Aria :  » Alte Giove  » … Polifemo / Nicola PORPORA

Nicola PORPORA 1686/1768

Porpora fut un merveilleux compositeur de la période baroque, né à Naples en 1686. Il a été également très connu en tant que Maître de chant, professeur de 1715 à 1720 de castrats qui deviendront célèbres notamment Farinelli, mais aussi Caffarelli, Senesino et autres …. et qu’il fera venir, d’ailleurs, à Londres dans sa compagnie. Il a eu une profonde admiration pour ces chanteurs et on peut dire que leur voix a été au centre de tout son travail dans le domaine de l’opéra. Elle est toujours traitée chez lui de façon très virtuose, touchante émotionnellement parlant, et s’adonne à de grandes acrobaties vocales. Quant à sa musique lyrique, elle est vraiment caractéristique de l’École napolitaine.

Lorsque Porpora s’installe à Londres, il prend, en 1733 à la demande du Prince de Galles, duc d’Edimbourg et de Cornouailles Frederick (fils de George III) grand mécène et collectionneur, la direction d’un théâtre-compagnie opératique : Opera of the Nobility ( le Théâtre de la Noblesse) qui va rivaliser avec celui de Georg Friedrich Haendel. Les deux hommes vont certes s’admirer, mais se lancer dans une guerre sans merci. Une rivalité qui, on peut le dire, n’a pas été néfaste car elle va les motiver, les stimuler, et elle donnera naissance , des deux côtés, à des œuvres magnifiques.

Polifemo est l’une d’entre elles. La dernière que Porpora présentera à Londres , avec des arias ( dont celui de ce jour) écrites spécialement pour Farinelli. Cet opéra date de 1753. Le livret a été écrit par le poète, librettiste et traducteur italien Paolo Rolli. Il est basé sur l’histoire de Acis, Galatée et Polyphème.

(Vidéo :  » Alto Giove  » Acte III / Philippe JAROUSSKY accompagné par le VENICE BAROQUE ORCHESTRA sous la direction de Andrea MARCON

Persée … Jean-Baptiste LULLY

(Vidéo : Ouverture / LE CONCERT SPIRITUEL sous la direction de Hervé NIQUET)

 »  Théâtre, orchestre, haut dais, rien n’y manquait. Un très grand nombre d’orangers, d’une grosseur extraordinaire, très difficiles à remuer, et encore plus à faire monter sur le théâtre, s’y trouvèrent placés. Tout le fond était une feuillée, composée de véritables branches de verdure coupées dans la forêt. Il y avait dans le fond et parmi les orangers quantité de figures de faunes et de divinités, et un fort grand nombre de girandoles. Beaucoup de personnes qui savaient de quelle manière était ce lieu quelques heures auparavant eurent peine à croire ce qu’elles voyaient.  » (Extrait de l’article publié dans Le Mercure galant à propos du décor de Persée en 1682 – Ce périodique avait été fondé en 1672 par Jean Donneau de Visé un journaliste, historien et critique littéraire français )

Une première représentation de Persée fut donnée en Avril 1682 à l’Académie Royale de musique à Paris. Il était prévu, qu’en Juillet de la même année, une deuxième représentation voit le jour dans la Cour de marbre du château de Versailles, mais en raison du mauvais temps ( pluie ) , elle aura lieu dans la Grande Écurie .

Comme il le faisait souvent, Lully affirma qu’il avait vu le roi en Persée. Il alla même jusqu’à prétendre que c’était sa majesté qui lui avait donné l’idée de ce sujet. Curieux lorsque l’on sait que Louis XIV ne fut pas présent le jour de la création ! Beaucoup diront que le héros de cet opéra n’était en fait que le Dauphin.

Une tragédie lyrique tout aussi palpitante qu’éblouissante. Huitième collaboration entre Lully et son célèbre librettiste Jean-Baptiste Quinault. Ce dernier signait là son retour en grâce à la Cour après en avoir été écarté, durant un certain temps,  pour avoir manqué de respect envers le roi et la favorite de l’époque , Madame de Montespan.

C’est un chef-d’œuvre oublié (il ne renaîtra qu’en 1997) où se côtoient amour, colère, combat, jalousie. Les arias sont d’une grande richesse, les récitatifs racés et élégants, la danse fort belle. Le tout est auréolé de le don inné et le talent de Lully pour le drame musical.

(Vidéo : Katherine WATSON (Soprano) – Elle interprète  » Ah je garderai bien mon cœur  » / Accompagnement par LE CONCERT SPIRITUEL sous la direction de Hervé NIQUET)

Bachiana Brasiliera N.5 … Heitor VILLA-LOBOS

Les Bachianas Brasilieras sont des Suites magnifiques qui représentent à la fois la fascination passionnelle de Villa-Lobos pour Bach (on y retrouve des Préludes, des Fugues, des Arias etc…) , mais aussi un hommage rendu à la musique et folklore venus de son pays : le Brésil.

Exemple le beau Prélude de la N.4, absolument divin : Nelson FREIRE au piano

Elles ont été écrites entre 1932 et 1945 avec, pour chacune, un accompagnement différent : pour orchestre, pour violoncelle, pour orchestre de Chambre, pour piano, pour piano et orchestre, pour soprano et violoncelle, pour flûte et basson, pour chœur et orchestre.

La N.5 est la plus célèbre, notamment pour son Aria (le compositeur emploie de mot Cantinela que l’on pourrait traduire par ritournelle) inspirée par un poème de Ruth Corréa qui parle de la beauté du ciel le soir, avec une pleine lune et la traversée de quelques nuages qui avancent lentement. Vient ensuite la Danza qui est un chant du poète brésilien Manuel Bandeira et qui fait référence au chant des oiseaux dans la forêt.

Pensée à l’origine pour soprano et huit violoncelles, elle a fait l’objet d’un nombre incroyable d’autres versions. La voix aérienne du départ ajoute quelque chose de plus à la musique, de l’émotion assurément, de la volupté, de la sensibilité.

J’ai choisi la version dirigée par Heitor VILLA-LOBOS lui-même, avec Bidu SAYAO pour le vocal et Léonard ROSE pour le violoncelle. Bidu Sayao fut une très grande soprano brésilienne, une des chanteuses lyriques favorites du compositeur. Elle lui a souvent prêté sa voix et fut la dédicataire de certaines de ses œuvres dont celle-ci.

Tristan & Isolde … Richard WAGNER

Richard WAGNER / Photo Pierre PETIT
Vidéo : Carlos KLEIBER à la direction de l’Orchestre : STAATSKAPELLE DRESDEN

Tristan et Isolde est un opéra en trois actes, composé entre 1856 et 1859, créé à Munich en 1865. C’est le compositeur qui rédigera le livret, puisant son inspiration dans la légende médiévale bretonne  du poète allemand Gottfried Van Strassburg (1210). Une histoire d’amour sublimée par la mort. Un sujet qui n’a certainement pas été choisi de façon anodine par Wagner lorsque l’on connaît celle que lui-même a vécu , en parallèle, avec une femme mariée, qui lui sera  » interdite « , mais qui restera la muse de cette œuvre lyrique .

Il a, pour autant, profondément remanié cette légende, en écartant, tout d’abord,  tout ce qui pouvait apparaître, à ses yeux, comme superflu pour en faire un drame musical rigoureux sans omettre, toutefois,  l’émotion. Le philtre magique de Van Strassburg est à la base de l’amour entre Tristan et Isolde : ils s’aiment sans se le dire et le philtre va leur révéler et conforter leur amour . Chez Wagner, le philtre n’a plus la magie de la légende, mais il apparaît comme  le symbole de leur amour. Par ailleurs, le compositeur   va davantage se tourner vers le désir inaccessible, la  passion, l’intime,  aussi, sans oublier le devoir, la trahison, la mort , cette mort qui sera l’aboutissement de l’amour.

L’homme d’affaires Otto Wesendonk était, à l’époque le mécène de Wagner . Il était marié à Agnès Mathilde  Luckemeyer , une poétesse avec laquelle il aura cinq enfants . De son côté, Wagner avait pour épouse Minna Planner. Installé en Suisse, non loin de la résidence des Wesendonk, il va entretenir un lien très fort avec Mathilde, basé sur une grande  entente intellectuelle et artistique : elle écrit des poèmes qu’il met en musique.  Celle de l’un d’entre eux ,Traüme, sera du reste l’inspiration de   la musique de l’acte II ) – Pour autant qu’on le sache , ils ne furent pas amants. Cette relation, platonique mais profondément passionnée, lui fait du bien,  le stimule dans son travail. De  plus, la jeune femme le soutient, et   l’encourage beaucoup dans l’écriture de cet opéra

Mathilde_WESENDONCK par Karl Ferdinand SOHN

Durant l’année 1858, Minna deviendra suspicieuse vis-à-vis de cette  » amitié  » et pense qu’ils sont réellement amants. Devant les tensions et les menaces, il quitte la Suisse avec elle et s’installe à Paris où il poursuit la composition de Tristan et Isolde. Quelques mois plus tard, ils reviennent. C’est à cette époque qu’elle trouve des petits mots échangés entre son époux et Mathilde, qui sont la preuve des sentiments très fort qu’ils éprouvent . Scandale. Le mari est mis au courant, explication houleuse entre les deux hommes. L’histoire prend fin. Exit Mathilde … Wagner et Minna repartent pour Paris . Sitôt rentrée, elle prend la décision de se séparer de lui, se rend à Zurich, règle la facture des impayés du compositeur et retourne définitivement auprès de sa famille en Saxe.

Lorsqu’il aura terminé son opéra, Wagner aura à cœur de voir sa création sur scène. Paris sera écarté en raison de l’échec de son Tannhaüser . Son premier choix sera  Vienne, mais tout va très mal se passer : malgré un nombre incroyable de répétitions, chanteurs et orchestre vont être dans l’incapacité de l’interpréter correctement – Tout est annulé ! Wagner est profondément déçu, se tourne vers Munich et plus particulièrement Louis II de Bavière, un passionné de musique qui accepte de devenir le mécène du compositeur. Tristan et Isolde verra enfin de jour au Théâtre Royal  de Munich en Juin 1865.

Malheureusement, le public  restera dans l’incrédulité totale. Il n’appréciera absolument pas, d’une part l’œuvre , très longue,  et d’autre part il ne comprend absolument pas la musique. Ce n’est pas tant le fait qu’elle soit, en effet, infiniment novatrice et révolutionnaire qui fut mis en cause, mais plutôt le fait qu’elle soit complètement à l’opposé des règles régies par la tradition.

Même si pour toutes ces raisons elle a pu être dérangeante à une certaine époque,  même si, en effet, elle reste très difficile d’interprétation pour celles et ceux qui en sont les héros, elle est d’une beauté impressionnante, émotionnelle , exaltante, intense, enflammée, raffinée, mystérieuse, en clair-obscur, délicate. Au travers de ses incroyables textures harmoniques, Wagner a parfaitement su maîtrisé les sentiments des amants, leur impatience à s’aimer, leurs souffrance surtout.

( Vidéo : Isolde :  » Mild und leise wie er lachelt  » ( Liebestod )  – Waltraud MEIER )

 » Ainsi nous mourrions
pour n’être plus séparés,
éternellement unis,
sans fin,
sans réveils,
sans crainte,
oubliant nos noms,
embrassés dans l’amour,
donnés entièrement l’un à l’autre
pour ne plus vivre que l’amour !
( Acte II Tristan & Isolde/ Richard WAGNER )

Tableau Tristan et Isolde de Rogelio De EGUSQUIZA

Intermezzo Sinfonico … Cavalleria Rusticana de Pietro MASCAGNI

Au centre Pietro MASCAGNI – A gauche Giovanni TARGIONI-TOZZETTI – A droite Guido MESCANI
Vidéo : Herbert V.KARAJAN à la direction de l’ORCHESTRE DU THÉÂTRE DE LA SCALA DE MILAN

Cavalleria Rusticana est un très bel opéra, en un acte, qui fut créé à Rome en 1890. Le livret est de Giovanni Targioni-Tozzetti et Guido Mescani d’après une histoire de Giovanni Verga (chef du mouvement vériste italien).

Un mélodrame d’amour, d’honneur, de trahison dans un petit village de Sicile, qui a eu un gros succès à l’époque et a apporté une certaine notoriété à son compositeur (alors professeur de musique) dans le monde opératique. Un succès malheureusement venu un peu trop tôt car, du coup, il a éclipsé toutes les autres œuvres de son compositeur. Et pourtant il y en eut un certain nombre !

Il faut dire que la célèbre musique de l’Intermezzo (qui arrive à un moment tragique de l’opéra) est sublime, intense, énergique, passionnée mais avec ça terriblement touchante, sensible, et pleine d’émotion.

Mitridate, Re di Ponto … W.Amadeus MOZART

» Tête de Mitridate VI – Roi du Pont  » 120-63 av.J.C. ( Musée du Louvre / Paris – France )
Vidéo : Christophe ROUSSET à la direction de l’ORCHESTRE du ROYAL OPERA HOUSE de LONDRES

En Décembre 1769, Mozart part en Italie avec son père Léopold . Il a de plus en plus  envie de devenir un compositeur d’opéra et au XVIIIe siècle c’est dans ce pays que les œuvres lyriques connaissaient un grand succès. Le prince évêque Schrattenbach  lui alloue une somme d’argent afin qu’il puisse effectuer cette tournée. Dans la foulée, il le nomme maître de concert. Un geste qui n’est pas anodin : il espère qu’en agissant ainsi le jeune prodige se sente contraint de rentrer à Salzbourg.

Une fois arrivé en Italie, il reçoit une commande du gouverneur de Lombardie le Comte Karl Joseph Von Firmian, un mélomane autrichien . Il avait  convaincu celui-ci de son talent en mettant en musique , à sa demande, des poèmes de Métastase qui furent joués lors de concerts privés .

Il faut bien savoir que Mozart n’avait que 14 ans lorsqu’il composa Mitridate, re di Ponto en 1770. C’était  son premier opéra seria.  On lui fera parvenir le livret de Vittorio Amedeo Cigna-Santi, d’après la tragédie de Racine en 1673, qui avait déjà été mis en musique trois ans auparavant par Quirino Gasparini.

Non seulement le jeune Mozart n’avait jamais écrit d’opéra séria ( un genre qui plaisait énormément au public dans l’Europe du XVIIIe ), ni lu les tragédies de Racine et il avait une méconnaissance totale  de l’antiquité gréco-romaine. Oui  … Mais  il était extrêmement doué et il n’ignorait pas les règles qui régissaient ce type d’opéra. De plus,  il savait comment gérer une composition théâtrale. Il réussira à  trouver le parfait équilibre entre les arias, les récitatifs, la dramaturgie etc… On lui imposera des chanteurs qui, certes, étaient très connus, mais dont il ignorait tout. Qu’importe il va s’en accommoder en attribuant à chacun le rôle qui pouvait convenir le mieux à sa tessiture, voire même répondre à leurs exigences .

La tragédie de Racine ( parue en 1673 ) est une histoire de conflits, de pouvoir, de haine, de luttes territoriales, de trahison filiale et fratricide , de rivalités amoureuses, d’humiliation, de déception. Le librettiste de Mozart va modifier certains éléments et des noms, rajouter des nouveaux personnages, et accorder à l’œuvre une fin plus « heureuse » que l’originale qui était sanglante , mettant en avant le pardon et le repentir.

Mozart va démontrer combien il était  doué en musique orchestrale car celle-ci se révélera riche,  brillante, harmonieuse, d’une grande maturité, unissant magnifiquement bien les arias qui sont d’une redoutable virtuosité vocale, et les récitatifs . C’est une œuvre lyrique assez fascinante, complexe, émotionnelle, expressive, exigeante, fougueuse, avec des côtés tendres et mélancoliques, une dramaturgie assez incroyable.

(Vidéo :  » Nel grave tormento  » / Aria de Aspasia / Acte II – Patricia PETIBON – Daniel HARTING à la direction de l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE VIENNE)

Si le public fut un temps septique quant au fait d’aller assister à un opéra composé par un adolescent, il changera complètement d’avis ! Le succès sera retentissant lors de sa création le 26 décembre 1770 au Teatro Regio Ducal de Milan ( actuelle Scala) . A un point tel qu’il lui vaudra une autre commande qui verra le jour deux ans plus tard : Lucio Silla.

Malgré tout son succès, Mitridate, Re di Ponto tombera un jour dans l’oubli. La partition originale a disparu. On a pu reconstituer l’opéra grâce à des copies. Il sera redécouvert par le monde lyrique en 1971.

Alceste ou le triomphe d’Alcide … Jean-Baptiste LULLY

Première représentation d’Alceste au Château de Versailles
Vidéo :  Prologue/Ouverture – La GRANDE ÉCURIE et LA CHAMBRE DU ROY – Direction : Jean-Claude MAGLOIRE

Alceste est considéré comme l’un des plus beaux opéras de Lully, un parfait exemple de ce qu’a pu représenter la parfaite collaboration, l’osmose même, avec son librettiste attitré Philippe Quinault. Le maximum a été fait pour que cette œuvre lyrique plaise au roi Soleil.

Philippe QUINAULT

Cette tragédie, en un prologue et cinq actes,  révèle magnifiquement bien le talent de Lully pour l’écriture de musiques fastueuses qui n’ont jamais manqué d’éclat et de raffinement et celui de Quinault qui a eu un véritable don pour traiter et rédiger des sujets qui plaisaient énormément. Cette fois, tous deux ont porté leur choix sur  l’Alceste d’Euripide en 438 avant J.C. , qu’ils ont adopté et adapté avec une assez grande liberté.

Elle fut achevée en 1673. Une première répétition,  pourrait-on dire,  fut d’abord donnée au château de Versailles dans les appartements de la favorite en titre Madame de Montespan. Louis XIV et la Cour furent séduits. L’œuvre ne rencontrera, par contre, pas le même succès lors de sa représentation à Paris, en 1674  : les critiques fusèrent de toutes parts, non sur la musique, mais sur le livret, et ce notamment de la part de Boileau et Racine qui jugèrent que les deux hommes avaient sacrément saccagé la tragédie d’Euripide. Pour calmer les esprits et compte tenu du fait qu’elle plaisait à sa Majesté, qui ne manquait pas de la soutenir et de le faire savoir , on fit publier un article de Charles Perrault pour la défendre.

Alceste continua donc son chemin avec enthousiasme que ce soit à nouveau aux châteaux de Versailles, de Fontainebleau, de  Saint Germain en Laye, ou au Palais Royal à Paris. Le chef-d’œuvre de Lully et Quinault est très  stylé, précieux,  irrésistible, puissant, poignant, triomphal, riche et saupoudré de ce qui plaisait ou avait pu plaire dans l’opéra italien, à savoir un côté mi tragique-mi comique.

( Vidéo : Les Démons / 2e air – LE CONCERT DES NATIONS – Direction : Jordi SAVALL )

( Vidéo : Menuet – LE CONCERT DES NATIONS – Direction Jordi SAVALL )

Carlo BROSCHI dit Farinelli …

Vidéo : Stefano DIONISI dans le rôle de FARINELLI – Film de Gérard CORBIAU en 1994 – Enrico LOVERSO interprète Riccardo BROSCHI le frère du castrat.   » Ombra fedele anch’io  » est une aria extraite de l’opéra IDASPE composé par Riccardo. – La direction musicale est assurée par le chef Christophe ROUSSET

Pour s’approcher au plus près de la voix de ce célèbre castrat, le réalisateur Gérard Corbiau, a fait appel à des techniques assez sophistiquées en unissant, à l’IRCAM, la voix d’un contre-ténor en la personne de Derek Lee Ragin , à celle d’une soprano à savoir Ewa Malas-Godlewska. C’est le chef Christophe Rousset et son ensemble Les Talens lyriques qui ont enregistré la musique du film.

FARINELLI EN 1735
Carlo BROSCHI dit FARINELLI

«  Il touche toutes les cordes, quelquefois dans le même air, avec une agilité surprenante et la voix dite  » de petto  » ( de poitrine ) est aussi forte en lui et aussi variée que celle dite  » de testa  » ( de tête ) est savante et harmonieuse.  » Antonio SCHINELLA CONTI ( Abbé CONTI – Philosophe italien)

 » De tous les chanteurs qui existent, on ne peut en citer aucun qui, par son habileté à vocaliser et par la beauté de sa voix, puisse rivaliser avec Farinelli. Il parcourt, avec une même facilité, une extension de 23 notes, soit 3 octaves environ, et personne ne se rappelle avoir écouter quelque chose qui puisse s’y comparer. Les gens sont convaincus qu’il a été protégé par la vierge Marie pour laquelle sa mère professait une extraordinaire dévotion. » Jean Georges  KEYSSLER ( Voyageur allemand)

Carlo Broschi est né en 1705  à Andria (province de Bari -Italie ) dans une famille de la petite noblesse. Il a un frère, Riccardo né en 1698, et une sœur Dorotéa née en 1701.

Bien des familles ont souhaité faire castrer leur fils lorsqu’ils s’apercevaient qu’il avait une belle voix, parce qu’avant toute chose, une somme d’argent non négligeable leur était attribuée . Toutefois ce n’est pas cette raison qui poussera le père de Carlo à vouloir que son fils soit un jour castré, mais ses capacités vocales incroyables. Il voyait en lui un prodige et pensait que, doté de ce don si particulier ( qu’il souhaitait lui faire conserver) il aurait toutes les chances de faire une grande carrière. En cela il ne s’est pas trompé. Il le fera donc opérer à l’âge de 9 ans.

Ce fut, semble t-il, très difficile pour Carlo de supporter tout ce que cette opération, déjà très douloureuse , allait avoir pour autres conséquences : quitter sa ville natale, sa famille aimée, partir vers l’inconnu et ce même si son père avait quelque peu anticipé les choses en préparant son arrivée à Naples auprès de ses connaissances, afin qu’il puisse étudier dans de bonnes conditions.

Parmi les familles influentes qui vont l’approcher, il y aura celle des Farina ( d’où le nom Farinelli) laquelle mettra à sa disposition un professeur que bien des personnes voudront un jour avoir, un pur produit de l’école napolitaine : le compositeur Nicolo Porpora.

NICOLO PORPORA
Nicolo PORPORA

Ce dernier a été très heureux d’avoir un jeune élève aussi doué. Tous deux se sont bien entendus et lorsque Carlo a perdu son père à l’âge de 12 ans, Porpora représentera la figure paternelle qu’il n’avait plus.

L’essentiel des leçons était de savoir se concentrer sur le souffle et le développer, ce qui était assez difficile. Les formations duraient en général 7 à 10 ans car outre le fait qu’ils étaient doués pour le chant, les jeunes élèves bénéficiaient de cours de gestuelle, maintien, art dramatique, littérature ancienne . Farinelli le fera en 5 ans seulement. Il arrivait à répartir son souffle de façon inouïe et parfaite.

Il fut, par ailleurs, un très bon instrumentiste, jouant de la viole d’amour et du clavecin.

Première apparition sur scène à 15 ans en 1720 dans une oeuvre de Porpora ( Angelica et Medero) . Il  a très vite séduit par sa voix miraculeuse, capable de prouesses exceptionnelles,  et fut très demandé que ce soit dans les théâtres lyriques ou les Cours royales et princières. Il fit de très nombreux voyages et où qu’il aille, le public était en admiration à l’écoute de cette voix miraculeusement surprenante .

Vidéo :  » Le pie s’allontana  » Extrait de l’opéra Angelica et Medero de Nicola PORPORA – Interprété par le contre-ténor allemand Valer BARRA-SABADUS, accompagné par l’Ensemble CONCERTO KÖLN
(c) Royal College of Music; Supplied by The Public Catalogue Foundation
Carlo BROSCHI dit FARINELLI en 1734 – Bartolomeo NAZARI

A 25 ans il était déjà très riche, adulé mais il n’aura jamais vraiment confiance en lui, on le pensait même timide. Il s’étonnait d’ailleurs d’avoir autant de succès. Il était semble t-il bienveillant à l’égard des autres, et se gardait bien de s’exposer ou d’être à l’origine d’un quelconque débat.

Farinelli a traversé toute l’Italie : Rome, Venise, Milan, Vérone, Parme, Naples, Bologne, Vicenza etc… où il fera sensation dans les opéras de Porpora, Vivaldi, Vinci, Caldara, Ariosti, Veracini, Hasse, Giacomelli, Léo ou bien encore dans ceux de son frère Riccardo à qui l’on doit des arias merveilleuses. Ce succès ne s’arrêtera pas aux frontières de son pays mais se répandra également en Allemagne, France, Angleterre et Espagne et quel que soit le pays il a été acclamé, honoré, il a reçu beaucoup d’argent et des somptueux cadeaux.

Il a passé trois ans à Londres dans la troupe de l’Opéra de la Noblesse, laquelle était en conflit direct et concurrence avec celle du compositeur Georg Friedrich Haendel. Ce furent des années glorieuses car le public anglais l’a beaucoup apprécié. Comme d’autres castrats , il quittera l’Angleterre en 1737 lorsque l’opéra italien ne va plus plaire au public londonien.

En 1736 il fut reçu à la Cour de Louis XV à Versailles.

Vidéo:  » Son qual nave ch’agitata  » – Aria extraite de l’opéra ARTASERSE composé par son frère Riccardo BROSCHI en 1734 ( Images du film FARINELLI )

Farinelli a eu des amitiés sincères, durant sa carrière, comme le Comte Sicinio Pepoli l’un de ses protecteurs avec lequel il a échangé de très nombreuses correspondances, la Princesse Belmonte, la cantatrice Vittoria Tesi dite  » la Tesi  » , et surtout le poète et librettiste Métastase qu’il considérait comme  » son âme sœur, son jumeau  » avec lequel il entretiendra une amitié durant plus de 20 ans.

Avec les années, il sentira peser lourdement sur lui le vide et le poids de la solitude. Certes il était très proche de sa famille, de ses amis intimes, de ses protecteurs, mais à 30 ans il se rendra compte que, même fortement entouré, il était bien seul, sans compagne à ses côtés. C’est ce qui provoquera chez lui de fréquentes crises de mélancolie. Le grand drame de sa vie sera un mal affectif

Et puis un jour, à l’âge de 32 ans, et bien qu’il brillait au faîte de la gloire, il décide de quitter la scène. Il accepte un poste qui lui est proposé par l’épouse du roi d’Espagne à savoir Elisabeth Farnèse. Sa majesté Philippe V souffrait de dépression et la reine espérait que la voix enchanteresse  de Farinelli ( que le roi appréciait beaucoup ) saurait le guérir. Il va lui chanter toujours à peu près les mêmes arias, Et ça va marcher ! La thérapie fonctionne. Le roi fera du castrat son conseiller privé, presque un ministre !

FARINELLI CARLO BROSCHI par Corrado Giaquinto en 1755
Carlo BROSCHI dit FARINELLI en 1755 – Corrado GIAQUINTO – Derrière lui les monarques espagnols

Ce qui, au départ, ne devait être qu’une  » aide thérapeutique  » va durer de très longues années (20 ans) – Après la mort de Philippe V en 1746, l’histoire espagnole continuera puisque Farinelli occupera le poste de directeur artistique des théâtres de Madrid à la demande de Ferdinand VI qui succéda à son père.

Farinelli portant l'ordre de Calatrava, par Jacopo Amigoni, vers 1750-52.
Carlo BROSCHI dit FARINELLI  portant la croix de Calatrava qui symbolisait en quelque sorte sa position sociale d’aristocrate en Espagne – 1750 – Jacopo AMIGONI
FARINELLI JACOPO AMIGONI
Carlo BROSCHI dit FARINELLI – 1750/52 – Tableau du peintre Jacopo AMIGONI ( c’est grâce au castrat que Amigoni a pu devenir  » peintre à la Cour d’Espagne  » – On peut voir aussi Teresa Castellini qui fut une cantatrice à l’opéra de Madrid et derrière eux le poète et librettiste Métastase un grand ami de Farinelli. Il n’était pas en Espagne au moment de la réalisation du tableau mais Farinelli a tenu qu’il ait sa place auprès de lui.

Lorsque Charles III ( le fils de Philippe V et Elisabeth Farnèse sa deuxième épouse) sera placé sur le trône d’Espagne en 1759 , il partira car, malheureusement, le nouveau roi n’appréciait absolument pas les castrats.

C’est donc à Bologne qu’il retourne en 1760 dans une villa qu’il avait fait construire. Sa mère n’était plus de ce monde , son frère lui aussi était décédé peu de temps après l’avoir rejoint en Espagne.

Sa sœur avait fondé une famille. Elle était veuve et habitait Naples. Il avait deux neveux et quatre nièces. Cela aurait pu le rendre heureux mais se sentait terriblement seul, dépressif, en proie à une grande mélancolie, et ce malgré les nombreuses visites qu’on lui rendait : amis, musicologues, écrivains, compositeurs. Il reçut Gluck en 1763, rencontrera le jeune Mozart avec son père Léopold chez des amis.

Il va alors consacrer sa vie à la spiritualité et à la musique. Il sera un grand amateur de peinture et collectionneur avisé : non seulement des tableaux (l’inventaire dressé après sa mort en comptera 330 ) , mais également des instruments : des violons Stradivarius, des clavecins, des pianofortes qui lui furent offerts par la reine d’Espagne.  Il ne s’affichera pas et vivra de façon très discrète, en retrait et simple.

Un peu de soleil viendra illuminer sa vie lorsque le fils de sa soeur, Matteo, vint le voir à Bologne. Ce dernier tomba amoureux d’une jeune fille et de cet amour naquit la petite Maria Carlotta à laquelle s’attachera profondément Farinelli. Les années de fin de vie se poursuivront avec toujours cette lassitude et solitude qui le rongeaient d’autant que sa sœur et son plus fidèle ami Métastase décèderont eux aussi.

Farinelli s’éteint en 1782 à Bologne à l’âge de 77 ans . Ses funérailles furent célébrées en l’église de San Martino di Bertalia. Il sera enterré, au départ, dans la chapelle de l’église des capucins sur le Mont Calverio. Lorsque celle-ci sera détruite, sa petite nièce Carlotta Pisani-Broschi ( fille de Matteo) le fera transféré au cimetière de la Chartreuse en 1810. Elle avait acquis une sépulture où du reste elle repose elle aussi à ses côtés.

FARINELLII TOMBE

Comme il n’avait pas d’enfant, c’est Matteo Pisani, l’un de ses neveux,  qui fut nommé usufruitier de sa fortune à sa mort, laquelle était essentiellement constituée de tableaux , meubles, instruments de musique, partitions précieuses comme celles des Sonates de Scarlatti, somptueux cadeaux reçus durant sa carrière.

Malheureusement le neveu ne respectera pas la volonté de son oncle qui souhaitait que tout ce qui avait été attaché à sa vie, à sa carrière, et qui avait énormément d’importance pour lui soit préservé. Criblé de dettes, il vendra la villa en 1798, puis des tableaux. Le patrimoine fut éparpillé un peu partout dans le monde.

En 2006 Ses restes ont été exhumés à la demande d’un passionné d’opéra Alberto Bruschi pour des analyses effectuées par l’Université de Bologne et  visant à expliquer non seulement  les dons assez exceptionnels du chanteur, mais également la taille de sa bouche ou celle de sa cage thoracique. Une opération assez délicate compte tenu du fait qu’il y avait également auprès de lui, les ossements de sa petite nièce Carlotta.

Vidéo :  » Lascia ch’io pianga  » – Aria  ( Acte II ) extraite de l’opéra  » RINALDO  » de Georg Friedrich HAENDEL ( 1731 ) ( Images du film FARINELLI)

Arias : « O soave fanciulla » & « Quando m’en vo » … La Bohème de Giacomo PUCCINI

« Je ne connais personne qui ait décrit le Paris de cette époque aussi bien que Puccini dans La Bohème » Claude DEBUSSY ( Compositeur français )

 » La Bohème n’est pas la chronique d’un milieu comme celle de Murger, mais la représentation de la mémoire idéalisée. Puccini dut se nourrir de la nostalgie de sa propre vie de bohème, du temps où il était étudiant à Milan. Mais l’opéra dépasse le cadre autobiographique et vaut surtout comme évocation pure et simple de la jeunesse en elle-même et pour elle-même, c’est-à-dire l’heureux temps de la liberté totale, sans soucis et sans contraintes.  » Fedele D’AMICO ( Musicologue et critique musical italien )

(Vidéo : Acte I  » O soave fanciulla  » – Anna NETREBKO & Rolando VILLAZON – Accompagnés par le STAATSKAPELLE de DRESDE – Direction : Nicola LUISOTTI)

La Bohème est un opéra  composé entre 1892 et 1895, créé à Turin en 1896 – Les librettistes sont Giuseppe Giacosa et Luigi Illica. Ils se sont inspirés de la pièce de théâtre de l’écrivain français Henri Murger, Scènes de la vie de bohème,  laquelle avait été  présentée au Théâtre des Variétés de Paris en 1849. Elle donnera naissance à un roman, du même auteur, qui paraîtra en 1851.

PUCCINI et ses deux librettistes

Malgré la mésentente ambiante qu’il pouvait y avoir entre le compositeur et ses deux librettistes, tous trois auront l’intelligence de mettre de côté leurs désaccords pour rassembler efficacement leur talent ; ce qui aura un résultat positif et fructueux puisque trois œuvres lyriques superbes naîtront de leur collaboration : Tosca – Madame Butterfly et La Bohème.

Tout n’a pas été très rose en ce qui concerne les débuts de La Bohème car un autre compositeur, en l’occurrence Ruggero Leoncavallo, travaillait lui aussi sur le même sujet. Il avait d’ailleurs, au départ, suggéré à Puccini de collaborer ensemble à ce projet, mais ce dernier n’avait pas été très emballé. En conséquence de quoi, Leoncavallo décidera de se lancer seul sur cet opéra …. Mais quelques mois plus tard, le bruit vint à courir que Puccini était en train d’écrire un opéra s’y référant. Une nouvelle qui va attiser les foudres de Leoncavallo. Toutefois, et souhaitant, malgré tout, mener son projet à bien et ne pas le déprécier, il va laisser Puccini présenter son travail le premier.

La bohème de Puccini recevra un accueil mitigé à Turin en 1896. Elle fera l’objet de différentes représentations dans d’autres théâtres et un an plus tard, elle connaîtra un triomphe à Palerme. Celui de Leoncavallo sera créé à Venise en 1897. Le public se montrera assez enthousiaste. Mais les mémoires retiendront Puccini ! Son succès en  fera l’un des opéras le plus apprécié au monde.

(Vidéo : Acte II  » Quando m’en vo  » – Mirella FRENI / Accompagnée par l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE BERLIN – Direction Herbert V.KARAJAN)

L’action se situe dans le Paris bohème des années 1830 . Une histoire d’amour passionnel et  dramatique qui débute le soir de Noël entre le poète idéaliste Rodolfo et la petite ouvrière, cousette de son état, Mimi. Atteinte de phtisie, elle souhaitera mettre un terme à cette histoire, mais ne pouvant s’y résoudre, elle se rendra chez lui pour mourir dans ses bras. Un autre couple plus extraverti et amusant est à leurs côtés, c’est Marcello le peintre, et son ex-maîtresse Musetta.

C’est réellement une œuvre magnifique, mélange de rires et de larmes, parfaitement maîtrisée, émotionnellement forte, pour ne pas dire poignante, vocalement brillante, infiniment mélodieuse.

Castor et Pollux … Jean-Philippe RAMEAU

(Vidéo : Ouverture / Les ARTS FLORISSANTS sous la direction de William CHRISTIE )

Jean-Philippe Rameau (1683-1764) a été éduqué à la musique par son père, organiste . L’enseignement général qu’il a reçu, plus tard, dans un collège de Jésuites, lui a donné le goût du théâtre. Il a beaucoup composé, mais aussi rédigé de nombreux ouvrages théoriques concernant la musique . Bien qu’il fut tombé dans l’oubli durant près de deux siècles , c’est un compositeur qui aura une grande influence sur l’opéra, par la suite.

Il ne fut pas facile pour lui, au début, de se faire un nom à la Cour de France, parce que l’ombre de Lully planait, voire même hantait le monde lyrique. Les partisans de Lully le défendaient becs et ongles, et ceux de Rameau louaient ses compétences en affirmant que ce qu’il proposait était une musique « moderne » et d’avenir. Les deux clans en sont même arrivés aux mains.

Rameau réussira finalement à trouver sa place notamment en raison de son grand talent non seulement dans la composition de musiques lyriques mais aussi celles pour la danse et on sait combien cet art avait d’importance à la Cour.

Castor et Pollux fut écrit en 1737 et créé la même année à l’Académie Royale de Musique. Le livret est de Pierre-Joseph Bernard. Compositeur et librettiste ont fort bien su allier le vocal et le verbal.

Le tout est remarquablement inventif, bien équilibré, enthousiasmant dès l’Ouverture dite à la française, plein de légèreté, harmonieux, scintillant, délicat, émotionnel, subtil j’oserai presque dire parfait tant il est remarquable . La version de 1737 recevra pourtant un accueil mitigé. Poussé par l’Académie royale de Musique, Rameau est contraint à la révision. Cela se fera en 1754. Il retire le Prologue, modifie, corrige Il y aura une autre version en 1754 et là, ce sera un véritable triomphe !

Ce succès d’autrefois qui comptera 324 représentations, va perdurer de nos jours car c’est un opéra très apprécié du public.

(Vidéo : Véronique GENS (Soprano) –  » Tristes apprêts  » Acte III Scène I / Elle est accompagnée par Christophe ROUSSET à la directon de l’Ensemble LES TALENS LYRIQUES)