Rhapsodie sur un thème de Paganini Op.43 … De la musique à la danse

(Vidéo : Mikhaïl PLETNEV au piano – Accompagné par L.ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE BERLIN – Direction Claudio ABBADO)

Rachmaninov ne fut pas le seul à s’être penché et avoir été inspiré un jour les 24 Caprices pour violon de Niccolo Paganini. C’était tellement révolutionnaire, voire même diabolique ! Liszt et Brahms l’ont fait eux aussi. Il va s’attarder plus précisément sur la N°24. La création, de cette magnifique Rhapsodie pour piano et orchestre, aura lieu en 1924 à Baltimore (Etats-Unis). Le compositeur était au piano, accompagné par l’Orchestre de Philadelphie dirigé par Léopold Stokowski. Le succès de l’œuvre a été immédiat.

C’est une partition brillante qui, au travers de ses nombreuses Variations, traverse différentes atmosphères tout aussi superbes les unes que les autres . Elle se révèle étonnante, impétueuse, mystérieuse, inventive, très virtuose (  » offrant aux solistes de piano de nombreuses opportunités de démonstration virtuose, reflétant le talent légendaire de Paganini. » disait Rachmaninov), mais qui manque pas également de tendresse, de lyrisme, de sensibilité et de délicatesse (Andante Cantabile).

Ce merveilleux Andante cantabile/18e variation, est devenu très célèbre, probablement bien plus que l’œuvre dans son intégralité. Il a été repris par le cinéma en tant que thème original pour certains films.

En 1939, avec l’accord du compositeur, le chorégraphe Mikhail Fokine reprendra la partition (quelque peu différente) et la transformera en un ballet intitulé Paganini, présenté en première au Covent Garden de Londres, et qui connaitra le succès lui aussi. Quarante et un an plus tard, en 1980, Frederick Ashton récidivera en créant, toujours à Londres, un ballet en un acte, intitulé Rhapsody, dédié à la Reine Mère pour son anniversaire, un délicieux moment de grâce sur ce mouvement dont j’ai parlé ci-dessus.

(Vidéo : Natalia OSIPOVA & Steven MCRAE pour le ROYAL BALLET DE LONDRES)

La musique …

 » Les passions exprimées par la musique sont sans doute moins évidentes, mais peut-être plus fortes que des passions verbalisées. Elles expriment une autre vision du monde. Le pouvoir de la musique est d’exprimer l’âme qui pleure. » Archie SHEPP (Saxophoniste américain, chanteur, compositeur de jazz et dramaturge)

Tableau de Pieter GERRITSZ VAN ROESTRATEN

Allegro de concerto Op. 46 … Frédéric CHOPIN

Probablement composé en 1832, mais publié en 1841, dédié à son élève Friederick Müller.

On l’appelle l’Allegro de Concerto car il devait être le premier mouvement d’un troisième Concerto, un projet qui, malheureusement, n’aboutira pas.

C’est un merveilleux moment, brillant, virtuose, inventif, expressif, et qui ne manque pas d’une certaine sensibilité.

(Vidéo : Vladimir ASHKENAZY au piano)

Menuet de la Suite N.1 HWV 434 … George Friedrich HAENDEL

Haendel fut un très grand compositeur baroque. Il a, à son actif, des opéras, des oratorios, des cantates, des duos, des arias, de la musique de Chambre et un grand nombre de pièces instrumentales écrites pour le clavecin.

Parmi elles, figurent un recueil de neuf Suites qui furent composées entre 1703 et 1720 pour cet instrument. Ce merveilleux Menuet très opératique, assez italien, délicat, dans l’émotion et la sérénité, fait partie de la N.1.

Wilhelm Kempff fut un éminent pianiste et compositeur allemand. Il s’est surtout fait remarquer dans ses interprétations de Beethoven et Schubert, mais il son répertoire comporte également du Bach, du Mozart, Chopin, Schumann, Liszt et Brahms.

Il a fait, notamment, un très bel arrangement pour piano, du Menuet de la suite N.1, qui est devenu très célèbre et a fait l’objet de nombreuses interprétations. Personnellement, j’aime beaucoup celle de la merveilleuse Anne Queffélec que je vous propose d’écouter ce jour :

Ma mère l’Oye … Maurice RAVEL

Maurice Ravel est un merveilleux compositeur français qui s’est toujours tenu éloigné des canons académiques et des milieux institutionnels de la musique. Il a nettement préféré se tourner vers une musique beaucoup plus moderne. Il a collaboré, de façon fructueuse, avec les Ballets Russes de Serge Diaghilev, et pour l’opéra. Que ce soit la personnalité de ce compositeur ou sa musique, le qualificatif qui leur va bien est : complexe.

Cet homme élégant , quelque peu dandy est toujours passé pour quelqu’un de pas très social. Ce qui était exact avec les adultes, car en ce qui concernait les enfants,  il s’est toujours montré bienveillant, attendri, abordable et dévoué . Les marionnettes, les jouets de toutes sortes, les bibelots, et autres boites à musique ont peuplé certaines de ses œuvres de façon délicate, légère et émotionnelle.

Il a toujours éprouvé beaucoup de nostalgie par rapport à l’enfance, probablement parce que c’est une période qui fut particulièrement heureuse pour lui, pleinement entourée d’amour et surprotégée par une femme : sa maman, Marie. La nostalgie sera telle qu’il va avoir beaucoup de difficultés à entrer réellement dans sa vie d’adulte. La relation avec sa mère fut si forte qu’elle ne va pas l’aider à développer des relations épanouies avec d’autres femmes et ce même si il affectionnait les personnes du sexe féminin.

Ce monde de l’enfance est présent dans son œuvre Ma mère l’Oye ( inspirée par des contes issus du recueil de Charles Perrault : Histoires ou contes du temps passé ou Contes de ma mère l’Oye, publié en 1697 et dans lequel on trouve Le petit chaperon rouge, le petit Poucet, La belle au bois dormant, Cendrillon, Barbe Bleue, ainsi que celui du  Serpentin Vert de la Femme de Lettres française Marie-Catherine Le Jumel, Baronne d’Aulnoy, datant également de 1697)

La première version de Ma mère l’Oye date de 1910, il s’agissait de quatre  pièces pour piano à quatre mains écrites pour les enfants de ses amis Jean et Mimie Gobeski âgés de 6 et 10 ans. Elles seront interprétées salle Gaveau à Paris. Cela va tellement plaire qu’il les orchestrera en 1911 pour un orchestre symphonique, puis en fera une musique destinée à un ballet en 1912 lequel lui fut requis par le directeur du théâtre des arts Jacques Rouché, sur une chorégraphie de Jeanne Hugard . Il rajoutera, à cette occasion, un Prélude plein de mystère recréant les bruits  animaux de la forêt, un nouvel épisode intitulé  » la danse du rouet « qui reprend l’histoire de la Belle au bois dormant et des interludes.

Quelle que soit la version choisie ( piano ou orchestrale) tout est assez empreint de mystère, subtilité, féerie, intensité, charmant, aérien, délicat, expressif et auréolé de magnifiques couleurs  musicales.

(Version à quatre mains interprétée par Martha ARGERICH & LANG LANG )

(Vidéo : version orchestrale interprétée par le NEW YORK PHILARMONIC dirigé par Pierre BOULEZ (Prélude – Danse du rouet et scène – Pavane de la belle au bois dormant – Les entretiens de la bête et la belle – Petit Poucet – Interlude – Laideronnette impératrice des Pagodes – Le jardin féérique )

17.4.2022 : dimanche de Pâques …

« Résurrection » – Un tableau de Paolo VERONESE

Pour l’illustration musicale, j’ai choisi une œuvre magnifique de François Couperin, merveilleux compositeur né dans une famille de grands musicien, formé par son père. Il occupera, à 11 ans seulement, le poste d’organiste en l’église St Gervais à Paris.

En 1693, il entre au service du roi Louis XIV lequel le charge de l’orgue à la chapelle royale, mais également de l’éducation musicale des enfants royaux, en particulier celle du Duc de Bourgogne.

Les Leçons des ténèbres sont regroupées dans un recueil qui en compte trois ( à une ou deux voix) écrites entre 1713 et 1717 pour les clarisses de l’Abbaye royale de Lonchamp. Elles font partie des psaumes et prières du bréviaire et se réfèrent à la souffrance du Christ.

La troisième, ci-dessus, la plus connue, a été écrite pour le mercredi saint (13 avril) qui fait partie de la semaine sainte précédant Pâques. Dans ce chef d’œuvre de la musique vocale baroque, tout en clair-obscur, il y a à la fois la désolation, la douleur, mais aussi la douceur et la sérénité.

(Vidéo : les voix sublimes de Montserrat FIGUERAS et Maria-Cristina KIEHR – Elles sont accompagnées par le CONCERT DES NATIONS – Direction de Jordi SAVALL)

‘ C’est une joie profonde pour nous,
Seigneur de l’univers,
de te rendre grâce
en cette nuit de Pâques,
illuminée par le visage radieux
du Ressuscité.

Comme une aube longuement attendue,
tu viens dissiper nos ténèbres.
Tu fais resplendir une espérance invincible
là où la mort semblait triompher.

Par la lumière que répand ta Parole,
tu éclaires nos cheminements tortueux.
Par l’eau du baptême et le don de l’Esprit,
tu nous affranchis de nos idoles.
Par le partage eucharistique,
tu fais grandir en nous l’homme nouveau.

Qu’éclate dans le ciel
la joie des anges !
qu’éclate sur la terre
la joie des fils de Dieu ! « 
Charles WACKENHEIM (Universitaire et théologien catholique français)

Variations & Fugue sur un thème de Haendel Op.24 … Johannes BRAHMS

Composées en 1861 et offertes à Clara Schumann pour son anniversaire, ces Variations & Fugues furent jouées une première fois par Brahms, puis créées en public à Hambourg par Clara.

Brahms fut un grand passionné de musique baroque. Pour écrire cette page, il a pris comme base la Suite N.1 pour clavecin de Haendel, l’a étudiée dans le détail, puis approfondie avec ses propres connaissances et idées musicales.

C’est un travail remarquable et fort bien maîtrisé, qui a donné un résultat brillant, lyrique, cohérent, intense, et plein de superbes contrastes.

(Vidéo : Murray PERAHIA au piano)

Concerto N.2 Op.18 Sergei RACHMANINOV…

(Vidéo : Vladimir ASHKENAZY au piano – Bernard HAITINK à la direction du CONCERTGEBOUW ORCHESTRA )

A l’époque, Rachmaninov suivait des séances d’hypnose chez l’un des plus grands neurologues russes, pour guérir d’une grosse dépression. Il n’avait qu’une envie : se remettre à composer. Lorsque, petit à petit, sa mélancolie noire (comme il l’appelait) laissera place à la lumière, il écrira ce sublime Concerto qu’il dédiera à son médecin le Dr Nikolaï Dahl qui lui promettait toujours qu’il y arriverait à nouveau. L’œuvre sera créée à Moscou en 1900/1901 avec le compositeur au piano.

C’est une page célèbre, très appréciée, d’une grande rigueur, exigeante , pleine de fraicheur et de charme , qui, selon les mouvements, se révèle délicate, poignante ( Adagio Sostenuto à 11’30 de la vidéo ) , lumineuse, éclatante dans sa conclusion, avec une très belle palette de couleurs.

Les Sonates de Domenico SCARLATTI …

Domenico SCARLATTI
Domenico SCARLATTI 1685/1757

«  Les grains ruissellent le long des gradins lisses et roses  où l’eau dévale en cascatelles. Les perles se multiplient, fine grêle, roulent de tous côtés, brillent résonnent, rebondissent, se mêlent au ruissellement. On dirait des bulles précieuses de l’eau, ou bien des gouttes de la beauté ruisselantes : ce sont les Sonates de Domenico Scarlatti. » Gabriele d’ANNUNZIO (Poète italien)

« Les Sonates de Scarlatti sont des comprimés de bonheur » Jean GIONO (Écrivain français)

«  Les Sonates de Scarlatti : c’est le peuple qu’il aime. C’est surtout la rue qui l’attire. La rue grouillante et bariolée » Wanda LANDOWSKA (Pianiste et claveciniste polonaise)

( Vidéo : Wanda LANDOWSKA au clavecin – Sonate K.32 )

( Vidéo : Scott ROSS au clavecin – Sonate K.556 )

Domenico Scarlatti est issu d’une famille de musiciens. Son père, Alessandro, fut très célèbre pour ses opéras. Il est né à Naples en 1685 (mort à Madrid en 1757). Il n’a pas vraiment eu d’enfance, puisqu’elle a été complètement engloutie dans la musique. Il a passé des heures à jouer du clavecin alors que les autres s’amusaient à l’extérieur. C’est ce qui, probablement explique, qu’il s’est accordé beaucoup de distractions  lorsqu’il était adulte ! De plus, il a eu face à lui un père, Alessandro, avec une personnalité forte, incroyablement exigeant, pas très présent en tant que parent, mais célèbre et imposant dans son métier. Donc pas facile pour un enfant, portant ce nom, de se faire un prénom dans la musique . Mais il y est arrivé parce qu’infiniment doué, original, imaginatif   !

Sa carrière s’est faite en deux périodes : celle des nombreux voyages en Italie et des œuvres sacrées, (Domenico a eu, très jeune, une véritable passion, voire même une fascination, pour les églises, le lieu, l’atmosphère, les odeurs etc…., mais également  les prières, les chants, la musique)  et celle qu’il a passé en Espagne lorsqu’il fut appelé, en 1720, comme professeur de musique de la jeune princesse Maria Barbara de Bragance, à Lisbonne ( Portugal ). Il s’y était installé à la mort de son père . Maria était la fille de Jean V du Portugal et Marie-Anne d’Autriche. Domenico la suivra à Madrid  lorsqu’elle deviendra reine d’Espagne en épousant Ferdinand VI.

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« Portrait de Maria Barbara de Bragance  » par Domenico DUPRA

A l’époque où elle se marie, Domenico lui avait convolé en justes noces depuis peu avec  Maria Catalina Gentili. Il avait 42 ans, elle 16. Il avait quitté l’Italie et n’y retournera jamais plus.

La reine sera sa bienfaitrice, tout comme elle sera celle du castrat Farinelli, présent lui aussi à la Cour avec Domenico Scarlatti. Lorsque le roi va malheureusement sombrer dans une sorte de démence, seul Farinelli , en chantant, réussira à lui apporter la sérénité qui lui permettait de trouver le sommeil. Il deviendra d’ailleurs le responsable des œuvres lyriques à la Cour.

Scarlatti se tiendra un peu à l’écart des fêtes fastueuses organisées par Farinelli pour le couple royal. Mais il reste toutefois important  lui aussi, en tant que compositeur et professeur exclusif de la musique de la reine, musique dont l’exécution se faisait en privé, lors de soirées musicales qu’elle donnait dans ses appartements. Malgré tout l’attachement qu’ont pu avoir Scarlatti et Maria Barbara, celle-ci lèguera toutes ses partitions, livres de musique, et clavecins à Farinelli. Lui ne recevra qu’une bague.

C’est à Madrid qu’il composera, pour elle, 555 Sonates, des pièces courtes (1 à 7 minutes) sortes de miniatures pourrait-on dire (et pourtant tellement grandes !) écrites comme différents exercices terme donné par Scarlatti) pouvant enseigner de nombreuses choses  à sa brillante élève, laquelle était une claveciniste douée. Elles n’ont rien à voir avec des Sonates de type classique. C’est probablement ce qui les rends irrésistibles.

Ce sont  des pièces parfaitement équilibrées, inventives d’un point de vue harmonique, aux quelles on peut facilement attribuer tellement d’adjectifs : virtuoses, vivaces, espiègles, délicates, poétiques, touchantes, délicates, lumineuses, sensibles, sensibles, graciles, chantantes,  mais aussi vivaces, nerveuses, sans oublier fantaisistes, ne serait-ce qu’en raison de toutes les expérimentations pratiquées sur elles par le compositeur . Toutes différentes, d’une grande richesse instrumentale, mélodieusement italiennes, rythmiquement espagnoles.

Elles ont été composées à l’origine pour le clavecin, mais sont tout aussi délicieuses et un bonheur pour l’oreille lorsqu’elles sont  interprétées au piano. On peut également les entendre dans autres instruments comme le luth, la harpe, le violon, la flûte, la mandoline, la guitare et même l’accordéon.

Elles sont très recherchées par les pianistes pour la qualité de leur sonorité et le fait qu’elles sont très techniques.

( Vidéo : Glenn GOULD au piano – Sonate K.9)

(Vidéo : Vladimir HOROWITZ au piano / Sonate K.466)
(Vidéo : Mikhaïl PLETNEV au piano / Sonate K.141)

( Vidéo Emil GILELS au piano – Sonates K.141/K.518/K.32/K.466/K.533/K.27/K.125)

Concerto pour Hautbois …. Domenico CIMAROSA

(Vidéo :  » Larghetto/Introduction » Heinz HOLLIGER (Hautbois) – Accompagné par l’Orchestre de Chambre de Rome : I MUSICI )

Domenico CIMAROSA 1749/1801 (Tableau de Francesco Saverio CANDIDO)

« Les jours de bonheur vous appréciez Cimarosa » disait Stendhal à propos de ce compositeur né en 1749 dans une famille très modeste, fils d’un maçon et d’une femme de ménage, qui va montrer très jeune des dispositions incroyables pour la musique. Souhaitant pour lui le meilleur d’une bonne éducation, ses parents le confie à un religieux, organiste, qui va lui apprendre non seulement les bases de la musique, mais également la littérature ancienne. Il va parfaire ses bases au Conservatoire où, durant plus de dix ans, il suivra un enseignement de chant, violon, et clavier.

C’est un compositeur infiniment inventif, inspiré, ayant une parfaite maitrise de la forme, du chant et de la mélodie, qui s’est fait surtout connaitre pour ses opéras, deviendra un des grands représentants de l’École napolitaine . Il a également écrit de la musique instrumentale (plus de 80 sonates), des cantates, et un sublime Requiem.

Ce superbe et élégant Concerto fut arrangé, en 1942, par le compositeur et musicien australien Arthur Benjamin, à l’intention de l’hautboïste Evelyn Barbirolli, l’épouse du chef d’orchestre John Barbirolli . Il est constitué de quatre Sonates de Cimarosa qui deviendront les quatre mouvements de cette partition : Larghetto – Allegro – Siciliana – Allegro giusto. Le premier, le plus célèbre, est vraiment magnifique.

(Vidéo : « Allegro » -Heinz HOLLIGER (Hautbois) – Accompagné par l’Orchestre de Chambre de Rome : I MUSICI )
(Vidéo :  » Siciliana  » -Heinz HOLLIGER (Hautbois) – Accompagné par l’Orchestre de Chambre de Rome : I MUSICI )
(Vidéo :  » Allegro giusto  » -Heinz HOLLIGER (Hautbois) – Accompagné par l’Orchestre de Chambre de Rome : I MUSICI )