Copier les anciens …

 » On est généralement d’accord qu’il n’y a point de honte à copier les anciens. Leurs œuvres sont considérées comme une réserve commune, toujours ouverte au public, où chacun peut prendre ce qui lui plait et qui nous devient propre à tous égards, pourvu que l’on ait l’art d’en user. » Joshua REYNOLDS (Peintre anglais, essayiste, graveur. Co-fondateur et premier président de la Royal Academy )

Jean-François MILLET …

 » Il en est qui me disent que je nie les charmes de la campagne. J’y trouve bien plus que des charmes : d’infinies splendeurs. J’y vois, tout comme eux, les petites fleurs dont le Christ disait : « Je vous assure que Salomon même dans toute sa gloire, n’a jamais été vêtu comme l’une d’elles. » Je vois très bien les auréoles des pissenlits, et le soleil qui étale là-bas, bien loin par delà les pays, sa gloire dans les nuages. Je n’en vois pas moins dans la plaine, tout fumants, les chevaux qui labourent ; puis, dans un endroit rocheux, un homme tout errené, dont on a entendu les han ! depuis le matin, qui tâche de se redresser un instant pour souffler. Le drame est enveloppé de splendeurs. Cela n’est pas de mon invention, et il y a longtemps que cette expression « le cri de la terre » est trouvée…… A vrai dire, les sujets paysans conviennent le mieux à ma nature, car je dois avouer, au risque que vous me preniez pour socialiste, que le côté humain est ce qui me touche le plus dans l’art. La chose la plus gaie que je connaisse, c’est le calme, le silence, qui sont si délicieux, tant dans la forêt que dans les champs cultivés, que le sol soit cultivable ou non. Vous avouerez qu’il vous donne toujours une sensation très rêveuse, et que le rêve est triste, quoique souvent très délicieux.  » Jean-François MILLET (Propos tenus dans des correspondances adressées en 1850 et 1863 au marchand d’art, critique et historien de l’art Alfred SENSIER )

Jean-François MILLET (1814/1875)- Photo prise par NADAR entre 1856/58

L’intérêt dans une toile… par Alfred SISLEY

Alfred SISLEY (1839 /1899)

 » L’intérêt dans une toile, vous le savez, est multiple. Le sujet, le motif, doit toujours être rendu d’une façon simple, compréhensible, saisissante pour le spectateur. Celui-ci doit être amené, par l’élimination des détails superflus, à suivre le chemin que le peintre lui indique, et voir, tout d’abord, ce qui a empoigné l’exécutant.

Après le sujet, une des qualités les plus intéressantes du paysage est le mouvement, la vie. C’est aussi une des plus difficiles à réaliser. C’est l’émotion de l’exécutant qui donne la vie, et c’est avec cette émotion qu’il éveille celle du spectateur. Il faut que les objets soient rendus avec leur texture propre. Il faut encore (et surtout) qu’ils soient enveloppés de lumière, comme il le sont dans la nature. Voilà le progrès à faire. En est-il de plus magnifique, et de plus mouvementé, que celui qui se reproduit fréquemment en été ? Je veux parler du ciel bleu avec les beaux nuages blancs baladeurs. Quel mouvement ! Quelle allure n’est-ce-pas ?

Il fait l’effet de la vague quand on est en mer. Il exalte, il entraine. Un autre ciel : celui-là le soir plus tard. Ses nuages s’allongent, prennent souvent la forme des sillages, des remous qui semblent immobilisés au milieu de l’atmosphère. Puis, peu à peu, disparaissent, absorbés par le soleil couchant. Celui-là est plus tendre, plus mélancolique. Il a le charme des choses qui s’en vont, et je l’aime particulièrement. Mais je ne veux pas vous raconter tous les ciels chers aux peintres. Je ne vous parle que de ceux que je préfère entre tous. J’appuie sur cette partie du paysage, parce que je voudrais vous faire bien comprendre l’importance que j’y attache. Comme indication : je commence toujours une toile par le ciel. » Alfred SISLEY (Peintre anglais – Propos tenus Sisley dans une lettre adressée en 1892 à l’écrivain, critique d’art, collectionneur et journaliste français Adolphe TAVERNIER – Ce dernier fut l’un de ses proches et l’un de ses plus fervents collectionneurs. Il dira de lui qu’il fut  » un magicien de la lumière, un poète des ciels, des eaux, des arbres, en un mot un des plus remarquables paysagistes de nos jours » .

 » La Seine à Bougival  » Alfred SISLEY
« La baie de Langland » Alfred SISLEY
 » La prairie à Veneux Nadon  » Alfred SISLEY
« Le printemps avec des acacias » Alfred SISLEY
« Pont de Moret au coucher du soleil «  Alfred SISLEY

La musique … par Murray PERAHIA

 » La musique est toute ma vie, au sens plein du terme, pas seulement ma carrière. En jouant je cherche d’abord un son. Je veux obtenir un piano chantant, un jeu cantabile. Tout doit paraitre normal et naturel. Cela peut sembler un cliché, mais c’est fondamental. La musique doit être immédiatement accessible, même si tout le monde ne la perçoit pas au même niveau. Il y a une vingtaine d’années on a découvert une déformation osseuse à l’un de mes pouces et je souffre, par intermittence, d’inflammations. J’ai bien cru, très souvent, ne plus pouvoir jouer, d’autant que la dernière fois a duré plus d’un an. Puis mes capacités sont revenues. Moi j’ai vécu l’enfer ! Mon entourage me disait  » si tu ne peux plus jouer du piano, tu te concentreras sur la direction d’orchestre … » Mais je n’envisageais pas les choses ainsi car sans mon piano, rien n’est possible pour moi.

Lorsque j’ai débuté dans les années 60, on entendait beaucoup de virtuoses au jeu mécanique. C’est moins le cas aujourd’hui et c’est une bonne chose. Cependant, je vois aussi un danger : la jeune génération veut aller trop vite et pas assez au fond des choses. Elle a souvent tendance à exprimer systématiquement ses sentiments à travers la musique. Il faut le faire bien sur, mais uniquement par le prisme du compositeur. Dans tous les domaines on cherche la gratification immédiate et par conséquent la simplification à outrance. Pourtant il faut préserver la musique classique car elle est l’incarnation de la démocratie.  » Murray PERAHIA (Pianiste et chef américain)

Murray PERAHIA

Les doigts et le piano …

CHOPIN MAIN
Moulage de la main gauche de Frédéric CHOPIN par Auguste CLÉSINGER –  » La main gauche c’est simplement le maître de chapelle. Elle ne doit jamais fléchir. C’est une véritable horloge. Quand à la droite, faites-en ce que vous voulez et ce que vous pouvez“ Frédéric CHOPIN (Compositeur polonais, pianiste virtuose)

 » Pendant longtemps, les pianistes ont travaillé contre la nature en cherchant à donner une sonorité égale à chaque doigt. Au contraire, chaque doigt devrait avoir sa propre partie. Le pouce a la plus grande force, parce qu’il est le plus gros et le plus indépendant des doigts. Vient ensuite le cinquième, à l’autre extrémité de la main. Puis l’index, son support principal. Enfin, le troisième, qui est le plus faible des doigts. Quant à son frère siamois, certains pianistes essaient, en y mettant toute leur force, de le rendre indépendant. C’est chose impossible et vraiment inutile. Il y a donc plusieurs espèces de sonorités, comme il y a plusieurs doigts. Il s’agit d’utiliser ces différences. Et ceci, en d’autres mots, est tout l’art du doigté.  »  Frederic CHOPIN (Pianiste et compositeur polonais) .

La peinture …

 » La peinture est , avant toute chose, une expression de la vie : pour certains, elle s’exprime par des mouvements expansifs, le jaillissement dans l’espace ; pour d’autres, elle traduit au contraire les forces secrètes et s’ouvre sur l’invisible et son mystère.  » René HUYGHE ( Fut conservateur au musée du Louvre de Paris, historien de l’art, écrivain, psychologue en art , professeur au Collège de France et académicien français.)

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 » Allégorie de la peinture  » – André Charles VAN LOO

Quand j’écris un opéra …

 » Quand j’écris un opéra, je cherche avant tout à être sincère, à être vrai, à donner de toutes mes forces, et par tous les moyens, le sens de la vie. L’inspiration est un éveil, une évasion de toutes les facultés humaines, et se manifeste dans toutes les grandes réalisations artistiques. ».«  Giacomo PUCCINI (Compositeur italien)

Giacomo PUCCINI 1858/1924

Que je suis heureux …

 » Que je suis heureux dès que je peux errer dans les taillis, dans les forêts, les herbes, les rochers ! Aucun homme ne saurait aimer la campagne autant que moi … Je préfère un arbre à un homme. Dans cet environnement, la surdité cesse de me déranger. A la campagne chaque arbre semble vouloir me parler, semble me dire :  » bienheureux, bienheureux ! ». Les forêts possèdent un charme capable de tout exprimer. » Ludwig V.BEETHOVEN (Compositeur, pianiste et chef d’orchestre allemand)

 » Beethoven dans la nature  » – Portrait anonyme