Ecrivain … par Karl KRAUS

 » Il y a deux sortes d’écrivains : ceux qui le sont et ceux qui ne le sont pas. Chez les premiers, le fond et la forme sont ensemble comme l’âme et le corps ; chez les seconds, le fond et la forme vont ensemble comme le corps et l’habit. » Karl KRAUS ( Écrivain, dramaturge, poète, essayiste, poète, pamphlétaire autrichien)

karl kraus

L’envie d’écrire … Nina BOURAOUI

 » J’ai toujours voulu écrire. Dès la maîtrise des mots, à l’âge de huit ans. J’y voyais un formidable espace de liberté, une force aussi, propre à la création. Je n’ai jamais perdu mon élan. Je me suis toujours considérée comme une artiste avant d’être un auteur. J’avais cette deuxième vie en moi, ce regard qui voit derrière les choses. L’écriture a été une manière de fixer le temps, la mémoire, de redéfinir le monde qui m’entourait. Écrire n’est pas séduire. Il faut rester au plus près de soi, ne jamais se trahir ; et puis travailler, travailler, travailler … J’ai toujours un souci de perfection, une volonté d’avoir ma propre voix. Un jeune auteur devrait toujours se soucier de son style, de son souffle. L’écriture est une course qu’il faut savoir tenir.  » Nina BOURAOUI ( Romancière française)

 

NINA BOURAOUI 2

L’écriture c’est … par Gaëlle JOSSE

 » Je crois que chacun d’entre nous possède une palette expressive, une prédisposition à une forme d’expression. L’écriture en est une, parmi d’autres. Après c’est un peu, ou beaucoup, ou énormément de talent selon les individus, mais c’est assurément beaucoup de travail, du moins en ce qui me concerne. Pour moi, l’écriture se joue deux phases : la flèche lancée, la story, la narration, un monde, des personnages qui émergent, prennent vie et nous surprennent. Cela donne lieu, dans l’urgence, à un premier jet. C’est la phase la plus facile, la plus jouissive, la plus créative. Vient ensuite le travail sur la langue, les mots, les phrases, le rythme, la ponctuation. Relire, relire jusqu’à ce que plus rien n’accroche, sans pour autant affadir le texte, lui garder son grain, ses angles, ses ruptures, sa densité. Ça veut dire relire jusqu’à une vingtaine de fois. Il ne s’agit pas de faire des jolies phrases, mais d’arriver au plus près de ce que je cherche à exprimer, avec le mot précis, l’adjectif , l’image qui conviennent, la bonne cadence de phrase, tout en restant dans l’intuition, la liberté, la spontanéité du geste. Quel boulot ! Gaëlle JOSSE ( Écrivain-journaliste française)

GAELLE JOSSE

Écrire … par Maxence FERMINE

 » Écrire c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, le fil d’une oeuvre, d’une histoire couchée sur un papier de soie. Écrire c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n’est pas de s’élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier et de sa plume, sur le fil du langage ; ce n’est pas non plus d’aller tout droit sur une ligne continue parfois entrecoupée de vertiges aussi furtifs que la chute d’une virgule ou que l’obstacle d’un point … Non, le plus difficile pour le poète, c’est de rester continuellement sur ce fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu’un instant, de la corde de son heure imaginaire. En vérité, le plus difficile c’est de devenir un funambule du verbe. » Maxence FERMINE (Écrivain français)

MAXENCE FERMINE
Maxence FERMINE

Lettre … de LÉOPOLDINE à VICTOR

 » Mon père chéri ,

Pardonne-moi de t’ennuyer en t’écrivant. Je sais bien que mes lettres ne peuvent t’intéresser, et cependant, j’espère que l’affection que tu me portes me justifiera à tes yeux. J’éprouve le besoin de te parler de toutes les merveilles que j’ai vues ; tu les as comprises si complètement toi, que tu comprendras bien aussi l’admiration que j’ai ressentie. Toutes les rives de la Seine sont si belles que pendant la traversée nous n’avons pas eu un instant d’ennui ; nous regardions toujours, nous ne perdions aucun des magnifiques points de vue qui nous ont semblé, à nous qui n’avions rien vu, encore plus superbes qu’à ceux qui voyagent souvent.  Nous avons ensuite admiré Rouen et ses belles églises, sa cathédrale surtout que j’aurai voulu visiter complètement.

Je t’ai remercié dans le fond de mon cœur, mon père chéri, car c’est toi qui nous a appris à apprécier et à jouir des belles choses. La Seine borde le jardin de Mr Vacquerie ;  nous voyons des petits navires stationnaires depuis plusieurs jours en cet endroit ; le matin je regarde l’eau de mon lit. C’est une bien charmante maison que celle-ci, elle le serait bien davantage si tu l’habitais avec nous. Je ne te demande pas de me répondre avant que ta pièce ne soit finie, ne te dérange pas pour moi, c’est la meilleure manière de me prouver que tu m’aimes comme je le désire. J’ai bien pensé à ta pièce mon bien aimé père, je suis bien fière et bien glorieuse de cette oeuvre là, moi qui porte ton nom je sens bien vivement combien suis heureuse de t’avoir pour père et j’en remercie de tout coeur le bon Dieu qui me donne tant de bonheur et de joie.

Je t’embrasse mon père chéri, comme je t’aime … Je regrette souvent de ne pouvoir te donner de ces bons baisers qui défaisaient ta raie, qui me faisaient tant de bien.

Ta bien respectueuse et bien affectionnée fille  » – Léopoldine HUGO à son père Victor HUGO en Août 1839

LEOPOLDINE HUGO
 » Portrait de Léopoldine HUGO au livre d’Heures  » – 1835 – Auguste De CHÂTILLON ( Léopoldine est né est 1824 – Elle est la fille de Victor Hugo et son épouse Adèle. En 1843 et contre l’avis de son père elle épouse Charles Vacquerie,  dont elle s’était éprise en 1838 alors qu’elle n’avait que quatorze ans ( lui sept ans de plus) . Tous deux vont décéder tragiquement en se noyant accidentellement quelques mois après leur mariage. Ce décès va être terriblement douloureux pour l’écrivain, il fera référence à sa douleur dans certaines de ses oeuvres. Les lettres ( nombreuses ) qu’elle lui écrira sont la preuve de cet amour très fort qu’elle éprouvait pour lui.

 

Lettre … De WOLFGANG à LÉOPOLD

 » Je ne peux écrire poétiquement, je ne suis pas poète. Je ne saurais manier les formules assez artistement pour qu’elles fassent jouer les ombres et les lumières,Je ne suis pas peintre. Je ne peux,  non plus, exprimer mes sentiments et mes pensées par des gestes et par la pantomime, je ne suis pas danseur. Je suis musicien . Je jouerai demain au piano chez Cannabich tout un compliment de fête et d’anniversaire en votre honneur. Pour aujourd’hui, je ne peux que vous souhaiter, de tout cœur, mon très cher père, tout ce que je vous souhaite tous les jours, matin et soir : santé, longue vie et bonne humeur … Portez-vous bien, je vous prie respectueusement de continuer à m’aimer un peu et vous satisfaire de ce misérable compliment en attendant que s’ouvrent dans la petite armoire de mon entendement de nouveaux tiroirs, où je mettrai la sagesse que j’ai encore l’intention d’acquérir. Je baise 1000  fois les mains de papa et demeure jusqu’à la mort, mon très cher papa, votre fils obéissant.  » Wolfgang Amadeus MOZART (Compositeur autrichien )  Lettre écrite à son père Léopold pour sa fête-Mannheim 8.11.1777

MOZART TABLEAU AVEC NANNELD ET LEOPOLD
A gauche Maria Anna MOZART dite Nannerl – Au centre Wolfgang Amadeus MOZART – A droite leur père : Johann Léopold MOZART – Au mur sur le tableau, leur mère : Anna Maria – 1780 – Tableau de Johann Nepomuk DELLA CROCE

 

Écrire … Alberto MORAVIA

 » Un roman naît comme un enfant. Il n’est pas un projet, il est simplement un embryon. Une phrase, un rythme, une idée, puis créer seul, aller de l’avant par étapes successives. Il n’est rien au départ. C’est inutile de chercher à définir l’écriture. Il faut écrire et c’est tout ! Pour un artiste, écrire signifie créer un nouveau mode de sensibilité.  » Alberto MORAVIA (Écrivain italien)

MORAVIA ALBERTO

Écrire … Virginia WOOLF

 » Écrivez ce que vous désirez écrire, c’est tout ce qui importe et nul ne peut prévoir si cela importera pendant des siècles ou pendant des jours. Mais sacrifier un cheveu de la tête de votre vision, une nuance de sa couleur, par déférence envers quelque maître d’école tenant une coupe d’argent à la main ou envers quelque professeur armé d’un mètre, c’est commettre la plus abjecte des trahisons. » Virginia WOOLF ( Femme de Lettres anglaise )

VIRGINIA WOOLF
Virginia WOOLF