L’âge des pointes …

 » Depuis de nombreuses années, la pratique des pointes est un sujet récurrent. Il y a les Pour et il y a les Contre. Leurs arguments ont fait couler beaucoup d’encre, en particulier ceux des Contre. Je voudrais ici ramener ce débat à des considérations raisonnables et logiques !

D’abord pourquoi les pointes ? Tout simplement pour paraitre plus légère, du temps de Marie Taglioni, qui était soulevée par des câbles sur scène durant les ballets. Elle fut vraiment la première lors du ballet La Sylphide à s’affranchir totalement de ce soutien en s’élevant sur l’extrémité de ses orteils, dans des chaussons renforcés. Ensuite, Pavlova créa vraiment un chausson plus adapté. Mais là n’est pas mon propos.

J’ai commencé la danse à l’âge de 6 ans et lorsque j’ai eu 8 ans, mon professeur, Nina Séréni, danseuse Étoile en Italie, m’enseigna les premiers rudiments de la pratique des pointes ! Elle était exigeante et sévère, mais lorsque l’on était passionnée comme je l’étais, on acceptait facilement toutes les contraintes nécessaires à l’apprentissage de cet art magnifique ! Aussi ce fut sans problème que j’enfilai mes premiers chaussons. Nina m’a appris à monter sur pointes en me tenant à la barre. Uniquement des relevés sur les deux pieds en équilibrant la cheville bien droite, dans des chaussons qui maintenaient les orteils aloongés par une empeigne juste assez haute pour permettre l’émergence d’un joli cou-de-pied.

Le première année rien sur un seul pied. Uniquement des échappées et petites menées. Ensuite, et bien ensuite, ni déformation du pied ou de dos. Elle avait fait de moi une première danseuse. Alors, je pratique depuis 64 ans cet enseignement et je n’ai jamais eu le moindre problème.

Et c’est là que j’entend les Contre pour les pointes si tôt. Avant 12 ans ce n’st pas possible. Alors pourquoi 12 ans et pas 15 ou 16. D’après les Contre ce serait une question de croissance. Alors il faudrait donc attendre que la puberté soit passée.

Soyons sérieux. Dans les années 1970 avait lieu à Montpellier un grand stage de danse intitulé Eurodanse. Il invitait les plus grands professeurs du classique, du jazz et du contemporain. J’ai eu le grand bonheur de participer à l’organisation de cet évènement qui accueillait aussi des intervenants extérieurs pour des conférences. Le Professeur de médecine de l’Université de Montpellier : Pierre Rabischong, dont la réputation en matière de réadaptation et orthèses motorisées, fait autorité en la matière, nous avait fait l’honneur de venir nous parler de sa vision de la danse classique.

Il avait étudié le mécanisme du corps lors de la pratique de cette discipline et a affirmé qu’il n’y a pas de meilleur exercice pour le corps humain, si il est bien enseigné. Il a expliqué que la pratique des pointes, même jeune, ne présentait aucun danger car en équilibrant bien la cheville, la pointe, qui ne sollicite pas le tendon d’ Achille, est moins nocive que la demi-pointe qui risque, dans l’excès, d’hypertrophier les muscles. » Une opinion particulièrement intéressante exprimée par un médecin mondialement connu ses travaux sur le mécanisme du corps humain !

J’enseigne depuis 1959 et j’ai formé un grand nombre de danseurs garçons et filles qui ont fait de brillantes carrières, dansent encore et enseignent à leur tour en Europe et au-delà. Je n’ai jamais eu le moindre problème inhérent à la pratique des pointes. Certains enfants ont plus de facilités que d’autres pour danser sur les pointes. Un joli cou-de-pied naturel, bien que cela se travaille aussi, plus de force et le sens du mouvement. Cela s’appelle simplement : le Don !

Il y a en France et dans le monde beaucoup de très bonnes écoles et chaque professeur décide de sa façon d’enseigner. Loin de moi l’idée d’émettre un jugement et la réflexion que je vous soumets n’engage que mon expérience.  » Michèle LUCIBELLO (Danseuse française. Elle enseigna la danse dans son école Nemausa Nimes, maître de ballet à l’Opéra de Nîmes et du Languedoc, créatrice du Concours International méditerranéen du jeune ballet du Languedoc, fondatrice de différents stages de danse- Elle a 84 ans et elle est toujours très active dans le domaine de cet art qui reste pour elle une passion.)

La danse … Hugo MARCHAND

 » La danse ne se réduit pas à la maîtrise de son corps, d’une technique, de l’effort physique. Cette forme de dépassement de soi ne doit pas se percevoir sur scène. Ce que le public vient chercher et retient, c’est l’histoire, le charisme, la présence, la lumière, les émotions que le personnage transmet, distille. Mon envie en tant que danseur Étoile, c’est avant toute d’ouvrir la danse à un public qui d’habitude n’irait pas à l’Opéra, mais aussi de rendre accessible et faire rayonner cet art qui met tant de sens dans ma vie. » Hugo MARCHAND (Danseur Étoile français-Extrait de son livre Danser)

Hugo MARCHAND

Danser c’est …

 » Danser, c’est converser avec le déséquilibre; c’est épouser le grand vertige qui nous fait perpétuellement osciller entre la peur et le désir de tomber ; c’est assumer sa folie et exprimer sa liberté d’exister. » Jean-François VEZINA (Psychologue et écrivain canadien – Extrait de son livre Dansez avec le chaos : accueillez l’inattendu dans votre vie)

Dorothée GILBERT & Alessio CARBONE (Photo de Benoit PEVERELLI)

Musique & Danse …

 » Si la musique accompagne et nourrit la danse, la relation inverse est tout aussi vraie. La chorégraphie et le travail des danseurs habitent la musique. Il y a un enrichissement mutuel.  » Philippe-Marie CHRISTOPHE (Accompagnateur piano en danse classique au Conservatoire national supérieur de musique et de danse à Paris)

Danser c’est …

 » Danser c’est réactualiser les émotions vécues antérieurement. Tenir dans ses bras une femme, la faire tourner jusqu’au vertige, jusqu’à cet état altéré de conscience à deux, est une expérience sans pareille. » Rémi HESS (Historien, ethnographe et sociologue de la danse de couple, maître de conférence)

New York City Ballet

Danse et langage …

 » La vie est mouvement, la danse universelle. Thérapeutique dans son essence, elle convoque la partie sensible et vivante en chacun de nous. Cette partie désirable et aimable qui fait rayonner, avec grâce, notre réelle beauté. Notre corps créé de la pensée et la danse est son langage  » Dominique HAUTREUX (Psychologue clinicienne et danse thérapeute française)