Concerto Grosso Op.3 N°3 … Francesco GEMINIANI

François BOUCHER (1703-1770) - Portrait du compositeur Francesco ...
Portrait de Francesco GEMINIANI par François BOUCHER

 

(Vidéo : L’Ensemble EUROPA GALANTE / Direction Fabio BIONDI )

Geminiani ( 1687/1762 ) fut un violoniste virtuose. Premier violon dans l’Orchestre de Naples, concertiste très apprécié, théoricien, chef et un merveilleux compositeur.

Son style fut, dans un premier temps, celui de l’époque italienne. Puis il changera lorsqu’il résidera en Grande-Bretagne et en Irlande, souhaitant vivement plaire et satisfaire le public de ces deux pays.

Ce très beau Concerto fait partie d’un recueil de six publié en 1732. Il est brillant, expressif, virtuose, un peu dans l’esprit de son maître, le violoniste Arcangelo Corelli.

Année BEETHOVEN : Romances pour violon N°1 Op 40 & N°2 Op.50 …

 

(Vidéo : Romance N.1  Itzak PERLMAN (violon) – Accompagné par l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE BERLIN – Direction Daniel BARENBOIM )

Beethoven a été altiste dans l’Orchestre de Bonn lorsqu’il était jeune. De plus, au cours de sa vie, il a été l’ami de grands virtuoses du violon de son époque. Nul doute donc, qu’il connaissait les tenants et les aboutissants de cet instrument et pouvait, en conséquence, composer pour lui. Ces deux Romances ont été dédiées à l’un de ces virtuoses : Ignaz Schuppanzigh.

Schuppanzigh, Ignaz
Ignaz SCHUPPANZIGH (1776/1830)

Elles furent écrites  entre 1798 et 1801. Leur numéro ( 1 et 2 ) ne fut attribué qu’en raison de leur date de publication (1803 et 1805 ). Pourquoi Romances ? Tout simplement parce que c’était un terme un peu général qui convenait fort bien  pour qualifier une œuvre courte, assez fluide et chantante.

Très rarement interprétées de nos jours, ce sont pourtant des pages magnifiques, mélodieuses, différentes l’une de l’autre, offrant un superbe dialogue entre le violon et l’orchestre. La première est audacieuse, fraîche, lyrique et assez poétique ; la seconde, tout aussi divine, majestueuse et ardente.

( Vidéo : Romance N.2 : Renaud CAPUÇON (violon) – Accompagné par l’ORCHESTRE DU GEWANDHAUS de LEIPZIG dirigé par Kurt MAZUR )

SUITE BWV 1068 …. Jean-Sébastien BACH

(Vidéo : Reinhard GOEBEL à la direction de l’Ensemble MUSICA ANTIQUA KÖLN )

Cette Suite pour cordes  fait partie des quatre qui furent composées par Bach aux environs de 1730, très certainement pour un orchestre dont il assurait la direction comme par exemple le Collegium Musicum. On dit Suite, mais l’appellation d’origine est Ouverture. Des œuvres pleines de charme.

Celle-ci a été rendue très célèbre par son 2nd mouvement «  Air  » un moment superbe de beauté et sérénité. J’ai eu envie de vous faire connaître, ou ré-entendre pour celles et ceux qui ont déjà entendu cette version, l’interprétation de Bobby MCFERRIN (Chanteur, vocaliste et chef américain) et Yo-Yo MA (Violoncelliste américain d’origine chinoise) :

(Vidéo : Bobby MCFERRIN & Yo-Yo MA)

Année BEETHOVEN : Concerto pour piano N°4 Op.58 …

(Vidéo : Glenn GOULD au piano – Leonard BERNSTEIN à la direction du NEW YORK PHILHARMONIC ORCHESTRA)

Merveilleux Concerto qui fut composé en 1806, créé une première fois lors d’une soirée musicale privée, puis interprété à Vienne, en public, avec un Beethoven au piano malgré le fait qu’il était déjà très handicapé par sa surdité. Cette partition fut dédié à l’archiduc Rodolphe.

C’est une page vraiment magnifique, poétique, un peu à part parce qu’elle baigne dans une espèce de rêverie mélodieuse. Elle est expressive, chantante, subtile, dense, infiniment virtuose. L’orchestral est assez époustouflant. Le piano semble parfois s’envoler, puis revient, passionné, renouer son dialogue avec l’orchestre.

Ennio MORRICONE …

93 Best Composers images in 2020 | Classical music composers ...
Ennio MORRICONE ( 1928/2020)

« La musique n’existe que si elle est jouée. Ce n’est pas comme la poésie qui ne nécessite pas d’interprétation car les mots ont leur propre sens. La musique, elle, peut être interprétée de différentes façons. Elle exige que vous regardiez d’abord en vous-même, puis que vous exprimiez ce que vous développez dans la partition et dans la performance. La musique est une expérience, pas une science.  » Ennio MORRICONE (Compositeur italien, chef d’orchestre, arrangeur, producteur)

Il est vrai que les superbes musiques de ce merveilleux compositeur sont très nombreuses. Il y a un film que j’ai beaucoup aimé, vu plusieurs fois,  et pour lequel il a écrit la musique. Une musique que j’affectionne particulièrement….  C’est elle qui illustrera ce modeste hommage. Il s’agit de Il était une fois en Amérique, réalisé par Sergio LEONE en 1984 d’après le roman The Hoods de Harry GREY.

La guitare …

 » La guitare fait pleurer les songes.
Le sanglot des âmes perdues
s’échappe par sa bouche ronde.
Et comme la tarentule,
elle tisse une grande étoile
pour chasser les soupirs
qui flottent dans sa noire
citerne de bois.  » Federico Garcia LORCA ( Poème du Cante Fondo/1924 )

 

GUITARE Jean Baptiste GREUZE
Tableau : Jean-Baptiste GREUZE 
The Spanish Singer MET dp130799.jpg
Tableau : Edouard MANET

Année BEETHOVEN : Sonate pour piano N°4 Op.7 dite La Grande …

 

( Vidéo : Molto Allegro : Murray PERAHIA au piano)

C’est Beethoven qui la qualifiera de Grande, probablement en raison du fait qu’elle était la plus longue de ses Sonates avant qu’il ne compose la Hammerklavier.  Elle fut écrite entre 1796 et 1797, dédiée à l’une de ses jeunes élèves : la comtesse Anna Luisa Barbara Keglevics dite Babette.

Beethoven avait connu la famille Keglevics à Bratislava (Slovaquie). Il était venu pour  des concerts dans leur somptueux palais, et le père de la jeune fille avait absolument tenu à ce qu’il donne des leçons de piano à sa fille. L’histoire raconte que le compositeur  était logé non loin de la demeure Keglevics et qu’il venait donc le matin, en pantoufles et robe de chambre, pour donner ses cours.  Il semblerait, par ailleurs, que Ludwig ne fut pas insensible au charme de Babette …

anna_luisa_keglevics
Anna Luisa Barbara KEGLEVICS

 

C’est une partition expressive, éclatante, haletante,  majestueuse, pleine d’ampleur, avec un Largo magnifique, quasi méditatif, et un final absolument délicieux.

 

(Vidéo : Largo / Murray PERAHIA au piano)

(Vidéo : Rondo / Murray PERAHIA au piano )

Année BEETHOVEN : Symphonie N°9 Op.125 …

 

( Vidéo : Ier mouv. Allegro ma non troppo –  Nikolaus HARNONCOURT à la direction du CHAMBER ORCHESTRA OF EUROPE )

Elle n’est pas la seule œuvre que Beethoven composera avec un chœur puisqu’il avait déjà écrit la Fantaisie pour piano, chœur et orchestre Op.80 en 1808 . Certes, elle voit le jour entre 1822 et 1824, mais elle est le résultat d’un projet qu’il avait en tête depuis une trentaine d’années,  à savoir une partition grandiose, pour ne pas dire titanesque, quelque chose qui soit ,comme il le disait,  novateur et incroyable.

Elle verra  le jour avec en 4e mouvement, ce sublime Hymne à la joie, et sera créée en 1824 au théâtre Kärntnertor de Vienne, en présence de Beethoven où elle obtiendra un triomphe.  Elle est dédiée à Friedrich Wilhelm III roi de Prusse.

A cette époque,  Beethoven était sourd , mélancolique, dépressif et il avait  des problèmes financiers même si ses partitions se vendaient bien. Malgré son état inquiétant, il produira deux chefs d’œuvre qui seront créés ensemble : Missa Solemnis et la Symphonie N°9.

(Vidéo :  2nd mouv.- Nikolaus HARNONCOURT à la direction du CHAMBER ORCHESTRA OF EUROPE )

Elle reste assurément la plus célèbre des symphonies de Beethoven, notamment en raison du dernier mouvement, ce chœur sublime, cet apocalyptique Hymne à la joie empreint  de fraternité et d’amour universel , dont le thème musical deviendra (avec quelques arrangements)  l’Hymne officiel de l’Union européenne, une décision prise par le Conseil de l’Europe en 1972, adoptée par les États membres en 1985.

Le texte a été écrit en 1785 par le poète allemand Friedrich Von Schiller. Il plaisait énormément à Beethoven parce que porteur des idéaux qu’il avait en lui en matière d’égalité, de fraternité et de liberté. Il  souhaitera le mettre en musique. C’est ainsi que quelques passages apparaîtront d’abord dans un lied, puis dans la Fantaisie dont j’ai parlé au début, jusqu’au jour une partie plus importante du poème initial  sera insérée dans cette  symphonie avec chœur.

C’est une partition qui rassemble, qui console, complexe, prenante, très novatrice dans l’instrumental, subtile, toute en finesse, révoltée, impétueuse, expressive, obsédante, mais également empreinte de délicatesse et de sérénité . La voix vient tel un instrument, lyrique, fougueuse, émotionnelle.

(Vidéo : CHOEUR Arnold SCHÖNBERG – Birgit REMMERT (Contralto ) – Charlotte MARGIONO (Soprano) – Robert HOLL (Basse-Bariton) – Rudolf SCHASCHING (Ténor) – Direction du CHAMBER ORCHESTRA OF EUROPE : Nikolaus HARNONCOURT)

 »Joie ! Joie ! Belle étincelle divine,
Fille de l’Elysée,
Nous entrons l’âme enivrée
Dans ton temple glorieux.
Ton magique attrait resserre
Ce que la mode en vain détruit ;
Tous les hommes deviennent frères
Où ton aile nous conduit.Si le sort comblant ton âme,
D’un ami t’a fait l’ami,
Si tu as conquis l’amour d’une noble femme,
Mêle ton exultation à la nôtre!
Viens, même si tu n’aimas qu’une heure
Qu’un seul être sous les cieux !
Mais vous que nul amour n’effleure,
En pleurant, quittez ce chœur !Tous les êtres boivent la joie,
En pressant le sein de la nature
Tous, bons et méchants,
Suivent les roses sur ses traces,
Elle nous donne baisers et vendanges,
Et nous offre l’ami à l’épreuve de la mort,
L’ivresse s’empare du vermisseau,
Et le chérubin apparaît devant Dieu.Heureux,
tels les soleils qui volent
Dans le plan resplendissant des cieux,
Parcourez, frères, votre course,
Joyeux comme un héros volant à la victoire!
Qu’ils s’enlacent tous les êtres !
Ce baiser au monde entier !
Frères, au-dessus de la tente céleste
Doit régner un tendre père.
Vous prosternez-vous millions d’êtres ?
Pressens-tu ce créateur, Monde ?
Cherche-le au-dessus de la tente céleste,
Au-delà des étoiles il demeure nécessairement.  » Friedrich Von SCHILLER

Ave Maria de CACCINI …

( Vidéo : Inessa GALANTE ( Soprano )

Les historiens ont beau s’être évertués à trouver à qui revient la paternité de cette œuvre magnifique (compte tenu que celui qui l’a proposée a émis un doute sur le fait que ce soit la sienne), ils n’y sont pas vraiment arrivés . Explication :

Vladimir Vavilov était un compositeur russe passionné par la musique italienne et plus particulièrement la musique baroque. Il s’est fait surtout connaître pour ses compositions pastiches. Le pastiche musical, dans son sens général, c’était d’écrire une musique en imitant un style bien particulier qui plaisait. Ce procédé  a été fort utilisé aux XVIIe et XVIIIe siècles, à l’opéra où l’on reprenait des airs connus ou des musiques à la mode et qu’on les rassemblait dans une seule et même œuvre.

Vavilov, qui pensait que son propre travail n’allait pas lui apporter succès et reconnaissance, avait pour habitude d’utiliser cette supercherie, d’écrire des partitions en faisant supposer qu’elles n’étaient pas de lui mais de quelqu’un d’autre C’est la raison pour laquelle, il a fait éditer en 1970 cette page en indiquant  » Ave Maria, auteur inconnu du XVIe siècle « . Il s’était probablement  inspiré en pastichant un autre, oui mais qui ?

Il n’en fallait pas plus pour que les historiens et musicologues cherchent à savoir qui pouvait être cet auteur inconnu. On a alors pensé à Giulio Caccini, un compositeur du XVIe siècle, talentueux ténor, harpiste et luthiste qui avait travaillé à Florence au service de la famille Médicis. C’est un peu surprenant que l’on ait pu faire référence à lui, parce que globalement ce n’était pas son style, ni même d’ailleurs celui que l’on pouvait trouver chez un compositeur italien de cette époque ( Renaissance ). Mais beaucoup ont affirmé qu’il y avait un petit quelque chose de Caccini à la fin de sa vie ….  On a aussi émis l’idée  que ce pouvait être un de ses élèves, méconnu, un homme ou peut être même une femme pourquoi pas.

L’œuvre deviendra donc pour beaucoup  l’Ave Maria de Caccini !. Bien qu’elle ait été interprétée pour la première fois par la mezzo-soprano ( puis contralto plus tard) Irina Arkhipova, elle obtiendra la reconnaissance internationale et le succès avec la soprano Inessa Galante en 1994/95(vidéo ci-dessus) . Elle l’interprétait  très régulièrement dans ses concerts.

Vavilov n’assistera pas au succès de sa partition puisqu’il est décédé, très pauvre, en 1973 d’un cancer .

Cette œuvre émouvante, rayonnante, céleste a été reprise souvent, même en danse comme, par exemple, avec la danseuse russe du Bolchoï  Tatiana Osipova, dans une chorégraphie de Alisa Aslanova et un vocal assuré par la soprano-colorature  Sumi Jo :

Concerto pour Hautbois Op.1 …Alessandro MARCELLO

MARCELLO Alessandro
Alessandro MARCELLO

(Vidéo : Version intégrale avec Marcel PONSEEL à l’hautbois baroque et direction de l’Ensemble IL GARDELLINO )

Alessandro Marcello est issu d’une famille noble de Venise. Doué pour la musique (il jouait de nombreux instruments) mais tout aussi talentueux pour l’écriture, la peinture, le dessin, les mathématiques et la philosophie. C’est un peu un touche-à-tout qui réussissait tout ce qui l’entreprenait.

On ne peut pas dire qu’il ait composé énormément (quelques cantates et concertos), quelquefois même sous un autre nom,  mais si il y a une œuvre qui se détache de toutes les autres c’est celle-ci. Fut un temps, la paternité a été attribuée injustement à son frère Benedetto, puis à Vivaldi, avant de la rendre à celui qui l’avait  réellement écrite.

C’est une page pleine de finesse, souplesse, expressive, dans le style baroque italien, avec un Adagio qui reste un petit trésor d’émotion (3’30 mn de la vidéo ci-dessus) et qui est la clé de son succès depuis le jour où Jean-Sébastien Bach, charmé par la partition, va décidé de donner sa version-clavier en l’arrangeant et l’ornementant superbement bien. Ce sera le Concerto BWV 974 après Alessandro Marcello.

Ce Concerto a été initialement prévu pour le hautbois, mais on peut la trouver en différents autres instruments : piano, violoncelle,flûte, guitare etc…. A noter que c’est généralement la partition revisitée de Bach qui est reprise, notamment l’Adagio, justement en raison des forts belles ornementations qu’il a apportées.

(Vidéo : Glenn GOULD au piano dans l‘Adagio du Concerto BWV 974 de BACH (Transcription de celui de Alessandro MARCELLO)