L’Opéra …

 » L’opéra, c’est le domaine de l’émotion pure. Quand la passion, le chagrin, la souffrance, la folie atteignent un tel degré de saturation que les mots deviennent impuissants à les exprimer, que seul le chant y parvient, cela dépasse les limites de l’entendement, de la logique : c’est indescriptible !  » Bernard MINIER (Écrivain français / Extrait de son livre N’éteins pas la lumière/2014)

Illustration photos-collage de Silvia HOKKE

Orphée et Eurydice … Christoph Willibald GLUCK

Christoph Willibald GLUCK – Un tableau de Joseph Sifred DUPLESSIS- « Proclamer la musique un art limité « . Gluck, avant tout, a fait allusion à la possibilité de traduire précisément ce que son esprit était en termes précis. Donc, ce musicien s’est plutôt confié aux façons de la poésie, de la peinture. C’était à l’abri d’une grave menace pour les vertus inexprimables de son art, parce que jusqu’à son époque, la musique ne pouvait être exprimée que dans des accents si nobles qui, sans préjudice du contenu, représentaient déjà une évolution d’eux-mêmes, une amélioration spirituelle » Giulio CONFALONIERI ( Écrivain, compositeur et critique musical italien)
(Vidéo : Ouverture Orphée et Eurydice – Christoph W.GLUCK – Interprétée par Sir John Eliot GARDINER à la directon de l’Ensemble THE ENGLISH BAROQUE SOLOISTS )

Magnifique oeuvre lyrique, virtuose, éloquente, difficile, qui se classe parmi les plus importantes du XVIIIe siècle. Après Jacopo Péri, Giulio Caccini et Monteverdi ( entre 1600 et 1607), Gluck reprend le mythe du héros de la mythologie grecque : Orphée. Véritable chef-d’oeuvre opératique composé en 1762 et créé à Vienne la même année. Le livret est du poète italien Raniero de Calzabigi.

L’histoire est celle d’Orphée désespéré par la mort de son épouse la dryade Eurydice. Ses chants traduisent son infinie tristesse et touchent le dieu des Enfers, Hadès. Ce dernier lui permet de la ramener dans le monde des vivants. Une seule condition : attendrir les gardiens des portes de l’enfer avec sa musique et ne jamais se retourner vers celle qu’il aime lorsqu’ils seront sur le chemin du retour. Malheureusement, il la regardera et elle va mourir à nouveau.

Gluck choisira plutôt une fin heureuse à son opéra à savoir que leur amour et les chants d’Orphée calmeront, séduiront, enchanteront les gardiens et ils  redonneront vie à Eurydice.

Le rôle d’Orphée sera confié à un castrat très célèbre : Gaetano Guadagni.

Il reviendra sur sa partition en 1774 pour une version française, avec ballet, à l’occasion des quatre ans de mariage de Marie-Antoinette avec Louis XVI. Ce sera un tel triomphe qu’il se verra allouer une pension par la reine. Le livret sera alors confié à Pierre Louis Monline qui aura la lourde tâche de respecter la pensée profonde de Calzabigi. Cette fois, le rôle d’Orphée sera repris par un ténor : Joseph Legros, avec, toutefois, un hommage rendu à Guadagni, qui l’avait créé lors de la première à Vienne.

( Vidéo :   » J’ai perdu mon Eurydice  » Version par un ténor : Juan Diego FLOREZ )

La musique est très novatrice pour l’époque. Gluck a tenu à rendre possible un bel équilibre entre elle, la voix et le drame. Elle se tient , en effet, au cœur même du drame, le sert parfaitement bien, expressive, lumineuse et d’une grande beauté. Il y a l’expression de la douleur, la passion, le désespoir, la stupeur, et l’amour dans cet opéra. Les arias sont sublimes , les chœurs sont impressionnants et superbes

Par ailleurs, c’est le premier  dans lequel Gluck mettait la musique non plus au service unique de la virtuosité vocale , mais à celui de la poésie.

Un moment très prenant, émouvant et d’une grande douceur est à retenir dans l’acte II :  » la mélodie d’Orphée  » lorsque ce dernier demande aux esprits de le laisser entrer dans la vallée des bienheureux et lui rendre son épouse défunte. Cette plainte va les émouvoir et les faire danser.

(Vidéo :  » La mélodie d’Orphée  » interprétée par Renaud CAPUÇON au violon – Jérôme DUCROS au piano)

Les Castrats …

Vidéo :  » Vedro col mio diletto  » RV 717 – Antonio VIVALDI – Extrait de son opéra  » IL GIUSTINO  » en 1724 – Philippe JAROUSSKY accompagné par Jean-Christophe SPINOSI et l’ENSEMBLE MATHEUS

Au XVIe siècle, les femmes étaient interdites pour chanter dans le choeur des églises. C’étaient les hommes qui étaient appelés pour cet exercice vocal. Toutefois, il fallait des tessitures très aigües, les plus agiles possible s’apparentant au mieux à celles des femmes. Cela devenait très difficile de trouver les bonnes personnes, qui plus est de sexe masculin, avec une voix cristalline mais puissante malgré tout.

La castration en Italie  se fera au milieu du XVIe siècle. Elle fut même autorisée à Rome par le pape , afin  » d’honorer, par le chant, la gloire divine  » ! Avoir des voix qui puissent convaincre les âmes des mérites de la conversion.

Pour ce faire, on va castrer des jeunes garçons, avant leur puberté, à savoir entre 8 et 12 ans, en leur faisant l’ablation des testicules ( pas du pénis ) , ce qui empêchera donc la sécrétion de testostérone. La castration bloque alors la mue, le larynx ne s’étire plus, le cartilage thyroïdien devient plus dur, la voix conserve les aigüs de l’enfance et en plus, elle monte en puissance lorsque la cage thoracique masculine s’amplifie avec l’âge.

Ladite castration n’était pas sans risque car il pouvait y avoir des infections, des hémorragies ; c’était un acte non seulement douloureux, mais qui entraînait l’ impossibilité de procréer. De plus, il n’était pas certain à 100/100 % que la voix reste telle qu’elle était après castration : il y a eu des cas, en effet,  où elle n’a pas tenu et où, malheureusement, elle avait complètement disparue.

Toutefois, il est à noter que cette castration n’empêchait pas d’avoir des relations sexuelles, tout simplement parce qu’elle ne bloquait en aucun cas l’émission de sperme, lequel bien entendu était dépourvu de spermatozoïdes . Les castrats ont eu de nombreuses maîtresses attirées par leur voix mais aussi par l’ambiguïté de leur personne. En effet, leur côté androgyne et asexué plaisait beaucoup aux femmes, mais elles entraînaient des attirances amoureuses chez les hommes aussi.

Les castrats avaient beaucoup du succès, mais par contre ils ne pouvaient pas se marier, étaient privés de tous leurs droits civiques, on les refusait dans certaines professions et si beaucoup d’entre eux ont gagné de l’argent, d’autres, en revanche, ont fini très pauvres .

Le but recherché fut l’obtention de voix  » hors normes « , aériennes, célestes. Dans la plupart des cas, c’étaient les familles de paysans qui souhaitaient faire castrer leurs garçons quand ils s’apercevaient qu’ils étaient dotés d’une belle voix ; tout simplement parce qu’ils voyaient là une possibilité d’échapper  à des conditions de vie difficile, compte tenu du fait qu’ils recevaient une somme d’argent non négligeable.

On rencontrait ce phénomène à Rome, mais Naples sera la ville d’Italie reconnue pour l’expansion du phénomène castrat, probablement en raison du fait qu’à l’époque, l’activité musicale là-bas connaissait un gros essor, les conservatoires de musique étaient nombreux, et les salles de théâtre, donnant dans le lyrique, se multipliaient.

On peut réellement affirmer  que Naples s’est spécialisée dans la  » fabrication  » de ces fameux  » musici  » ( castrats ). On a recensé entre  3000 et 4000 enfants castrés chaque année dans cette ville durant un siècle ! Pour autant,  il n’y en a pas beaucoup , par rapport à ces chiffres, qui réussiront ou auront du succès, voire même avoir une carrière comme certains ont pu l’avoir .

Ils étaient très demandés en Italie, mais dans toute l’Europe également que ce soit dans les églises, les  théâtres lyriques ou à la Cour des rois et des princes. Les compositeurs célèbres les recherchaient beaucoup pour leurs opéras, mais aussi pour accompagner la partie vocale des ballets. Les castrats avaient droit à leur propre solo.

A la fin du XVIIIe siècle en France, la révolution française et les philosophes avec à leur tête Jean-Jacques Rousseau, trouveront l’acte castratif vraiment honteux et cruel . Napoléon, lui, fera interdire la castration et en 1878 un décret papal bannira cet acte.

Un jour l’histoire des castrats prendra donc  fin … Mais on gardera le fantasme de ces voix. Désormais celles des contre-ténors surtout  (altistes ou sopranos colorature aussi quelquefois)   sont là pour nous les rappeler . Cela se produira au milieu du XXe siècle avec les voix magnifiques d’Alfred Deller ou de Russel Oberlin par exemple qui reprendront des arias de ce répertoire baroque . Plus proches de notre époque on note Andreas Scholl, David Daniels, Russell Oberlin, Jochen Kowalski, Philippe Jaroussky ou Max Emanuel Cenci pour ne citer qu’eux.

Vidéo : Cara Sposa – David DANIELS – Aria extraite de l’opéra Rinaldo de Georg Friedrich HAENDEL en 1711
Vidéo ;  » No, non vedete mai  » extrait de l’opéra de Leonardo LEO «  Siface  » – Max Emanuel CENCIC – Accompagné par l’Ensemble IL POMO D’ORO sous la direction de Maxim EMELYANYCHEV
Vidéo : « Ombra mai fu  » extrait de l’opéra » SERSE  » de George Friedrich HAENDEL – Andreas SCHOLL accompagné par l’Ensemble AKADEMIC FÜR ALTE MUSIK BERLIN

De grands castrats italiens ont traversé l’histoire comme Nicolo Grimaldi  (créateur de Rinaldo de Haendel ) dit Nicolini , Giovanni Carestini, Domenico Annibali dit Domenichino, Gaetano Majorano dit Caffarelli, Felice Salimbeni ( qui fut le fantasme de Casanova ) , Gaetano Guadagni ( le premier qui a créé l’Orfeo de Gluck) etc etc … J’en passe et des meilleurs, et dans cette dernière catégorie il y en eut un qui est véritablement resté dans les mémoires, qui a eu le public   à ses pieds , qui fut, pourrait-on dire, une véritable star à son époque, adulé par toutes et tous et qui a gagné beaucoup d’argent :  Carlo Broschi dit Farinelli.

Au contraire des autres castrats, il n’a pas eu à passer par le traditionnel répertoire religieux parce que , très vite, sa solide réputation et son grand talent, lui ont ouvert les portes du succès, lui permettant de pouvoir se produire uniquement dans un répertoire lyrique.

Il était doté d’une technique incroyable, sa beauté tonale a fait sa légende. Il paraîtrait qu’il avait un don particulier pour embellir tout ce qu’il chantait. Sa voix avait de la longueur et une certaine agilité ce qui lui permettaient de faire des vocalises superbes.De plus elle était capable d’englober trois tessitures : celle de soprano, mezzo et baryton. Ce qui était extrêmement rare.

Arias : « Pupille Amate » & In un instante parto m’affreto … Lucio Silla de W.Amadeus MOZART …

Vidéo : Pupille amata non lagrimate Acte III – Cecilia BARTOLI, accompagnée par Nikolaus HARNONCOURT

Ces deux arias font partie de l’opéra Lucio Silla de Mozart. Une commande du Théâtre Regio Ducale de Milan. Il fut créé en 1772. Le livret est de Giovanni de Gamerra. C’est la dernière œuvre lyrique que Mozart composera pour l’Italie.

Un opéra très expressif, dramatique, profond, étonnant, avec des arias de bravoure brillantes, fougueuses, virtuoses tout spécialement pensées et écrites pour la soprano Anna de Amicis et le castrat Venanzo Rauzzini .

Une histoire de passion amoureuse, de cynisme politique, sur fond d’émotions intenses et une fin heureuse.

Vidéo : « In un instante … parto m’affretto  » Acte II – Diana DAMRAU accompagnée par LE CERCLE DE L.HARMONIE direction : Jérémie RHORER

La Rosa y el Sauce …

Video : Anna NETREBKO au vocal – Accompagnée par l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE PRAGUE dirigé par Emmanuel VUILLAUME

Cette chanson fait partie des airs que l’on entend une fois et que l’on oublie pas. Une page célèbre écrite en 1942, au départ pour voix(généralement lyrique)et piano par le compositeur argentin Carlo Guastavino sur un texte de Fernan Silva y Valdes.

« La rose fleurissait dans les bras d’un saule.

L’arbre passionné l’aimant tant !

Mais une petite fille coquine l’a volée

Le saule la pleure et son cœur est brisé ….  »

Aria :  » Il dolce suono  » – Acte III Lucia di Lammermoor …

Cette merveilleuse aria fait partie de l’acte III de l’opéra Lucia di Lamermoor composé, en six semaines à peine, en 1835 par Gaetano Donizetti. Le livret signe la rencontre importante et capitale avec le librettiste Salvatore Cammarano, probablement pas aussi lettré ou stylé que n’avait pu l’être Felice Romani, mais un homme de théâtre qui connaissait parfaitement le monde de l’opéra. Le livret de Lucia est considéré comme l’un des meilleurs.

A la demande de Donizetti, Cammarano va s’inspirer de la Fiancée de Lammermoor de Sir Walter Scott (1819) et d’une tragédie tirée du roman de Victor Ducange qui fut préalablement mis en musique plusieurs fois. Une histoire basée à l’origine sur un fait divers authentique qui s’était déroulé en Ecosse au XVIIe siècle.

Lucia est vraiment le chef-d’œuvre romantique et tragique de Donizetti. Les arias sont absolument bouleversantes, les duos superbes, les ensembles magnifiques. Il y a du drame, de l’énergie, de la vigueur, de l’émotion, une grande richesse orchestrale, de la virtuosité vocale. Il fera de Donizetti le compositeur le plus joué de son temps et obtiendra un immense succès le soir de la première au San Carlo de Naples.

L’opéra sera traduit en français en 1839 par Alphonse Royer et Gustave Raez. De nos jours encore, il est très apprécié.

Vidéo : Inva MULA interprète Il dolce suono

Aria :  » L’amour est un oiseau rebelle  » (Acte I Carmen) … Georges BIZET

Vidéo : Anna Caterina ANTONACCI

 » L’amour est enfant de bohème, il n’a jamais, jamais connu de loi. Si tu ne m’aimes pas je t’aime, et si je t’aime prends garde à toi … »

Carmen est née de la plume de l’écrivain français Prosper Mérimée. La passionnante et tragique histoire de Carmen, ce personnage sulfureux, mythe de la petite gitane sauvage, image de la liberté féminine qui trouble l’ordre public, est devenue extrêmement populaire grâce au chef-d’œuvre de Georges Bizet. A partir de là, cette héroïne rebelle, empruntée à l’Espagne des gitans et des toreros, a continuellement exercé une grande fascination dans le monde de l’art.

 » Eh bien cette fois j’ai écrit une œuvre qui est toute clarté et vivacité, pleine de couleurs et de mélodies » écrira Georges Bizet. Il s’adressait aux critiques qui l’avaient souvent accusé, dans le passé, d’être un peu trop sombre et compliqué dans ce qu’il proposait.

Bizet fut un pianiste virtuose, Ier prix de Rome en 1857, grand musicien, génie dramatique, compositeur efficace et original avec une belle subtilité rythmique mélodique, harmonique, et un style orchestral qui reste l’un des plus riches et raffinés de son temps.

Carmen fut son œuvre majeure. Créée en 1875 à l’Opéra comique de Paris. Le livret est de Henri Meilhac et Octave Halévy d’après Prosper Mérimée. Ce sera un véritable fiasco le soir de la première parce que le sujet va choquer un public bien trop conventionnel à l’époque. Certains crieront au scandale et après 48 représentations, on y mettra fin.

Huit ans plus tard, Carmen sera reprise et ovationnée pour son exotisme, son charme sensuel, le côté sauvage de l’héroïne, la force des personnages, la richesse orchestrale de la musique, les arias ( telles celle-ci ) incroyablement superbes notamment celles de ce personnage volage, passionnée qui enflamme la scène, cet  » oiseau rebelle  » qui charmera avec cet sublime aria.

Malheureusement, Bizet n’assistera pas à ce triomphe tardif puisqu’il va mourir tragiquement et brutalement d’une complication cardiaque à Bougival en 1875.

Il est souvent écrit Habanera tout à côté du titre de cette Aria. Tout simplement en référence à une danse cubaine appréciée en Europe au XIXe siècle.

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Duo de chambre N.1 Op.8 :  » Chi d’amor tra le catene  » … Giovanni BONONCINI

( Vidéo : Duo interprété par Philippe JAROUSSKY (Contre-Ténor) & Emanuel CENCIC (Contre-Ténor) – Ils sont accompagnés par William CHRISTIE à la direction de l’Ensemble Les ARTS FLORISSANTS )

Giovanni Bononcini est un violoncelliste et compositeur italien de l’époque baroque. Il est né à Modène en 1670. Après des études musicales à Bologne, il deviendra membre de l’Académia Filarmonica, maître de chapelle à San Giovanni in Monte et compositeur de Cour. Il voyagera beaucoup, ses opéras, musiques de Chambre, messes, sinfonie, oratorios, cantates et autres  vont avoir énormément de succès et lui apporteront une solide réputation dans toute l’Europe.

Il sera appelé à Londres pour travailler comme directeur du King’s Theatre et compositeur de la Royal Academy dirigée par Haendel. Bon nombre de ses œuvres lyriques furent jouées dans la capitale anglaise et obtiendront un énorme succès, ce qui finira, bien qu’ils restèrent collègues, par amener des tensions et une rivalité certaine avec Haendel.  Il quittera définitivement l’Angleterre  pour se rendre à Paris , Lisbonne et Vienne.

Où qu’il aille, son talent et la beauté de ses partitions seront récompensés par le triomphe que lui fera le public…. Et pourtant un jour il tombera dans l’oubli.  Il est mort à Vienne en 1747.

Ce sublime et poignant duo de Chambre date de 1691 et il fait partie des duos baroques qui sont très rarement interprétés . William Christie a eu l’excellente idée de réunir les voix superbes de ces deux contre-ténors pour nous en offrir quelques-uns de différents compositeurs, dont celui-ci.

 

Maria CALLAS …

» Le jour où mes prétendues rivales chanteront ce que je chante, travailleront comme je travaille, se sacrifieront comme je me sacrifie, apporteront ce que j’apporte à l’histoire de l’art, je pourrai alors les considérer comme des rivales. Mais vous voyez je n’ai pas de rivales. Je n’en ai pas une seule grâce à Dieu pour moi et malheureusement pour l’art !! On m’accuse de vouloir faire tout. Il ne s’agit pas de vouloir tout faire. J’accomplis mon devoir. Ma seule arme est d’avoir la santé, un art parfait, et la capacité de la prouver. » Maria CALLAS( Cantatrice grecque)

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Maria CALLAS ( 1923/1977 )

Aria : Casta Diva … Vincenzo BELLINI

(Vidéo : Maria CALLAS – Elle est accompagnée par l’ORCHESTRE DE LA SCALA de MILAN – Direction Tulio SERAFIN )

Casta Diva est une aria ( Acte I )  de l’opéra Norma écrit par  Vincenzo Bellini qui fut créé en 1831 à la Scala de Milan –  Le livret est de Felice Romani.

Probablement l’un des plus beaux opéras de ce compositeur, bouleversant, dramatique, poignant, qui n’aura absolument pas de succès lors de la première , mais connaîtra le triomphe au fil des années qui suivront.

Norma demande de beaucoup d’exigence vocale à celle qui tient le rôle principal , notamment notamment au niveau de la puissance, et de la virtuosité, mais également des talents de tragédienne. Maria Callas fut dotée de toutes ces qualités, ce qui amena l’un de ses partenaires à dire un jour  » Dans une vie on peut voir beaucoup de grandes choses au théâtre, mais voir Maria Callas dans Norma, que peut-il y avoir de comparable « . En cela il avait totalement raison, comme dans beaucoup d’autres œuvres lyriques, elle est inoubliable dans celle-ci !