Alessandra FERRI …

 » Il vaut mieux se concentrer sur le côté positif des choses. Si, à plus de 50 ans, vous prétendez être comme à 30 ans, vous avez déjà perdu et vous serez inévitablement frustrée et peu sure de vous. Vous pouvez avoir plus de 50 ans et être gagnant. J’ai, à l’heure actuelle, une connaissance de mon corps que je n’avais pas lorsque j’était plus jeune. Je connais tous mes tendons, muscles, articulations, et je sais jusqu’où je peux les pousser. J’ai moins d’endurance et j’ai besoin de plus de temps pour récupérer entre les répétitions, mais, d’un autre côté, j’ai besoin de moins de temps pour faire de l’exercice grâce à mon expérience. Ce qui aide à compenser.

Quand j’avais 20 ans, je ne me suis jamais sentie réellement prête. J’étais vulnérable. Je le savais et je souffrais de ce sentiment. En mûrissant, en vieillissant, j’ai pensé :  » pourquoi me sentir mal ?  » J’ai gardé en moi ce côté vulnérable, oui, mais c’est merveilleux aussi parce que c’est aussi ce qui fait de moi ce que je suis lorsqu’il est associé à mon côté fort, mon côté heureux ou triste. Une fois que j’ai appris à assimiler ces différentes facettes, ce clair-obscur, avec joie, et que les diverses pièces se sont emboîtées, j’ai trouvé mon équilibre.

La fragilité nous affecte tous. Ne pas pouvoir y faire face ou la laisser partir, c’est là que nous devenons fragiles. Faire face donne un pouvoir immense et vous libère. Cela a changé aussi mon rapport avec la scène. J’ai perdu la peur de la scène et désormais je ne me torture plus. J’ai prouvé ce que je valais par le passé et maintenant chaque spectacle est pour moi un cadeau. Je l’aborde avec sérénité et gratitude, consciente que je continue à réaliser mes rêves d’enfant.

J’ai arrêté de danser pour me consacrer à ma famille, à mes enfants, mais au bout de quelques années, tout est redevenu clair : j’étais une mère, une épouse, mais au fond de moi, au plus profond de mon âme, j’étais une danseuse. C’est là que je pouvais briller. C’est pourquoi finalement je n’ai pas vu mon retour à la danse comme un retour, mais plutôt comme un pas en avant. J’avais surtout envie d’être moi-même, à savoir une femme qui danse. » Alessandra FERRI (Danseuse Étoile italienne, chorégraphe)

Alessandra FERRI / Photo de Yumiko INOUE Photography

Étoile …

 » Étoile c’est la récompense d’un travail et d’une passion qui finissent par payer. On y pense et cela finit par arriver un jour. Ce fut long en ce qui me concerne, mais je n’ai jamais perdu, en tous cas, ce grand amour de la danse et de la recherche des gestes toujours justes de mon corps. C’est ce qui, en fait, m’a décidé un jour à choisir ce métier. Je continuerai à garder cette flamme et mon instinct, toucher par la poésie plus que par la performance, même si elle semble essentielle pour me pousser à donner encore davantage. » Isabelle CIARAVOLA (Danseuse Étoile de l’Opéra de Paris)

Isabelle CIARAVOLA

A propos de la scène …

 » Entrer sur scène est une demande d’amour. Sur scène il faut du réel et il faut de la joie.  » John MILLONGTON-SYNGE (Poète et dramaturge irlandais)

« Qu’importe la salle, la scène et ce qui va se passer sur la scène. L’essentiel étant que quelque chose va se passer.  » Andreï MAKINE (Écrivain français)

Musicalité & Danse …

 » Vous entendez souvent dire d’une chorégraphie qu’elle est musicale. Généralement on entend par là qu’elle est rythmique, en mesure. Sans parler de la tentation de faire des pas sur des notes. Beaucoup de chorégraphes ne discernent pas la structure de la musique, con caractère profond. Il ne faut pas nécessairement savoir jouer d’un instrument, ni même savoir déchiffrer une partition pour faire un ballet. Il faut, en revanche, connaître la musique de manière sensible et la vivre totalement, pas comme un simple soutien rythmique, ni comme un bain émotionnel général. La musicalité, c’est vivre la musique en la ressentant pleinement, en étant totalement investi par elle, par son caractère, en la laissant vous pénétrer jusqu’à la moelle. « Jiri KYLIAN (Danseur et chorégraphe tchèque)

Photo de Jack DEVANT avec Sabina YAPPAROVA & Marat SHEMIUNOVBallet « Multiplicity. Forms of Silence and Emptiness « (Formes du silence et du vide) /Passage Le compositeur)