La Madone aux œillets …

 » Dans son sens le plus général, l’idéalisme est une conception qui prend pour postulat que le monde physique est moins important que l’intelligence ou l’esprit qui le modèle et l’anime. Les idéalistes privilégient l’âme, l’esprit ou le psychisme sur le corps, le matériel et l’historique. Quand des idéaux régissent la représentation du monde exprimée par un artiste, son œuvre peut-être qualifiée d’idéaliste. C’est la théorie des formes de Platon qui exerça la plus forte influence sur l’idéalisme de la Renaissance. Les formes, ou idées, contiennent tout ce qui est nécessaire et universel et sont, par conséquent, parfaites et permanente, alors que le monde matériel n’est qu’une succession trompeuse d’apparences changeantes, sans plus de réalité que des ombres.

Les artistes de premier plan de la Renaissance classique : Léonard de Vinci, Raphaël et Michel-Ange, sont tous associés à des formes différentes d’idéalisme. Les personnages de Raphaël sont idéalisés, mais se caractérisent par la douceur de l’expression, la sérénité, l’élégance, la pureté des lignes, et la beauté des couleurs plutôt que par un physique impressionnant.

Avant de peindre sa Madone aux œillets, Raphaël étudia la Madone Benois ( Musée de l’Ermitage-Saint Pétersbourg) de Léonard de Vinci, qui l’encouragea à représenter la Vierge et l’Enfant sur un plan plus humain, en évoquant une relation réciproque de plaisir terrestre simple et familier. Raphaël a cependant idéalisé ses personnages à sa façon. Tous les deux sont beaux de ligne et de couleur. La composition est très sobre, ce qui renforce, chez le spectateur, l’impression de clarté, de simplicité, deux idéaux essentiels pour Raphaël, qu’il rechercha constamment à transcrire dans son œuvre. » Stephen LITTLE ( Historien de l’art )

The Madonna of the Pinks ('La Madonna dei Garofani')
 » Madone aux œillets  » ( ou Vierge aux œillets ) – 1507 / 1508 – RAPHAËL

Portrait en tableau …

Madame de MONTESPAN portée par les trois grâces.jpg
 » Portrait de la marquise de Montespan portée par les trois Grâces  » 1670 env. – Louis ELLE dit FERDINAND II ( Collection Louis-Philippe / Château de Belfort )

 » Trois jeunes femmes, figurant les Grâces, vêtues de draperies flottantes, supportent, à bout de bras, un cadre doré surmonté d’une guirlande que des Amours entourent. Un portrait en buste sort du fond sombre du cadre. Il s’agit du portrait de Françoise Athénaïs de Rochechouart de Montemart, marquise de Montespan, admirée à la Cour pour sa grande beauté, sa grâce et sa vive intelligence. Elle deviendra la favorite de Louis XIV en 1667, gardant sa préférence jusqu’en 1680.

La formule du portrait en tableau qui se développe spécialement pour les personnalités de haut rang, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, est ici utilisée par le peintre pour exalter sa beauté. La guirlande de fleurs qui, dans l’Antiquité, servait à honorer les dieux, souvent simple élément décoration au XVIIe, garde dans cette œuvre sa signification première. La marquise se situe au-dessus des Grâces et le culte qu’elles lui rendent l’assimile à Vénus, la déesse de la beauté. Seul l’Amour royal peut l’embellir encore.

Deux d’entre elles et un des Amours prennent à témoin le spectateur qui est invité à l’admirer. La marquise tourne sa tête, parée de belles boucles blondes, dont deux descendent sur ses épaules dénudées. Elle porte une ample chemise blanche bordée de dentelle, ceinte d’une écharpe de soie bleue. Des perles aux oreilles et autour de son cou, font ressortir le nacre de sa peau. Le visage est délicat, éclairé de grands yeux et d’une petite bouche purpurine.

Daté vers 1670, période où la marquise de Montespan parvient au sommet de sa gloire, le tableau attribué de longue à Pierre Mignard, a été redonné à Louis Elle, dit Ferdinand II, dont il présente les caractéristiques : des couleurs vives aux accents satinés, associant le jaune et le bleu, les drapés qui flottent en d’élégantes volutes, des chairs lisses et rose et surtout ces grands yeux tout à fait typiques. « (Chantal ROUQUET / Conservateur en chef du patrimoine, responsable des collections d’art ancien, directrice adjointe des musées)

Les nus de Degas …

 » Au cours des années 1880, Degas entame une ambitieuse série de nus féminins à la toilette. S’il a déjà travaillé ce genre, notamment dans ses Jeunes Spartiates ( vers 1860/61) il l’a abandonné durant les années 1870 au profit des scènes de la vie modernes dans le milieu parisien. Il s’éloigne peu à peu des scènes de ballet pour se concentrer sur le thème des baigneuses. Sa contribution à la huitième et dernière exposition impressionniste consiste en une série de dix oeuvres présentées sous le titre commun : Suite de nus de femmes se baignant, se lavant, se séchant, s’essuyant, se peignant, se faisant peigner. Seule six ou sept de ces toiles seront exposées, mais son choix de présenter une série de nus féminins traduit une nouvelle orientation de son art. Deux ans plus tard, il reprendra le thème avec la présentation de neuf baigneuses lors d’une exposition à la galerie Boussod & Valandon sur le boulevard Montmartre. Ces nus annoncent l’engagement délibéré du peintre pour les sujets traditionnels. Toutefois, comme toujours chez Degas, ce dernier revisite la tradition avec un traitement moderne : il situe ses figures dans des appartements contemporains ou dans son propre atelier. La Suite de nus souligne également la préférence de Degas pour le travail au pastel, technique plus volontiers associée aux artistes rococo français du XVIIIe siècle et qui connaît alors un regain d’intérêt pour la nouvelle génération de peintres.  » Jon KEAR ( Professeur d’histoire et de théorie de l’art à Londres – Écrivain de nombreux ouvrages sur la peinture

Anna RAZUMOVSKAYA …

« Si on demandait à un artiste ce à quoi il pense en créant ses peintures, il donnerait une réponse à peine raisonnable à cette question. C’est quelque chose que l’on ne peut analyser. C’est un peu comme un miracle. On ne fait que dessiner, sans penser à quelque chose de précis, et c’est tout. Dieu seul sait comment cela se passe …. Plaisir, passion, joie sont les caractéristiques de ce processus. Personnellement, je dessine comme je vis : vite, facilement, brillamment. Mon art est le reflet de ma vie, le reflet de moi-même. » Anna RAZUMOVSKAYA (Peintre russe)

Anna RAZUMOVSKAYA

Anna Razumovskaya est une peintre russe très connue, née en 1962. Elle est diplômée de l’Université des Arts de Russie, puis s’est rendue parfaire son éducation picturale , et sa technique, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique. Ses différents voyages, de 1992 à 1995, lui ont permis d’aller à la rencontre d’autres influences artistiques.

Je suis persuadée que vous avez certainement vu, un jour, une de ses toiles car certaines d’entre elles sont célèbres. Non seulement, elle a fait l’objet de nombreuses expositions dans le monde, mais elle attire beaucoup les collectionneurs.

Elle avoue avoir une grande admiration pour Rubens, Rembrandt, Chagall, Sargent et Boldini, mais n’a jamais voulu que cela influence trop sa peinture, et ce afin de pouvoir rester elle-même et suivre ses propres émotions. C’est une artiste qui revendique le pouvoir que l’art peut avoir dans notre vie, dans nos ressentis, dans notre cheminement.

Il y a dans ses tableaux, beaucoup de romantisme, de grâce, d’expressivité, d’élégance, de couleurs, de lumière. Un beau mélange de moderne et de classique, qui arrivent à séduire, à capturer l’attention, lorsque l’on regarde ses merveilleux tableaux.

Elle vit désormais à Montréal au Canada.

Punta della Dogana à Venise …

 » Aux confluents du Grand Canal, du large canal de la Giudecca, face au bassin de San Marco, sont les nefs de la Douane de mer. Dogana : le mot vient du persan diwàn , conseil des ministres, puis, par extension, livre des Édits.  » A la porta, zoé chiamato in loto lenguazo al divan  » note Sanudo le chroniqueur dans ses  Diiari . Venue de l’Orient, de l’empire Ottoman, de Byzance, la Dogana retient, dans ses entrepôts, les rumeurs des routes de la Soie, des chargements des ports exotiques, les claquements des voilures, les grincements des mâtures. Il est une douane de terre, près du pont du Rialto, pour les marchandises arrivant de la terre ferme, produits familiers, coutumiers, tout-venant de la consommation. Mais la Douane de mer, c’est une autre histoire ! C’est l’Orient qui vient à l’Occident, c’est la fortune lointaine de la République qui pénètre dans son coeur, en son noyau, c’est la concentration, en un seul lieu, de la puissance tangible, palpable, visible, de ces vénitiens durs au travers de ces marchands et négociants, dont les palais splendides abritent aussi les entrepôts, les magasins, tournés vers le canal par l’ample porte d’eau.

Le triangle de la Douane de mer, son dessin pur et simple, résume l’esprit de Venise en ses temps de gloire, fait d’efficacité, d’organisation, d’échange, et de l’immense orgueil du travail bien fait. La Douane de la mer n’a rien d’un bâtiment vantard, voyant, chargé de proclamer la puissance monumentale de sa ville. Elle a été construire pour faire son travail de douane, recevoir des bateaux, réceptionner et entreposer les marchandises, ni plus ni moins.

La Pointe de la Dogana est une pensée de pierre qui fait éprouver à qui la contemple, d’où qu’elle soit regardée, la certitude qu’il existe pour chacun une juste place en ce monde, qu’il est possible de découvrir sa place et que ce jour-là la vie deviendra aussi simple, évidente et sereine que l’est son triangle. Benoni a construit un bâtiment destiné au travail, au commerce, à la circulation des marchandises et de l’argent. Au contraire des symboles vénitiens du pouvoir, de la fête ou de la foi, ses murs demeurent presque exempts d’ornementations superflues, de statues, d’allégories, de figures, hormis des têtes de chevaux aux yeux vides, sous la ligne de saillie de la tour et des têtes de lions exécutées en haut-relief sur les clefs de voûte.  Seul, à l’extrémité de la Pointe, le sommet de la petite tour carrée interprète la vastitude du monde. Deux atlantes de bronze soutiennent un globe terrestre doré surmonté par La Fortune qui tient une sorte de bouclier, à moins qu’il ne s’agisse d’une faucille en croissant de lune, et tourne au vent… » Dominique MULLER ( Journaliste, écrivain, romancière française – Extrait de son ouvrage L’eau au-delà de La Pointe. A la Douane de mer 

PUNTA DELLA DOGANA Nuit
Les premiers entrepôts sur la Pointe ont vu le jour au XIVe siècle – En 1418 fut édifiée la première Douane de mer. De 1677 à 1682 : construction de la nouvelle Douane de mer selon les plans de l’architecte Giuseppe BENONI. En 1835 le bâtiment sera restauré et modifié par Giovanni Alvise PIGOZZI – C’est en Avril 2007 que le Palazzo Grazzi , appartenant à l’homme d’affaires français François PINAULT,  remporte la compétition qui avait été lancée pour faire de ce lieu un centre d’art contemporain. Cela a nécessité quatorze mois de travaux, de Janvier 2008 à mars 2009. L’architecte fut le japonais Tadao ANDO.  L’inauguration aura lieu en Juin 2009 avec l’exposition Mapping the Studio
PUNTA DELLA DOGANA la fortune
 » La palla d’oro  » avec La Fortune – Sculptée par Bernardo FALCONI

La Punta della Dogana en peinture :

PUNTA DELLA DOGANA Antonietta BRANDEIS
  Antonietta BRANDEÏS
PUNTA DELLA DOGANA CANALETTO 1730 1745
Giovanni Antonio CANAL dit CANALETTO
PUNTA DELLA DOGANA Francesco GUARDI
Francesco GUARDI
William TURNER
Paul SIGNAC
Josef_PÜTTNER

La jeune fille endormie : Domenico FETTI ou Claude VIGNON ? …

 » Que d’œuvres sont anonymes ! Et qu’elles le soient ne porte pas atteintes à ce qu’elles sont. Et une attribution à tel ou tel artiste, si de patientes et scrupuleuses recherches  en permettent enfin une, ne change rien à ce qu’à pu être, à ce qu’est l’œuvre elle-même. Ce qui sous-entend que seule compte l’œuvre et qu’il importe peu de savoir qui en est l’auteur. Le temps qui passe efface les noms, et la postérité n’a que faire des anciennes gloires et renommées.  » En principe l’artiste doit disparaître derrière son œuvre. Ô artiste, elle doit se défendre seule  » disait Georges  Rouault .Au bout du compte, l’anonymat est la seule ambition raisonnable, parce que seules les œuvres demeurent…. » Pascal BONNAFOUX ((Historien de l’art, professeur, écrivain français)

JEUNE FILLE ENDORMIE
 » Jeune fille endormie  » – Vers 1620 – La paternité de ce tableau a été souvent discutée par les historiens qui la rattachent soit à Claude VIGNON, soit à Domenico FETTI, d’autres spécialistes ont même évoqué le nom du CARAVAGE parce qu’ils lui trouvaient certains points de similitude et de ressemblance avec une œuvre du peintre qui se trouve à la Galerie Doria Pamphilj à Rome. Une simple jeune fille plongée dans un rêve intense. On est impressionné par la richesse des détails : les manches en étoffe légère de la chemise, le mouchoir bordé de dentelles et froissé, la barrette raffinée faite de perles et de fleurs dans les cheveux, l’élégant brocart qui couvre la table. Des touches larges et denses rehaussées de vifs contrastes lumineux, aident à rendre la matérialité et la présence des objets représentés comme dans une somptueuse nature morte. » Ilaria PRINCIPE (Historienne de l’art  italienne) 

Monochrome bleu … Yves KLEIN

KLEIN Yves IBK 46 1955
Monochrome bleu  » IKB 46 – 1955/56 – Yves KLEIN

 » Je me trouve face à ce tableau : Monochrome bleu sans titre ( IKB 46 daté 1955/56 ). Sa matière est épaisse, grumeleuse : elle évoque la surface de la lune. Qu’est-ce que j’éprouve face à ça ?  Rien … Ni hostilité, ni attraction, ni indignation, ni admiration : une sorte de stupéfaction muette, calme. Je suis à la fois touché et hors-jeu, totalement présent, totalement absent, vide et comblé.  C’est comme si ce tableau avait traversé le miroir que je suis par rapport à lui. Tout proche et extrêmement lointain. Mais face à lui j’ai d’abord eu envie de me taire. Il m’inonde de silence, mais ce silence provient de lui, comme si ce silence était son rayonnement. On dit que le silence est d’or. Ce silence-là est peut-être de l’ordre du diamant.

Ce tableau n’est pas une icône, ni un ex-voto. Il n’est pas une  image du monde , ni sa représentation. . Il ne critique rien, n’approuve rien, ne célèbre déclarativement rien. Il faut tout simplement partie intégrante du monde. On ne peut l’en abstraire. Il n’est donc pas abstrait . Extrêmement concret, il n’obéit pas au réalisme , mais à sa propre réalité, ou surréalité, au sens propre, toujours oublié, de plus réel que le réel .  » Alain JOUFFROY ( Critique d’art, écrivain et poète français)

Trompe-l’Œil …

 » On le sait depuis des siècles, ce qui est peint ne saurait être confondu avec ce qui entoure. Ce que, bien évidemment, l’exercice du Trompe-l’œil s’est empressé de remettre en cause.  » Pascal BONNEFOUX (Historien de l’art, écrivain français, professeur)

PERE BORELL DEL CASO
Tableau de Pere BORRELL DEL CASO
Tableau de Bruno LOGAN

Les tableaux surréalistes de Neil SIMONE …

Neil SIMONE

« Je peins comme je le sens parce que je vois le monde comme une dimension d’ombres, de formes, de contradictions et de frontières fragiles en constante évolution. Les paysages dans mes peintures ont tendance a être plus ambigus, presque un souvenir d’un endroit qui évoque des souvenirs dans l’esprit des autres, des endroits où ils ont pu allés, et ce parce que je ne peins pas seulement un tableau de manière conventionnelle ( comme une photographie si vous voulez) mais parce qu’il y a d’autres éléments. Je n’ai pas besoin d’être vraiment là pour le voir et le créer. S’ils ont des éléments de réalité, c’est purement basé sur des impressions que j’ai pu avoir, sur des sentiments que j’ai eux sur certains de ces endroits.  » Neil SIMONE (Peintre anglais)

Neil Simone est un peintre surréaliste, renommé, très créatif, né en 1947 à Londres. Il n’a pas fréquenté d’école d’art, juste éprouvé, très jeune, une grande passion pour l’art . En fait, il ne se voyait pas devenir autre chose qu’un artiste. Doté d’une imagination assez débordante, il a commencé par beaucoup dessiner, jusqu’au jour où il lui a été donné de se rendre dans le North Yorkshire. La campagne environnante de cette région, a été une véritable révélation, et une confirmation de ce qu’il avait toujours pensé à savoir qu’il voulait devenir un peintre professionnel. Son imagination s’est alors visuellement développée.

Bien sur cela ne s’est pas fait facilement. Il a beaucoup expérimenté ce qu’il voulait présenter, ce qui veut dire trouver des sujets , des techniques, des supports, un style, des concepts , beaucoup cherché son identité et plus il a expérimenté, plus il a développé et trouvé ce pourquoi il était fait. Il s’est tourné vers la peinture à l’huile parce qu’elle lui permettait d’obtenir ce qu’il souhaitait créer, d’approfondir les couleurs et au bout du compte, d’être très compétent dans ce domaine.

Ce qu’il présentait plaisait énormément, lui a valu de nombreuses critiques tout à fait satisfaisantes. C’était original et a fait de lui un professionnel dans son domaine. Au fil du temps, il a connu, malgré tout, des périodes de doutes : ses tableaux se vendaient moins et il a dû faire face à de grandes difficultés financières. Une période difficile et d’introspection où il s’est remis en question, ayant soin de comprendre pourquoi cela arrivait. Mais il a rebondi et a connu, de nouveau, un grand enthousiasme pour son travail.

C’est réellement un visionnaire novateur, plein d’originalité, de subtilité, de poésie aussi, avec un sens du détail assez poussé ; des tableaux très équilibrés, fascinants, assez incroyables, uniques. Le succès lui a permis d’exposer un peu partout dans le monde, d’être représenté par de nombreuses galeries réputées, d’être reçu dans sur différentes chaines de la télévision anglaise, mais aussi en Europe et aux Etats-Unis. Les collectionneurs privéd n’ont pas manqué de le contacter.

Ces toiles nous permettent une évasion, un rêve, un voyage onirique. Il a sa propre galerie dans le Yorkshire depuis 1970 . Si l’occasion vous est donnée de vous rendre dans ce coin, vous trouverez son numéro de téléphone sur la porte de son atelier, et pourrez, très facilement, obtenir un rendez-vous en le contactant par ce biais. Il est toujours très ouvert à ce type de rencontres avec son public.

Il a fait ce choix d’avoir sa propre galerie pour éviter d’être dépendant d’une obligation de produire, par exemple, plusieurs fois un même tableau. Ce qu’il ne souhaite absolument pas ! Il veut lire l’émerveillement dans le regard de celles et ceux qui achètent un de ses tableaux.

Il a été longtemps marié , a eu un enfant, puis le couple s’est détérioré et il a rencontré une autre femme qui travaillait dans un magasin de fournitures de peinture. Leur amitié s’est transformée en amour et elle a été pour lui d’un grand soutien. Il a eu, entre 2000 et 2001, de gros problèmes de santé dus à son cœur, subi un triple pontage et a dû ralentir considérablement son rythme de travail. La rééducation, le repos et l’aide a seconde épouse lui ont permis de reprendre la peinture.

La femme en bleu … Pablo PICASSO

 » Actif à Barcelone entre 1895 et 1900, le tout jeune Picasso est plongé dans l’atmosphère dynamique et éclectique de la capitale catalane, imprégnée de modernisme et de symbolisme, au carrefour d’expériences, de tendances et de langages nouveaux. Fort des nombreuses possibilités qui s’offrent à lui, il choisit avec succès sa propre voie, tout en faisant siennes la leçon de l’expressionnisme nordique d’Ensor à Munch, et, la sensualité de Toulouse-Lautrec.

Sa palette se nourrit alors essentiellement de tonalités bleu nuit, noires et brun vif. C’est à cette époque qu’il peint la Femme en bleu, qui laisse déjà transparaître les particularité de sa période bleue, caractérisée par des nuances éteintes et des couleurs foncées qui décrivent la tristesse et la solitude. Un monde de pénombre opaques et d’inquiétudes latentes.

L’image que propose Picasso est contradictoire : on y voit une femme richement vêtue, (au point que son ample jupe semble être véritablement le sujet du tableau) qui évoque pourtant irrésistiblement la misère sociale de la prostitution, comme le montre son visage fatigué au regard vide et de ses habits excessivement voyants.

Ce tableau a été inspiré par une visite au Prado où Picasso avait vu le Portrait de la reine Marie-Anne de Vélasquez, dont il reprend la posture pour son personnage. »Angela SANNA ( Historienne d’art, italienne, titulaire d’un doctorat de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, professeur à l’Accademia di Belli Arti di Urbino en Italie)

FEMME EN BLEU Pablo PICASSO.jpg
 » Femme en bleu  » – 1901 – Pablo PICASSO ( Musée national Centre d’art de la Reine Sofia ( on dit plus simplement Musée Reine Sofia )  / Madrid – Espagne)