Luisa CASATI de Gabriele à Romaine en passant par Kees et Augustus …

La marquise Casati en 1908 par Giovanni BOLDINI

 » Luisa Amman, richissime héritière issue de la bourgeoisie industrielle milanaise, fut l’épouse du marquis Camillo Casati Stampa di Soncino en 1900, avant de rencontrer le célèbre poète Gabriele d’Anunzio ( 1863-1931) à qui elle inspirera plusieurs sonnets et qui demeurera jusqu’à sa mort un ami fidèle. En devenant son amant au vu et au su et tous en 1903, Luisa Casati s’affranchit des conventions sociales et s’attache, dès lors, à construire le personnage de la Casati avec ses cheveux courts teints en rouge, son teint blafard, ses yeux cerclés de khôl aux pupilles dilatées sous l’action de la belladone. Mondaine excentrique, chacune de ses apparitions est une performance . Vêtue de tenues extravagantes, elle se promène tantôt avec un boa constrictor, un perroquet, un lévrier teint en bleu ou des guépards tenus en laisse. Elle passe sa vie en fêtes somptueuses où elle fait montre d’un art incomparable du déguisement, de l’exhibitionnisme et de la mise en scène, passant commande de costumes les plus fous auprès de Léon Bakst, Paul Poiret ou Pablo Picasso.

Gabriele d’ANUNZIO
Luisa CASATI en 1913 habillée par Paul POIRET
Luisa CASATI portant le costume de  » Reine de la nuit » dessiné pour elle en 1922 par Léon BAKST

A Venise elle fait l’acquisition du Palazzo Venier dei Leoni, qu’elle rénove et où elle installe sa collection d’objets hétéroclites. Elle y reçoit peintres, poètes et danseurs tels Isadora Duncan, Vaslav Ninjinski. Muse et mécène prolifique, elle fait exécuter au fil des ans quelques cent trente portraits d’elle-même, réalisés au cours de pose dont elle contrôle les moindres détails. En 1914, elle croise au Bateau-Lavoir,  Paris, le Néerlandais Kees Van Dongen ( 1877-1968) qu’elle embauche pour sept portraits ( commande colossale pour ce peintre qui vit alors dans le plus complet dénuement) . Grâce à cette ambassadrice pair devenue aussi sa maîtresse, Van Dongen fait une ascension fulgurante, devenant le portraitiste du Tout-Paris.

Kees VAN DONGEN
Luisa Casati 1920 par Kees VAN DONGEN

A l’issue de la première guerre mondiale, qui semble l’avoir peu affectée, elle rencontre Augustus John ( 1878-1961) chez la duchesse de Gramont, qui devient à son tour son amant. Il réalise en 1919 un portrait aujourd’hui conservé à l’Art Gallery d’Ontari

Augustus JOHN
Portrait de Luisa CASATI par Augustus JOHN

A Capri, l’île des amours marginaux et homosexuels, elle rencontre en 1920 Romaine Brooks ( 1874-1970) qui avait été brièvement l’amante de d’Annunzio. Dès quelques mois passionnels et intenses que durera la liaison entre Luisa et Romaine  , demeure le portrait que Romaine Brooks conservera jusqu’à la fin de sa vie et sur lequel la Casati apparaît nue, aussi inquiétante qu’ensorcelante. Elle s’installera ensuite à Paris et contribuera à la carrière de Man Ray .

Romaine BROOKS
Luisa CASATI par Romaine BROOKS

Dix ans plus tard, la marquise, ruinée et assaillie par les créanciers, voit tous ses biens vendus aux enchères et sa collection disséminée. Le bal des tableaux célèbres donné par le comte et la comtesse de Beaumont sera le dernier de la Casati qui n’apparaîtra plus jamais sur la scène de la vie mondaine. » Claire BONNEVIE (Écrivain française)

Pour sa collection 2007/2008, John GALLIANO avait choisi le thème Luisa CASATI

Ginger & Fred …

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Neuf films musicaux ensemble de 1933 à 1939  – Neuf succès avec, à la base,  toujours la même histoire –  Le public se moque complètement  du sujet car ce qu’il aime surtout c’est les voir danser ensemble et il  et en redemande.

Fred Astaire , dit le dandy de l’apesanteur, est un danseur né, distingué, une des carrières la plus longue dans le domaine de la comédie musicale, un élégant de la danse. Gene Kelly disait de lui « Astaire c’est la classe, le Cary Grant de la danse !  » – Excellent danseur, enchantant l’espace autour de lui, doué pour les claquettes également, chanteur, musicien, un vrai perfectionniste variant de la virtuosité à la fantaisie. Il a toujours su mettre en valeur ses partenaires féminines –

Ginger Rogers a débuté en 1925 en duo avec son premier mari Jack Pepper. C’était une ambitieuse actrice qui s’est faite remarquer en étant une chorus-girl du chorégraphe américain Busby Berkeley . Elle a du swing, elle est jolie, mais surtout elle en veut ! Et même si comparée à d’autres, elle n’a pas toujours été donnée ( au départ )  comme étant la meilleure partenaire qu’il ait pu avoir techniquement parlant.Au fil du temps, et à force d’un travail acharné, elle se révèlera comme la plus parfaite –  Elle a su faire exister ces personnages. En plus elle était caustique, ironique, provocatrice, séductrice et Fred Astaire adorait cela parait-il ! Ils se titillaient sans cesse, avaient de vraies disputes, mais leurs réconciliations dansées étaient franchement magnifiques à voir.

Leur duo a eu du panache, il  a été virtuose, harmonieux, magique, à l’aise quelles que soient les exigences et la complexité des chorégraphies. Ensemble ils ont révolutionné l’art du couple en danse dans le cinéma. Ils se quitteront en 1939 lorsque Fred Astaire mettra fin à sa collaboration avec la RKO mais ils se retrouveront dix ans plus tard pour un dixième film : Entrons dans la danse (The Barkleys of Broadway) 

( Vidéo : Swing Time – 1936 un film réalisé par George STEVENS )

( Vidéo : Shall we dance – 1937 – un film réalisé par Mark SANDRICH )

( Vidéo : The barkleys of Broadway – 1949 – un film réalisé par Arthur FREED )

Victorine & Édouard …

 » Le destin de Victorine Meurent, modèle fétiche et complice d’Édouard Manet tout au long de sa carrière de peintre, ressemble à un roman. Engagée très jeune en tant que modèle dans l’atelier de Thomas Couture, elle y rencontra certainement Manet qui étudiait le dessin auprès du maître. Il aurait été frappé par Victorine, à la beauté insolente et à la nature si libre.

Peut-être amant de Victorine, amoureux légendaire des femmes ( «  la présence d’une femme, n’importe laquelle , le remettait d’aplomb  » disait de lui son ami Antonin Proust) , il s’attache à elle, lui trouvant toutes les qualités qu’il réclame d’un modèle. Victorine, en effet, n’était pas comme ces jeunes filles, un peu libertines, qui gagnaient quelques sous en posant nues dans les ateliers. Elle a une vraie vocation de peintre et entend, elle aussi, faire carrière. De caractère fantasque, elle a coutume de traiter d’égal à égal avec ceux qui la font poser. Victorine fut donc le modèle de Manet dès ses débuts c’est-à-dire à partir des années 1860.

Leur histoire commence en 1862 quand Manet réalise plusieurs toiles dont elle est le motif majeur. On reconnait son visage un peu secret, le regard perçant, presque provocant, les lèvres fines. C’est un étrange mélange de sensualité cérébrale et physique qui laisse deviner un tempérament ardent et mystérieux. Tout en elle promet des rêveries intenses et, en même temps, elle sait créer une sorte de distance que Manet établit toujours dans ses toiles.  Il exécute ainsi plusieurs œuvres, toutes dénigrées par la critique. Il faut dire que Victorine, qui n’a pas hésité à se travestir en homme, apparaît dans une parodie de l’époque tauromachique de Goya, Mademoiselle Victorine en costume d’espada ( 1862). Elle est dans l’arène absente d’elle-même, ne se mesure guère au taureau, mais, tournée vers le spectateur, le regarde avec provocation, presque comme une invitation à le rejoindre.

MANET victorine en costume d'espada
 » Victorine en costume d’espada  » – 1862 – Edouard MANET

Manet la peint telle qu’elle est, de sorte que Victorine envahit l’œuvre, comme sa représentation privilégiée et imaginaire de la femme. C’est ainsi qu’elle sera le motif central de deux tableaux qui feront scandale : le Déjeuner sur l’herbe ( 1863 ) et Olympia  (1863) – Victorine y apparaît nue, souveraine et offerte, livrée au désir des hommes et l’assumant. Son regard impudent défie le spectateur, il le sollicite, l’invite à rejoindre les deux hommes auprès desquels elle pique-nique, ou bien la couche de la maison close où elle est allongée.

MANET Déjeuner sur l'herbe
 » Le déjeuner sur l’herbe  » – 1863 – Edouard MANET
MANET Olympia
 » Olympia  » – 1863 – Edouard MANET

C’est à cette époque que Manet épouse Suzanne Leenhoff, la grosse Suzanne comme la surnomme méchamment Berthe Morisot, Elle aussi posera pour son mari, mais Manet lui accordera toujours les qualités présumées de la mère et de l’épouse. Elle est peinte dans des situations bourgeoises et impressionnistes. Que ce soit dans Suzanne Manet au piano ( 18689/69) ou dans La Lecture ( 1865) les scènes sont touchantes et familiales, quoique traitées avec la vigueur que Manet mettra dans toutes ses toiles.

Mais sa véritable nature, sauvage et audacieuse, il la transmet dans les toiles où Victorine apparaît triomphante. Elle éveille en Manet des désirs plus secrets, plus troubles. Il est là, d’ailleurs, près d’Olympia, sur son lit, en la personne  du chat noir, queue dressée, regard de braise, comme pour dire qu’il n’est plus question de petit chien charmant plongé dans un profond sommeil, mais d’un chat menaçant, prêt à bondir.

La légende veut qu’en 1862, Manet ait essayé un refus en demandant à une femme qui chantait la nuit dans les rues de Paris de poser pour lui :  » Si elle ne veut pas, j’ai Victorine ! «  aurait-il dit … De fait, son modèle préféré endosse sans hésiter le rôle de la Chanteuse de rue .Elle le fait avec cette  ambiguïté et ce port de reine qui la caractérisent, donnant ainsi à Manet l’occasion de réaliser l’un de ses plus beaux portraits. Elle posera aussi pour La Femme au perroquet en 1866.

CHANTEUSE DE RUE MANET
 » La Chanteuse de rue  » – 1862 env. Edouard MANET
MANET femme au perroquet
 » La Femme au perroquet  » – 1866 – Edouard MANET

Quoi que fasse Victorine, fugues, disparitions, infidélités avec d’autres peintres, Manet sut toujours regagner ses faveurs. Celle qu’il avait rencontrée alors qu’il n’était qu’un simple garçon d’atelier, trône désormais sur ses toiles dans toute sa force intérieure malgré les sarcasmes : «  l’odalisque au ventre jaune  » ou bien  » la courtisane «  – Elle est certes tout cela à la fois, mais Manet lui porte une affection sincère. Douée pour la peinture, elle fut à l’école du maître et au premier rang.

Une dernière fois, il fera appel à elle pour poser pour Le Chemin de fer en 1873, dix ans après les œuvres scandaleuses qui avaient scellé leur collaboration artistique. Mais cette fois-ci, Manet, sous couvert de peindre un fleuron de la modernité ( le chemin de fer ) et la nouvelle cité ( le Paris de Haussmann ) réalise une scène nostalgique : une femme, Victorine, très reconnaissable là encore, regarde celui qui peint. Elle a l’air de l’interroger sur ces années écoulées. A ses côtés une petite fille, le dos tourné, s’accroche à une grille pour voir passer un train qu’on devine au fond de la toile.

MANET le chemin de fer
 » Le Chemin de fer  » – 1873 – Edouard MANET

Manet qui vivait à cette époque rue de l’Europe, tout près de la nouvelle gare, dut emprunter cette rue longée de grilles que Caillebotte et Monet arpentèrent à leur tour. Ironie du destin Le Chemin de fer sera accepté au Salon la même année. Après cette œuvre, Manet inaugure une autre période. Désormais il plantera son chevalet dans la nature, se passionnant pour les natures mortes.

Pendant ce temps de la consécration et de la gloire enfin acquise, Victorine sombre dans la misère. Oubliée de tous, son travail de peintre méprisé, elle en est réduite à vendre ses dessins aux passants, s’adonne à l’alcool comme une héroïne de Zola et telle Nana, fréquente davantage les assommoirs que les ateliers d’artiste. Celle que l’on avait surnommé La Cocotte se livre à présent à la prostitution pour survivre et mourra en 1927 dans l’indifférence générale. Ses tableaux qui avaient pourtant connu quelque succès, s’égarèrent dans le temps. On ne lui en connait aujourd’hui plus qu’un , pieusement exposé au musée des Beaux Arts de la ville de Colombes dont elle était originaire.  » Alain VIRCONDELET ( Auteur français, universitaire  et docteur en histoire de l’art et des mentalités )

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 » Le jour des rameaux  » – de Victorine MEURENT – Vers 1880

Edith & Marcel …

(Vidéo : « L’hymne à l’amour » Edith Piaf)

« Si un jour la vie t’arrache à moi, si tu meurs que tu sois loin de moi, peu m’importe si tu m’aimes car moi je mourrais aussi …  » L’hymne à l’amour est une chanson qui fut dédiée à Marcel CERDAN – Les paroles sont de la chanteuse et la musique de Marguerite MONNOT.

« La liaison entre le roi de la boxe et la reine de la chanson a duré à peine deux ans. Edith Piaf ne se remettra jamais de cette histoire d’amour défendu, trop vite transformé en tragédie. En 1947, celle que l’on appelle La Môme Piaf part conquérir, sur scène, le public américain aux côtés des Compagnons de la Chanson. Cette année-là, elle rencontre Marcel Cerdan. L’amour a toujours été le moteur de la chanteuse, mais avec le boxeur elle est prête à aimer éperdument … Jusqu’au désespoir.

Marcel Cerdan était une véritable idole de l’après-guerre. Il fut surnommé le Bombardier marocain grâce à la puissance phénoménale nichée dans ses poings. Il vivait à Casablanca au Maroc avec sa famille, son épouse Marinette avec lequel il était marié depuis deux ans, et leurs deux fils. Avec Piaf, il va nimber sa légende d’une aura romantique.

Édith & Marcel

Edith Piaf embarque pour les États-Unis en octobre 1947. Quelques jours avant la première du spectacle qui doit avoir lieu à Broadway, elle déjeune dans un restaurant français avec des amis. Un invité les rejoint : Marcel Cerdan. Le boxeur s’entraîne pour décrocher le titre de champion du monde.

Pendant le repas, il se laisse bercer par le son de sa voix. Pour ce champion d’Europe des poids moyens, être assis à la table de l’une des plus grandes chanteuses de tous les temps, est un honneur. Le groupe prend rendez-vous pour dîner ensemble dès le lendemain. Trois se décommanderont. Piaf et Cerdan se retrouveront seuls. Le jeune boxeur doit choisir le restaurant. Persuadée qu’elle va être conviée dans un endroit chic, n’ayant pas encore conscience du sentiment qui s’empare d’elle, Édith se pare de ses plus beaux atours. C’est sans connaître l’extrême modestie du jeune boxeur !

Elle va se retrouver dans une sorte de drugstore, juchée sur un tabouret de bar, à tenter de manger un misérable steak haché. Au deuxième coup de fourchette, n’y tenant plus, se sentant bafouée, elle ne se gêne pas pour lui lancer :  » vous au moins, vous ne vous ruinez pas quand vous invitez quelqu’un ! « . Piqué au vif, Cerdan la prend par la taille, la pose à terre, et séance tenante, l’emmène Au Gourmet un établissement réputé de New York.

Le dîner est enjoué. Elle lui parle musique et spectacles. Lui de ses combats. La conversation animée, révèle la quasi-similitude, bien que dans des milieux différents, de leur chemin sur la roue du succès. Soirée chaste. Il ne se passera rien d’autre ce soir-là. Il repart à Chicago combattre contre Anton Raadik. Elle se produit au Play House, un cabaret de New York. Edith et Marcel se retrouveront, épuisés. Le combat de boxe fut victorieux mais exténuant. Le tour de chant fut en quelque sorte un échec. Ils échangent des mots de réconfort jusqu’au moment où il doit rejoindre Casablanca où l’attendent sa femme et ses deux fils.

Édith n’a pas dit son dernier mot au public américain. A juste titre puisqu’elle séduira l’Amérique lors du spectacle donné dans un cabaret de Manhattan le Versailles. Côté cœur, elle est officiellement en couple avec Jean-Louis Aubert (bassiste et dirigeant des Compagnons). Marcel Cerdan arrive à New York. Il viendra plusieurs soirs de suite au premier rang du Versailles pour applaudir frénétiquement Edith Piaf. Les Compagnons rentrent à Paris. Edith reste à New York pour assister au combat de Marcel contre Lavern Roach au Madison Square Garden (mars 1948). Il gagne à la huitième reprise après abandon de son adversaire. Edith et Marcel ne se quittent plus. Retour à Paris, à la descente d’avion les photographes prennent des clichés d’Edith et Marcel.

Au centre Edith PIAF & Jean-Louis AUBERT

Printemps 1948, elle réserve deux chambres pour deux nuits au Claridge sur les Champs-Elysées à Paris. Les amants se cachent à peine. On les voit côte à côte lors d’une soirée de gala et à la présentation d’un film. La vie d’hôtel ne dure pas longtemps. Edith rend les clés de son appartement rue de Berri, emménage rue Leconte-de-Lisle et récupère son chéri. Lucien Roupp le manager de Cerdan ne cache pas son mécontentement. Ses craintes d’avoir un poulain couche-tard sont fondées. Cerdan apparaît les yeux cernés et la mine grise. Il voudra dissuader son boxeur d’entretenir cette liaison. Peine Perdue ! L’appartement prend des airs de paradis pour ces amants qui s’aiment fougueusement.

Au Roosevelt Stadium devant 20.000 spectateurs Cerdan affronte Tony Zale dit l’homme d’acier . Edith est au premier rang. A la deuxième reprise, Zale reste cloué sur son tabouret. Cerdan est proclamé champion du monde des poids moyens. Avant le retour triomphal du champion sur les Champs-Elysées, il passent une semaine new-yorkaise d’amour, de rires et de fêtes.

(Vidéo : Marcel CERDAN c/ Tony ZALE)

Début de l’année 1949, les journaux relatent les amours illégales d’Édith et Marcel. Elle veut se justifier :  » non Marcel ne divorcera pas. Si je devais arracher un homme à sa famille, à ses enfants, je ne pourrais plus dormir. Il est impossible que des innocents paient. Nous nous trouvons dans une situation malheureuse. Si Marcel n’avait pas d’enfant ce serait plus simple. » Et la presse se déchaine de plus belle. On la traite de voleuse d’homme. Elle est blessée. Mais elle n’a nullement l’intention de rompre. Après une tournée en Égypte et au Liban, la chanteuse est aux côtés du boxeur pour le combat contre Durk Turpin. Elle assiste à sa victoire par K.O

En mai Cerdan retourne aux Etats-Unis pour préparer son combat contre Jack LaMotta. Il remet son titre de champion du monde en jeu. La séparation avec Édith est insupportable. Ils s’écrivent chaque jour : « Quel déchirement cet avion qui décolle emportant mon cœur, ma raison, mon souffle. Je voulais te crier que je souffrais. Je n’avais qu’une envie, celle de fermer les yeux pour m’en aller avec toi, toi, toi. Je suis sans réflexe, sans idée, sans rien. Je t’aime déraisonnablement, anormalement, follement…. « (Edith à Marcel) … « Je pense à ce retour en France où je vais être contre toi, sentir ton parfum et toucher cette peau qui m’attire terriblement. Pense qu’il n’y a que toi, qu’il n’y aura que toi et toujours toi..  » (Marcel à Edith)

Le combat sera annulé pour cause de pluie torrentielle et reporté au lendemain. Cerdan perd au huitième round. La revanche est prévue pour septembre. Cerdan s’entraîne à nouveau. Edith est là, logée incognito dans un bungalow près du sien. L’adversaire déclare forfait. Une nouvelle date est encore fixée. Elle n’aura pas lieu.

Marcel assiste presque tous les soirs au cabaret Le Versailles à New York. Avant une nouvelle séparation, le boxeur doit combattre en France. Edith le réclame. Après un match exhibition à Troyes, désireuse de le serrer dans ces bras, elle le supplie d’avancer son retour. Il avait l’intention de prendre le bateau, mais pour aller plus vite, il s’envole d’Orly le 27 octobre. Lorsque l’avion approche des Açores, Edith termine son tour de chant. Elle rentre chez elle et se couche. Le vendredi matin la radio annonce la disparition de l’appareil. On découvre l’appareil. Aucun survivant. Le corps de Marcel Cerdan est identifié grâce à sa montre qui est restée accrochée à son poigner. Un cadeau d’Édith.

A son réveil, Edith est furieuse et demande pourquoi on l’a laissé dormir si tard. Elle comprend … Noyée de larmes, elle ne souhaitera pourtant pas annuler sa représentation du soir. Avant le tour de chant, elle réclame silence et annonce qu’elle veut chanter à la mémoire de Marcel. Elle interprètera l’hymne à l’amour avant de s’écrouler en coulisse.

Comment survivre à son amour emporté en plein ciel ? Elle écrira à un ami :  » Je l’aime dix fois plus qu’avant. Pour moi, l’amour c’est lui et rien ne comptera plus dans ma vie. Je deviens folle. Je souffre avec toute ma peau, mon âme, j’ai mal à hurler. Vivre est une atrocité. Je voudrais vieillir vite. Il m’a marqué pour toujours. J’ai besoin de lui. »

Elle souhaitera rencontrer Marinette et ses enfants. Après de nombreuses demandes restées sans réponse, elle recevra un télégramme de la veuve de Cerdan. Edith Piaf lui rendra visite. Puis Marinette débarquera à Paris avec ses trois fils. Edith prend toute la famille sous son aile. Elle s’occupera de l’éducation des enfants, et Marinette deviendra son assistante. » Claire CHAMPENOIS (Journaliste et écrivain)

Virginia & Leonard …

 » Virginia Woolf est la fille de l’homme de Lettres Sir Leslie Stephen ( l’influent rédacteur en chef du Dictionary of National Biography, qui célèbre les gloires du royaume et de l’Empire). Elle grandit dans un milieu intellectuel où la rigueur va de pair avec l’amour des livres et de la pensée. Les deuils qui frappent sa jeunesse ( elle perd sa mère en 1895, puis sa sœur, l’un de ses frères et finalement son père en 1904) la laissent durablement ébranlée, et la sensibilité visionnaire de son écriture a souvent été associée à cette expérience précoce de la mort. Elle allait, par la suite, connaître de graves épisodes dépressifs. La souffrance l’emportera finalement et Virginia Woolf mettra fin à ses jours en 1941. Mais ne voir en elle que le génie de la douleur serait faire peu de choses de sa force de vie et de son désir précoce de liberté.

Après la disparition de Sir Leslie Stephen, la fratrie s’installe dans le quartier bohème de Bloomsbury, non loin du British Museum, pour mener une vie émancipée des diktats sociaux, épris d’art, d’écriture et de réflexion politique.  Le cercle des Stephen , qui passe à la postérité sous le nom de groupe du Bloomsbury, réunit nombre d’intellectuels et d’artistes en vue : Roger Fry ( un temps directeur du département de la peinture européenne au Metropolitan Museum of Art de New York) – l’historien de l’art Clive Bell (il épousera la sœur de Virginia, Vanessa, qui est peintre ) – l’artiste Duncan Grant, mais aussi l’économiste John Maynard Keynes, l’écrivain E.M.Forster et le biographe Lytton Strachey. Parmi eux se trouve un jeune administrateur de l’Empire: Leonard Woolf. Son mariage avec Virginia Stephen en 1912 scelle une complicité intellectuelle, esthétique et littéraire qui fera d’eux l’un des couples phare de l’intelligentsia anglaise de la première moitié du XXe siècle.

Très vite, ils s’inventent une vie plurielle où littérature et politique vont de pair. Leur maison d’édition, Hogarth Press, fondée en 1917, publie des signatures majeures de la modernité comme Katherine Mansfield ou T.S. Eliot, mais également la première traduction anglaise des essais de Sigmund Freud. Hogarth Press est aussi l’instrument de l’émancipation littéraire de Virginia Woolf, qui peut librement expérimenter sans craindre la sanction d’éditeurs frileux. Traversées parait en 1915,  Nuit et Jour en 1919, la même année que son essai fondateur La Fiction moderne qui fixe les contours de ce que doit être le roman moderne. Viennent ensuite quatre textes qui feront sa réputation : La chambre de Jacob en 1922 – Mrs Dalloway en 1925 – Vers le phare en 1927 – Les vagues en 1931, mais aussi une ample œuvre d’essayiste. Leonard publie lui aussi des romans, ainsi que des essais économiques et politiques, nourris de son expérience à Ceylan et dans lesquels il interroges les fondements culturalistes de l’Empire.

Cette intense activité éditorial ne peut, pour le couple Woolf, se mener en retrait du monde. L’expérience de Leonard est mise au service du tout nouveau parti travailliste et de sa commission des Affaires internationales et impériales ; son pacifisme inspire le texte qu’il rédige à la demande de la Fabian Society et qui jette les bases de ce qui devait devenir la Société des Nations. Comme le prouvent les deux grands essais proto-féministes de Virginia Woolf : Une chambre à soi ( 1929 ) et Trois guinées ( 1938), penser et dire la modernité impose aussi de dénoncer la violence de l’ordre patriarcal qui mène l’humanité à l’abîme.  » Catherine BERNARD (Journaliste française, écrivain )

Léonard (1880-1969) et Virginia (1882-1941)

P.S.Virginia Woolf souffrait de bipolarité. Elle a mis fin à ses jours en 1941, par noyade, dans la rivière de l’Ouse. Son corps sera retrouvé trois semaines plus tard. Elle sera incinérée et Léonard fera déposer ses cendres sous un arbre, près d’un muret, dans leur maison Monk’s House. Il décèdera 18 ans plus tard, en 1969. Ses cendres seront, elles aussi, dispersées près de celles de son épouse. Lorsqu’elle a pris la décision de se suicider, elle lui avait écrit une lettre d’adieu :

 » J’ai la certitude que je vais devenir folle à nouveau : je sens que nous ne pourrons pas supporter une nouvelle fois l’une de ces horribles périodes. Et je sens que je ne m’en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et je ne peux pas me concentrer.

Alors, je fais ce qui semble être la meilleure chose à faire. Tu m’as donné le plus grand bonheur possible. Tu as été pour moi ce que personne d’autre n’aurait pu être. Je ne crois pas que deux êtres eussent pu être plus heureux que nous jusqu’à l’arrivée de cette affreuse maladie. Je ne peux plus lutter davantage, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. Et tu travailleras, je le sais.

Vois-tu, je ne peux même pas écrire cette lettre correctement. Je ne peux pas lire. Ce que je veux dire, c’est que je te dois tout le bonheur de ma vie. Tu t’es montré d’une patience absolue avec moi et d’une incroyable bonté. Je tiens à dire cela – tout le monde le sait.

Si quelqu’un avait pu me sauver, cela aurait été toi. Je ne sais plus rien si ce n’est la certitude de ta bonté. Je ne peux pas continuer à gâcher ta vie plus longtemps. Je ne pense pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l’avons été. »

Elena Ivanovna (Gala) et Salvador …

 » Elle fut l’épouse du poète Paul Éluard (celle qui avant Nusch lui inspira des textes magnifiques) , la maîtresse de Man Ray, Picasso, Brassaï. Elle fut la grande amie de René Char, et surtout celle de René Crevel. Elle joua un rôle d’influence sur le groupe des surréalistes et elle deviendra la muse, l’inspiratrice, la femme, la co-créatrice de l’œuvre de Salvador Dali. Celle qui, vers la fin de vie de son extravagant mari, signait ses œuvres avec lui.

Une femme au parcours très intéressant, que l’on a dit énigmatique, cultivée, séductrice, exaltée, sensible, passionnée, libre, avec un sacré caractère, une icône du féminisme qui n’a eu que faire des conventions de l’époque et entendait rester libre dans ses actes et dans son corps. Elle n’a pas été fidèle en amour, par contre elle le fut infiniment, parait-il, en amitié.

Elena Ivanovna Diakonova dite Gala est née en 1894 à Kazan en Russie. Elle a deux frères Vadim et Nikolaï et une sœur, Lydia. Son père décède lorsqu’elle a une dizaine d’années. Sa mère se remarie avec un avocat. Elle va passer son enfance dans un milieu assez aisé à Moscou, recevra une très bonne éducation et sera une brillante étudiante.

A 18 ans, on découvre qu’elle est atteinte de tuberculose. La maladie s’aggrave et elle nécessitera qu’elle parte au sanatorium de Clavadel en Suisse. C’est là qu’elle fait la connaissance d’Eugène Grindel (qui deviendra Paul Éluard à l’âge de 21 ans) . Il la fascine par le charme qu’il dégage, et lui tombe amoureux de cette jeune fille envoûtante, pleine d’assurance. Ils ont alors respectivement 17 et 18 ans. Ils vont s’aimer passionnément, se feront des confidences : elle lui dira combien elle est passionnée par la littérature, et lui, il lui dira combien secrètement il rêve d’écrire. Ils font le projet de se marier.

Gala et Paul en 1917

Lorsqu’ils sont guéris, la première guerre mondiale éclate. Il est envoyé au front, et elle retourne en Russie. En 1917, à l’occasion d’une permission, Paul l’épouse. En 1918 naîtra leur fille unique Cécile. Malheureusement Elena n’a pas la fibre maternelle et elle confiera l’enfant à sa belle-famille. Il lui écrira des poèmes superbes, lui dédiera ses premiers recueils.

Avec lui elle fréquentera les surréalistes et les mouvements avant-gardistes de l’époque, partagera leurs idées, assistera à leurs réunions etc… En 1921, elle se rend à Cologne avec Paul et rencontre le peintre-sculpteur allemand Marx Ernst. Coup de foudre, elle devient sa maîtresse et tout en étant mariée, entame une relation qui va durer deux ans. Il fera d’elle de nombreux tableaux. Une vie à trois commence. Paul décide de partir à Saïgon, et ne reviendra que huit mois plus tard. Entre-temps, elle avait mis fin à sa relation avec Ernst.

Au centre Gala et Paul et leur fille Cécile – A gauche Luise femme de Ernst – A droite Marx Ernst avec sur ses épaules son fils Jimmy
 » Gala  » 1924 par Marx ERNST

En 1929, Miro introduit Salvador Dali dans le mouvement surréaliste. C’est là qu’il croise Magritte, Breton, Tzara, Eluard. Il invite Paul et Gala à venir lui rendre visite à Cadaqués, en Espagne, dans son refuge de Port Lligat. Une fois sur place, coup de foudre explosif irrationnel entre Salvador et Gala. Elle est complètement émerveillée par ce jeune artiste schizophrène, extravagant, provocateur, doué dans son genre, qui a exposé ses premières toiles à 14 ans et a fréquenté les Beaux-Arts de Madrid. Pour lui, elle représente la femme de ses rêve, de sa vie, et va déployer tout un arsenal d’idées farfelues pour la séduire.

« Gala devint le sel de ma vie, le temple de ma personnalité, mon phare, mon double, mon moi. C’est avec ton sang, Gala, que je peins mes tableaux  » S.D.

Elle va tout quitter pour lui, mari et enfant. Éluard en sera brisé. Néanmoins, ils vont continuer d’entretenir une correspondance qui commencera en 1929 et se poursuivra jusqu’en 1948, quatre ans avant que ne meurt le poète. Ni l’amour passion qu’elle éprouvera pour Dali, ni celui qu’Éluard éprouvera pour Nusch, ne vont affaiblir leurs écrits dans lesquels ils se parlent d’amour physique, intellectuel, mystique, éternel, et parfois même de façon assez crue.

Dali & Gala par Man RAY

Les débuts de la relation entre Dali et Gala sera rendue difficile parce que les parents du peintre ne verront pas d’un bon œil l’amour de leur fils pour cette femme mariée et plus âgée que lui. Il va devoir faire un choix. C’est elle qu’il décidera de garder. De ce fait, il sera contraint de rompre avec les siens, et surtout avec son père qui avait été toujours très proche de lui et l’avait vivement encouragé dans sa voie artistique. Il perdra aussi, en conséquence, son appui financier.

Il l’épouse en 1932, vivront, au départ d’amour et d’eau fraiche au bord de la mer, dans un petit cabanon de Port Lligat. La situation va, toutefois, s’améliorer et le temps des vaches maigres ne durera pas. Les œuvres de Dali ne traîneront pas dans un coin de l’atelier. Tout au contraire, elle vont connaître un gros succès dans le monde de la peinture surréaliste. Commencera alors pour eux, une vie de faite de soirées et rencontres influentes. Sept ans plus tard, les propos que Dali tiendra sur Franco et Hitler seront condamnés par le mouvement surréaliste. Le couple quittera la France et l’Espagne pour les Etats-Unis. Direction New York, où Dali diversifiera son travail en réalisant, notamment, des décors pour le théâtre, et la création de bijoux.

Huit ans d’exil, puis retour en Espagne en 1948. Durant toutes ces années, Gala restera l’élément clé de leur couple. Elle est présente, amoureuse, sera l’amante, la maîtresse, l’épouse exclusive, l’idole, la collaboratrice, la muse, l’inspiratrice, le modèle pour de nombreux tableaux, celle qui, au fil du temps, va l’apaiser lors de ses crises nerveuses. A la fois elle fait preuve de discrétion, le laissant exprimer ses excentricités, ses débordements sur le devant de la scène , mais assez dominatrice dans leur couple et porte la culotte en privé. Elle gère leurs comptes, négocie avec les galeries, les expositions, le pousse à peindre toujours plus, et se tient toujours à ses côtés.

Leur amour est fusionnel, excessif, leur couple tumultueux. Ils se disputent de façon assez violente et se réconcilient de la même façon, mais ne se sépareront jamais. Leurs sentiments mutuels restent fort malgré tout. Il lui sera à jamais fidèle, elle le trompera souvent. Telle fut leur vie : s’aimer et se laisser la liberté d’aimer ! Il l’épousera à nouveau, de façon religieuse cette fois, en 1958 dans le sanctuaire des Anges près de Gérone en Espagne.

En 1968, il lui fera cadeau d’un château à Pübol dans lequel elle se rend l’été. Elle l’autorise à venir la retrouver mais pour ce faire, il doit lui faire, préalablement, une demande écrite ! C’est là qu’elle décède en 1982. Elle est enterrée dans une crypte du château. Après sa mort, Dali va se retirer complètement de toute vie publique. Sa démence va considérablement s’augmenter. Il meurt en 1989 et reposera dans une tombe à côté de celle de son épouse. Il exprimera le souhait qu’elle soit légèrement écartée de la sienne afin que leurs mains puissent se rejoindre …

 »Galarina » 1944/45 Salvador DALI //  » j’ai commencé à peindre cette toile en 1944 et j’y ai travaillé durant six mois, trois heures par jour. Je lui ai donné le titre Galarina car Galaest pour moi ce que la Fornarina est à Raphaël. Oui, et ce n’est pas intentionnel, il y a encore ici du pain ! Si vous regardez attentivement la toile, il devient clair que le bras croisé de Gala est similaire à la miche de la corbeille de pain, et son sein une tranche de pain. J’ai peint Gala avec des côtelettes d’agneau sur l’épouse pour exprimer son désir subconscient d’avaler. Ce fut une période d’imagination galopante. Mais, maintenant que Gala a atteint le plus haut niveau de la hiérarchie héraldique de ma dignité, elle est devenue pour moi un panier de pain. »
 » Gala portant deux côtelettes en équilibres sur son épaule « 1934 – Salvador DALI
 » La Madone de Port Lligat « (Gala) Ière version 1949 – Salvador DALI

Gustave et Louise …

 » En entrant dans l’atelier de James Pradier, Gustave Flaubert ne voit qu’elle. On la surnomme à Paris : La Muse. Louise Colet est en train de poser, mutine. Des mèches bouclées entourent son fin visage. Son cou, ses épaules dénudées fascinent celui qui, à vingt-quatre ans, est devenu l’ermite de Croisset, une propriété acheté par le Dr Flaubert sur les bords de la Seine à cinq kilomètres de Rouen. La Muse, de son côté, n’est pas sans remarquer ce beau garçon à la carrure impressionnante et aux grands yeux pers. Elle connait les hommes et constate, non sans plaisir, que le jeune ami de Pradier est sous le charme. Ils devisent. Louise tient salon et l’engage à venir lui rendre visite. Sans se soucier de savoir quel est le jour de la Muse, Gustave se précipite chez elle dès le lendemain.

Flaubert a été éprouvé depuis sa maladie. Il a ragé, trépigné, blasphémé mille fois entre deux saignées. Les crises se sont estompées, mais deux autres malheurs ont frappé la famille. Le 15 janvier 1846, atteint d’une septicémie, le Dr Flaubert est mort. Le 22 mars, c’est sa sœur Caroline, tant aimée, qui a disparu. Elle avait épousé Émile Hamard, un condisciple de Flaubert, et venait d’accoucher. Flaubert aurait cru que sa mère ne survivrait pas à ce double drame, mais elle trouva la force de vivre pour élever sa petite-fille.

La rencontre avec La Muse va permettre à Flaubert, sinon d’oublier ceux qui ont disparu, du moins de retrouver le goût de la vie, car il est réellement amoureux de cette femme de trente-cinq ans ! Louise s’était mariée dans sa province, avec un musicien qui l’avait emmenée à Paris. Elle y a bien manigancé, son charme aidant, qu’elle s’est fait une place au soleil. Elle a écrit dans les journaux, a publié un recueil de poèmes pour lequel elle a reçu un prix et obtenu une pension du Ministère de l’Instruction. Elle est aussi devenue la maitresse de Victor Cousin, pair de France et grand Maître de l’Université.

Louis et Gustave sont très épris, mais leur liaison est fondée sur une méprise. Elle veut tout. Tout de suite. Lui ne sont pas un seul instant à sacrifier la vie qu’il mène à Croisset sur les bords de la Seine, entre ses livres, ses projets de romans, voire de théâtre. La Muse récrimine. Si Flaubert ne peut pas venir plus souvent à Paris, pourquoi n’irait-elle pas à Croisset ?

Il se récrie, affirme qu’on peut s’aimer sans se voir pendant dix ans. Elle proteste. Il lui écrit en avril 1847 que l’amour n’est pas la première chose dans la vie. Et avant de partir pour une longue tournée en Bretagne, il en rajoute . L’amour, affirme t-il, n’est pas un mets principal, seulement un assaisonnement. Louise fulmine. Lui s’en va par les chemins de traverse vers le pays des Landes. Lorsqu’il revient de son périple, gorgé d’iode et d’huîtres, les plaintes de Louise reprennent de plus belle. Gustave ne dissimule pas. Il ne peut pas lui donner ce qu’elle demande. Il a besoin de calme, pour écrire, pour lire. D’ailleurs il est en train de rédiger les chapitres impairs de Par les champs et les grèves.

L’amour ! Gustave est exaspéré. Comme si il avait que ça dans la vie. Et les évènements, que fait Louise des évènements qui se préparent ? Il a assisté à un banquet en faveur d’une réforme électorale. Les harangues entendues l’ont stupéfiés par leur bêtise, mais quand la révolution de 1848 éclate dans Paris, il viendra assister, avec des amis, à la prise des Tuileries et à la proclamation du gouvernement provisoire.

Flaubert a rompu avec Louise et il est retourné à Croisset. Il n’a que de deux cultes : celui de l’amitié et celui de l’art. Le reste est colifichet, bagatelle.  » Irina DE CHIKOFF (Écrivain, grand reporter au Figaro)

 » Madame, j’ai appris que vous vous étiez donné la peine de venir, hier, dans la soirée, trois fois chez moi. Je n’y étais pas, et dans la crainte des avanies qu’une telle persistance de votre part, pourrait vous attirer de la mienne, le savoir-vivre m’engage à vous prévenir : que je n’y serai jamais. J’ai l’honneur de vous saluer  » Gustave à Louise dans un dernier billet en 1855.

Louise COLET par James PRADIER

N.B. . : Lorsque Flaubert rencontre Louise Colet, il se remet doucement de gros problèmes de santé et de la perte d’êtres chers. Elle a alors une certaine notoriété et lui n’est pas encore l’écrivain qu’il deviendra plus tard. De plus, elle vit à Paris et lui à Rouen. Leur liaison va durer de 1846 à 1854. Elle aura laissé une extraordinaire correspondance littéraire amoureuse enflammée .

On connait le génial Gustave Flaubert, cet écrivain romantique, assez moraliste, quasi psychologique, doté d’un grand sens de l’observation, avec ce côté à la fois moqueur, ironique mais exigeant et très réaliste vis-à-vis de ses personnages. il disait de lui  » d’un point de vue littéraire, il y a en moi deux bonshommes distincts :  » un épris de gueulades, de lyrisme, de grands vols d’aigles de toutes la sonorité de la phrase et des sommets de l’idée, et un autre qui creuse, qui fouille le vrai tant qu’il peut «  Il nous a laissé de merveilleux romans : Madame Bovary, L’éducation sentimentale, Salambô, Les Trois contes, etc….

Louise Colet est complètement tombée dans l’oubli. Elle fut pourtant l’égérie de plusieurs poètes et romanciers, une femme de Lettres très prolifique qui a eu du succès à son époque . Elle a reçu de nombreux prix dont le célèbre Prix de l’Académie Française. Une poétesse, mais aussi écrivain que ce soit pour des livres, des articles dans les journaux, des récits de voyage ( notamment celui en Egypte avec Théophile Gautier) , des biographies etc…Elle a été mariée à un compositeur et professeur de musique au Conservatoire, Hippolyte Colet dont elle a eu une fille, Henriette. Ils se sont séparés un an après sa rencontre avec Flaubert.

Cette féministe, engagée politiquement, républicaine et anticléricale, séduisante et séductrice, a eu de nombreux amants. Elle s’est battue toute sa vie pour exister en tant qu’écrivain et s’imposer dans le monde littéraire misogyne de l’époque. Elle vivra une relation passionnée avec Flaubert. Tous deux étaient très différents du point de vue du caractère. Elle très enthousiaste et lui assez renfermé (il est surnommé l’ermite de Croisset)

Elle est morte, oubliée, en 1876, et repose au cimetière de Verneuil-sur-Avre. Flaubert décèdera 4 ans plus tard d’une hémorragie cérébrale. Il fut accompagné jusqu’à l’église de Croisset, puis au cimetière de Rouen par ceux qui furent ses amis à savoir : Guy de Maupassant, Joris Karl Huysmans, Emile Zola, Edmond de Goncourt, François Coppée, Paul Alexis et Léon Hennique.

Marie et Théodore …

 » Revenez, je vous le demande à genoux !  » Par ces mots suppliants, le poète Charles Baudelaire implore la comédienne Marie Daubrun de ne pas le quitter. Sa lettre se poursuit ainsi : «  toute votre personne est si bonne, si belle, et si douce à respirer ! Vous êtes pour moi la vie et le mouvement, non pas précisément autant à cause de la rapidité de vos gestes et du côté violent de notre nature, qu’à cause de vos yeux qui ne peuvent inspirer au poète qu’un amour immortel. Comment vous exprimer à quel point je les aime vos yeux, et, combien j’apprécie votre beauté ? En dépit de votre volonté, vous serez désormais mon talisman et ma force. Je vous aime Marie, c’est indéniable. Mais l’amour que je ressens pour vous, c’est celui du chrétien pour son Dieu ; aussi ne donnez jamais un nom terrestre et si souvent honteux à ce culte incorporel et mystérieux, à cette suave et chaste attraction qui unit mon âme à la vôtre, en dépit de votre volonté. Un mot de vous sera la chose bénie qu’on regarde et qu’on apprend par cœur. Si vous saviez à quel point vous êtes aimée ! il vous a plus de me mettre à la porte, il me plait de vous adorer …  »

Mais Marie fait la sourde oreille. Elle a été l’amante de Baudelaire pendant quelques mois. Il lui a dédié huit poèmes de ses célèbres Fleurs du Mal. A présent elle est amoureuse d’un autre écrivain : Théodore de Banville. Marie est donc amoureuse de Théodore. Tous deux vont fuir Nice. Elle a 32 ans, lui 37. On est à la fin de l’année 1859. Marie se fait engager au théâtre Tiranty à Nice qui se trouvait, à l’époque, à l’emplacement des actuelles Galeries Lafayette, près de la place Masséna. Théodore de Banville s’est vu conseiller par son médecin d’aller sur la Côte d’Azur pour refaire sa santé. Il ne se l’ai pas fait dire deux fois ! Il s’installe dans un meublé au numéro 5 de la rue Honoré Sauvan à Nice, près de la Promenade des Anglais.

Marie est aimée du public niçois. Fin janvier, c’est à Monaco qu’elle se fait applaudir, déclamant du Molière lors de l’inauguration du Théâtre des Étrangers. Théodore et Marie passent l’hiver à visiter la Côte d’Azur, l’arrière pays, Villefranche, La Turbie. Les semaines passent. Nous voilà en cette année historique de 1860 où Nice va être rattachée à la France. Un référendum se prépare voulu par Napoléon III. Théodore de Banville soutient Napoléon III. Il écrit des stances à Nice qu’il fait déclarer par Marie Daubrun : » Et toi, Nice, où vécut la gloire de l’Empire, au seul nom de la France, heureuse tu renais .. Et c’est près de ta mer limpide aux flots de moire, que naquit ce lutteur à l’œil étincelant. Masséna, cet enfant chéri de la victoire, brave comme le Cid et fier comme Roland ! Le 15 avril 1860 le peuple vote. Le oui remporte une écrasante victoire. Nice deviendra française ! Toute l’intelligentsia parisienne s’intéresse à cette nouvelle ville. Le romancier Alexandre Dumas vient y jeter l’ancre dans le port avec son yacht Monte-Cristo. Il rend visite, le 14 mai , au chroniqueur humoriste du Figaro Alphonse Karr qui réside dans une villa à Nice où il cultive des fleurs et son jardin. Théodore de Banville, Marie Daubrun et Alexandre Dumas sont invités.

Le 14 juin 1860 ont lieu les cérémonies officielles du rattachement de Nice à la France. Toute une série de fêtes débutent ce jour-là, qui connaîtront leur apogée lors de la venue de Napoléon III au mois de septembre.  Une pièce de Théodore de Banville , Nice française,  est représentée à l’Opéra de Nice dans laquelle la France est incarnée par une vedette de l’époque Clara Duluc, et, la ville de Nice par Marie Daubrun. Celle-ci a «  le front ceint d’une couronne de feuilles d’olivier et d’oranges, vêtue à l’antique de voiles bleus lamés d’argent et parée de diamants symbolisant l’azur et les feux de la mer paisible  » – Au moment où elle s’empare du drapeau français, elle s’exclame :  » Oui, je le servirai, oui je le garderai. Puissé-je, dans la paix qui guérit tout désastre, voir encore longtemps sous les regards de l’astre, son ombre protéger le seuil de nos maisons !  »

Théodore de Banville est tombé amoureux de la Côte d’Azur. Il va publier dans le grand journal parisien de l’époque, le Moniteur,  une série de chroniques qui seront, par la suite, rassemblées en un ouvrage intitulé La mer de Nice. L’ouvrage est bien sur dédié à Marie Daubrun. Ces pages figurent parmi les plus belles qui aient jamais été écrites sur Nice et la Côte d’Azur …  » Autour de moi, tout était repos, joie et parfums et je me demandais s’il serait possible de rester là, toujours, dans ce paradis …  »

Une fois l’été venu, Marie et Théodore sont revenus à Paris …. Amoureux toujours … Mais plus pour longtemps ! en 1862, Théodore de Banville rencontrera une femme mariée, Marie-Élisabeth de Rochegrosse, qu’il se mettra à fréquenter et avec laquelle il se mariera treize ans plus tard à la mort du mari. Et la mer de Nice, si bien chantée par le poète, emportera, dans son houle, les souvenirs des jours heureux qu’il passa avec Marie …  » André PEYRÉGNE (Musicologue, écrivain, conférencier français, directeur du Conservatoire de musique à Nice)

P.S. : Marie Daubrun fut une comédienne de théâtre qui a eu un certain succès. Après avoir été adulée et aimée par Baudelaire et De Banville, elle finira sa vie dans la misère.

Cosme Ier Médicis & Éléonore de Tolède : souvenirs autour d’un tableau …

 » Portrait d’Éléonore de Tolède et de son fils Jean  » ( Éléonore ALVAREZ de TOLÉDE et PIMENTEL-OSORIO ) 1544/45 – Un tableau de Angelo COSIMO dit  BRONZINO

 » A Castello, sur les hauteurs de Florence, il contemple le portrait de sa femme avec l’un de leurs fils. Il a été peint par Bronzino en 1545. Éléonore de Tolède, Giovanni et une de leurs trois filles sont morts en 1562. Seule Éléonore parvenait à calmer les sautes d’humeur de Cosme 1er, ses impatiences, ses colères.  La fille du vice-roi de Naples, Don Pedro de Toledo, lieutenant de Charles Quint, avait dix-sept ans quand Cosme l’a épousée. Lui-même en avait vingt et était à la tête de Florence depuis 1537 après la mort par assassinat de son cousin Alexandre de Médicis.

Rien ne destinait Cosme à devenir souverain de la Toscane. Issu d’une branche cadette de la famille, son père Jean des Bandes Noires avait fait une brillante carrière de condottière avant de mourir en 1626. Cosme n’avait que sept ans. Il avait passé sa jeunesse avec sa mère dans cette villa de Castello dont avaient hérité ses parents. Il y avait fait transporter le portrait d’Éléonore, malgré les larmes versées par sa maîtresse Camilla Martelli. Elle avait vingt ans de moins que lui et Cosme avait promis de l’épouser. Il ne cesse de presser le pape de donner son consentement à cette union même si elle ne sera que morganatique. Pourquoi devrait-il vivre seul ? Il est convaincu qu’Éléonore ne lui aurait jamais demandé de devenir un moine. Comme son père, le duc aime la vie, les femmes, la guerre, les arts.

Face au portrait d’Éléonore il égrène ses réalisations puis hausse les épaules. A quoi bon ?  Depuis la mort de son épouse et malgré la présence de Camilla il se pose de plus en plus souvent la question. Elle traduit une brisure. Elle ne cesse de s’approfondir et Cosme a préféré donner la régence de Florence à son fils aîné François.

Il est sorti dans les jardins qui entourent la villa de Castello. Il veut y terminer ses jours. Le duc est assis près d’une grotte, là où il se tenait souvent avec Éléonore. Pour lui confier ses soucis, demander conseil, ou simplement rester côte à côte avec elle, dans la pénombre d’une nuit d’été …  » Irina DE CHIKOFF ( Écrivain, journaliste, grand reporter)

 » Portrait de COSME 1er MÉDICIS  » ( Duc de Florence et Grand Duc de Toscane )  – 1560 – Un tableau de Angelo COSIMO dit BRONZINO

Napoléon & Albine …

 » Napoléon dans son cabinet de travail  » Jacques-Louis DAVID

 » A Sainte-Hélène, où il n’a pas l’embarras du choix (les françaises ne courant pas les rues), Napoléon prend pour maîtresse une de celles qu’il a sous la main : Albine de Montholon. C’est une femme séduisante, aguichante et … mariée ! Qu’importe, elle va devenir une sorte de première dame de la petite Cour étriquée de Longwood. Parmi ceux qui ont suivi l’empereur déchu dans son exil, nul n’ignore l’infidélité d’Albine, à commencer par son mari. Ici tous épient, se haïssent et surtout s’ennuient. Les mauvaises langues murmurent que s’il est un aussi complaisant cocu, c’est parce qu’il est couvert de dettes et s’imaginait sans doute qu’après avoir mis sa femme dans le lit de Napoléon, celui-ci la coucherait dans son testament.

 » Portrait de Albine de Montholon  » par William BOUGUEREAU : il semblerait que le couple ne se cachait pas vraiment en société. Certains témoignages affirment qu’elle fut souvent surprise en déshabillé dans les appartements de l’empereur, ou que ce dernier prenait la liberté de lui pincer les fesses en public. Les fidèles étaient choqués des cadeaux somptueux qu’il lui faisait et certains d’entre eux la surnommaient « la putain » . Le premier aide de camp et général Gourgaud la trouvait bien mal éduquée, ce à quoi Napoléon lui avait un jour rétorqué :  » Ne croyez pas qu’elle me plaise. J’ai été habitué à vivre avec des femmes trop gracieuses pour ne pas voir les ridicules et mauvaises manières de Madame de Montholon ! Mais enfin ici, il faudrait faire sa société d’une perruche si on n’avait pas autre chose. Il n’y a pas le choix. »
« Portrait de Charles Tristan, Marquis de Montholon  » par Edouard PINGRET : Il sera auprès de l’empereur le jour de sa mort en mai 1821 et c’est lui d’ailleurs qui lui fermera les yeux. L’article parle du fait que le marquis a préféré « ignorer » la liaison de son épouse avec Napoléon, en espérant qu’elle en tire un bon profit. Eh bien ce sera le cas puisque dans son testament, l’empereur la gratifiera de 140.000 francs + une pension de 20.000 francs + une rente annuelle de 38.000 francs. Quant à Monsieur le Marquis il sera l’exécuteur testamentaire de Napoléon, et héritera de 2 millions de francs. Beaucoup diront que cela devait récompenser le fait, c’est vrai, qu’il fut son compagnon de captivité, mais d’autres affirmeront que c’était là un moyen d’acheter son silence.

Les deux époux sont restés très complices. Albine n’a jamais été du genre fidèle. Montholon est son troisième mari, et elle va le tromper, non seulement avec Napoléon mais également avec un jeune officier anglais nommé Jackson qui venait la retrouver après son retour en France en juillet 1819.

A côté des témoignages des proches de l’empereur, il y aurait une autre preuve de la liaison entre Napoléon et Albine : celle-ci aurait accouché à Sainte-Hélène, le 18 juillet 1816, d’une petite Napoléone conçue à bord du Northumberland. Cette enfant de l’exil pourra en 1907 à l’âge de 90 ans. Incroyable de penser qu’un bébé, né à bord du bateau qui emmenait Napoléon à Sainte-Hélène, était encore de ce monde sept ans avant la première guerre mondiale de 1914 ! En ce qui la concerne, la paternité de Napoléon est plus que douteuse. En revanche, Albine donnera aussi naissance le 26 juin 1818, à une petite Joséphine Napoléone, filleule de Napoléon, dont certains soulignaient la frappante ressemblance avec l’empereur.

Une paternité que la correspondance de Montholon avec Albine vient d’ailleurs corroborer de manière troublante : dans les lettres quotidiennes qu’il adressait à son épouse, jamais Montholon ne demandait des nouvelles de Joséphine-Napoléone, alors qu’il en sollicitait régulièrement pour ses autres enfants. Cette infortunée nourrisson mourra en bas âge à Bruxelles le 30 septembre 1819.  » Clémentine PORTIER-KALTENBACH (Historienne, chroniqueuse, écrivaine française)

N.B : A la mort de Napoléon, Albine va quitter Sainte-Hélène. Son couple avec le marquis ne tiendra pas et ils finiront par se séparer. Elle finira sa vie à Montpellier et deviendra très pieuse. Elle va mourir en 1848. Elle fut inhumée dans la crypte de la chapelle des Pénitents bleus à Montpellier. La légende raconte qu’Hitler avait un instant songé à faire transférer son corps aux Invalides pour la placer aux côtés de Napoléon. Ce qui ne se fera jamais.