Aria :  » O quante volte  » … Vincenzo BELLINI

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Cette aria est issue du Ier acte/4e scène de l’opéra de Vincenzo Bellini Les Capulet et les Montaigu, qui fut créé en 1830 à la Fenice de Venise puis en version française trois ans plus tard au Théâtre Italien de Paris.

Le livret est de Felice Romani d’après une Nouvelle de Matteo Bandello datant du XVIe siècle et une pièce de théâtre de Luigi Scola en 1818. Bien que l’histoire soit celle de Romeo et Juliette, cette œuvre lyrique, au demeurant passionnante, intensément dramatique et puissante, n’est absolument pas une version musicale de la pièce de Shakespeare.

A cette époque Bellini se remettait doucement de l’échec de son dernier opéra Zaïra qui avait été créé un an plus tôt à Parme. La Fenice, à Venise,  le pressait d’écrire un nouvel ouvrage et lui souhaitait vivement pouvoir reconquérir le public. Donc il va utiliser une méthode qui se faisait couramment à l’époque à savoir reprendre des éléments d’autres de ses pièces et notamment, dans ce cas, ceux provenant de Zaïra.

C’est ainsi qu’cette sublime aria proposée ce jour, faisait partie de son premier opéra Adelson et Salvini en 1825. En un peu plus d’un mois, l’opéra était prêt pour la Fenice.

( Vidéo : Au vocal : Natalie DESSAY / Accompagnement musical par l’ensemble CONCERTO KÖLN dirigé par Evelino PIDO )

Greensleeves …

(Vidéo : Patricia PETIBON (Soprano Colorature) – Accompagnement et arrangement par l’Ensemble LA CENTRA BAROCKORCHESTRER BASEL – Direction : Andrea MARCON)

Greensleeves est une délicieuse vieille ballade anglaise datant du XVIe siècle. Nul ne sait réellement qui en est l’auteur. La légende dit qu’elle aurait été écrite par  (ou à la demande de ) Henri VIII pour Anne Boleyn lorsqu’elle était sa maîtresse.

Toujours est-il que son inspiration musicale fait beaucoup penser à des danses de Cour de la Renaissance en Italie comme le Passamezzo.

Vocale au départ, elle a, néanmoins, fait l’objet de très nombreuses et différentes versions instrumentales depuis des siècles.

 

Aria :  » Vedro col mio diletto  » … Il Giustino RV 717 Antonio VIVALDI

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 » La voix de contre-ténor attise les passions. Elle a ses fans et ses détracteur et chaque auditeur peut avoir ses préférences. Mais elle est beaucoup variée qu’on ne le pense souvent. Elle offre des timbres très différents. Elle est très difficile parce qu’elle ne correspond pas à la voix parlée. Le naturel est donc plus difficile à obtenir. L’universalité du chant se trouve dans la simplicité. Si c’est ce qui a pu permettre à la voix de contre-ténor de devenir une voix à part entière, tant mieux !  » Philippe JAROUSSKY (Contre-ténor français)

( Vidéo : Philippe JAROUSSKY (Contre-ténor)accompagné par l’ENSEMBLE MATHEUS dirigé par Jean-Christophe SPINOSI )

Cette aria est un véritable moment de bonheur, d’émotion, de tendresse, d’humanité et d’amour également puisque elle est interprétée par l’empereur Anastasio lorsqu’il part à la bataille et s’adresse à son épouse.

Elle est extraite de l’opéra Il Giustino d’Antonio Vivaldi,  écrit en 1724.  Une œuvre lyrique qui confirme,  si besoin était, tout le talent de dramaturge de ce compositeur.

Le livret, conservé à la Bibliothèque Nationale de Turin, est de Nicolo Beregan. Avant qu’il ne soit retenu par Vivaldi, il a été utilisé une première fois en 1683 pour l’opéra de Giovanni Legrenzi, puis il sera revu, retouché, re-travaillé,  à nouveau, en 1703 et 1711 pour des œuvres lyriques  de Scarlatti et Tommaso Albinoni .

Aria :  » Se pietà di me non senti  » … Giulio Cesare / HAËNDEL

Dans cette catégorie destinée à l’art lyrique, j’ai eu envie  de vous faire écouter  les plus belles arias et duos  de l’opéra, mais aussi de donner la parole à celles et ceux qui les interprètent.

Kozena desempolva las arias de Vivaldi para bruñirlas con su voz ...
Magdalena KOZENA

» Je veux que ma voix soit aussi naturelle que possible. le chant est très proche de la parole et je veux être capable de dire quelque chose en chantant. Certains veulent impressionner lorsqu’ils chantent,  faire sentir que ce qu’ils font c’est difficile . Personnellement, je préfère qu’en m’écoutant, les gens pensent que ce peut être facile, et, qu’ils pourraient presque en faire autant  » – Magdalena KOZENA (Mezzo-soprano tchèque)

( Video : Magdalena KOZENA / Les MUSICIENS DU LOUVRE – Direction Marc MINKOWSKI)

 » Se pietà di me non senti  » est une aria de l’acte II du drame lyrique Giulio Cesare, quintessence de l’opéra séria ! Il fut composé par Georg Friedrich Haëndel en 1724 – Le livret est de Nicola Francesco Haym. Il est  très joué mais fort apprécié de nos jours, un succès qui était déjà au rendez-vous à l’époque puisqu’il a été à l’affiche durant 13 saisons.

Ständchen (Sérénade) D.957… Franz SCHUBERT

 

(Vidéo : Ständchen par Barbara HENDRICKS ( vocal ) – Radu LUPU ( piano )

Cette très belle pièce est extraite de son recueil Le chant du cygne  ( nom donné par son éditeur lors de la parution à titre posthume  lequel se compose de quatorze lieder basés sur des textes de différents poètes ou écrivains allemands.

En les écoutant on passe de la joie à la mélancolie, d’un côté sombre à la lumière, de la sérénité à un esprit tourmenté, mais quels qu’ils soient, c’est absolument magnifique.

Celui-ci, plein de profondeur, tendresse et de nostalgie, est le chant d’un amoureux à sa bien-aimée. Le texte est de Ludwig Rellstab ( poète, critique musical et écrivain allemand ) :

 » Doucement mes chants t’implorent
à travers la nuit ;
En bas, dans le calme bosquet,
mignonne, rejoins-moi !
Chuchotant, les cimes élancées chantent
dans la lumière de la lune ;
Le guet malveillant du perfide,
Belle, ne le crains pas.
Entends-tu le battement d’aile des rossignols ?
Ah ! Ils t’implorent,
d’un doux air plaintif,
ils t’implorent pour moi.
Ils comprennent le cœur alangui,
connaissent la peine d’amour,
ils touchent de leurs voix d’argent
celui au cœur tendre.
laisse aussi ton cœur s’attendrir …  »

 

Alcina … Georg Friedrich HAËNDEL

HAENDEL OPERA GARNIER
Sculpture de Georg Friedrich HAËNDEL réalisée par Jean-Jules SALMSON ( celle-ci se trouve à l’Opéra Garnier)

«  Haëndel est le maître infini de tous les maîtres. Allez et apprenez avec lui comment réaliser de grands effets avec de simples moyens. C’est le plus grand compositeur qui ait jamais vécu. Je découvre ma tête et me mets à genoux sur sa tombe. » Ludwig V.BEETHOVEN (Compositeur allemand)

(Vidéo : Ouverture-Prélude – John Eliot GARDINER à la direction de l’Ensemble ENGLISH BAROQUE SOLOISTS )

Parmi les œuvres magnifiques de Haëndel, il y a Alcina, un de ses plus gros succès opératiques, écrit en 1735 et créé la même année au Covent Garden de Londres.

Le livret a différentes sources d’inspiration : Alcina deluso da Ruggiero  écrit par Antonio Marchi en 1725 pour un opéra de Tomaso Albinoni ; livret repris et remanié en 1728 par Antonio Fanzaglia pour l’Isola d’Alcina,  un opéra de Riccardo Broschi en 1728.

C’est une histoire d’amour passion dans un monde enchanté, délicieusement ensorcelant. Une œuvre inventive, expressive, particulièrement bien réussie, avec de sublimes arias.

Cet opéra a connu quelques problèmes lors de sa création : le castrat Giovanni Carestini ne voulait absolument pas interpréter l’aria principale prétextant que sa voix ne s’y prêtait absolument pas ! Quant à l’étoile de la danse , Marie Sallé, elle trouvait que le costume de Cupidon, qu’elle devait porter, ne la mettait absolument pas en valeur lorsqu’elle dansait et préféra apparaître dans une toute autre tenue qui ne sera absolument pas du goût de tout le monde.

Haëndel réussira, malgré tout, à calmer tout ce petit monde capricieux et l’œuvre obtiendra un triomphe. Un jour, elle tombera dans l’oubli ….. et renaîtra de ses cendres en 1928 à Leipzig. Elle ne connaîtra, toutefois, réellement le succès qu’en 1957 lors de la merveilleuse interprétation de la soprano australienne Joan Sutherland.

(Vidéo : Ah mio cor, schernito sei  / Acte II . Joan SUTHERLAND accompagnée par l’Ensemble CAPPELLA COLONIENSIS sous la direction de Ferdinand LEITNER )

Les Indes Galantes … Jean-Philippe RAMEAU

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Buste de Jean-Philippe RAMEAU réalisée par Jean-Jacques CAFFIERI en 1760 – Il s’agit d’une terre cuite qui se trouve au musée des Beaux-Arts de Dijon (France) 

(Vidéo : Jordi SAVALL à la direction de l’Ensemble Le CONCERT DES NATIONS)

Les Indes Galantes est une oeuvre qui fut créée en 1735 à l’Académie royale de musique. Le livret est du poète, chansonnier et goguetier  français Louis Fuzelier. On peut dire qu’elle représente l’excellence dans le genre  » opéra-ballet « .

Elle se compose d’un prologue et quatre Entrées ( drames lyriques)   : le Turc généreux – Les Incas du Pérou – Les fleurs de Fête persane – Les Sauvages, toutes différentes, indépendantes, réunies par l’amour, le voyage, l’exotisme.  Chacune a  sa musique, révélatrice du grand talent déployé par Rameau.

C’est un véritable petit trésor enchanteur, irrésistible, insouciant, raffiné, festif, avec une belle richesse de couleurs orchestrales , harmoniquement inventif, et qui ne manque pas de délicatesse. Il a beaucoup plu au roi et à la Cour et a fait l’objet de 320 représentations entre 1735 et 1773.

( Vidéo : Rondeau  » Les Sauvages «  (4e Entrée) – Il s’agit là de la cérémonie du calumet de la paix qui scelle l’union de Zima et Adario, ainsi que la réconciliation entre les Indiens dits les Sauvages et les Européens // Madali LÉGER (Soprano) – Laurent NAOURI (Baryton-Basse) accompagnés par Marc MINKOWSKI à la direction de l’ensemble LES MUSICIENS DU LOUVRE)

Acis & Galatée … d’OVIDE à LULLY

Acis et Galatée statue
«  Acis et Galatée avec Polyphème  » – Fontaine Médicis / Jardin du Luxembourg à Paris – A l’origine c’était une grotte-portique commandée par la reine Marie de Médicis à l’intendant général des eaux et fontaines de Paris, sous le règne de Henri IV : Tommaso Francini(Thomas Francine en français) un architecte florentin. Elle souhaitait avoir quelque chose qui puisse lui rappeler les jardins de Boboli de Florence. Le groupe, sculpté de trois personnages, fut l’œuvre de l’architecte français Auguste Ottin lors de la restauration du lieu en 1852. La fontaine, quant à elle, fur réalisée en 1862 par Alphonse de Gisors.

 » La légende d’Acis et Galatée prend place dans le livre XIII des Métamorphoses d’Ovide aux vers 792/900. Acis, bel adolescent de seize ans, fils du dieu Faunus et de la nymphe Simaethis, et Galatée, fille du dieu Nérée et de la nymphe Doris, s’aiment d’un amour réciproque. Mais le cyclope Polyphème, géant monstrueux et sauvage, fils de Poséidon et de la nymphe Toossa, s’est violemment épris de Galatée et la recherche sans cesse. Un jour qu’elle se trouve en compagnie d’Acis à l’abri d’un rocher, Polyphème, du haut de la montagne, après avoir joué de la flûte de Pan, fait entendre un long discours de séduction à destination de l’insensible jeune fille. Il y chante la beauté farouche de Galatée, énumère tous les présents qui lui reviendraient si elle consentait à l’aimer, toute sa propre beauté, et lance de terrible menaces envers son rival. A la fin du discours, alors qu’il s’était mis à arpenter avec fureur les forêts, Polyphème aperçoit soudain le couple d’amants. Ses cris furieux font fuir Galatée qui plonge dans l’eau voisine. Acis fuit lui aussi, mais Polyphème le poursuit et lance sur lui un énorme rocher qui l’écrase totalement. Galatée obtient du destin la métamorphose d’Acis : le sang qui s’écoulait du dessus du rocher, se transforma en un fleuve qui prendra son nom. » Marcel DITCHE (Professeur de Lettres, membre de la commission nationale du concours de l’agrégation de Lettres modernes, spécialiste en littérature – Extrait de Eros noir dans la légende d’Acis et Galatée/Ovide les Métamorphoses XIII-722/900 publié en 2015 dans la revue Silène.)

 

 

Acis et Galatée, chef-d’œuvre remarquable de Lully, opéra sous forme de pastorale héroïque, fut créé au château d’Anet, dans la galerie de Diane, en 1686, puis plus tard au Palais Royal. Compte tenu que Quinault, le librettiste favori de Lully, était gravement malade et que leur collaboration s’était donc arrêtée, le duc de Vendôme va choisir un auteur dramatique de l’époque : Jean Galbert de Campistron. Ce dernier s’inspirera des Métamorphoses d’Ovide

(Vidéo : Ouverture/Prologue – Les MUSICIENS DU LOUVRE – Direction Marc MINKOWSKI)

C’est un opéra vraiment éclatant, intense, inventif, audacieux, génial, irrésistible, merveilleux,  comme a su l’être, du reste, ce compositeur. Il fut dédié au Dauphin (le prologue a été composé à son intention)  et obtiendra un énorme succès lors de sa création. Sa légèreté du départ n’est qu’une apparence, car il va devenir beaucoup dramatique par la suite.Les arias et récitatifs sont magnifiques tout comme le sont les ensembles et les chœurs. La Passacaille de l’acte III , représentante de l’amour sublimé idéalisé, est tout simplement incroyable.

( Vidéo : Passacaille Acte III  » Sous les lois l’amour veut qu’on jouisse  »  – Mireille DELUNSCH (Soprano) – Monique SIMON (Mezzo-soprano) – Chœur et musiciens Les MUSICIENS DU LOUVRE – Direction Marc MINKOWSKI

Oublié avec les siècles passant, il sera ressuscité en 1930 à Amsterdam  par le musicien et chef français Pierre Monteux. Lors des célébrations du tri-centenaire de la naissance de Lully, il réapparaîtra parmi d’autres œuvres, mais une fois les festivités terminées, on ne peut pas réellement dire qu’il reviendra sur le devant de la scène, jusqu’au jour où Marc Minkowski, à la direction des Musiciens du Louvre, nous permet de redécouvrir à nouveau cet opéra fascinant, et ce  pour notre plus grand bonheur;

Opéra & musique à Venise au XVIIIe siècle …

MUSIQUE le concert entre amis Pietro Longhi
 » La musique entre amis  » 1741 –  Pietro LONGHI
Opéra répétition d'opéra marco RICCI
 » Une répétition d’opéra  » Marco RICCI

 » On a peine à imaginer aujourd’hui ce que fut la vie musicale à Venise tout au long du XVIIIe siècle. Combien l’éblouissante cité des Doges, même brûlante des derniers feux de sa République déclinante, pouvait transpirer l’art mélodique par toute ses pierres. Lors de son séjour vénitien en 1739, Charles de Brosses s’étonne de l’affolement de la nation pour cet art inconcevable … Dans les casini, chaque soirée de divertissement se déroule sur fond de danse et de concerts improvisés. L’excellence de l’éducation musicale des ospedali est admirée par toute l’Europe. Enfin, les ruelles et les canaux bruissent de la ligne virtuose de quelque instrument échappé de la fenêtre ouverte d’un palazzo, et des chansons des gondoliers. Ces derniers incarnent à leur manière le passé populaire de la poésie lyrique en musique qui se perpétue depuis le XVe siècle, la justiniana. Les gondoliers sont aussi les premiers supporteurs d’un opéra vénitien dont ils grossissent les parterres, tandis que l’aristocratie se réserve les loges louées à l’année.

En ces temps de déclin économique, l’opéra est encore une réjouissance très prisée, attisée par la rivalité des riches familles qui se disputent théâtres et compositeurs, y compris ceux venus de l’étranger. C’est ainsi que Georg Friedrich Haendel y crée, en 1709, son Agrippina sur un livret de Vincenzo Grimani, membre de la toute puissante famille du même nom.

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(Vidéo : Interprétation par l’AKADEMIE FÜR ALTE MUSIK de BERLIN – Direction René JACOBS )

On estime à 1200 les créations données à Venise au cours du XVIIIe siècle. Au début du siècle, la ville compte une quinzaine de salles dédiées à l’art lyrique. Au point que le Conseil des Dix décide, en 1765, d’en limiter le nombre à sept. Si Florence et Mantoue sont aujourd’hui considérées comme les berceaux de l’opéra italien en tant que forme artistique, Venise voit naître le premier théâtre public d’opéra : Il Teatro San Cassiano;

VENISE Théatre SAN CASSIANO
Théâtre San Cassiano à Venise

Pour son inauguration en 1637, on fait donner Andromède de Francesco Manelli, sur un livret du poète et compositeur Benedetto Ferrari. Claudio Monteverdi, qui y assiste, ne tarde pas à rejoindre Manelli et la cohorte de compositeurs qui, durant tout le XVIIIe siècle, feront de la Sérénissime une capitale pionnière pour l’opéra en Europe.

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Reprenant à son compte les idées de retour à l’antique développées par la Camerata fiorentina, l’école lyrique vénitienne y ajoute une propension singulière aux personnages et aux situations bouffes. Car l’opéra, sur la lagune, veut bien traiter des sujets historiques et politiques, mais s’épanouit avant tout dans l’ambiance et au moment du carnaval.

C’est dans ce contexte de bouillonnement lyrique que Vivaldi livre son premier opéra vénitien : Orlando finto pazzo au Teatro San Angelo, en 1714.

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( Vidéo : interprétation par l’ACADEMIA MONTIS REGALIS – direction Alessandro DI MARCHI )

Si la postérité reconnaîtra en lui la grande figure de la musique vénitienne au XVIIIe siècle, son génie opératique est à l’époque largement éclipsé par celui d’une autre star du genre : Baldassare Galuppi : 70 opéras-bouffes à son actif, une collaboration fructueuse avec Goldoni, le soutien de Casanova et l’admiration de rousseau comme de Haydn. Galuppi est vraiment considéré, dans les années 1740, comme le roi du divertissement musical dans la cité des Doges.

Baldassare GALUPPI

Dans une Venise où les crédits font de plus en plus défaut, le spectaculaire des voix a remplacé celui des décors et du théâtre à machines. Tout le monde se prend désormais de passions pour les castrats. Carlo Broschi, dit Farinelli, y séjourne à cinq reprises, précédé par le triomphe de son maître Nicola Porpora et du poète Métstase qui ont préparé le terrain pour lui dès le milieu des années 1720.

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( Vidéo : Alto Giove ( Acte III ) de l’opéra Polifemo de Nicola PORPORA / Acte III – Interprétation Philippe JAROUSSKY accompagné par le VENICE BAROQUE ORCHESTRA – Direction Andrea MARCON )

Le duel entre l’opéra vénitien et l’art lyrique du reste de la péninsule, trouve l’une de ses plus sublimes incarnations dans la guerre que se livrent deux grande diva : la Vénitienne Faustina Bordoni ( future épouse du compositeur Johann Adolf hasse) et la Parmigiana Francesca Cuzzoni. Rivalité qui se perpétue jusqu’à Londres

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La Bordoni, que l’on donnait aussi bonne comédienne que chanteuse, a commencé sa carrière en 1716. Servie par ses origines nobiliaires elle ne tardera pas à se faire l’ambassadrice, dans toute l’Europe, de l’excellence de l’École vénitienne du chant. Mais celle-ci a d’autres orte-drapeaux : les orphelines des quatre ospedali de la Sérénissime. Toutes offraient alors des concerts de musique sacrée les samedis et dimanches, et pour les fêtes. S’y bousculaient les membres du clergé mais aussi ceux de la noblesse et même les classes populaires. Elles impressionnent tout autant par leur virtuosité à la flûte, au violon, à l’orgue, au hautbois ou au violoncelle. Et même ( fait peu commun à l’époque) par leur capacité à diriger l’orchestre et les chœurs.

CONCERT DES FILLES DE LA PIETA
 » Concert des filles de la Pietà   » 1720 env. Gabriele BELLA

Près de la piazza San Marco, le plus célèbre de ces ospedali, celui de la Pietà, a cédé aujourd’hui sa place à un hôtel de luxe : le Metropole. Fondé en 1346 pour y accueillir les nouveau-nés de la cité des Doges laissés pour compte par les guerres à répétition et le développement de la prostitution, il aurait compté, au XVIIIe siècle, un millier d’enfants. Les garçons y restaient jusqu’à l’adolescence pour y apprendre un métier. Les filles, quant à elles, recevaient une éducation musicale rigoureuse. Pour peu qu’elles aient du talent, elles y restaient jusqu’à leur majorité.

( Photos ci-dessous : Ospedale della Pietà à l’époque – Hôtel Métropole  qui l’a rempalcé – – Puis l’escalier qui se trouve à l’intérieur de l’hôtel Métropole et qui est une relique. Aujourd’hui il permet de descendre au cellier, autrefois Vivaldi l’empruntait pour aller dans la salle de musique de la Piétà)

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Le conservatoire municipal de Venise conserve lui aussi plusieurs cahiers des filles de la Pietà. Y figurent 1700 pièces et motets. Preuve, s’il en fallait, qu’à Venise la musique religieuse égale, en volume de création, la musique profane. En audace aussi. En témoignent aussi ces œuvres monumentales qui virent se produire dans la basilique San Marco jusqu’à 400 exécutants, parfois répartis en six orchestres, lors de cérémonies qui pouvaient s’étaler sur cinq heures. Car dans la cité des masques, l’autorité de Rome est loin. La démesure était partout, surtout dans l’amour de la musique. Il n’était pas rare de voir des prêtres, parfois bons instrumentistes, se produire au sein des orchestres d’opéra. »Thierry HILLERITEAU( Journaliste au magazine La Croix, chroniqueur dans Musique matin sur France Musique, chanteur à Notre-Dame de Versailles,collaborateur au Figaro,  il possède également  une Maîtrise en Poésie et Poétique des XIXe et XXe siècle,

( Vidéo : Motet Nulla in Mundo Pax Sincera RV 630  – Il fut composé en 1735 par Antonio VIVALDI à Venise. Il le fera interpréter par les demoiselle della Pietà. C’est une merveille d’émotion, de céleste, de foi avec des voix lumineuse. // Magda KALMAR Soprano – Elle est accompagnée par le LISZT FERENC CHAMBER ORCHESTRA sous la direction de Friyes SANDOR)