Un livre en voyage …

« Quand tu emportes un livre en voyage, il se passe quelque chose d’étrange. Le livre se met à rassembler tes souvenirs, et plus tard, il suffit que tu l’ouvres pour te retrouver à l’endroit même où tu l’avais lu. Dès les premiers mots tout revient : les images, les odeurs, la glace que tu mangeais alors … Crois-moi, les livres sont comme le papier dont on se sert pour attraper les mouches. Les souvenirs n’adhèrent nulle part aussi bien que sur des feuilles de papier imprimé. » Cornelia FUNKE (Écrivain, illustratrice allemande – Extrait de son livre Cœur d’encre)

Cornelia FUNKE

Tout livre est un jardin …

« Les yeux du lecteur sont deux petits génies qui cherchent les fleurs spirituelles pour les offrir à ses pensées. Tout livre est un jardin. Heureux celui qui sait le cultiver et bienheureux celui qui coupe ses roses pour en nourrir son âme ! Les lampes de l’imagination s’allument en recevant le baume parfumé de l’émotion. » Federico GARCIA LORCA (Poète et dramaturge espagnol, prosateur, pianiste, compositeur – Extrait de son livre Impressions et paysages-Proses diverses paru en 1958)

Une librairie …

 » Le plus dur aujourd’hui c’est de pousser la porte d’une librairie. Parce que ce lieu impressionne encore. C’est normal puisque c’est un endroit magique. Les textes qui suivent sont là pour vous aider à accomplir un acte d’une liberté et d’une audace folles. Une librairie c’est l’endroit où l’on pense trouver ce que l’on cherche et dont on ressort souvent avec les livres auxquels on avait jamais songé.

Le livre que vous tenez entre les mains est une ode au plus beau métier du monde. Une reconnaissance de dette par des écrivains conscients que les artisans de leur réussite sont aussi ceux qui permettent à une œuvre de papier de survivre au sein de cette jungle moderne qu’est devenue la vie. Car il ne suffit pas d’être publié pour être lu. Soyons honnêtes : il n’y a pas de livre sans librairie, pas d’écrivain sans librairie. » François BUSNEL (Journaliste, critique littéraire, producteur et animateur de radio et de télévision français – Extrait de son livre Lettres à mon libraire)

Chaque fois que j’ouvre un livre …

» Chaque fois que je saisis un volume et l’ouvre, il s’échappe d’entre les pages un parfum du temps passé. Les connaissances profondes , les émotions intenses qui reposent derrière les couvertures ont une odeur particulière. » Haruki MURAKAMI ( Ecrivain japonais contemporain )

 » La liseuse  » Jean-Honoré FRAGONARD

Lire au jardin …

 » D’où vient que lire au jardin procure un plaisir à nul autre pareil ? Assis sur un banc de bois ou une chaise de fer, à l’ombre de ce tilleul, près de ce massif qui embaume et qui bruisse, je suis le cortège silencieux des mots qui se faufile dans la palpitation du soleil et l’agitation des feuilles.

Et voilà que ces mots paisibles m’entraînent dans leur promenade. Ils ne sont plus tout à fait les mêmes. On pourrait les croire soulagés de l’obligation de nommer, plongés dans une espèce de rêverie heureuse. Ni la lumière, ni le parfum des fleurs, ni le chant des oiseaux, ni même le calme du lieu, ne suffit à expliquer ce bonheur de lecture, non plus que l’oisiveté confiante que semble retrouver la langue.

Lus dans le calme d’un jardin, les mots sont comme nous : ils se plaisent au monde ; il s’y reposent et s’en délectent, au lieu de l’affronter. Oui, il peut arriver qu’eux aussi soient heureux, et c’est le cas en cet endroit ! Le bonheur n’est-il la résultante d’une certaine conjoncture : un ensemble de circonstances, un concours de faveurs, une qualité d’harmonie ?

On dit parfois de certains dons que ce sont des cadeaux du ciel. Lire dans un jardin est un cadeau terrestre. Une sensation de surabondance s’attache au simple fait d’être simultanément présent au monde et à la langue. Assis un livre entre les mains, c’est comme si je me trouvais deux fois accueilli et deux fois protégé : entouré de signe, entouré de fleurs. Lire est alors une manière de se rapprocher, non de s’enfuir. Descendre mot à mot dans la substance du sensible. Tout à la fois enclos et délivré. Vivant dans l’entrouvert du livre et du jardin …  » Jean-Michel MAULPOIX (Écrivain et critique littéraire français)

Tableau Franck BRAMLEY

Lire …

« Il suffit de lire un bouquin par mois pour avoir des manies, des préférences. Tout est plaisir, tout fait problème. Préfère t-on lire couché ou assis ? Assis dans un fauteuil ou sur une chaise ? User d’un marque-page ? Emprunter ? Prêter sans espoir de retour ? Se fier aux critiques, n’écouter que ses amis ou son flair ? Engranger encore, toujours, au risque de devoir déménager ? Le livre ne sollicite pas seulement l’intelligence, la vue, mais l’ouïe, l’odorat, le toucher, les muscles, les nerfs, la mémoire et l’oubli, le cœur, le temps et l’espace. Le livre peut envahir la vie domestique, amoureuse, familiale, amicale, professionnelle. Toute bibliothèque est une sorte d’autobiographie d’un couple, d’une tribu d’amis, d’une confrérie de lecteurs où chacun peut se retrouver. » Annie FRANCOIS (Auteure française / Extrait de son livre Bouquiner-Autobiobibliographie)

« La lectrice  » Giovanni CINISELLI

Les livres ne remplacent rien …

« Les livres ne remplacent rien. Ils ne sont le substitut de rien, ni des honneurs, ni de l’argent, ni des places, ni de la culture, ni des accomplissements personnels, des satisfactions privées, mais rien ne remplace les livres, rien ne peut se substituer à eux. Sans les livres, toutes les vies sont des vies ordinaires. » Danièle SALLENAVE (Écrivain, française, membre de l’Académie française)

Danièle SALLENAVE

Fermer un livre …

 » Fermer un livre n’est pas moins émouvant que de l’ouvrir, car chacun de ces deux gestes marque ce qui, dans le contenu du livre, est irrémédiable. Tout ce qui se passe entre les deux couvertures relève du possible, et du contingent. Tout peut arriver à l’intérieur d’un livre : les rêves les plus fous et les plus grandes extravagances. Mais attention, une fois que vous l’aurez fermé, son pouvoir est perdu comme la lampe d’Aladin. Un livre n’est écrit qu’une seule fois. Mais toute lecture le fait renaître chaque fois sous une forme différente.  » Michel MELOT ( Conservateur général des bibliothèques, historien de l’art – Extrait de son ouvrage : Livre)

Illustration : Jonathan WOLSTENHOLME