Ercole sul Termodonte RV.710 … Antonio VIVALDI

(Vidéo :  » Sinfonia  » – EUROPA GALANTE sous la direction de Fabio BIONDI

C’est à Rome en 1723, au Teatro Capranica, que Vivaldi présenta cet opéra. Il obtiendra un très beau succès. Le livret est de Giacomo Francesco Bussani. Compte tenu que l’époque ne permettait pas aux femmes de se produire sur scène, ce sont des castrats qui les avait remplacées.

La partition intégrale de cette œuvre lyrique s’est perdue. Des fragments étaient dispersés un peu partout en Europe. Par chance, le livret avait été conservé. Toutes les arias y étaient inscrites. Une majorité font partie d’œuvres anciennes. Vivaldi, en effet, avait (comme d’autres) pour habitude de réutiliser certaines pièces qui avaient été appréciées dans le passé.

Le chef et violoniste Fabio Biondi a souhaité reconstituer l’œuvre et on ne peut que louer une telle initiative pour redonner vie à cette page vivaldienne magnifique et captivante. Pour ce faire, il a réuni les fragments musicaux trouvés à Paris, Bruxelles et Munster, puis il les a complétés en se référant au livret.

(Vidéo :  » Sento su quale diletto  » – Philippe JAROUSSKY – Il est accompagné par l’Ensemble EUROPA GALANTE sous la direction de Fabio BIONDI)
(Vidéo :  » Con aspetto lunsighiero  » Vivica GENAUX accompagnée par l’Ensemble EUROPA GALANTE dirigé par Fabio BIONDI )
(Vidéo : « Non saria pena la mia  » Joyce DI DONATO – Elle est accompagnée par l’Ensemble EUROPA GALANTE sous la direction de Fabio BIONDI)

ARIODANTE … Georg Friedrich HAENDEL

(Vidéo :  » Ouverture  » L.ENGLISH CHAMBER ORCHESTRA  » dirigé par Richard BONYNGE

C’est une œuvre qui occupe une place de choix dans les créations lyriques de Haendel ( la 29e) et ce même si ce n’est pas la plus connue. A l’époque où il la compose, en 1734, il lui fallait se montrer encore plus talentueux, brillant et créatif qu’il ne l’était parce qu’il faisait face à la rude concurrence d’une autre troupe : L’opera of the Nobility avec sa vedette le castrat Farinelli.

La première aura lieu dans un Covent Garden flambant neuf, en 1735, avec, dans le rôle principal, le castrat Giovanni Carestini. A la demande de l’imprésario du théâtre, des numéros de danse avaient été insérés par Haendel entre chaque acte. L’accueil fut plutôt chaleureux, mais lors de la reprise de 1736, la danse ne sera plus au programme.

(Vidéo :  » Scherza Infida / Acte II  » – Philippe JAROUSSKY accompagné par LE CONCERT D.ASTRÉE – Direction : Emmanuelle HAÏM )

L’auteur du livret est inconnu. Il relève d’une adaptation d’une œuvre de Antonio Salvi (Ginevra principessa di Scozia) d’après l’Orlando furioso de l’Arioste) qui fut présentée la première fois en 1700 par Giacomo Antonio Perti.

C’est une histoire d’amour entre le prince Ariodante et la princesse Ginevra. La jeune fille sera faussement accusée d’une intrigue. Elle sera alors reniée par son père et son amour la quittera. Elle va sombrer dans une forte dépression, jusqu’au jour où Ariodante commencera à comprendre qu’elle n’a strictement rien fait et qu’elle a été victime d’un complot. Les coupables finiront par avouer leur faute et Ginevra sera lavée de tout soupçon. Elle retrouvera la santé et épousera son bien-aimé.

Un opéra dramatique, éblouissant, expressif, ingénieux, théâtral, plein de sensibilité, de musicalité, avec de très belles couleurs orchestrales, des arias superbes, subtiles, virtuoses, épanouies, et qui débute sur une belle Ouverture à l’italienne.

Il tombera dans l’oubli durant près de deux siècles et renaîtra de ses cendres en 1970 lorsque le monde va se passionner pour l’opéra baroque.

(Vidéo :  » Volate amori  » Acte I – Patricia PETIBON , accompagnée par le VENICE BAROQUE ORCHESTRA – Direction Andrea MARCON)

Aria :  » O mio babbino caro  » …

Cette aria, sublime, célèbre , fait partie de l’opéra, en un acte, Gianni Schicchi , créé à New York en 1918, au Metropolitan Opera. Son merveilleux compositeur, Giacomo Puccini, ne put y assister car il était occupé à préparer la première européenne qui eut lieu à Rome l’année suivante.

Le livret est de Gioacchino Forzano. Il s’inspirera de la première partie de la Divine Comédie de Dante (Chant trente de l’Enfer) dont le personnage historique Gianni Schicchi est cité.

Cette œuvre fait partie d’un triptyque avec Sœur Angelica et Il Tabarro. Les deux derniers ne connaitront pas l’immense succès de celui-ci, aimé tant par le public que la critique . Dans l’absolu, Puccini souhaitait qu’ils soient programmés ensemble parce que pour lui ils représentaient trois aspects du théâtre : le tragique, le lyrique et le comique, baignant dans trois atmosphères différentes : le Paris prolétaire de 1900, l’Italie aristocrate du XVIIe, et les petits propriétaires terriens florentins. Son désir ne sera que très rarement exaucé .

Si Gianni Schicchi a énormément plu, c’est parce c’est un opéra vraiment parfait, très ingénieux, volubile, spirituel, divertissant, offrant tout un tas de diverses péripéties. Une sorte de Commedia dell’arte, dotée d’une musique magnifique, habile et brillante, dont Stravinsky conseillait, avec ferveur, la partition à ses élèves, affirmant qu’elle était le meilleur traité d’orchestration qui soit !

(Vidéo : Maria CALLAS au vocal)

Aria  » Casta Diva  » … Vincenzo BELLINI

(Vidéo : Maria CALLAS – Elle est accompagnée par l’ORCHESTRE DE LA SCALA de MILAN – Direction Tulio SERAFIN )

Casta Diva est une aria ( Acte I )  de l’opéra Norma écrit par  Vincenzo Bellini qui fut créé en 1831 à la Scala de Milan –  Le livret est de Felice Romani.

Probablement l’un des plus beaux opéras de ce compositeur, bouleversant, dramatique, poignant, qui n’aura absolument pas de succès lors de la première , mais connaîtra le triomphe au fil des années qui suivront.

Norma demande de beaucoup d’exigence vocale à celle qui tient le rôle principal , notamment notamment au niveau de la puissance, et de la virtuosité, mais également des talents de tragédienne. Maria Callas fut dotée de toutes ces qualités, ce qui amena l’un de ses partenaires à dire un jour  » Dans une vie on peut voir beaucoup de grandes choses au théâtre, mais voir Maria Callas dans Norma, que peut-il y avoir de comparable « . En cela il avait totalement raison, comme dans beaucoup d’autres œuvres lyriques, elle est inoubliable dans celle-ci !

Aria  » Sposa son disprezzata « …

Cette magnifique aria est extraite de l’opéra Bajazet (dit également Le Tamerlo) de Vivaldi. Une œuvre tragique instrumentalement originale, dramatique, terriblement expressive, intense, passionnée, parfois même violente, vocalement virtuose, qui fut créé à Vérone en 1735. Le librettiste fut le praticien vénitien Agostino Piovene. Son livret avait déjà été utilisé et mis en musique une première fois en 1711 par Francesco Gasparini au Théâtre San Cassino de Venise.

De base, ce n’est pas une aria de Vivaldi. En effet, comme cela se faisait assez couramment à l’époque, il reprendra celle écrite (pour le castrat Farinelli) par Geminiano Giacomelli dans son opéra La Métrope (1734), et modifiera les paroles afin qu’elles puissent correspondre au sien.

L’opéra a été exhumé en 2005, de façon magnifique, vigoureuse et précise, par le violoniste, chambriste, et chef d’orchestre italien Fabio Biondi.

J’ai choisi une version voix-piano qui me touche beaucoup : celle de Cecilia BARTOLI accompagnée par György FISCHER.

Orphée aux enfers … Jacques OFFENBACH

(Vidéo : Ouverture – Herbert V.KARAJAN à la direction de l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE BERLIN )

Opéra-bouffe ( ou première grande opérette française )composé en 1858, créé au Théâtre des Bouffes-Parisiens la même année, révisé en 1874 et repris au Théâtre de la Gaîté.  Livret de Hector Crémieux  et Ludovic Halévy.  Ce sera le premier gros succès du compositeur . Offenbach se moque là d’un sujet très prisé dans les siècles passés à savoir Orphée et Eurydice.

Une partie de la presse de l’époque va crier au scandale, les critiques aussi, l’accusant à la fois de ridiculiser l’Antiquité, d’injurier le gouvernement, tout mettant en avant les problèmes sociaux de l’époque.  Mais le public, même s’il entendait les attaques, se précipita très nombreux pour voir le spectacle, lequel obtiendra un triomphe et fera l’objet de plus de 220 représentations, ce qui sera une bonne aubaine pour lui car sa situation financière était au plus bas.

C’est vraiment une œuvre pétillante, brillante, impertinente, caustique et audacieuse.

Le Galop infernal entendu à la fin de l’Ouverture va être repris , bien des décennies plus tard, dans les spectacles de music-hall pour accompagner la danse du french can-can.

(Vidéo : Can-Can interprété par le BALLET DE L.OPÉRA GRAND AVIGNON – Accompagné par l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE de MONTE-CARLO sous la direction de Didier BENETTI)

( Vidéo :  » Duo de la mouche  » Acte III – Mady MESPLÉ & Michel TREMPONT – Accompagnés par l’ORCHESTRE DU CAPITOLE DE TOULOUSE sous la direction de Michel PLASSON

THAÏS … Jules MASSENET

(Vidéo : Scène du miroir  » Dis moi que je suis belle  » – Renée FLEMING accompagnée par L.ORCHESTRE NATIONAL DE BORDEAUX AQUITAINE – Direction Yves ABEL)

« Avez-vous lu Thaïs ?  » demanda l’éditeur Calman-Lévy . Il y a là un très joli sujet d’opéra pour Massenet.  » …. J’avais lu Thaïs dit Louis Gallet, j’en avais décerné les qualités attrayantes pour un compositeur. Mais je ne connaissais pas Anatole France. Calman-Lévy se chargea de cette première rencontre qui eut lieu, un matin, au seuil de son cabinet. J’avais en tête le scénario de Thaïs. Je le racontai à l’auteur du roman. Il voulu bien le trouver son gré et tout fut dit. » Louis GALLET en 1890

Jules Massenet fut un grand compositeur d’opéras, une trentaine à son actif. Thaïs, en trois actes et sept tableaux, fut créé en 1894 et sera révisé en 1897 (version que nous connaissons de nos jours) . Le livret est de Louis Gallet d’après le roman de Anatole France. Un chef-d’œuvre qui n’a pas été toujours apprécié à sa juste valeur au départ. Il lui faudra dix ans pour connaitre un triomphe à Milan . Question d’interprétation semble t-il. Massenet l’a composé pour la soprano américaine Sybil Sanderson, mais c’est, en effet, avec une autre chanteuse lyrique, Lina Cavalieri, à Milan, qu’il atteindra une certaine renommée.

La musique de cette œuvre conforte l’idée que Massenet fut un grand symphoniste. C’est une partition d’une grande richesse orchestrale. Il y de la spiritualité, de la passion, de la sensualité, et cette sublime Méditation pour violon, moment magnifique, poignant, poétique, et très célèbre de l’opéra, dans l’acte II. Un morceau repris souvent seul en concert mais aussi par la danse (du reste présente dans l’opéra à sa création).

Thaïs nous transporte près d’Alexandrie. Un moine (Nathanël) essaie de convertir une belle courtisane (Thaïs) au christianisme. Il y parviendra puisqu’elle entrera dans un monastère. Il réalisera alors qu’il éprouvait une passion charnelle pour elle. Un jour dans les jardins de ce lieu monastique , il la reverra, très amaigrie par le jeûne et la pénitence. Ils évoqueront des souvenirs de leur première rencontre et elle va mourir dans ses bras. Il s’écroulera, désespéré.

( Vidéo : Méditation Thaïs – Renaud CAPUÇON au violon et Guillaume BELLOM au piano)

Les Motets d’Antonio VIVALDI …

Vivaldi a effectué de nombreux voyages en Europe durant sa vie , mais il est resté très longtemps attaché à l’Ospedale della Pietà de Venise. Il y était entré en tant que Maître de chapelle peu de temps après avoir été ordonné prêtre. Il le quittera en 1740 et ne reverra jamais ni ce lieu, ni sa ville natale puisqu’il va mourir à Vienne.

A l’Ospedale della Pietà, il avait pour fonctions de diriger l’orchestre, d’écrire mensuellement des musiques ( très souvent des Concertos)  et de donner des cours de violon, violoncelle et viole d’amour à des demoiselles, très jeunes et extrêmement douées. Toutes leurs exécutions, qu’elles soient vocales ou musicales, étaient très célèbres et recherchées. On venait de loin pour les entendre.

Mis à part cela, l’établissement proposait également des œuvres sacrées destinées à être jouées au moment des fêtes religieuses annuelles comme par exemple Noël ou Pâques . Elles étaient à la charge de  Francesco Gasparini.

Lorsque ce dernier quittera l’Ospedale, c’est Vivaldi qui va reprendre cette fonction en 1713,  en attendant l’arrivée d’un remplaçant. Malheureusement, un grand nombre de ces partitions sacrées  écrites de sa main pour voix et cordes  ont été perdues,  et il est difficile d’attribuer une date exacte à celles qui furent retrouvées.

Parmi elles se trouvent des Motets, probablement chantés par les Demoiselles della Pietà à l’Ospedale ou bien dans d’autres lieux comme les églises, couvents ou cathédrales . Elles avaient des voix dotées d’une incroyable virtuosité et lyriques, notamment, celle de Anna Giro qui fut l’une de ses élèves, sa collaboratrice , mais aussi, comme on l’a affirmé, sa supposée maîtresse.

Bien qu’elles soient des œuvres religieuses , les textes ne sont pas liturgiques et, on le sait bien, Vivaldi a toujours exprimé le sacré d’une façon incroyablement théâtrale, pour ne pas dire spectaculaire d’ailleurs, et ce tout en leur accordant un caractère propre au recueillement. Ces arias ornementales sont très souvent pleines de passion et s’adaptent harmonieusement à l’atmosphère des écrits .

Ce sont des pièces lumineuses, enchanteresses, d’une grande justesse, parfaitement équilibrées, lyriques , maîtrisées, célestes, théâtrales, nuancées, réjouissantes. Elles requièrent de grandes qualités vocales.

Voici quelques-uns des titres  que j’apprécie personnellement et qui sont tout à fait typiques de ce que Vivaldi proposait dans ces Motets sacrés de l’époque baroque :

( Vidéo : «  Nulla in Mundo Pax Sincera  » RV.630 certainement écrit aux environs de 1735 pour voix de soprano, violons, alto et basse continue. // Interprétation : LISZT FERENC CHAMBER ORCHESTRA dirigé par Frigyes SANDOR avec la soprano Magda KALMAR ) – Cette pièce a été reprise pour le film Shine, réalisé par Scott Hicks en 1996.)

(Vidéo : «  Amor Sacro  » est un CD regroupant des Motets de Vivaldi – C’est l’incroyable Simone KERMES qui est au vocal, accompagnée par le VENICE BAROQUE ORCHESTRA-Direction Andrea MARCON. Un disque magnifique de vivacité, clairvoyance, beauté, subtilité avec des Motets qui le sont tout autant. Titres : In furore iustissimae irae RV 626 / Nulla in Mundo RV 630 / In turbato mare irato RV 627 / Sum in medio tempestatum RV 632 )

( Vidéo : «  Sit nomen Dominum RV 600 « – Autre C.D. que je vous recommande vivement pour les Motets de Vivaldi – Celui réunissant l’étincelante Patrizia CIOFI  à Fabio BIONDI. Ce dernier assure la direction de son Ensemble EUROPA GALANTE et le solo violon.

NABUCCO … Giuseppe VERDI

(Vidéo : « Ouverture  » – Claudio ABBADO à la direction de L.ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE BERLIN)

Opéra magnifique créé en 1842 à la Scala de Milan, qui connaitra un grand succès. Il s’inspire d’un épisode sur la capture des juifs à Babylone. Le livret est de Temistocle Solera d’après Nabuchodonosor une pièce de Anicet Bourgeois et Francis Cornue en 1836.

Va pensiere, le chœur très célèbre, mémorable, de cet opéra se trouve dans l’acte III. Il sera fortement apprécié par le public italien qui s’identifiera, de façon allégorique, à ce chant et à ce désir d’indépendance qu’ils connurent durant l’occupation autrichienne à l’époque. Il sera repris par la foule lors des funérailles du compositeur.

(Vidéo : Chœur de l’Opéra national de Paris – Direction José Luis BASSO – (Opéra Garnier)

C’est une œuvre lyrique vraiment superbe, ardente, imaginative, passionnée, dramatique, habilement nuancée, très théâtrale, d’une grande beauté mélodieuse et poignante aussi.

Orlando furioso RV 728 … Antonio VIVALDI

(Vidéo : Ouverture Acte I / I SOLISTI VENETI direction Claudio SCIMONE)

Un magnifique opéra parmi la cinquantaine qu’il nous reste de ce merveilleux compositeur. Un petit bijou du baroque qui sera créé au Teatro Sant’Angelo de Venise en 1727. Le livret est de Grazio Braccioli d’après un poème de Ludovico Ariosto dit l’Arioste dont l’épopée fut non seulement populaire mais deviendra, outre Vivaldi, un sujet pour d’autres compositeurs comme Haendel, Lully ou Haydn.

On est transporté dans un monde où cohabitent de nombreux personnages, face à la folie du héros principal et les actions d’une magicienne à la fois guerrière et charmeuse. Un opéra qui connaitra le succès mais tombera dans l’oubli pour renaitre de ses cendres en 1978 à Vérone.

C’est vraiment une œuvre lumineuse, fascinante, nuancée, drôle parfois et douloureuse aussi, pleine de tendresse également, avec des arias brillantes, grisantes, riches en couleurs, exigeantes. La musique est superbe et au-delà de cela, il y a aussi une excellente dramaturgie qui nécessite d’ailleurs que les interprètes ne soient pas que doués en vocal mais qu’ils soient aussi d’excellents acteurs et actrices.

(Vidéo :  » Sol da te  » – Philippe JAROUSSKY (contre-ténor) – Accompagné par l’ENSEMBLE MATHEUS – Direction Jean-Christophe SPINOSI)
(Vidéo : « Ah Fuggi rapido » Cecilia BARTOLI – Elle est accompagnée par L.ENSEMBLE MATHEUS – Direction Jean-Christophe SPINOSI)