Il y a ceux qui savent …

 » Il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Et pour dix mille qui ne savent pas, il y en a un seulement qui sait. C’est le miracle de tous les temps, le fait que ces millions savent tant de choses mais ne savent pas ça. C’est comme au XVe siècle quand tout le monde croyait que la terre était plate : seuls Colomb et quelques autres connaissaient la vérité. Mais c’est différent tout de même, car il leur fallait du talent pour se figurer que la terre était ronde. Tandis que cette vérité saute tellement aux yeux que c’est le miracle de toute l’histoire que les gens ne sachent pas….  » Carson MC.CULLERS (Romancière américaine- Extrait de son livre Le cœur est un chasseur solitaire/1940)

Carson MC.CULLERS  (1917/1967)

Poète, Poème, Poésie …

 » Un poème est l’image même de la vie exprimée dans sa vérité éternelle. Il y a cette différence entre un récit et un poème, qu’un récit est un répertoire de faits détachés qui ne sont reliés par rien d’autre que le temps, le lieu, les circonstances, la cause et l’effet. Un poème créé des actions d’après les formes inchangeables de la nature humaine telles qu’elles existent dans l’esprit du Créateur, qui est l’image même de tous les autres esprits.

L’un est partiel et ne s’applique qu’à une période donnée du temps et à une certaine combinaison d’événements qui ne peuvent jamais se reproduire. L’autre est universel et comprend en soi l’embryon d’un rapport à tous les mobiles ou actions qui peuvent exister dans la variété des possibles de la nature humaine. Le temps détruit la beauté et provoque la désuétude du récit de faits particuliers, dépouillés de la poésie qui devrait les investir, augmente la beauté de la poésie, et offre perpétuellement de nouvelles et prodigieuses applications de la vérité éternelle qui les contient.

C’est pourquoi les épitomés ont été appelés les parasites de l’histoire juste. Ils en dévorent la poésie. Un récit de faits particuliers est un miroir qui obscurcit et déforme ce qui devrait être beau : la poésie est un miroir qui embellit ce qui est difforme.

La poésie s’accompagne toujours de plaisir : tous les esprits sur lesquels elle descend s’ouvrent pour recevoir la sagesse qui est mêlée au ravissement qu’elle procure. Dans l’enfance du monde, ni les poètes eux-mêmes, ni leur auditoire, n’avaient pleinement conscience de l’excellence de la poésie car elle agit d’une façon divine que l’on ne perçoit pas au-delà et au-dessus de la conscience. C’est aux générations à venir qu’il revient de contempler et de mesurer la puissance de la cause et de l’effet et toute la force et toute la splendeur de leur union.

Même aux temps modernes, aucun poète vivant n’a jamais atteint la plénitude de sa renommée. Le jury qui juge un poète appartenant de par sa nature au temps dans sa totalité, doit se composer de ses pairs. Il doit être constitué par le temps à partir des plus éligibles des sages de générations nombreuses. Un poète est un rossignol dans la nuit qui chante pour égayer sa solitude par une douce musique. Ses auditeurs sont comme des hommes transportés par la mélodie d’un musicien invisible qui sentent qu’ils sont émus et attendris et qui pourtant ne savent pas d’où vient leur trouble, ni quelle en est la cause. »  Percy BYSSHE SHELLEY (Poète anglais / Extraits de son ouvrage Défense de la poésie en 1821)

A PERCY BYSSHE SHELLEY
Percy BYSSHE-SHELLEY (1792/1822)

 

 

Parapente …

 » Celui qui un jour veut apprendre à voler, celui-là doit d’abord apprendre à se tenir debout et à marcher, et à courir, à grimper et à danser. Ce n’est pas du premier coup d’aile que l’on conquiert l’envol !  » Friedrich Wilhelm NIETZSCHE ( Philologue, philosophe, poète, pianiste et compositeur allemand – Extrait de son livre-poème philosophique Ainsi parlait Zarathoustra )

parapente
 » Dans les airs il plane, ivresse d’Icare frôlant d’abruptes falaises ….  » mots d’un texte de Yasmina SÉNANE (Auteur française)