La danse est toute ma vie …

« La danse est toute ma vie. Il y a une prédestination en moi, un esprit que tout le monde n’a pas. Je doit porter ce destin jusqu’au bout et, une fois que cela sera fait, je ne pourra plus revenir en arrière. C’est peut-être ma condamnation, mais c’est aussi mon bonheur. Si on me demandait quand j’arrêterais de danser, je répondrais quand j’aurai cessé de vivre. Ne soyez pas seulement un danseur, mais dansez ! Quiconque ne connait pas le plaisir d’entrer dans une salle avec des barres et des miroirs, ou s’arrête parce qu’il n’y a aucun résultat, n’est pas entré dans les profondeurs de la vie et l’abandonnera dès qu’il n’aura pas obtenu ce qu’il veut.

Je sais que je vais mourir parce que cette maladie ne pardonne pas et que mon corps est coincé dans un fauteuil roulant, que mon sang ne circule pas, que je perds du poids. Mais la seule chose qui m’accompagne est la danse. Je suis là et je danse avec mon esprit, je vole au-dessus des mots et de ma douleur. Je danse avec la richesse que je sais avoir et qui me suivra partout : celle de m’être donné la possibilité d’exister au-delà de la fatigue. Je remercie Dieu de m’avoir donné un corps pour danser afin de ne pas perdre même un court instant du merveilleux cadeau de la vie. » Rudolf NOUREEV (Danseur russe, chorégraphe, directeur de la danse à l’Opéra de Paris de 1983 à 1989)

Rudolf NOUREEV 1938/1993

Diriger une compagnie …

 » Diriger une compagnie comme celle de l’Opéra de Paris, avec plus de 150 danseurs, est un investissement au quotidien, et c’est très dur. Personnellement, j’ai toujours trouvé cela difficile. Les danseurs sont des êtres humains qui exercent un métier endurant et exigeant. Nous sommes et devons rester les meilleurs. Cela implique de gros impératifs, des obligations, qui rendent la fonction à la fois délicate et passionnante. » Brigitte LEFÉVRE( Directrice de la danse de l’Opéra de Paris durant plus de vingt ans)

Brigitte LEFÉVRE et le Ballet de Paris

Accompagnateur de la danse …

 » Dans un cours de danse l’accompagnateur à un rôle moteur. C’est un vrai challenge. Il faut être prêt à improviser, construire des ambiances, susciter des énergies, réagir vite si une proposition ne fonctionne pas. Il faut parvenir à improviser tout en maintenant le tempo et le rythme, sans quoi la « danse tombe » ! L’une des difficultés, pour les débutants, est de lâcher prise quant à leur technique : au départ c’est la clarté que l’on recherche ; le musicien doit alors apprendre à révéler toute la beauté de la simplicité. Ce qui ne l’empêchera pas, par la suite, de développer des improvisations extrêmement élaborées. Parallèlement, les accompagnateurs apprennent à apporter un soutien aux danseurs, ce qui implique de comprendre la durée et la qualité de leur phrasé. Ce travail est une école de rigueur, et, simultanément, une ouverture permanente : quand on improvise pour soutenir le mouvement des danseurs, on sort de soi-même, on est constamment emporté ailleurs. » Deborah SHANNON (Accompagnatrice au Conservatoire, formatrice d’accompagnateurs)

Danse & Acrobatie …

 » L’acrobatie et la danse classique exigent, dans une égale mesure, une technique que seuls dominent des professionnels hautement entraînés et qui tentent, chacun dans son domaine, de montrer quelque chose d’inhabituel ou d’extraordinaire. Pour le reste, leurs objectifs sont diamétralement opposés. Les acrobaties attirent l’attention par leur caractère difficile et dangereux. L’art, au contraire, cache tous les effets visibles. Son but n’est pas de produire des effets de gymnastique, mais de créer l’illusion d’un corps libre qui n’obéit pas aux lois de la gravitation. » Tamara KARSAVINA (Danseuse Étoile russe)

Photo de Stas LEVSHIN avec Irina PERREN et Marat SHEMIUNOV

On emploie souvent des hommes …

 » On emploie souvent des hommes pour des rôles de femmes dans le théâtre classique. Dans le ballet classique cela arrive aussi parfois que des hommes se travestissent. Si on le fait, c’est que l’on a, sans doute, trouvé que les hommes étaient probablement plus aptes à montrer leur grossièreté ! C’était une façon de polariser le féminin et le non-féminin et mettre l’œuvre en valeur. » Stijn CELIS (Danseur et chorégraphe belge)

Sur la photo : Will TUCKET dans le rôle de la mère Simone / Ballet La fille mal gardée/ Version Frédéric ASHTON pour le ROYAL BALLET de LONDRES