Histoire d’un ballet : Les Illusions perdues …

(Vidéo : Diana VISHNEVA & Vladislav LANTRATOV)

Ce ballet a été conçu, en 2011, par l’ancien danseur, directeur du Bolchoï et chorégraphe Alexis Ratmansky. Il s’est inspiré, de façon quelque peu éloignée, libre et assez étonnante, du roman (portant le même nom), dédié à Victor Hugo, qu’Honoré de Balzac avait fait publier, en deux parties, en 1827 et 1843.

Pour le livret, il a repris celui signé en 1935 par Vladimir Dimitriev pour la chorégraphie de Rötislav Zakharov. Ce dernier avait imaginé un ballet, sur le même thème, pour sa muse Galina Oulanova. Ratmansky a fait appel à l’acteur de la Comédie Française , Guillaume Gallienne, pour l’étudier à nouveau avec lui et le conseiller dans la dramaturgie.

C’est une histoire d’amour dans le Paris du XIXe siècle : d’un côté un amour vrai et sincère, et de l’autre un amour plus fantaisiste, ambitieux, plein de désillusion. Lucien de Rubempré n’est plus le poète du roman de Balzac, mais un musicien, compositeur pour la danse à l’Opéra de Paris. C’est justement en écrivant la musique d’un ballet qu’il rencontre et tombe amoureux de Coralie, une danseuse Étoile. Sentiments partagés …. Malheureusement, Lucien va se laisser griser par le succès et par ses ambitions. Il trahira non seulement ses amis, mais son amour aussi, en séduisant Florine une autre danseuse rivale de la première. Le ballet se termine par la fin des illusions amoureuses de Lucien et Coralie.

Cette chorégraphie a fait l’objet de nombreuses critiques, pas toujours très favorables. Toutefois, il était intéressant, me semble t-il, d’en parler et de le faire connaitre, car, quoi que l’on ait pu en dire, je trouve que Ratmansky a traité son ballet avec efficacité. Le monde de la danse y est fortement présent. Il a, en effet,  » inséré « , l’esquisse d’un ballet (La Sylphide) dans le sien. On retrouve, par ailleurs, le Grand Foyer cher à Degas, et différentes scènes de bal. Il a su mettre en opposition, non seulement les deux personnages féminins, mais la réussite et l’échec de Lucien. Pour les ballerines, il a trouvé son inspiration entre deux grandes danseuses du passé, rivales elles aussi : Marie Taglioni et Fanny Essler.

On a reproché à Ratmansky d’avoir voulu en  » faire trop  » durant les trois actes de ce ballet, d’avoir été excessivement  » théâtral  » … Certes … Mais cela reste un beau ballet, captivant, avec une danse exprimée avec beaucoup de charme, de fluidité, de virtuosité, de force, de romantisme, de sensibilité, de lyrisme. On note même un petit côté glamour parfois. Les tableaux s’alternes en pas de deux intimistes, ensembles réussis, et merveilleux solos.

La musique a été confiée au compositeur russe Leonid Desyatnikov. Les décors sont de Jérôme Kaplan.

(Vidéo : Diana VISHNEVA & Andrey MERKURIEV)

Histoire d’un ballet : RAYMONDA …

(Vidéo : Valentine COLASANTE & Pablo LEGASA accompagnés par le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris)

Raymonda est une fresque romantique et pittoresque avec des senteurs arabo-andalouses, dont l’action se passe au temps des Croisades en Provence. C’est un ballet classique qui, comparativement à d’autres célèbres, reste un peu méconnu. C’est dommage parce que c’est un petit chef-d’œuvre signé Marius Petipa, sur une musique de Alexandre Glazounov. Le livret est de l’écrivaine et journaliste Lydia Pachkova en 1895. Il sera remanié notamment par le chorégraphe et le directeur du Mariinsky, Ivan Vsevolojski. Sa création aura lieu en 1898 avec Pierina Legnani et Serge Legat.

A cette époque Petipa traversait une période délicate dans sa brillante carrière. Entre 1890 et 1893 sa fructueuse collaboration avec Piotr Tchaïkovsky avait donné naissance à trois grands ballets : Le Lac des cygnes – Casse-Noisette – La Belle au bois dormant, lesquels avaient conféré à la danse une nouvelle et grande dignité, beaucoup d’élégance, de raffinement et une musique de qualité.

La mort prématurée du compositeur sera un véritable coup dur pour Petipa. Il en était même venu à se poser des questions sur la continuité de son travail de poursuite dans la réforme de la danse classique, et surtout il se demandait qui pouvait, désormais, assumer la lourde tâche de collaborer avec lui, si exigeant, et remplacer Tchaïkovsky. Son choix va se porter sur un ami de ce dernier : Alexandre Glazounov, lequel, de base, n’avait aucune expérience en matière de ballet, mais était doté d’une certaine notoriété dans la musique.

Sa spécificité était la musique à l’état pur, brillante, rythmée, proche d’un certain académisme. Il avait composé des partitions pour de la musique de concert, des sonates, un concerto pour violon, des symphonies, le tout avec toujours beaucoup de lyrisme. Mais il n’avait donc aucune connaissance de ce que pouvait bien être une musique pour la danse. Et pourtant …. Pourtant, celle qu’il va composer pour Raymonda sera vraiment très belle, créative, avec un petit zeste de fantaisie. Il a sur donner à chaque acte une couleur spécifique : orientale, hongroise, française, le tout auréolé de thèmes nationaux extraits de mélodies populaires russes.

C’est une partition riche en couleurs, narrative, avec du caractère. Elle sera reprise, par la suite, pour les versions de re-lectures qui viendront par la suite que ce soit intégralement ou par fragments, comme le feront, par exemple, George Balanchine ou John Cranko.

De son côté Marius Petipa réunira tout ce qui avait pu faire le succès de ses précédents ballets, du rêve face à la réalité, de la beauté, de la tendresse, de la virtuosité, avec, comme toujours, une danse très exigeante, des Variations diverses et variées, difficiles;

(Vidéo : Dorothée GILBERT)

La collaboration entre les deux hommes sera extrêmement difficile. Petipa était infiniment exigeant et souhaitait, sans cesse, comme à son habitude, apporter des changement dans la partition de Glazounov. Mais ce dernier lui tiendra tête ! Toutefois, lorsque le chorégraphe fera, à nouveau, appel à lui quelques années plus tard pour deux autres ballets, il comprendra qu’il fallait se plier à lui car, vu son professionnalisme dans le domaine de la danse, ses demandes n’avaient pour but que d’embellir la danse. A partir de là leurs relations vont considérablement s’améliorer. Raymonda connaitra un très beau succès. Ce ne fut pas tant l’histoire qui enthousiasma le public, mais le travail que Petipa et Glazounov avait fourni, malgré leur mésentente. On louera la chorégraphie et on applaudira la musique.

Rudolf Noureev connaissait fort bien Raymonda car il l’avait souvent dansé à des débuts au Kirov en 1958. Après son passage à l’ouest, non seulement il remontera certains passages comme Le Pas de quatre ou le Divertissement hongrois, mais le ballet dans son intégralité au Festival de Spolète en 1964 où il partagera l’affiche avec Margot Fonteyn. Il créera sa propre version en 1972 pour le Ballet de Zurich, en 1975 pour l’American Ballet, puis, dès son arrivée à l’Opéra de Paris comme directeur de la danse en 1983 c’est lui qu’il choisira de créer.

 » Le troisième acte est entièrement de Petipa. Je l’ai reconstitué de mémoire après l’avoir dansé au Kirov sous la direction de mon maître Pouchkine. Dans le premier et le second acte, beaucoup de pas sont de moi. J’ai ajouté, en particulier, plusieurs variations pour les garçons, toujours en respectant le style de Petipa. Mais il faut se dire qu’il n’existe pas, aujourd’hui, un seul de ses ballets absolument conforme à l’original. » R.N.

(Vidéo : Rudolf NOUREEV)

Dans sa magnifique et harmonieuse version, très technique, Noureev plonge les spectateurs dans un monde féérique, avec des variations splendides, voire assez périlleuses pour certaines. Il a multiplié des combinaisons novatrices, des pas difficiles, et donnera à la danse un côté poétique, aérien et gracieux. Il a fait preuve d’une grande créativité, de la précision et de l’élégance. Les chatoyants costumes sont de Nicholas Georgiadis.

Pas de Deux sur l’ Andante Spianato Op.22 de CHOPIN

(Vidéo : Lauren STRONGIN & Connor WALSH du HOUSTON BALLET – Chorégraphie de Stanton WELSH – Piano : LANG LANG – Mujsique : Frédéric CHOPIN )

Ce Pas de Deux fait partie d’un spectacle intitulé Les Sons de l’âme mettant à l’honneur diverses partitions de Frédéric Chopin, dont celle-ci . Il fut donné au Théâtre des Champs Elysées, à Paris, en 2013, avec au piano le célèbre Lang Lang. La chorégraphie est de Stanton Welsh du Houston Ballet.

L’Andante Spianato a été composé par Chopin à l’âge de 25 ans. Comme il avait l’habitude de le faire lui-même , il est toujours interprété de nos jours lors de concerts, en introduction de la Grande Polonaise Brillante qui porte le même numéro d’opus et qui fut écrite cinq ans avant.

C’est un morceau magnifique, enchanteur, délicat, quasi dans le recueillement, qui ressemble un peu à un Nocturne. Chopin l’appréciait énormément.

 » C’était comme si s’ouvrait devant vous un jardin peuplé d’être se promenant en silence parmi les jets d’eau et d’étranges oiseaux  » aurait dit Félix Mendelssohn après l’avoir entendu ( avec la Grande Polonaise brillante) joué par Chopin.

Histoire d’un ballet : MAYERLING …

(Vidéo : Dorothée GILBERT & Hugo MARCHAND)

C’est dans le pavillon de chasse de Mayerling, un village situé non loin de Vienne, que furent retrouvés, en 1889, les corps sans vie de Rodolphe, prince héritier de la Cour d’Autriche, et de sa jeune maîtresse Marie Vetsera. Rodolphe était le fils de l’empereur d’Autriche François-Joseph et d’Élisabeth de Bavière, dite Sissi. Seul enfant masculin du couple, c’est donc sur lui que s’appuyaient toutes les espérances de continuité de la dynastie.

Rodolphe était marié à la princesse Stéphanie de Belgique, dont il aura un fils. Leurs rapports étaient, malheureusement, très froids, distants, et il lui était souvent infidèle. Ses aventures adultérines furent souvent scabreuses et peu recommandables. Par ailleurs, la rumeur affirme qu’il buvait beaucoup et se droguait. C’est en 1888, alors de sa santé était très affaiblie par les abus, qu’il fit la connaissance de Marie, fille d’un diplomate et d’une dame de la haute société bourgeoise de Vienne. Ils furent présentés par la comtesse Larish, une amie de la famille Vetsera. La jeune fille avait 17 ans. Ils tombèrent follement amoureux l’un de l’autre.

Nul ne saura jamais véritablement, avec précision (le cocher du prince se taira et n’avouera jamais ce qu’il savait) ce qui s’est réellement passé dans ce pavillon de chasse. Mais plusieurs théories furent avancées. On a prétendu que le prince succomba d’une crise cardiaque. Peut-être, mais son corps présentait une blessure par balle. Donc on dut se résoudre à admettre qu’il pouvait s’agir d’un suicide . Il sera enterré dans la crypte royale et le corps de Marie fut enterré dans le petit cimetière de Heilingentrenz près de Mayerling.

Pour justifier le geste du prince, on a évoqué les graves troubles psychologiques dont il souffrait. Mais la rumeur enfla et certains affirmeront que s’il en était venu à un tel geste, c’est parce qu’il avait eu une très forte altercation avec son père, lequel l’avait fermement sommé de rompre avec sa jeune maîtresse. Il faut dire que les oppositions entre le père et le fils étaient nombreuses. Rodolphe ne n’était jamais vraiment entendu avec lui notamment à propos de leurs idées politiques complètement différentes : les siennes étant plus conservatrices que celles de François-Joseph. En cela il ressemblait beaucoup à sa mère.

On suppose qu’il aurait tué Marie en premier, avant de retourner l’arme contre lui. Au cours des années qui suivirent, les hypothèses continuèrent parce que de nouveaux détails apparaissaient , comme par exemple les traces supposées de lutte, des bris de verre dans la pièce. Tout ceci sans véritable preuve concrète de ce qui était avancé.

Zita de Bourbon-Parme, femme du dernier empereur d’Autriche, soutenait que les amants de Mayerling avaient été victimes d’un double assassinat orchestré par les gens de la Cour, en raison des sympathies de Rodolphe pour la cause hongroise, ce qu’il ne cachait absolument pas d’ailleurs.

Cette histoire a beaucoup inspiré le cinéma, mais la danse également au travers de la merveilleuse chorégraphie qu’offrira Kenneth MacMillan.

Ce ballet n’est pas un conte de fée pour les enfants. C’est une chorégraphie quasi picturale, bien construite, dans laquelle MacMillan a su cerner la nature profonde du prince, un personnage qui reste le héros absolu de son ballet. Il en a fait un être psychologiquement atteint. Il nous éclaire, par ailleurs, sur une histoire qui reste très sombre, mystérieuse, secrète.

C’est un rôle difficile à interpréter car il est endurant, immensément nuancé, les mouvements étant là pour bien exprimer tout le côté intérieurement dévasté du prince, son désespoir, ses tensions nerveuses, son désir de mort, son penchant pour l’alcool et la droque.

Dans ce ballet intensément dramatique , MacMillan a vu une Cour de Vienne étouffante, corrompue, immorale, hypocrite, exprimée par des pas difficiles, des arabesques superbes, des pas de deux spectaculaires, des variations parfois acrobatiques, qui correspondent bien aux diverses atmosphères avec le désir, l’amour, la rage, l’obsession, la folie. Rien n’a été laissé au hasard par le chorégraphe, pas un regard ne lui a échappé. Tout a été orchestré avec une grande maestria, des portés déchainés pour bien faire sentir l’abîme entre les deux amants.

La musique choisie fut celle de Franz Liszt dont certains extraits ont été ré-orchestrés par le compositeur John Lanchbery. MacMillan a trouvé que les pièces musicales de Liszt se prêtaient efficacement et de façon cohérente, à ses exigences chorégraphiques, mais il savait aussi, comme il l’a souvent expliqué, que Liszt avait eu des relations avec la Cour d’Autriche , qu’il avait notamment joué pour elle et qu’il en était fort apprécié. Sa musique donc, à son avis, réussissait parfaitement à recréer fidèlement le contexte historique général.

La création de ce ballet a eu lieu au Covent Garden de Londres en 1978. Il obtiendra un immense succès. Il fait désormais également partie du répertoire de l’Opéra de Paris.

(Vidéo : Valentine COLASANTE)

Histoire d’un ballet :  » NAPOLI  » … Auguste BOURNONVILLE

Auguste BOURNONVILLE 1805/1879
(Vidéo : ROYAL BALLET DANOIS avec Alexandra LO SARDO – Alban LENDORF – Ulrik BIRKKJAER – Carolina BALDWIN – Marcin KUPINSKY – Gregory DEAN – Holly DORGER – Amy WATSON – Susanne GRINDER )

C’est un voyage en Italie en 1841, et plus précisément à Naples, qui va inspirer le brillant chorégraphe Auguste Bournonville pour son merveilleux ballet Napoli ( ou le pêcheur et son épouse) , créé en 1842 au Théâtre royale de Copenhague. Les musiques sont un très judicieux pot-pourri de pages écrites par des compositeurs danois célèbres, auxquelles il a associé es airs populaires du folklore italien.

Napoli est un petit trésor chorégraphique tout à fait révélateur de ce que fut ( et qui est toujours préservé de nos jours) l’esprit et le style de la fameuse méthode Bournonville, enseignée dans de nombreux pays autre en dehors du Danemark.

La particularité de sa danse c’est l’élégance, la grâce, la légèreté, la virtuosité, l’importance qu’il a tenu à donner à chaque mouvement, à chaque pas, mais aussi l’esprit français qu’il a voulu maintenir dans son pays, lui qui avait beaucoup appris à Paris avec Auguste Vestris et Pierre Gardel lorsqu’il était venu danser en France.

Une histoire d’amour avec Giacomo et Peppo tous deux amoureux et désirant épouser la jolie Teresina qui elle n’a de cœur que pour le pêcheur Gennaro. Ce dernier lui demandera sa main et l’invitera à venir se promener dans sa barque. Une violente tempête les surprendra. Gennaro arrive à se sauver, mais la jeune fille sera emportée par les flots et se retrouvera dans la grotte bleue de l’île de Capri où elle rencontrera Golfo, l’esprit de la mer qui vit là avec ses naïades. Gennarro la cherchera longtemps et finira par la retrouver avec l’aide de la vierge. Ils finiront par se marier.

 Son ballet est très attachant, captivant, complexe, virtuose, plein de fraîcheur, de naturel, de charme, de vitalité, riche en couleurs. La pantomime est très présente. 

La chorégraphie des vidéos de l’article est celle de Nikolaj HÜBBE (Danseur, chorégraphe, directeur artistique du Royal Ballet danois)

(Vidéo : Solo de Linda HINDBERG ( ROYAL BALLET DANOIS )

Histoire d’un ballet : « Dances a gathering  » …

Ce ballet a vu le jour en 1969. Il signa le grand retour de Jerome Robins au New York City Ballet après une absence de 13 ans. Comme on le sait, ce merveilleux chorégraphe a toujours été habité par la musique de Frédéric Chopin, et bien sur c’est lui qu’il a choisi pour illustrer la musique de sa nouvelle chorégraphie. Différents morceaux ont été choisis : de nombreuses Mazurkas ( N.3 Op.63, N°3 Op.33, N° 6 Op. 4, N°s 4 et 5 Op.7, N° 2 Op.24, N° 2 Op.56) des Valses ( N°2 OP.69, N°s 1 et 2 Op.34, N° 2 Op.70, Op. 42) un Nocturne (N0 1 Op.15) des Études (N°2 Op10, N°s 4 et 5 Op.25) et un Scherzo (Op.20)

On peut réellement dire qu’il fait partie des ballets pour piano de Robbins. Sur les musiques citées ci-dessus , il a créé une communauté de solos, des duos, et des danses pour le corps de ballet, des combinaisons époustouflantes , de la grâce pure, une danse magnifique, pas spécialement virtuose mais pleine de poésie, de fraicheur, de légèreté, de mélancolie, élégante comme toujours avec lui.

Robbins dira :  » Il n’y a pas d’histoire, pour aucune des danses dans ce ballet. Il n’y pas d’intrigue et pas de rôles particuliers. Les danseurs dansent les uns avec les autres sur cette musique, dans cet espace, dans une communauté qui vit dans la musique de Chopin. Mais il y a beaucoup de possibilités. »

(Video : Francesca HAYWARD & William BRADWELL pour le Royal Ballet de Londres)
(Vidéo : Opéra de Paris pour la Valse Op.34 N.1 )
(Vidéo : Nolween DANIEL & Emmanuel THIBAULT pour l’Opéra de Paris)

Histoire d’un ballet : SPARTACUS …

(Vidéo : Ivan VASSILIEV dans le rôle principal)

Ce personnage légendaire, né près de Silare en Trace, sera à l’origine de grandes inspirations que ce soit dans le monde littéraire historique avec, notamment, le roman de Raffaello Giovagnoli, publié en 1873, qui aura un énorme succès et intéressera le cinéma en 1960 pour un film réalisé par Stanley Kubrick avec Kirk Douglas, mais aussi le monde de la danse.

Spartacus est un ballet qui a une grande importance en Russie. Il représente le symbole du sentiment populaire pour la cause bolchévique . Il reste le ballet dit de référence expliqué de la façon suivante : la horde romaine (comprendre tsariste) est une cruelle machine de guerre menée par le vaniteux Crassus, et Spartacus est le type même du héros, capable de faire se soulever, avec lui, ses camarades esclaves (comprendre les bolchéviques).

C’est un ballet d’action, épique, une grande fresque chorégraphique dans la lignée du grand ballet soviétique lyrique qui peut aller jusqu’au pompeux quand cela est nécessaire, mais qui peut être, en même temps, plein de verve, de passion, transcendant le caractère dramatique de l’œuvre.

La musique fut confiée à Aram Khachaturian (ou Khatchatourian) , inspirée à la fois du genre peplum cinématographique de l’époque, mais empreint aussi de la fantaisie slave avec des thèmes d’une grande beauté lyrique. Cette partition recevra le Prix Lénine.

Elle fut composée entre 1954 et 1957. Elle est franchement passionnante, de bout en bout, parce que le flot est sans cesse renouvelé, les contrastes très inventifs, surprenants, l’orchestration audacieuse, flamboyante, intense, riche émotionnellement parlant. Elle laisse une impression de plénitude. La rythmique est tour à tour endiablée, romantiquement et glorieusement lyrique.

C’est une musique redoutable, pleine d’ampleur, avec des mélodies sublimes, teintée de thèmes populaires arméniens mais dans laquelle il a également intégré des éléments de la tradition russe se référant à Rimsky-Korsakov, Borodine ou Tchaïkovsky. Son adagio est vraiment de toute beauté !

Il y a eu différentes versions chorégraphiques, mais le vrai grand succès de ce ballet viendra de Youri Grigorovitch au Bolchoï en 1968. Ce chorégraphe fut un danseur formé à l’École de danse de Saint Pétersbourg, puis 15 ans soliste au Bolchoï avant d’être nommé maître de ballet en 1962, et directeur de la danse deux ans plus tard. Il y restera jusqu’en 1995 et amènera la compagnie à l’excellence qu’on lui connait aujourd’hui.

Sa production fut assez vaste. Il a beaucoup aimé reprendre les grands classiques et ce en y apportant sa petite touche personnelle, sa marque de fabrique à savoir : beaucoup de cohérence, une pantomime soignée, précise, des pas très stylés  » à la russe  » . Sa grande spécialité fut le ballet narratif dans lequel il a énormément attaché d’importance à la psychologie des personnages. Ses héros furent souvent déchirés entre passion amoureuse et passion politique (Spartacus, Ivan le Terrible, Angara etc…) , et ses chorégraphies servies par des grands interprètes tels que Vassiliev, Lavrorsky, ou Natalia Bessmernova sa muse et épouse.

Il a fondé en 1997 le Prix Noureev en Russie et a très longtemps présidé le célèbre concours de danse  » Le Benois de la danse  » .

Fasciné par l’histoire de l’Antiquité romaine, notamment celle de Spartacus, ayant lu et fortement apprécié le roman de Giovagnoli qui avait eu beaucoup de succès en Russie, il a décidé, un jour, d’en faire un ballet sur la musique de Aram Kachaturian.

Sa version est, sans nul doute possible, celle qui est non seulement appréciée du public russe, mais dont le succès a largement dépassé les frontières de son pays. Un an après sa création au Bolchoï en 1968, il était ovationné à Londres, à la Scala de Milan, à Rome et bien d’autres encore.

C’est une chorégraphie d’une grande efficacité dramatique, bien construite, spectaculaire, avec une dramaturgie efficace. Il a vu son héros comme un idéaliste, un martyre révolté, soutenu dans la lutte par la vertueuse Phrygia. Bien qu’écrasé et humilié par Crassius, un veule, un vaniteux décadent qui a une maîtresse amorale, Spartacus va faire preuve d’une grande force physique pour s’élever et redonner force à ces compagnons.

Grigorovitch a alterné les scènes d’ensembles ( armée, foule, combats) avec des adages magnifiques (amour, sensualité, émotion). C’est un ballet reconnu comme difficile d’interprétation, exigeant, virtuose, qui demande de grandes qualités physiques. Les variations sont expressives, assez acrobatiques. Le tout offre également des grands moments pleins de tendresse et d’émotion.

Il y a trois actes et douze tableaux. Le niveau de la danse est élevé, le style puissant, une fusion sublime entre le classique et le contemporain C’est un voyage dans l’histoire-

(Vidéo : Irek Mukhamedov et Ludmilla Semenyaka sur l’Adagio de Khachaturian)

Histoire d’un ballet : Le Spectre de la Rose …

SPECTRE Valentine Gross Hugo
 » Le spectre de la rose  » ( Nijinski/Karsavina) par Valentine GROSS-HUGO

C’est le  poème de Théophile Gautier Le Spectre de la Rose (Recueil La Comédie de la Mort / 1838 ) qui sera à l’origine du livret rédigé par Jean-Louis Vaudoyer pour ce ballet :

 » Soulève ta paupière close
Qu’effleure un songe virginal ;
Je suis le spectre d’une rose
Que tu portais hier au bal.
Tu me pris encore emperlée
Des pleurs d’argent de l’arrosoir,
Et parmi la fête étoilée
Tu me promenas tout le soir.

Ô toi qui de ma mort fus cause,
Sans que tu puisses le chasser
Toute la nuit mon spectre rose
A ton chevet viendra danser.
Mais ne crains rien, je ne réclame
Ni messe, ni De Profundis ;
Ce léger parfum est mon âme
Et j’arrive du paradis.

Mon destin fut digne d’envie :
Pour avoir un trépas si beau,
Plus d’un aurait donné sa vie,
Car j’ai ta gorge pour tombeau,
Et sur l’albâtre où je repose
Un poète avec un baiser
Ecrivit : Ci-gît une rose
Que tous les rois vont jalouser  » ….

La musique  choisie sera celle  de Carl Maria Von Weber «  l’Invitation à la valse Op.65  » (ré-orchestrée par Hector Berlioz) – Les décors et costumes seront signés par Léon Bakst – Les affiches du spectacle par Jean Cocteau.

Les rôles principaux assurés par Vaslav Nijinski qui, comme on peut le lire dans les différents témoignages laissés pour ce ballet, fut brillant, éblouissant, étourdissant ,  et Tamara Karsavina dont la critique dira que sa danse fut un épanchement de l’âme. Quant à la chorégraphie, elle fut confiée à Mikhail Fokine. Le ballet sera créé en 1911 à Monte-Carlo par la compagnie des Ballets Russes qui  (créée par Serge Diaghilev cette année-là), puis au Théâtre du Châtelet.

SPECTRE Karsavina et Nijinski
Tamara KARSAVINA et Vaslav NIJINSKI

 Costume original de Nijinski pour Le Spectre de la Rose

L’histoire est celle d’une jeune fille qui rentre du bal une rose à la main. Elle respire le parfum de la rose puis s’endort, rêvant de l’esprit de cette fleur qui viendrait la faire danser. L’esprit disparaît en s’enfuyant par la fenêtre dans un bond spectaculaire. C’est à ce moment là que la jeune fille se réveille et trouve la rose à ses pieds.

C’est un ballet mythique, plein de charme, incroyablement enchanteur, magnifique, romantique, sentimental,  entre rêve et réalité, porté par une danse poétique, éthérée, aérienne, expressive, théâtrale et émotionnelle. Avec lui, Fokine a, en quelque sorte, réinventé le danse masculine qui, il faut bien le dire, était un peu mise de côté à l’opéra , tout simplement parce que les ballerines étaient au centre de tout.

Depuis sa création, il a fait l’objet d’un grand nombre de re-lectures tout aussi différentes qu’intéressantes comme celles de Maurice Béjart, Angelin Preljocaj, Benjamin Millepied ou Thierry Malandin pour ne citer qu’eux.

( Vidéo : Manuel LEGRIS et Claude de VULPIAN / Opéra de Paris)

Histoire d’un ballet : EXCELSIOR …

«  C’est un ballet pour public intelligent, qui décrit le triomphe de la lumière sur les ténèbres, de l’intelligence sur l’ignorance, à travers les âges. Si l’obscurité prédominait durant l’inquisition, la lumière et sa légèreté triompheront au Siècle des Lumières. Elle sera présente lors des grandes inventions du XIXe siècle et rassemblera l’humanité dans une atmosphère heureuse et paisible. » Luigi MANZOTTI (Mime, danseur et chorégraphe italien)

Luigi MANZOTTI (1835/1905) – Photo de Giovan Battista GANZINI
(Vidéo : Isabel SEABRA & Roberto BOLLE)

Luigi Manzotti est né à Milan en 1835, fils d’un négociant en fruits et légumes. Son coup de cœur à 20 ans pour une danseuse, va le faire entrer dans le monde artistique. Il décide alors de ne pas suivre la tradition familiale pour se tourner vers une carrière de mime (Il deviendra d’ailleurs premier mime à la Scala de Milan) . C’est un personnage très créatif  qui, un jour, finira par se lancer dans la danse et la chorégraphie.

Durant les années qui suivront ,  il travaillera , petit à petit, au projet d’un grand ballet qui célébrerait toutes les découvertes, avancées technologiques, et progrès qui voyaient le jour au XIXe siècle  (appelé le Siècle d’Or ) comme le développement du bateau à vapeur, l’électricité, la construction puis inauguration du Canal de Suez, le tunnel du Mont Cenis entre la France et l’Italie )-  Un sujet très riche d’autant que Milan était en passe de devenir un grand centre industriel et culturel en Italie à cette époque. La guerre entre la France et la Prusse (1870) avait pris fin et avait permis, en Europe, une grande ouverture sur plus de solidarité sociale, de possibilités scientifiques et techniques qui permettraient d’améliorer la vie de tout à chacun.

Ce ballet ce  sera donc :  Excelsior . Il demande à son ami violoniste et  compositeur Romualdo Marenco, avec lequel il avait déjà travaillait pour un spectacle à Turin, de s’occuper de la musique.

Il est un peu différent des autres ballets, d’une part en raison du sujet et d’autre part sa présentation en différents tableaux allégoriques. C’est  une histoire d’amour, de haine, de lutte  entre l’Obscurité (sous les traits d’un homme en noir à l’aspect parfois squelettique)   qui est lié au passé et la Lumière pleine de richesse, de générosité et d’espoir ( une ballerine belle et tout de blanc vêtue) . Il  se terminera sur la victoire du bien contre le mal. C’est aussi la gloire du progrès, la foi en la fraternité, l’optimisme de la bourgeoisie de cette époque qui pensait qu’avec autant de progrès on allait vers un avenir libérateur et merveilleux. On assiste, par ailleurs, à toutes les grandes découvertes du siècle.

Pour beaucoup c’est un ballet qui semble un peu kitsch, rétro, mais en 1881 lors de sa création il fut ovationné avec un grand enthousiasme, recevra un véritable triomphe   et fera l’objet d’une centaine de représentations avant d’être repris dans différents pays un peu partout en Europe. Par la suite, il tombera un peu dans l’oubli,  avant d’être redécouvert en 1967 lors du Mai musical florentin dans une version de Ugo Dell’Ara. La musique fut retravaillée par Fiorenzo Carpi et Bruno Nicolaï. A partir de là, on l’a classé comme étant l’un des plus beaux témoignages culturels italiens de la fin du XIXe siècle. Il fait partie désormais du répertoire de la Scala de Milan.

Excelsior est un ballet  optimiste, riche en couleurs, divertissant, touchant et vraiment spectaculaire .

(Vidéo : en scène Roberto BOLLE – Marta ROMAGNA – Isabel SEABRA & Riccardo MASSIMI )

Portrait d’une danseuse : Melle GUIMARD …


Une petite chanson disait d’elle :  » De bas en haut, de haut en bas, Madeleine est charmante. Ses jolis pieds, ses jolis bras, en elle tout m’enchante ...  »

«  Elle ne faisait que des pas simples mais avec des mouvements si gracieux que le public la préférait à n’importe quelle autre danseuse. » Elisabeth VIGÉE-LEBRUN

GUIMARD Marie Madeleine Sculpture
 » Buste de La Guimard  » – 1779 – Gaétan MERCHI ( Bibliothèque-musée Opéra de Paris)

Marie, Madeleine Guimard, fut une danseuse célèbre de l’Opéra de Paris. Il ne reste plus grand chose en portraits d’elle si ce n’est le buste de Gaétan Merchi, quelques lithographies, lavis, et tableaux. Elle a été très célèbre, non pas qu’elle fut excellente dans son domaine, bien que dotée malgré tout d’une danse assez mesurée, élégante, gracieuse, légère, harmonieuse et expressive, mais elle eut une vie privée qui n’a pas manqué d’alimenter copieusement les potins de l’époque, notamment le choix de ses fréquentations, le nombre de ses amants, et son train de vie excessif, ce qui a quasiment éclipsé ce que l’on pouvait avoir à dire sur sa carrière de danseuse.

Mais elle a dominé toutefois la danse française durant 25 ans. Elle a dansé devant  Louis XV et Louis XVI , et la Cour,  à Versailles ou Fontainebleau, et s’est illustrée dans une cinquantaine de ballets dans lesquels étaient mêlés danse et comédie.

GUIMARD Marie Madeleine dans Sylvie 1765
 » Sylvie  » par Madeleine GUIMARD – 1765 – ( Bibliothèque-musée Opéra de Paris ) – Elle reprenait là un rôle qui fut autrefois ( 1749 ) par la Marquise de Pompadour.
GUIMARD Premier navigateur
 » Mademoiselle Guimard dans le ballet Premier Navigateur  » de GARDEL en 1785 – Lithographie (Bibliothèque-musée de l’Opéra de Paris)

On a souvent fait référence à sa grande générosité de cœur et sa gentillesse qui étaient telles que , bien souvent, les critiques ou les pamphlétaires hésitaient à dire du mal d’elle et lui pardonnaient facilement tous ses excès. Elle se rendait souvent auprès des malades, les aider financièrement.

Elle avait, par ailleurs, le don de la séduction, l’art de plaire, et ce malgré le fait qu’elle était très maigre, complètement à l’opposé des canons de l’époque à savoir des danseuses un peu enrobées que l’on avait l’habitude de rencontrer. Ces dernières  se posaient en rivales et ne manquaient pas, toutes jalouses qu’elles étaient, de lui donner des surnoms comme  » le squelette des grâces  » … Qu’importe ! Mademoiselle plaisait beaucoup à la gent masculine.

Elle est née à Paris en 1743. Sa maman est fille-mère, son papa un inspecteur des toiles qui ne reconnaîtra l’enfant que douze ans après sa naissance. Elle débute sa carrière de danseuse en 1758 sur la scène de la Comédie Française qui, à l’époque, possédait une petite troupe de ballet.

Trois ans plus tard, elle entre à l’Académie Royale de musique, grâce au protectorat de Jean Dauberval (chorégraphe et maître de ballet) qui fut, très tôt, son amant et lui permettra de rester assez longtemps en ce lieu où elle ne manquera pas de se faire remarquer.

La demoiselle fait dans  » l’utile et l’honoraire  » en amour : elle couche, en même temps, d’une part avec  le valet de Chambre de Louis XV à savoir Jean-Benjamin de la Borde (l’utile ) qui lui permettra de la faire entrer à la Cour et y rencontrer des personnes influentes ; d’autre part avec Charles de Rohan, Prince de Soubise ( l’honoraire ) qui  ne manquera pas de la couvrir de cadeaux, d’argent, lui fera construire différentes demeures et même une petite salle de spectacle (des lieux qui n’existent plus de nos jours car ils furent détruits sous Napoléon III).  Parallèlement à ces deux personnages, on trouve également beaucoup de danseurs de sa connaissance, et Monseigneur  Louis Sextius Jarente de la Bruyère , l’évêque d’Orléans qui partagera son lit et lui fera mener grand train lui aussi..

Charles de ROHAN-SOUBISE
Charles de ROHAN-SOUBISE
Jean-Benjamin de LA BORDE
Jean-Benjamin DE LA BORDE
Monseigneur Louis Sextius JARENTE de LA BRUYÉRE
Monseigneur Louis-Sextius JARENTE DE LA BRUYÉRE

Un beau jour, son généreux amant le Prince de Rohan-Soubise en eut plus qu’assez de devoir la partager avec d’autres et décida de ne plus lui allouer la pension qu’il lui versait régulièrement. Mademoiselle se laissa alors courtiser par un prince allemand qui, tout éblouit qu’il était par elle, se proposa d’éponger toutes ses dettes en échange d’un mariage. Elle s’enfuira avec lui. Soubise, complètement dépité, partira à sa recherche, et réussira à la récupérer.

C’est à ce moment là que commenceront les travaux de construction d’un magnifique hôtel particulier qu’elle appelera Le temple de Terpischore, rue de la Chaussée d’Antin à Paris. L’architecte fut Claude Nicolas Leroux et les décorations intérieures confiées à Honoré Fragonard. En ce lieu somptueux elle organisera des grands dîners où seront conviés des gens de la Cour et autres personnes de l’aristocratie ;  elle donnera des spectacles dans sa salle de théâtre qui contenait environ 500 personnes ;  rivalisera d’élégance et de bon goût dans le choix de ses toilettes, avec les dames qui se trouvaient là .

HOTEL DE MELLE GUIMARD
Hôtel particulier de Mademoiselle GUIMARD – Rue de la Chaussée d’Antin à Paris

En 1785 elle devra se séparer de ce lieu car l’argent finira par lui manquer en raison du train de vie coûteux qu’elle menait. Elle organisera une loterie privée pour le vendre.  C’est une marquise qui en fera l’acquisition puis le revendra à un banquier.  En 1789 elle abandonnera sa carrière de danseuse à l’opéra et épousera Jean-Etienne Despréaux, autrefois danseur, chorégraphe, poète, professeur de danse de Madame du Barry. Curieusement il n’est pas fortuné, ni influent, mais elle lui trouvait beaucoup d’esprit et elle aimait ça. Elle appréciera de pouvoir  partager avec lui les plaisirs de la vie et sa passion de la danse.

Il a écrit sur elle :  » Telle, Guimard, pour plaire, imitant la nature, semble avoir de Vénus dérobé la ceinture. Son air simple et naïf n’a rien de fastueux. Elle enivre à la fois et le coeur et les  yeux. Par elle, tout reçoit une nouvelle grâce. Sans cesse elle nous charme et jamais ne nous lasse. Et ses bras délicats, par leurs contours charmants, nous peignent du mouvement….  »

JEAN ETIENNE DESPREAUX
« Portrait de Jean-Etienne DESPREAUX » par Jean-Baptiste ISABEY ( Peintre miniaturiste)

Tous deux ont vécu  de façon assez simple dans un petit appartement de Montmartre ( la Révolution ayant supprimé les pensions de l’Ancien Régime) , avant de revenir, en 1797,  à Paris ,toujours très heureux. Grâce à l’appui de Joséphine de Beauharnais, il reprendra ses cours de professeur de danse et comptera parmi ses élèves Désirée Clary ( ex de Bonaparte) , Caroline Bonaparte ainsi que les enfants de Joséphine . Il deviendra, par la suite, organisateur de spectacles, maître à danser de la nouvelle impératrice Marie-Louise, tout en continuant d’écrire des poèmes et chansons. Grâce à l’empereur, il obtiendra le poste de professeur de danse et de grâce au Conservatoire de musique ainsi que répétiteur des cérémonies de Cour.

Avec Marie-Madeleine ils furent très souvent invités à des soirées. Elle fut malheureusement atteinte de syphilis dès l’âge de 43 ans . Elle décèdera en 1816, et son époux en 1820.


 » Marie-Madeleine Guimard en Terpsichore  » – Jacques Louis DAVID