Histoire d’agrumes …

« Allons cueillir les fruits sous le soleil d’hiver
Les oranges sucrés et les citrons amers
Comme recueille les étoiles ceux qui trament des vers
Si beaux qu’ils vous pressent a ce qu’on morde dedans

Empressez vous de lire pour en tirer le jus
Et comme a les écrire tout le plaisir que j’eus
 » Alain HANNECART (Poète français)

« Il est difficile de passer à côté des agrumes. Ils sont omniprésents. Portés aux nues par les chefs étoilés et désirés par les jardiniers en herbe. Et, bien sur, riches en symboles « leur part d’imaginaire et de rêve est forte. Ils sont synonymes de voyage, d’évasion, nous transportent vers des pays chauds et ensoleillés. On aime autant leur parfum que leur feuillage persistant qui nous offre de belles fleurs et des fruits éclatants explique l’architecte paysagiste Pierre-Alexandre Risser.  » Parfumés, colorés et bons à manger, ils font appel à tous les sens  »poursuit le pépiniériste Michel Bachès; « Même au cœur de de la nuit ils apportent de la luminosité ». Derrière eux se cache aussi bien l’idée du bien-être, de vitamines, de tonus. Un vrai capital santé. Dans ce registre, l’orange, dégustée en jus au saut du lit, règne en maître. Universelle, indémodable, ou encore chantée à tue-tête par Gilbert Bécaud en 1964 « tu as volé, as volé l’orange du marchand .. »

En effet, à bien y regarder, cet agrumemania ne date pas d’aujourd’hui. Ces végtétaux comptaient déjà parmi les préférés du Roi Soleil : en 1684 Louis XIV fit doubler la taille de son orangerie par Jules Hardouin Mansart pour y mettre la collection d’agrumes de Fouquet. On ne sait pas s’il l’avait dérobé à ce dernier ou récupéré pour un prix dérisoire explique Alain Baraton, jardinier en chef de Versailles.

État de mode, envie de soleil, d’évasion, de couleurs, quelle qu’en soit la raison, aujourd’hui tout le monde rêve de faire pousser des agrumes à la maison.  » Ces arbres et leurs fruits sont fascinants. On peut tout utiliser, la fleur, le zeste, l’écorce …  » remarque Laurent Boughaba, le fondateur de la boutique L’agrumiste. » Alyette DEBRAY-MAUDUY (Grand reporter au journal Le Figaro)

Tableau de Claude MONET
Tableau de Rafael ROMERO BARROS
Tableau de Anastasia LAUSEN

Mimosa …

« Une vapeur, un brouillard, un nuage m’entourait.

J’allais dans San Jeronimo vers le port presque endormi,

quand, hors de l’hiver, une montagne de lumière jaune,

une tour en fleurs, parut sur le chemin,

et tout fut empli de parfum : c’était un mimosa.

Mimosa, soleil terrestre, explosion du parfum,

cascade, cataracte, chevelure de tout le jaune

déversé en avant dans l’hiver austral

comme un vaillant militaire jaune avant la bataille,

nu, désarmé, face aux bataillons de la pluie.

Mimosa, je te proclame rayon de miel du monde,

nous voulons un instant être bourdons sylvestres,

élégantes et alcooliques guêpes, frelons de miel

et de velours, plonger les yeux, la chemise, le cœur, les cheveux

dans ta frémissante senteur, dans ta coupe jaune,

jusqu’à ne plus être qu’arôme dans ta planète,

pollen d’honneur, intimité de l’or, plume de ta fragrance. » Pablo NERUDA (Poète, écrivain, diplomate, homme politique et penseur chilien – Extrait du Troisième livre des Odes)

Les Rois Mages …

Le Chœur TÖLZER dirigé par Gerhard SCHMIT-CADEN & l’Ensemble CONCENTUS MUSICUS WIEN dirigé par Nikolaus HARNONCOURT – La Cantate BWV 65 fut créée le 6 .1.1724 – Elle annonce la venue des Rois Mages – Elle fut dirigée par le compositeur lui-même, comme la plupart de celles qu’il a écrites.

 » A minuit sonnant passent les Rois Mages.

Ils viennent tous trois du pays lointain

Où fleurit la rose, où naît le matin.

Ils vont à Jésus rendre leurs hommages.

Ils vont saluer l’enfant prisonnier,

Son père Joseph, sa mère Marie.

Deux sont blancs, avec la barbe fleurie ;

Le troisième est noir comme un charbonnier.

Tandis qu’ils dormaient, la couronne en tête,

Un ange du ciel éblouit leurs yeux :

-« O rois, levez-vous, le monde est joyeux ;

O rois, levez-vous, la terre est en fête. »

« Allez promptement, le Seigneur est né,

Parmi les pasteurs au fond d’une crèche. »

La brise souffla, divinement fraîche,

Et tout le palais fut illuminé.

Ils ont pris congé de la reine brune

Dont la bouche en fleur a soudain pâli.

Ils ont embrassé l’héritier joli,

Les voilà partis dans la nuit sans lune.

Ils vont galopant par monts et par vaux,

Franchissant les bois et les chènevières ;

Ils sautent d’un bond fleuves et rivières,

Et la terre tremble sous leurs chevaux.

Ils vont. Leurs manteaux traînent sur la brande

Ou filent gaiement par les prés mouillés.

Trente petits nains, de rouge habillés,

Sur des coussins verts portent leur offrande :

Et toujours, loin, loin, dans le firmament,

Une étoile brille et les accompagne,

Sa douce lueur endort la campagne

Sous la nuit sans lune ineffablement. « Gabriel VICAIRE (Poète et écrivain français – Ce poème est paru en 1890 dans la Revue de France )

                            

Tableau de Paolo FARINETTI

6.1.2023 : Le gâteau des rois …

 » C’est le gâteau des Rois,

les trois rois que l’on voit s’en aller en voyage

sur de belles images.

Les rois sont retournés

mais le gâteau est là,

tout rond et tout doré

avec sa grosse fève

dont chacun de nous rêve.

Ah ! Serai-je le roi ?

Oui dit mon petit doigt,

Oui dit mon rire heureux.

D’ailleurs on voit déjà

l’étoile dans mes yeux.  » Maurice CARÊME (Poète et écrivain belge de langue française)

Janvier 2023 …

Dictons du mois de janvier :

 » Si le soir du jour des Rois, beaucoup d’étoiles tu vois, tu auras sécheresse en été et beaucoup d’œufs au poulailler  »

 » Fleurs de janvier ne vont pas dans le panier  »

 » Quand en janvier sort la charrue, bonne récolte est attendue.  »

 »Labour de janvier, donne sept pains au dîner.  »

  » Janvier sec et frileux, gèle le merle sur ses œufs. « 

  » Beaux jours de janvier trompent l’homme en février « 

 

Bonne Année 2023 …

Nous voici donc arrivés à la fin de cette année 2022, qui n’a certes pas manqué de joies , mais de problèmes et de difficultés aussi, que ce soit sur un plan national, international, et personnel pour certains d’entre nous. Sans oublier les microbes hivernaux, divers et variés, qui ne nous lâchent pas et qui ramènent avec eux, au moment des fêtes, une bonne dose de désagréments accompagnés des débats interminables sur la sempiternelle question du masque et des vaccins.

On ne peut qu’espérer que l’an nouveau soit meilleur en bien des domaines ! Que surtout il vous garde en excellente santé, que vos rêves se réalisent, et comme l’ont écrit joliment certains auteurs connus :

 » Que la nouvelle année vous soit heureuse et que vos jours soient filés de soie  » Mme de SÉVIGNÉ (Épistolière française)

«  Que cette année nouvelle soit pour vous un poème, un livre magnifique aux mots de diadème, un morceau de musique, un tableau de Sisley. Que cette année prochaine ressemble à une fleur, un arc -en-ciel tendu au-dessus de nos peurs une cascade nue, un lever se soleil …. Céline DESLIENS (Auteure et poétesse française)

 » Année nouvelle donne-moi les oiseaux qui possèdent les mots doux et tendres, les mots du cœur du grand large et de l’évasion. Année nouvelle donne-moi les fruits d’or dont chaque graine égrène les notes qui chantent la douceur d’aimer en arpège jusqu’aux montagnes bleues derrière l’horizon …  » Luce GUILBAULD (Poétesse et peintre française)

« Abordons chacun cet an miroitant d’espoirs, cachons les mouchoirs. Des fées, des baguettes pour changer le sort. Trouver un port en cas de tempête, du pain dans l’assiette, des amis joyeux, des jours harmonieux. Quelques galipettes, beaucoup de pirouettes pour la bonne humeur …  » Françoise BIDOIS (Poétesse et enseignante française)

Je vous invite à nous retrouver, dès lundi, pour ouvrir ensemble le livre de 2023, dont chaque page, je l’espère de tout cœur, vous apportera, mis à part de nouvelles découvertes, des messages de paix, de lumière, d’amitié, de rire, d’amour, de bienveillance et de sérénité.

Gros bisous et affectueuses pensées – Lisa ♥ ♥

JOYEUX NOËL 2022 ….

Que la douce magie de Noël souffle sur chacun d’entre vous, sur vos familles et vos maisons ! Profitez de ces moments précieux que nous partageons avec celles et ceux que nous aimons . C’est tellement important en ces temps difficiles que le monde traverse.

Je vous adresse, de tout cœur, mes souhaits les plus affectueux. JOYEUX NOËL à vous toutes et tous. Je vous retrouve dans quelques jours avec toujours un grand plaisir.

Prenez grand soin de vous ! Amicales pensées, Lisa ♥ ♥ 🎅🎄

 » L’hiver resserre autour du foyer la famille.
Voici Noël. Voici la bûche qui pétille ;
Le « carignié », vieux tronc énorme d’olivier
Conservé pour ce jour, flambe au fond du foyer.
Ce soir, le gros souper sera bon, quoique maigre.
On ne servira pas l’anchois rouge au vinaigre,
Non, mais on mangera ce soir avec gaîté
La morue au vin cuit et le nougat lacté,
Oranges, raisins secs, marrons et figues sèches.
Dans un coin les enfants se construisent des crèches,
Théâtres où l’on met des pierres pour décor
Et de la mousse prise aux vieux murs, puis encore
Des arbres faits d’un brin de sauge, et sur ces cimes,
Le long des fins sentiers côtoyant ces abîmes,
Des pâtres et des rois se hâtent vers le lieu
Où vagit, entre l’âne et le bœuf, l’enfant-Dieu.
Lorsque naquit en lui la Parole nouvelle,
Le blé vert égayait la terre maternelle.
Or, dès la Sainte-Barbe, on fait (semé dans l’eau)
Lever pour la Noël un peu de blé nouveau :
Sur des plats blancs on voit, humble, verdir cette herbe,
Gage mystérieux de la future gerbe,
Qui dit : « Aimez. Croyez. Noël ! Voici Noël !
« Je suis le pain de vie et l’espoir éternel. »

Si l’on vit loin les uns des autres dans l’année,
Chacun du champ lointain, de la ville éloignée
Arrive, à la Noël, pour revoir les parents,
Les anciens, les petits qu’on retrouve plus grands ;
Pour boire le muscat dont l’odeur donne envie ;
Pour causer tous ensemble et se conter sa vie,
Pour montrer qu’on n’est pas des ingrats oublieux
Capables de laisser tout seuls mourir les vieux.

« A table ! » – L’on accourt. La sauce aux câpres fume ;
Le nougat luit ;… mais c’est une vieille coutume
Qu’avant de s’attabler on bénisse le feu.

La flamme rose et blanche avec un reflet bleu
Sort de la bûche où dort le soleil de Provence,
Et le plus vieux, avec le plus petit, s’avance :

Ô feu, dit-il, le froid est dur ; sois réchauffant
Pour le vieillard débile et pour le frêle enfant ;
Ne laisse pas souffrir les pieds nus sur la terre ;
Sois notre familier, ô consolant mystère !
Le froid est triste, mais non moins triste est la nuit ;
Et quand tu brilles l’ombre avec la peur s’enfuit ;
Prodigue donc à tous ta lumière fidèle :
Qu’elle glisse partout où l’on souffrit loin d’elle,
Et ne deviens jamais l’incendie, ô clarté !
Ne change pas en mal ta force et ta bonté ;
Ne dévore jamais les toits couverts de paille,
Ni les vaisseaux errants sur la mer qui tressaille,
Rien de ce qu’a fait l’homme, et qu’il eût fait en vain,
Ô feu brillant, sans toi notre allié divin. »

Le vieillard penche un verre, et le vin cuit arrose
La longue flamme bleue au reflet blanc et rose ;
Le carignié mouillé crépite, et tout joyeux,
Constellant l’âtre noir, fait clignoter les yeux.
On s’attable. La flamme étincelante envoie
Aux cristaux, aux regards, ses éclairs et sa joie ;
Le vieux tronc d’olivier qui gela l’autre hiver
Se consume, rêvant au temps qu’il était vert,
Aux baisers du soleil et même à ceux du givre ;
Tel, mourant dans la flamme, il se prend à revivre,
Et l’usage prescrit qu’on veille à son foyer,
Pour que, sans s’être éteint, il meure tout entier. » Jean AICARD (Poète, romancier et dramaturge français)

Un chapon à Noël …

Après l’article présenté en 2021 : La dinde et bûche de Noel, voici l’histoire d’ un autre plat servi durant les fêtes de fin d’année : Le chapon

 » Le chapon, ornement de nos tables de fêtes, est un coq castré et engraissé. Son nom vient du bas latin « cappo », coupé avec un instrument tranchant. Le coût élevé du chapon tient à la qualité de son engraissement mais aussi aux difficultés de sa castration, ou chaponnage : pour chaponner un coq, l’opération est délicate : il faut faire une incision près des parties génitales, et arracher délicatement d’un doigt les testicules : le jeune coq de trois mois est ainsi chaponné. Seulement l’opération est délicate, et la mortalité de cette délicate opération n’est pas nulle. Joseph Favre, dans son « Dictionnaire Universel de Cuisine » en 1898, parle même de « l’Art de chaponner ». Ensuite, il fallait l’élever au grain, et le dernier mois avec des produits laitiers dans un endroit confiné. C’est pourquoi, avant sa vogue actuelle, il fallait commander le chapon à la fin du printemps pour en disposer à Noël.

L’invention du chapon remonte à la Rome antique, du temps de la République Romaine. Les plaisirs de la table étaient largement appréciés de l’aristocratie romaine, et ils servaient volontiers lors de leurs banquets fastueux des poulardes, engraissées au grain. Les censeurs républicains, dont Caton l’Ancien reste le modèle avec son fameux « O Tempora, O mores », réprouvaient cette pratique pour deux raisons : d’une part, elle s’éloignait de l’idéal de frugalité des anciens Romains qui sera chantée par Horace, et leur évoquait une contamination du luxe des Grecs qui avaient inventé l’engraissement des poulardes ; d’autre part, ils pensaient que le blé devait être réservé à l’alimentation de la plèbe, qui dépendait largement des distributions publiques de blé, et de celles privées des aristocrates qui s’attachaient ainsi une clientèle.

Cette situation dura aussi longtemps que Rome, et le cri de ralliement de la plèbe fut sous l’empire « Du pain et des jeux ». Ainsi, un sénateur romain, Caius Fannius Strabon, consul en 161 avant notre ère, fit voter par le Sénat une loi somptuaire qui interdisait de servir plus d’une poularde élevée au grain par banquet, et d’élever les poules dans les rues et non plus à l’intérieur des maisons, ce qui ne permettait pas leur engraissement. Les riches Romains furent atterrés par la promulgation de cette loi Fannia. Mais leur imagination n’était pas en reste : pour contrer cette loi, ils inventèrent le chapon : c’est sans doute une des seules améliorations de la gastronomie induite par une loi somptuaire c’est à dire fiscale suivant les termes de notre époque.

Le chapon fut une des gloires des tables de l’Ancien Régime. Grimod de la Reynère le préférait à la dinde dont il n’appréciait que le sot-l’y-laisse ! Le goût de l’époque préférait les chapons aux poulardes que l’on trouvait alors trop grasses. La « marmite perpétuelle » fondée en 1730 était un traiteur qui envoyait ses chapons au gros sel dans tout Paris. Grimod de la Reynière en fait l’éloge dans son almanach gastronomique de 1811, et le traiteur devenu restaurant avec les nouvelles moeurs du temps a droit à ses éloges : « Chacun sort aussi enchanté des bonnes manières de l’hôtesse que de la supériorité de la cuisine ». Les recettes anciennes de chapon sont innombrables : le moyen âge préféra le blanc manger de chapon, où l’on mélangeait la chair du chapon, son bouillon et des amandes pilées. On le servit sous la Révolution avec une sauce Aurore (béchamel colorée en rose par la tomate), et le restaurateur Lesage le servit alors aux pissenlits. Alexandre Dumas, dans son « Grand Dictionnaire de Cuisine » nous en détaille de multiples recettes : Chapon au gros sel, chapon au riz, chapon à la cavalière et même un cari de chapon à l’Indienne ; surtout, il nous parle du chapon aux truffes, farci au truffes et nappé d’une sauce aux truffes qui aura un bel avenir et est toujours servi de nos jours.

Ce plat de luxe ne manqua pas d’inspirer les littérateurs. Dès le Quattrocento Florentin, une nouvelle de Franco Sacchetti (1335-1400) nous rapporte l’histoire du « Chapon latin » : un jeune homme qui étudiait le droit à Bologne demandait régulièrement de l’argent à son père à Lucques, ce qui indisposait sa marâtre qui répétait : « Moi, je crois que tu es berné, que celui à qui tu envoies tout ce que tu peux ramasser est un corps mort ». Apprenant cela le fils débarqua chez son père qui le reçut comme le fils prodigue, fit tuer un chapon et invita le curé à dîner. La marâtre, ne décolérant pas, lui demanda « de découper le chapon suivant les règles du latin : Tu verras comme ça s’il a appris quelque chose ». Le fils s’exécuta, donna au prêtre la tonsure du chapon, c’est à dire sa crête, à son père le chef (la tête du chapon), à sa marâtre les jambes avec leurs pieds, et à ses soeurs les extrémités des ailes, et il mangea le reste disant à la marâtre : « Moi, je suis un corps mort : puisque je suis comme ça, et je le reconnais, je prendrai pour moi ce corps mort ».

Jean de La Fontaine nous parle d’ « Un chapon du Mans, chapon de son métier » (Fables VIII, 21).

Jean Racine, dans « Les Plaideurs » nous parle d’un chien coupable :

« Un mâtin vient de prendre un chapon,
Tant y a qu’il n’est rien que votre chien ne prenne,
Qu’il a mangé là bas un bon chapon du Maine,
Il est vrai que du Mans, il en vient par douzaines
».

Si le chapon à l’époque venait du Mans, il vient désormais plutôt de Bresse, mais son succès récent le fait élever dans de nombreuses régions. Déjà à l’époque classique, on appelait parfois chapon ce qui ne l’était pas : ainsi, Boileau, dans son « Repas Ridicule » nous dit :
« Un coq y paraissait en pompeux équipage
Qui, changeant sur ce plat et d’état et de nom
Par tous les invités s’est appelé chapon
».

Ces excès apparaîtront cependant bien modestes par rapport à ceux du XXe siècle, où pour éviter les aléas du chaponnage, on utilisa une castration artificielle par les hormones, pratique heureusement interdite de nos jours.

Le chapon était synonyme de plat de luxe, et, comme tout le monde n’avait pas le moyen de s’en offrir, on l’utilisa à toutes les sauces, notamment pour désigner le meilleur morceau de la salade : le mot chapon fut utilisé dans certaines provinces pour dénommer le croûton de pain dans la salade (dans le midi) ou dans la bouillie (en Normandie). Joseph Favre nous le raconte savoureusement : « en effet dans le midi de France, on appelle chapon de Gascogne le chapon de pain frotté d’ail qui sert à assaisonner les salades. Trouver le chapon, attraper les chapons, le meilleur morceau de la salade. Cette dénomination relève parfaitement le prix que les provençaux attachent à l’ail en le comparant au chapon ». Et dans les terres pauvres du centre de la France, le chapon du Limousin est le sobriquet de la châtaigne.

Il ne nous reste plus qu’à faire comme l’abbé Delille, disputer des mérites respectifs du chapon et de la poularde, et saliver sur leurs apprêts. J’en tiens pour ma part au chapon au jus, garni de lamelles de truffes noires entre chair et peau ou « chapon demi-deuil » …  » Jean VITAUX  (Médecin français, gastro-entérologue, fin gastronome, grand connaisseur de l’histoire de la gastronomie.)

21.12.2022 : c’est l’hiver ! ..

 » La simplicité de l’hiver a une morale profonde. Le retour de la nature après une saison de splendeur et de prodigalité, à des habitudes simples. Ceux qui s’émerveillent devant la beauté du monde en été trouveront la même raison d’émerveillement en hiver. En hiver, les étoiles semblent avoir rallumé leurs feux, la lune a une silhouette plus épaisse et le ciel est empreint de simplicité.  » John BURROUGHS (Naturaliste et essayiste américain)

 » J’aime bien l’hiver parce que je sens que c’est vrai. L’hiver ne prétend pas réconforter, mais à la fin, j’ai le sentiment que c’est réconfortant car on se peletonne, on se protège, on observe et on réfléchit. Je crois que c’est seulement en cette saison que nous pouvons vraiment réfléchir. » Marcela SERRANO (Romancière chilienne)

« L’hiver, point de chaleur, point de lumière, point de midi, le soir touche au matin, brouillard, crépuscule, la fenêtre est grise, on n’y voit pas clair. Le ciel est un soupirail. Toute la journée est une cave. Le soleil a l’air d’un pauvre. L’affreuse saison ! L’hiver change en pierre l’eau du ciel et le cœur de l’homme  » Victor HUGO (Poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français)

Un lac …

 » Un lac est le trait le plus beau et le plus expressif du paysage. C’est l’œil de la terre où le spectateur, en y plongeant le sien, sonde la profondeur de sa propre nature. Les arbres fluviales voisins de la rive sont des cils qui le frangent, et les collines et rochers boisés qui l’entourent, le sourcil qui le surplombe. » Henry David THOREAU (Essayiste, philosophe, naturaliste et poète – Phrases extraites de son livre Walden ou la vie dans les bois)

 » Lac glaciaire MORAINE (1885 mètres d’altitude) – Parc national de Banff (Canada) .