II – Magdalena KOZENA (Mezzo-soprano tchèque)

TURANDOT … Giacomo PUCCINI

Giacomo PUCCINI avec Renato SIMONI et Giuseppe ADAMI
Puccini et ses deux librettistes : Renato SIMONI et Giuseppe ADAMI

(Vidéo : Nessun Dorma / Luciano PAVAROTTI – Le JOHN ALLDIS CHOIR – le LONDON PHILHARMONIQUE ORCHESTRA sous la direction de Zubin MEHTA)

L’écriture de ce superbe opéra aura occupé Puccini durant les quatre dernières années de sa vie. Il dira à son propos  » toute la musique que j’ai écrite avant me semble une farce …  »  Malheureusement un cancer de la gorge lui sera diagnostiqué et des problèmes cardiaques auront raison de lui. Il s’éteindra, épuisé, sans le terminer, au milieu du IIIe acte.

L’opéra étant attendu à la Scala de Milan, le temps était compté.  Le chef Arturo Toscanini va demander au compositeur Franco Alfano de bien vouloir le terminer d’après quelques esquisses laissées par  Puccini. Le soir de la création en avril 1926, Toscanini s’arrêtera à l’endroit même où Puccini s’était arrêté avant de mourir, et l’intégralité de l’œuvre (avec le rajout de Alfano) sera interprétée le lendemain.

Malheureusement, la fin n’a pas le talent et le raffinement de son créateur. C’est probablement la raison pour laquelle, certaines institutions choisissent de le mettre au programme dans la version de Puccini, à savoir là où il s’est arrêté à la mort de l’esclave Liu.

( Vidéo : Non piangere Liu – par Jonas KAUFMANN – accompagné par L.ORCHESTRE DE L.ACADÉMIE SANTA CECILIA de ROME dirigé par Antonio PAPPANO )

Turandot est donc l’œuvre testamentaire de Puccini, une histoire d’amour et de mort, à Pékin aux temps légendaires comme il l’a noté sur sa partition. Les librettistes furent Renato Simoni et Giuseppe Adami. Ils se sont tous trois inspirés de la pièce de Carlo Gozzi datant de 1762 Turandotte. La musique est saupoudrée de mélodies chinoises notamment celle des masques, ou fleur de jasmin qui est issue du folklore chinois du XVIIIe siècle et interprétée à deux reprises, notamment par le chœur dans l’acte I.

C’est probablement le plus visionnaire de tous ses opéras, inventif, captivant, tout aussi enivrant que dépaysant, spectaculaire, bouleversant, harmoniquement audacieux et riche,  très difficile d’interprétation tant sur le point de vue vocal qu’orchestral. Les arias sont vraiment superbes, notamment celle qui reste célèbre dans les mémoires, rendue populaire par Luciano Pavarotti : Nessun dorma. Il rêvait d’un duo final époustouflant qui terminerait son opéra de façon cruciale,  malheureusement il n’aura pas eu le temps de l’écrire.

Une histoire d’amour et de mort entre Turandot, fille de l’empereur de Chine, une femme très belle, cruelle et impitoyable, et Calaf, un prince de sang, aimé par l’esclave Liu. Lui réussira, au risque de sa vie, le jeu d’énigmes que Turandot a mis au point pour ses prétendants. Elle sera vaincue par l’amour et Liu va préférer se poignarder plutôt que de révéler la véritable identité de son prince.

( Vidéo : In questa reggia / Joan SUTHERLAND accompagnée par le LONDON PHILHARMONIC ORCHESTRA, direction Zubin MEHTA )