L’odeur …

 » De tous les sens, l’odorat est celui qui me frappe le plus. Comment l’odeur, le goût, se font-ils parfum, comment nos nerfs se font-ils nuances, interprètes subtiles, sublimes de ce qui ne se voit pas, ne s’entend pas, ne s’écrit pas avec des mots ? L’odeur serait comme une âme, immatérielle  » Marcel HANOUN (Cinéaste et écrivain français) .

L’art de la promenade …

 » Un art de la promenade présenterait de l’intérêt pour toutes les personnes cultivées qui ont à cœur de flâner, l’esprit et les sens en éveil, aussi bien dans la nature que dans les lieux fréquentés, de jouir pleinement de la nature et de la société durant leurs promenades ; tout comme l’art de vivre devrait être, pour chaque individu, un objet d’attention, au sens plein du terme … Dans un art de vivre où alternent , selon un ordre éprouvé,  effort et repos, sérieux et jeu, travail et plaisir, la promenade a également sa place.  » Karl Gottlob SCHELLE ( Philosophe allemand – Extraits de son ouvrage  » L’art de se promener  » en 1802 )

 » Prête pour la promenade  » Giovanni BOLDINI
PROMENADE EN FORET 1869 Ivan Shishkin
 » Promenade en forêt  » –  1869 – Ivan SCHISHKIN
PROMENADE 1881 CHEMIN MONTANT GUSTAVE CAILLEBOTTE
 » Promenade-Chemin montant  » 1881 – Gustave CAILLEBOTTE
PROMENADE SUR LA FALAISE A POURVILLE 1882 CLAUDE MONET
 » Promenade sur la falaise à Pourville  » 1882 – Claude MONET
PROMENADE DU MATIN JOHN SINGER SARGENT 1882
 » Promenade du matin  » – 1882 – John SINGER SARGENT

19.6.2022 : Fête des pères…

 » … Un homme qui n’a pas peur, qui promet sans trembler, qui aime de tout son cœurle plus fort c’est mon père ….  »

Comment t’as fait maman
Pour savoir que papa
Beau temps et mauvais temps

Il ne partirait pas
Est-ce que t’en était sûre, ou si tu savais pas
Est-ce que les déchirures, ça se prévoit?
Comment t’as fait, maman
Pour trouver le bon gars
Tu l’as connu comment
Tu l’as aimé pourquoi
Est-ce qu’il y en avait juste un dans tout le présent siècle?
Et il se trouve que c’est toi qui dors avec

Comment t’as pu trouver
Un homme qui n’a pas peur
Qui promet sans trembler
Qui aime de tout son coeur
J’le disais y’a longtemps
Mais pas de la même manière
T’as de la chance, maman
Le plus fort c’est mon père

Comment ça se fait maman
Que dans ma vie à moi
Avec autant d’amants
Avec autant de choix
J’ai pas encore trouvé un homme comme lui
Capable d’être ami, père et mari
Comment t’as fait maman
Pour lui ouvrir ton coeur
Sans qu’il parte en courant
Avec ce que t’as de meilleur
Est-ce qu’y a des mots magiques
Que t’as dit sans te rendre compte?

Explique-moi donc ce qui faudrait que je raconte

Comment t’as pu trouver
Un homme qui n’a pas peur
Qui promet sans trembler
Qui aime de tout son cœur
J’le disais y’a longtemps
Mais pas de la même manière

T’as de la chance, maman
Le plus fort c’est mon père

Et quand j’ai l’air de les aimer
Les hommes changent de regard
Si j’ose m’attacher
Ils se mettent à m’en vouloir
Si je parle d’avenir

Ils sont déjà loin derrière
J’avais raison de le dire
Le plus fort c’est mon père

Vas-tu me dire maman
Comment t’as pu savoir
Dès le commencement
Que c’était pas un trouillard?

Qu’il allait pas s’enfuir
Et qu’il allait tout faire
Pour que je puisse dire
Le plus fort c’est mon père

Quel effet ça t’a fait
Quand tu l’as rencontré
Est-ce que ça paraissait
Qu’il allait tant t’aimer?
Les hommes bien souvent
Paraissent extraordinaires
Mais dis-toi bien maman
Que le plus fort c’est mon père
 » Linda LEMAY (Auteure-compositrice-interprète et guitariste québécoise )

Le spectacle de la mer …

 » Le spectacle de la mer fait toujours une impression profonde . Elle est l’image de cet infini qui attire sans cesse la pensée, et dans laquelle, sans cesse, elle va se perdre.  » Anne Louise Germaine NECKER dite Madame De STAËL (Romancière et essayiste française d’origine suisse romande. – Extrait de son livre Corinne ou l’Italie)

Tableau Vicente ROMERO

Jardin à la française …

 » Quoi de plus beau, en effet, qu’un jardin à la française ? Ses lignes droites ou doucement courbées, cette régularité, cette écriture géométrique de verdure et de fleurs, cette symétrie qui flatte l’œil et l’entendement, cette nature dominée, prête à entendre des vers et des cantates.

Nos jardins, Monsieur, sont des alexandrins en musique !  » Jean-François PAROT (Diplomate et écrivain français / Extrait de son livre L’honneur de Sartine)

Jardin à la française – Château de Villandry / Photo de : Jean AERNOUDTS

Ier juin 2022 …

Proverbes du mois de juin :

 » C’est le mois de juin qui fait le pain  »

 » qui pêche en juin ne pêche rien « 

 » En juin brume obscure, trois jours seulement dure « 

 » Soleil de juin luit grand matin  »

 » Ce sacré petit mois de Juin
Couvert des couleurs d’arlequin,
Nous conduit vers l’été, doucement,
Allongeant les jours discrètement.

Les averses, fréquentes, nettoient la nature
Et laissent, derrière elles, un ciel d’azur.
Exaltant, des parfums enivrants
Dans un univers transparent…. « 
Dominique SAGNE (Poétesse française)

29.5.2022 : fête des mamans …

 » Elle est, dans ce monde infernal, mon étoile parmi les étoiles …. « 

 » Quand j’ai froid elle se fait lumière

Comme un soleil dans l’existence

Quand j’ai mal elle se fait prière

Elle me dit tout dans un silence

Quand je souffre, elle souffre avec moi

Quand je ris, elle rit aux éclats

Mes chansons sont souvent pour elle

Elle sera toujours ma merveille

Quand je n’suis pas à la hauteur

Elle m’élève plus haut que le ciel

Elle est la splendeur des splendeurs

Elle est la sève, elle est le miel

C’est son sang qui coule dans mes veines

Et des souvenirs par centaines

Bercent mon cœur de mille étoiles

Elle est ma quête, elle est mon Graal

Oh mon Dieu, laissez-les moi

Les beaux yeux de la Mama

Enlevez-moi même tout le reste

Mais pas la douceur de ses gestes

Elle m’a porté avant le monde

Elle me porte encore chaque seconde

Elle m’emportera avec elle

Je lui serai toujours fidèle

Quand je me blesse elle est douceur

Comme une caresse dans l’existence

Quand j’abandonne elle devient lionne

Et me relève avec patience

Quand j’ai la folie des grandeurs

Elle me ramène sans me faire mal

Elle est dans ce monde infernal

Mon étoile parmi les étoiles

Oh mon Dieu, laissez-les moi

Les beaux yeux de la Mama

Enlevez-moi même tout le reste

Mais pas la douceur de ses gestes

Elle m’a porté avant le monde

Elle me porte encore chaque seconde

Elle m’emportera avec elle

Je lui serai toujours fidèle

Oh mon Dieu, laissez-les moi

Les beaux yeux de la Mama

Enlevez-moi même tout le reste

Mais pas la douceur de ses gestes

Elle m’a porté avant le monde

Elle me porte encore chaque seconde

Elle m’emportera avec elle

Je lui serai toujours fidèle  » Kendji GIRAC (Chanteur français)

« La mère et l’enfant-Premiers pas » par Edward BOWRING-STEPHENS

Un fruit de saison : la Fraise …

 » Les premières fraises signent la venue du printemps. Ces gros fruits rouges, gorgés de soleil, pleins de sucre et d’arômes nous font toujours saliver, et comme le roi Louis XIV, nous ne savons résister à ces merveilleux fruits rouges. Mais savez-vous que les fraises que le docteur Fagon, médecin du roi, interdisait à son royal patient Louis XIV, au point de le contraindre à les manger en cachette, n’avaient que peu de rapports avec nos fraises modernes ?

Les fraises anciennes étaient issues de la fraise des bois (Fragaria vescia), qui pousse au ras du sol dans les forêts de feuillus humides. Ceux qui en ont cueilli dans les bois savent que ce sont de petits fruits fragiles, qui s’écrasent facilement quand on les cueille, qui n’ont qu’un lointain rapport avec les fraises des bois que l’on sert de nos jours dans les restaurants et qui sont en fait des fraises modernes, dites fraises des quatre saisons, autrefois appelée « belle de Meaux ». Les fraises anciennes étaient dérivées de la fraise des bois sauvage et Nicolas de Bonnefon en 1655 n’en désignait que quatre espèces cultivées.


Monsieur de La Quintinie, directeur des Jardins Fruitiers et Potagers du Roy à Versailles ne cite que les fraises blanches et rouges et a inventé la culture en couches et sous châssis pour offrir des fraises en mars à Louis XIV qui n’aimait rien tant que les primeurs, qu’il s’agît des melons, des asperges ou des fraises. A la fin du XIXe siècle, Joseph Favre, dans son Dictionnaire Universel de Cuisine, cite encore les fraises de Versailles, de Montreuil et de Fontenay qui étaient encore cultivées en région parisienne à l’époque, mais qui restaient fragiles et à petits fruits.

Toutes les fraises modernes sont issues d’hybrides. L’origine de ces hybrides relève de l’espionnage et leur histoire ferait pâlir James Bond ! En effet les variétés de fraises à gros fruits sont toutes issues d’Amérique. La fraise de Virginie fut rapportée du Canada par Jacques Cartier et sa culture se répandit en Angleterre, puis en Provence où l’érudit Pereisc la cultiva au début du XVIIe siècle et les trouva « plus aromatiques que les communes, voire quasi-musquées ». Tournefort (mort en 1708) les introduisit au Jardin des plantes de Paris.


Puis vint Monsieur Frézier, au nom prédestiné. François-Amédée Frézier (1682-1773) était un ingénieur ordinaire du roi et capitaine du génie spécialiste des fortifications, qui fut envoyé en 1712 étudier, c’est-à-dire espionner pour le compte du roi, les fortifications côtières et portuaires des côtes du Pérou et du Chili, alors possessions espagnoles. On ne sait pas si ses habitudes de naturaliste relevaient de l’esprit des Lumières, toujours en quête de nouvelles explorations ou de découvertes, ou de couverture pour ses activités d’espion, toujours est-il qu’il découvrit à Conception dans la vice-royauté du Pérou, dans l’actuel Chili, une nouvelle espèce de fraisiers (Fragaria chiloensis), blanche et en forme de cœur, appelée frutilla (petit fruit) par les Espagnols et originaire de l’île de Chiloe.

Amédée Antoine FRÉZIER

Son embarquement précipité, car après le traité d’Utrecht en 1714, il était devenu personna non grata, ne l’empêcha pas de rapporter en France plusieurs plans de ces fraisiers. Il en offrit un au vieux roi Louis XIV qui le fit cultiver dans le Jardin du Roi. Cependant, si les fraises de Chiloe étaient acclimatées, la production n’en était pas résolue pour autant, car Frézier avait ramené des plants de fraisiers sans étamines, incapables de se polliniser entre elles. Les plants de Mr Frézier furent répartis entre le Jardin du roi, le jardin botanique de Brest où le célèbre naturaliste Antoine de Jussieu venait d’être affecté, et Frézier, devenu Lieutenant-Colonel en planta dans le jardin de sa propriété de Plougastel, où ils prospérèrent. Le botaniste Antoine-Nicolas Duchesne (1747-1827) contacta Frézier et réussit à hybrider la fraise blanche de Chiloé avec la fraise de Virginie et produisit des fraisiers à gros fruits rouges et sucrés ou fraisiers-ananas qui sont à l’origine de toutes les fraisiers modernes non remontants.

Les travaux des agronomes vont aboutir à la multiplication des variétés modernes, qui sont le plus souvent remontantes, c’est à dire qui donnent plusieurs fois des fraises durant le printemps et l’été : les plus appréciées actuellement sont la gariguette, la mara des bois, la cirano pour les produits de la recherche française, les pajaro, chedler, gento, pour les produits issus de recherches agronomiques du monde entier, parmi des centaines de variétés, en majorité remontantes. Les fraises primeurs proviennent en France toujours de Plougastel, de Carpentras et du Périgord, mais aussi de plus en souvent d’Espagne et du Portugal, sans oublier les fraises à contre-saison de l’hémisphère sud, du Cap de Bonne Espérance et du Chili, amusant retour des choses.

Nous pouvons donc penser comme Louis XIV : que serait le monde sans les fraises ? Fontenelle leur attribuait sa longévité exceptionnelle (il mourut dans sa centième année). Les fraises sont à l’origine d’une multitude de desserts : on peut les consommer tout simplement au sucre, à la crème (épaisse ou chantilly), au vin et au Champagne : au Grand Siècle, on disait que les femmes les préféraient à la crème, et les hommes au vin. Le marquis de Cussy, préfet du Palais sous le Premier Empire les préférait « à la Sainte-Alliance » : fraises, crème, Champagne et sucre. On les consomme souvent de nos jours associées à d’autres fruits rouges, en soupe parfumée à la menthe, à la verveine ou au basilic ; on en fait des mousses, des coulis, des sabayons, des tartes, des entremets, des glaces, des sorbets, et bien sûr des confitures, qui nous rappellent notre enfance. Sans oublier le fraisier, gâteau constitué de deux abaisses de génoise humectées de sucre, de sirop de fraise et de kirsch, séparées par une crème mousseline contenant des fraises fraîches, et recouvertes de crème mousseline et de fraises. En hommage au découvreur des fraises modernes, le maître espion Frézier, peut-être devrions nous commettre un néologisme et l’écrire « Frézier » ! « Jean VITAUX ( Docteur français , spécialiste gastro-entérologue, fin gastronome et auteur de nombreux livres sur la gastronomie)

 » Une petite fraise, au matin du printemps
Rouge et rayonnante comme l’éclat du soleil
Belle et charmante comme la magie du ciel
De sa chair a laissé une offrande aux gourmands

Et je fus le premier, qui les yeux grand ouverts
Contempla cette enfant de la verte contrée
La cueillant gentiment de mes doits envoûtés
Je futs vite charmé par son parfum d’hier

Je ne puis que penser à ces chaudes journées
De ma courte jeunesse où la beauté d’un fruit
Me faisait rêvasser aux couleurs infinis

C’est alors que je vis, que ce fruit n’était seul
Puisque Dame Nature, à laissé en mon œil
Les reflets de cents fraises en la ferveur de mai
 » Éric VAILLANCOURT (Poète français)

Tableau de Félix VALLOTTON
Tableau de Marc CHAGALL
Tableau de Pierre BONNARD
Tableau de Auguste RENOIR
Tableau de Sébastian STOSKOPFF