Danse Hongroise N°5 Johannes BRAHMS …

(Vidéo : Herbert V.KARAJAN à la direction de l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE BERLIN)

Brahms composa, à l’origine, ses merveilleuses Danses Hongroises pour le piano à quatre mains. Celle-ci le sera aux environs de 1867. C’est le violoniste hongrois Ede Reményi dit Eduard Reményi qui fera découvrir la musique tsigane à Brahms lorsqu’il était âgé de 19 ans. Elle le fascinera.

Brahms et Reményi

Ce sont des pièces d’une grande vitalité dans lesquelles il a tenu à faire entrer l’esprit de danses hongroises : les verbunkos et les czardas .Pour autant, cela ne fait pas d’elles des pages folkloriques. Elles se déploient dans de merveilleux changements d’atmosphère, se révèlent subtiles, virtuoses. On peut les entendre désormais en différentes versions : pour orchestre, pour violoncelle et piano, piano seul, à quatre mains ou violon.

(Vidéo : version piano/violoncelle par Jean-Guihen QUEYRAS (violoncelle) et Alexandre THARAUD (piano)
(Vidéo : Maxim VENGEROV au violon)

Concertos pour violon Jean-Marie LECLAIR …

Jean-Marie LECLAIR 1697/1764

Leclair fut un virtuose du violon, célèbre et très apprécié à son époque. On l’appelait Le Corelli de France, professeur de musique, représentant éminent de l’École française de violon. Il a mis toutes ses connaissances approfondies, ses compétences et l’excellente maîtrise de son instrument au service de la musique. Avant cette brillante carrière, il fut danseur à l’Opéra de Lyon, puis au Teatro Regio Ducale de Turin.

Il va mourir assassiné de plusieurs coups de couteau en 1764. Un crime jamais élucidé. Sa deuxième épouse dont il était séparé, son jardinier et un violoniste rival qui ne l’aimait pas du tout, avaient été suspectés, mais sans aucune poursuite.

Il a écrit deux superbes Opus pour violon : l’un en 1737 (Op. 7) et l’autre en 1745 (Op.10) – Ce sont des pièces de caractère, harmoniquement raffinée, mélodiquement inventive, très pures, pleines de charme, de lyrisme, brillantes, originales, mélange délicieux de style français et italien dans lesquelles le baroque flirte avec un esprit classique.

Je vous propose d’en écouter quelques-unes de chaque Opus interprétés par LE COLLEGIUM MUSICUM direction et violon Simon STANDAGE – et l’ORCHESTRE DE CHAMBRE Jean-François PAILLARD – Direction Jean-François PAILLARD – Violon : Gérard JARRY

(Vidéo : « Andante » Concerto Op.10 N.1 ) COLLEGIUM MUSICUM direction et violon : Simon STANDAGE)
(Vidéo : « Allegro moderato » Concerto Op.7 N° 4)ORCHESTRE DE CHAMBRE Jean-François PAILLARD – Direction Jean-François PAILLARD – Violon Gérard JARRY )
(Vidéo : « Allegro » du Concerto Op.10 N°5 )ORCHESTRE DE CHAMBRE Jean-François PAILLARD – Direction Jean-François PAILLARD – Violon Gérard JARRY )
(Vidéo : « Allegro ma non presto » Concerto Op.7 N°6 COLLEGIUM MUSICUM direction et violon : Simon STANDAGE)

Concerto pour la harpe … Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ

Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ 1742/1790

Krumpholtz fut un harpiste concertiste virtuose, qui a débuté dans l’Orchestre du Prince Estherazy à Vienne et a étudié la composition avec Joseph Haydn. Il fut à la harpe ce que Paganini fut au violon, sachant parfaitement exploiter tous les effets expressifs de la sonorité de son instrument.

Il fut également l’inventeur de la harpe à deux pédales ( une douce et une forte). Sa fin sera vraiment tragique puisqu’il mettra fin à ses jours en se jetant dans la Seine, à Paris, près du Pont-Neuf, accablé par le chagrin. Son épouse, une grande virtuose harpiste de son temps, Anne-Marie Steckler, venait de le quitter pour un jeune pianiste et était partie vivre à Londres avec lui.

Anne-Marie STECKLER-KRUMPHOLTZ 1766/1824

Krumpholtz fut réellement un merveilleux compositeur avec des œuvres brillantes, harmonieuses, originales qui font partie désormais du répertoire de la harpe. Il a écrit de nombreux Concertos en différents Opus : le N° 4 et le N°6 en 1777, le N° 7 en 1778 et le N°9 en 1785.

Je vous propose d’en écouter un, superbement interprété par la merveilleuse Jana BOUSKOVA. Elle est accompagnée par le PRAGUE CHAMBER PHILHARMONIC ORCHESTRA – Direction Jiri BELOHLAVEK. Il s’agit du N°5 de l’Op.7.

Les Varations Goldberg/Jean-Sébastien BACH … De Rosalyn TURECK à Glenn GOULD

 » Je pense qu’elle et moi avons une vision différente de cette musique, et peut-être avez-vous raison de trouver son jeu  » rigide  » et la superposition des strates polyphoniques  » artificielle « . Mais dans les années quarante, pendant mon adolescence, elle a été la première à jouer Bach d’une manière qui me paraissait raisonnable. A l’époque, à quatorze , quinze, seize ans, je menais un combat sur la manière dont on doit jouer Bach, sans espérer voir jamais mon professeur Alberto Guerrero brandir le drapeau de la reddition. Les disques de Rosalyn Tureck m’ont montré que je n’étais pas le seul sur ce front. C’était un jeu tellement intègre, pour user d’un terme ressortant au domaine moral. Il s’en dégageait un tel sentiment de quiétude, cela n’avait rien d’une langueur mais plutôt d’une droiture morale au sens religieux. » Glenn GOULD parlant de Rosalyn Tureck

Glenn Gould  a eu une façon de voir, de comprendre, d’aborder Bach, qui ne ressemble à personne : génial, inventif, précis, intense, rythmiquement jubilatoire, virtuose, pertinent, flamboyant, réunissant, comme beaucoup l’ont affirmé ( avec exactitude )  » le coeur et l’esprit. »

Bien des années avant lui, Rosalyn Tureck a fait preuve, elle aussi,  de rigueur, d’émotion, d’ampleur, de précision rythmique, d’expressivité, d’un grand sens des nuances, d’un toucher magnétique dans ses interprétations du Cantor . On la surnommait » la grande prêtresse de Bach « . Il l’a beaucoup appréciée et elle l’a influencé.

Avec un zeste d’amertume et un peu de déception au fond du cœur devant les louanges que l’on ne manquait pas de faire au jeune et brillant Gould, elle disait « qu’ il lui avait beaucoup emprunté mais qu’il n’avait pas assez pénétré son art pour mieux le comprendre. »…. Quoi qu’il en soit, tous deux ont été très inspirés face à cette musique et les écouter est un réel bonheur.

Les Variations Goldberg sont parues en 1741 sous le nom :  » Exercices pour clavier (Übung) consistant en une aria avec différentes variations pour clavecin accompagnés de deux manuels « . C’est incontestablement un des sommets de la production de Bach.

L’histoire raconte qu’elles furent composés pour un ancien ambassadeur de Russie à la Cour de Saxe à savoir Hermann Carl Von Keyserlingk. Il était toujours accompagné de son protégé, le  claveciniste Johann Gottlieb Goldberg. Sa présence à ses côtés était quelque peu thérapeutique. En effet, le comte Keyserlingk  souffrait de maux divers très difficiles à supporter qui l’empêchaient de dormir, et, pour le calmer,  il faisait appel ( à n’importe quel moment du jour ou de la nuit )  à ce musicien qui dormait dans une chambre tout à côté de la sienne.

Pour le remercier, il demanda à Bach une composition pour son claveciniste . Quelque chose d’assez serein et heureux qu’il aurait beaucoup plaisir à entendre.  Il va parfaitement réussir  et le comte va vraiment adorer cette partition . Il affirmera même « ne jamais s’en lasser et pouvoir l’ écouter sans cesse ».

On peut le comprendre car c’est une page assez exceptionnelle, exigeante, contrapuntiquement dense,  à la fois complexe,  de construction rigoureuse, impressionnante dans la richesse de ses idées,  expressive, sensible, audacieuse, virtuose, poétique, et tout aussi incroyable  que l’a été son merveilleux compositeur. Par ailleurs elle ne manque pas d’un petit soupçon  de légèreté et d’humour notamment dans la reprise de mélodies allemandes très connues ce qui la rend assez irrésistible .

(Vidéo : Rosalyn TURECK au piano)
(Vidéo : Glenn GOULD au piano)

Les Poèmes Symphoniques de Franz LISZT …

Les Poèmes Symphoniques de Liszt sont un genre qu’il a inventé, codifié, perfectionné, développé et dans lequel il a fait entrer ce qu’il aimait beaucoup en dehors de la musique, à savoir la littérature, la poésie, l’histoire. Il en a composé treize entre 1848 et 1882. Ils furent dédiées à sa deuxième compagne : Carolyn Von Saygen Wittgenstein.

L’homme visionnaire et l’esprit curieux qu’il a été , est parti de ce que l’on appelait Les Ouvertures de Concert. Il les a développées dans des proportions plus petites, avec un format sonore plus important. Il en a fait une sorte de musique à programme dans laquelle il suggère quelque chose d’historique, de poétique, de symbolique, de pictural, de sculptural etc…

Ce sont des œuvres vraiment brillantes, passionnantes, audacieuses, intéressantes. On a souvent qu’elles représentaient la musique de l’avenir. Il a laissé sur certaines partitions, des préfaces écrites de sa main afin, comme il l’explique : de mieux les interpréter et les comprendre correctement.

Pour les illustrations musicales, je vous propose celles que j’apprécie tout particulièrement, à savoir L.ORCHESTRE du GEWANDHAUS de LIEPZIG sous la direction de Kurt MASUR , mais également celle de Bernard HAITINK dirigeant le LONDON SYMPHONIC ORCHESTRA en ce qui concerne Les Préludes.

Les Préludes :

(Vidéo : Bernard HAITINK à la direction du LONDON PHILHARMONIC ORCHESTRA)

 » Notre vie n’est-elle autre chose qu’une série de préludes à ce chant inconnu dont la mort entonne la première et la solennelle note …  » Préface de Liszt

Au départ, Liszt avait intitulé cette pièce Les quatre éléments, à savoir le vent, la terre, la mer, le ciel, influencé en cela par le poème de Joseph Audran. En 1854, l’œuvre deviendra un Poème Symphonique, inspiré davantage par les Méditations Poétiques de Lamartine dont il reprendra les thèmes : l’amour, la souffrance, la guerre, le triomphe et la paix.

C’est une page expressive, éblouissante, puissante, onirique, romantique, probablement le plus abstrait de tous les Poèmes Symphoniques de Liszt, le plus réussi aussi, et, en tous les cas, le plus célèbre car souvent joué et très aimé des chefs d’orchestre.

Il fut commencé en 1848, achevé en 1853. Liszt s’était associé, pour l’instrumental, à Joachim Raff, un compositeur qui fut son secrétaire particulier durant six ans de 1850 à 1856 . Il sera créé à Weimar en 1854, sous la direction de Liszt, et obtiendra un vif succès.

Mazeppa :

(Vidéo : Kurt MASUR à la direction du GEWANDHAUS de LEIPZIG)

Œuvre complexe, brillante, tumultueuse, tempétueuse, diabolique, triomphante, qui s’accorde souvent parfois un moment de calme et de sérénité, lequel est de très courte durée il est vrai. Elle fut créée à Weimar en 1854.

Liszt s’est inspiré du poème de Victor Hugo qu’il a d’ailleurs entièrement cité sur la partition. Mazeppa, héros du XVIIIe siècle, condamné au supplice, à savoir attaché à un cheval et traîné dans la steppe pour avoir séduit une jeune femme de la noblesse polonaise. Il devra sa vie et sa libération à un groupe de cosaques et deviendra l’un d’entre eux.

Hamlet :

(Vidéo : Kurt MASUR à la direction de l’ORCHESTRE DU GEWANDHAUS de LEIPZIG)

Inspiré par la pièce de Shakespeare vue et entendue en 1856 et qui lui donnera l’envie d’une composition deux ans plus tard. Il avouera avoir surtout eu l’inspiration en écoutant la bouleversante interprétation de son ami Bogamil Dawison qui tenait le rôle principal à Weimar, et il a souhaité donné à sa partition son côté audacieux, énergique, sombre, lumineux, superbement intelligent.

Hamlet c’est comme une sorte de douleur dans la solitude, avec, en même temps, une certaine forme de grâce. C’est vraiment une page superbe, originale dans sa construction, expressive elle aussi, et aérienne orchestralement parlant.

Orphée :

(Vidéo : Kurt MASUR à la direction de l’ORCHESTRE du GEWANDHAUS de LEIPZIG)

 » Le caractère tranquillement civilisateur du chant irradie toute œuvre d’art. Sa douce énergie, sa force sacrée, sa sonorité voluptueuse et noble pour l’âme, ses ondulations telles les bises de l’Elysée …  » disait Liszt à son propos.

Une pièce composée en 1853/54 dont il affirmait que la seule référence était un vase étrusque de la collection du Louvre qu’il avait beaucoup apprécié . Toutefois, il poursuivra en précisant qu’il nous fut impossible de ne pas abstraire notre imagination du point de vue, touchant et sublime dans sa simplicité,, dont ce grand maître a envisagé son sujet. Il parlait, bien sur de Gluck et son célèbre opéra Orphée et Eurydice.

C’est une partition très subtile, lyrique, magnifique, presque intimiste parfois.

La bataille des Huns :

(Vidéo : Kurt MASUR à la direction de l’ORCHESTRE DU GEWANDHAUS de LEIPZIG)

Onzième de la liste des Poèmes Symphoniques. Composé en 1857, inspiré par le tableau du peintre allemand Wilhelm Von Kaulbach qui porte le même nom à savoir La bataille des Huns ou la Bataille des champs Catalauniques (actuelle région de Châlons-en-Champagne/France) qui opposa le chef païen Atilla à Théodoric et ses armées chrétiennes.

 » Kaulbach vit en cette lutte suprême d’Attila contre Théodoric, deux principes qui s’entrechoquent : la barbarie et la civilisation, le passé et l’avenir de l’humanité. Aussi, en mettant en présence ces deux héros, il éclaira d’une lueur verdâtre, froide, livide, cadavérique, comme un fait malfaisant, malgré la hauteur, l’audace, la puissance de volonté spontanée qui éclate dans toute sa splendeur. Il enveloppa l’autre, plus concentré dans son attitude, plus calme, plus faible aussi come individu, d’une lumière féconde, bienfaisante, envahissante qui émane de la croix dont il est précédé comme un drapeau vainqueur. On devra s’efforcer de maintenir une couleur très sombre, puissante, dans laquelle tous les instruments devront sonner comme des fantômes.  » Analyse du tableau par Liszt et ce qui l’a inspiré, par conséquent, pour sa musique.

Die Ideale (les Ideaux) :

(Vidéo : Kurt MASUR à la direction de L.ORCHESTRE DU GEWANDHAUS de LEIPZIG)

List a puisé son inspiration dans un poème de Friedrich Von Schiller écrit en 1795, et dont il avait eu connaissance grâce à la traduction française du poète Gérard de Nerval en 1830. Il l’appréciait beaucoup.

Il fut composé entre 1849 et 1854, créé à Weimar en 1857. On oscille entre quiétude, sérénité, variations rêveuses et contemplatives, et des passages plus héroïques.

Symphonie N°9 Op.95 ( Du Nouveau Monde) … Antonin DVORAK

ANTONIN DVORAK
Antonin DVORAK 1841/1904

 »J’ai appelé ma symphonie  » du Nouveau Monde  » parce que c’était la toute première œuvre que j’écrivait en Amérique. Selon moi, je pense que l’influence de ce pays ( c’est-à-dire les chansons folkloriques nègres, indiennes, irlandaises etc…) y est sensible et que cette œuvre, ainsi que toutes les autres écrites là-bas, diffèrent grandement de mes précédentes, aussi bien en termes de couleurs que de caractères …  » Antonin DVORAK en 1894

(Vidéo : l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE de BERLIN – Direction Herbert V.KARAJAN)

Antonin Dvorak est un compositeur tchèque,  un de ceux (avec Bedrich Smetana, son compatriote) dont les racines de la musique furent très influencées par sa Bohème natale –  Tout ce qui touche au folklore et à la vie rurale de cette dernière, fut ancré en lui et l’a profondément influencé.

Ce qui lui a permis d’acquérir une belle renommée , de se faire connaître et apprécier en dehors de son pays, ce n’est pas l’opéra avec lequel il a débuté, mais la musique instrumentale et particulièrement le genre  » symphonie  » . Il en a écrit neuf au total ;  les trois dernières pouvant être considérées réellement comme des chefs-d’œuvres, notamment la très célèbre et populaire N°9 dite  » du Nouveau Monde  » composée, en ce qui la concerne,  aux Etats Unis.

Tout a commencé en 1890 lorsqu’il a été engagé comme directeur du Conservatoire national de musique à New York. C’est vrai qu’au départ il a un peu hésité mais, après avoir pesé le pour et le contre, il a finalement accepté ce poste  en 1891.

Une fois installé, il souhaita composer une oeuvre qui reprenne non pas des thèmes populaires du folklore américain y compris ceux des indiens, des esclaves noirs, voire même des irlandais ; mais des particularités très spéciales  leur étant propres,  et qu’il pouvait utiliser à bon escient . Au-delà de cela il y a également des parfums slaves, tout simplement  parce qu’il était  très nostalgique de son pays et qu’il  y pensait fortement.

Le succès de cette œuvre va être grandiose. Elle sera intensément applaudie lors de sa création au Carnegie Hall de New York .  C’est une partition magnifique, puissante, épique,  claire, bien équilibrée, précise, lyrique, subtile,touchante, nostalgique assurément, traversant des moments graves et tristes, mélancoliques, et d’autres plus animés, vifs, dansants, lesquels se terminent dans un final un peu étrange mais absolument brillant. C’est un travail remarquable !

Quelques Sonates de Mozart …

MOZART Monument.jpg
W.Amadeus MOZART- la statue fait partie d’un monument dédié à la mémoire du compositeur et qui se trouve dans le jardin du Burggarten de Vienne. Il a été réalisé en 1896 par Viktor TILGNER

 » Quand je frappe fort je peux laisser le doigt sur la touche ou le relever, le son cesse au moment même où je le fait entendre. Je puis faire des touches ce que je veux : le son est toujours égal. Il ne tinte pas désagréablement, il n’est ni trop fort, ni trop faible ou tout à fait manquant .. Non il est partout bien égal.  » W.Amadeus MOZART en 1777

Mozart a été, dès son plus jeune âge, un virtuose du clavier : entendons par là celui du clavecin d’abord, puis du piano-forte ensuite. Il a composé dix-huit Sonates. Au fur et à mesure du perfectionnement technique de cet instrument, ces œuvres ont, elles aussi, évolué et sont devenues, par conséquent, encore plus intéressantes.

La séduisante Sonate K.331 : fut  créée en 1781, et publiée de son vivant. Elle est célèbre et l’une de ses plus populaires, notamment son 3e mouv. Allegretto  dit  » Alla turca  » .

Elle est originale, spontanée, percutante, expressive, pleine d’allégresse, enchanteresse, débute par quelques variations extraites d’une chanson allemande. Mozart a, très probablement, pris plaisir en la composant, voire même a dû s’amuser dans tout ce déploiement de virtuosité orchestrale dont elle s’entoure.

( Vidéo :  » Andante gracioso avec variations  » / 1er mouv.  – Friedrich GULDA au piano )

( Vidéo : «  Allegretto – Alla Turca  » – Friedrich GULDA au piano )

La moderne SONATE K.457 : tout aussi expressive que la précédente, fut composée en 1784 à Vienne. Elle représente l’émotion débordante et le sentiment très fort éprouvé par Mozart vis-à-vis de son élève Thérèse Von Trattner qui était l’épouse de son propriétaire. Nul ne sait vraiment quelle fut la nature de leur relation, si elle fut amicale ou plus, mais une chose est sure, ils ont éprouvé une grande admiration l’un pour l’autre.

C’est une Sonate  brillante, intense, inventive, très ornementée, en clair-obscur à savoir qu’elle représente à la fois le calme et la tempête avec la force, la révolte, mais aussi la sérénité et la douleur confondues. L‘Adagio, célèbre, est superbe.

( Vidéo : Ier mouv. Molto Allegro  – Christoph ESCHENBACH au piano )

( Vidéo 2nd mouv. Adagio : Christoph ESCHENBACH au piano )

Trait d’union entre l’esprit du contrepoint baroque et la modernité : la Sonate KV 576 . On pourrait quasiment dire qu’elle est un hommage à Bach tant elle s’inspire en substance du travail du Cantor dans le domaine du contrepoint. Mozart a été un grand admirateur de ce compositeur ! Et en même temps, elle est la voie qui s’ouvrira, après lui, sur Beethoven.

Elle est absolument superbe, théâtrale,  d’une grande clarté, exigeante, virtuose, ambitieuse, avec beaucoup de caractère, de l’envergure, mais sait se faire délicate notamment dans l’Adagio.

( Vidéo : «  Allegro  » – 1er mouv. – Daniel BARENBOIM au piano )

( Vidéo :  » Adagio  » – 2nd Mouv.  – Mitsouko UCHIDA au piano )

Concertos pour violon …. Jean-Sébastien BACH

Lorsqu’il était maître de chapelle à la Cour de Köthen, Bach rencontra deux violonistes réputés : Joseph Spiess et Martin Friedrich Marcus. Ces deux virtuoses vont rejoindre l’orchestre que Bach formera et on peut dire que ces deux virtuoses vont énormément l’inspirer pour les Concertos pour violon qu’il composera. Ce sont des chefs-d’œuvre d’une grande richesse contrapuntique, très élaborés, avec des mouvement lents absolument sublimes.

Le N°1 BWV 1041 a été écrit en 1720. Novateur, il dialogue merveilleusement bien avec l’orchestre. Selon les mouvements, il se révèle énergique, rythmique, mélodique, lyrique, brillant et dansant (Gigue) –

(Vidéo : Pablo VALETTI (Violon) & Le CAFÉ ZIMMERMANN – Ier mouv.)

Le N°2 BWV 1042 est plus complexe. Il est très vivaldien, gai, surprenant, agile et tout aussi virtuose que le précédent. Il sera transcrit pour clavecin par la suite.

(Vidéo : Monica HUGETT & l’AMSTERDAM BAROQUE ORCHESTRA dirigé par Ton KOOPMAN – Ier Mouv.)

L’éclatant N°3 BWV 1043 a été composé pour deux violons. Très technique, vivace, dansant lui aussi (sicilienne), puis merveilleusement spirituel, recueilli dans ce Largo ma non tanto, dans lequel les deux violons chantent comme des arias opératiques.

(Vidéo :  » Largo ma non tanto  » – Yehudi MENUHIN (Violon) & David OISTRAKH (Violon) – Accompagnés par l’URSS STATE SYMPHONY ORCHESTRA)

Concerto pour violon Op.64 …. Félix MENDELSSOHN

Ce chef-d’oeuvre a demandé six ans d’écriture à Mendelssohn ( 1838-1845) . Il est dédié à son ami le violoniste allemand Ferdinand David à qui le compositeur a demandé des conseils pour la partie violon, et qui le créera à Leipzig en 1845.

Malheureusement Mendelssohn ne pourra y assister car il était souffrant. Un mois après son décès en 1847 , ce magnifique Concerto sera joué à nouveau, interprété cette fois par celui qui fut son protégé à savoir le talentueux violoniste austro-hongrois Joseph Joachim.

Joseph JOACHIM

C’est une partition très raffinée dans son style, virtuose, brillante, mélodieuse, assez magique,  limpide, virtuose, délicate. Elle porte en elle une sorte de très belle fragilité et le violon ressemble à une aria opératique.

( Interprétation : Yehudi MENUHIN ( violon ) – Wilhelm FURTWÄNGLER à la direction de l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE BERLIN )

Symphonie N.85 dite  » de la Reine  » … Joseph HAYDN

(Vidéo : l’AUSTRO-HUNGARIAN HAYDN ORCHESTRA dirigé par Adam FISCHER -Ier mouvement « Adagio »)

Elle fut la Symphonie préférée de la reine Marie-Antoinette. Composée en 1785, elle fait partie d’une série de six, dite Paris, qui furent commandés à Haydn par un mécène de la Loge Olympique, une organisation qui s’occupait de concerts dans la capitale.

Celle-ci est la numéro 4. Elle sera créée, avec toutes les autres, en présence de la reine qui avouera, à la fin du concert, qu’elle avait une nette préférence pour elle, d’où son nom.

C’est une partition exigeante, tout à fait délicate, inventive, raffinée, subtile, poétique, un délicieux mélange de rythmes français, italiens et allemands. Elle représente tout l’originalité, le charme et le génie de ce compositeur.

(Vidéo : l’AUSTRO-HUNGARIAN HAYDN ORCHESTRA dirigé par Adam FISCHER -2nd mouvement : »Romance allegretto »
(Vidéo : l’AUSTRO-HUNGARIAN ORCHESTRA dirigé par Adam FISCHER – 3e mouvement « Menuetto & Trio, allegretto »
(Vidéo : L’AUSTRO-HUNGARIAN ORCHESTRA dirigé par Adam FISCHER – 4e mouvement : Finale, presto)