Écrivez quand même …

 » Ecrivez quand même, oui, écrivez encore, écrivez sans cesse, malgré l’indifférence du public, le silence de la critique, et l’incompréhension de vos amis. Écrivez, pour les étoiles comme Cécile Sauvage, pour les palmiers comme Anne Perrier, pour le désert comme les poétesses du Liban. Car, lorsqu’ils ont été suffisamment recopiés, imprimés ou mis sur le Net, les poèmes vivent plus longtemps que les poètes. Votre corps, votre nom, auront disparu depuis des siècles quand un jour, par hasard, un curieux dénichera, au fond d’une bibliothèque en ruine, sous une épaisse couche de poussière, un exemplaire papier, ou numérique, d’une de vos œuvres. Et, soudain, on essaiera de savoir qui vous étiez, on vous lira avec intérêt, dans la surprise de l’instant on vous portera même aux nues, vous serez lancée ou relancée : croyez-vous qu’on lisait encore Christine de Pisan et Ronsard au XVIIème siècle, ou Maurice Scève et Du Bellay au XVIIIème ? Le XXème siècle leur a donné une seconde chance. Comptez sur le XXIIème.

Et surtout, n’oubliez jamais ce qu’a écrit Sappho, cette petite phrase isolée dont le contexte est perdu, une phrase orpheline, à demi dévorée par le temps, mais que tout écrivain, tout artiste, devrait se répéter comme un mantra : « il y aura quelqu’un, un jour, pour se souvenir de nous ».  » Françoise CHANGERNAGOR (Femme de lettres, écrivain, haut-fonctionnaire française. Membre de l’Académie Goncourt- Extrait de son livre Quand les femmes parlent d’amour)

Françoise CHANDERNAGOR

Quatuor à cordes & piano … Guillaume LEKEU

Guillaume Lekeu est un compositeur belge, très talentueux, reconnu pour avoir été l’un des plus brillants de sa génération. Il est, malheureusement, mort à l’âge de 24 ans, emporté par la fièvre typhoïde. Ses références musicales furent Beethoven, Wagner et César Franck. Ses œuvres sont d’une grande richesse mélodique, audacieuses harmoniquement parlant, expressives, intenses, nostalgiques, sombres et emplies de sérénité parfois aussi.

Celle-ci fut écrite entre 1892 et 1893. Selon les mouvements, elle se fait rageuse, emportée, passionnée, fulgurante et dramatique également.

Lekeu l’expliquera ainsi :  » La première partie de mon Quatuor est pour moi le cadre de tout poème de cœur où mille sentiments se heurtent, où aux cris de souffrance succèdent de longs appels au bonheur, où des caresses se glissent, s’insinuent, cherchant à calmer les pensées les plus sombres, ou des cris d’amour succèdent au plus sombre désespoir, cherchant à le dominer, comme à côté l’éternelle douleur s’efforce d’écraser la joie de vivre. »

(Vidéo : Ier mouv. Antonio SPILLER (violon) – Sylvia NATIELLO-SPILLER (piano) – Wen SINN YANG (violoncelle) & Oscar LYZY (Alto)

Les chevaux de San Marco …

Photo : Nino BARBIERI (Les chevaux originaux sont entreposés au musée de la basilique Saint-Marc. C’est une copie qui les remplace sur l’édifice)

« S’ils pouvaient parler ces quatre chevaux, dire ce qu’ils ont vu ! De tous les chefs-d’œuvre de la sculpture, le quadrige, qui orne le fronton de la basilique Saint-Marc, est celui dont l’histoire se rapproche le plus de la légende. En bronze autrefois doré, pesant chacun 900 kilos, hauts et longs d’un peu plus de 2 mètres, élégants, puissants, dédaigneux, ces équidés opposent à l’animation de la place leur silence de deux mille ans, et concentrent dans leur masse, la gloire de quatre empires. Ils pourraient même se plaindre (ou se vanter) d’avoir été volés deux fois.

Remontons à leur date de naissance. Malheureusement, elle demeure fort incertaine. Les techniques les plus sophistiquées n’ont pas permis d’en réduire l’incertitude à moins de cinq siècles. Les chevaux ont vu le jour entre le IVe siècle avant J.C. et le Ier siècle de notre ère. Selon une hypothèse plus fine, mais contestées, ils pourraient être l’œuvre du bronzier Lysippe (IVe siècle avant J.C.) un artiste contemporain d’Alexandre le Grand, qui les auraient fabriqués pour l’île de Rhodes. Ils auraient, par la suite, été offerts à Néron qui en aurait orné sa statue colossale à Rome avant qu’ils ne couronnent l’Arc de Trajan.

Une autre version veut que les quatre chevaux, avec l’aurige (le conducteur de char, peut-être le dieu Hélios) et le véhicule auquel ils étaient attelés (éléments aujourd’hui disparus) aient été fondus sur l’île de Chios, dans la mer Egée. Quoi qu’il en soit, ils sont bien d’origine antique, et ce sont les seuls représentants parvenus jusqu’à nous des quadriges qui triomphaient alors aux quatre coins de l’Empire romain sur nombre de ses monuments.

Leur beauté, tôt reconnue, leur valut d’être transportés à Constantinople, soit au IVe siècle par le fondateur de la ville Constantin le Grand, soit un siècle plus tard (date incertaine). Ils furent, ensuite, installés pour plus de huit cents ans sur l’une des tours de l’hippodrome, d’où ils assistèrent aux plus brillants, comme aux plus sombres, épisodes de l’histoire de l’Empire romain d’Orient. Construit sur le modèle du Circus Maximus de Rome, et, comme lui attenant au palais impérial, l’hippodrome était l’un des centres politiques de Constantinople.

Place de l’hippodrome – Jean-Baptiste VAN MOUR

A l’extrémité de cette énorme enceinte de 450 mètres de long sur 117 de large, coiffant la four dite mangonneau (du nom d’un engin militaire proche de la catapulte) , les quatre chevaux surplombaient les carcères, stalles de départ des chars pour les courses. Mais les compétitions n’étaient pas ici seulement sportives. A Constantinople, comme auparavant à Rome, le cirque était, en effet, un espace chargé de valeurs symboliques, rituelles et politiques, liées au culte de l’empereur. Dans sa loge, directement reliée à son palais, ce dernier apparaissait lui-même souvent vêtu en aurige victorieux, guide du char de l’État et vainqueur des ennemis. Trente mille spectateurs acclamaient, en chœur, le régisseur de l’Univers. Ainsi était célébrée la rencontre entre le monarque et un peuple enrôlé et divisé en quatre factions rivales, en partie militarisées, antagonistes jusqu’à la violence : les Verts, les Bleus, les Rouges et les Blancs. Chacun de ces clans avait, sur la piste, un champion galopant, fouettant sa monture avec frénésie. Du haut du manganon nos quatre chevaux ont pu voir, plus d’une fois, ces réjouissances impériales et populaires dégénérer en émeutes.

Ces courses eurent lieu jusqu’au Xe ou XIe siècle. En 1204, lorsque les Français et les Flamands conquirent Constantinople ( la deuxième Rome ) et la dévastèrent, l’hippodrome n’était plus qu’un chantier qui fournissant la ville en matériaux de construction. Mais le quadrige de bronze fut l’un des nombreux trésors que se partagèrent les Croisés, détournés de leur sainte route, en échange de l’annulation de leurs dettes, par la perfide Venise. Ces chevaux incarnèrent même à eux seuls la sanglante revanche de l’Occident européen sur l’Empire d’Orient.

En 1205, Marino Zeno, podestat (représentant) à Constantinople pour le compte du Doge Enrico Dandolo, les fit transporter jusqu’à la Sérénissime. Ils y furent soigneusement restaurés mais restèrent confinés dans l’Arsenal pendant cinquante ans. C’est l’admiration de l’ambassadeur de Florence et l’achèvement définitif de la basilique Saint-Marc, en 1254, qui les sortirent de l’ombre. On les hissa alors sur la loggia, au-dessus du portail central, dominant le décor architectural de la façade, de ses cinq entrées, de ses colonnes et de ses arcs semi-circulaires.

 » Le doge Enrico Dandolo » – Par Domenico TINTORETTO (dit Le Tintoret)

Les chevaux rayonnaient comme sur un arc de triomphe antique. Symbolisant désormais, par un habile glissement de sens, les quatre évangélistes Marc, Mathieu, Luc et Jean, ils affirmaient ainsi l’ambition impériale de Venise. Au XIVe siècle, Pétrarque rapporta que le doge assistait en grande pompe, du haut de la galerie de la basilique, entre les chevaux de bronze, aux tournois qui se déroulaient sur la place. En 1379, l’amiral Pietro Doria, qui dirigeait l’armée de Gênes, la grande rivale de Venise, avait si bien saisi la portée symbolique de ce quadrige, qu’il jura de passer la bride aux quatre chevaux de Saint-Marc.

Ambition qui fit long feu puisqu’on les voit, un siècle plus tard, dans tout l’éclat de leur dorure originale, au centre du grand tableau de Gentille Bellini La Procession des reliques de la Croix sur la place Saint-Marc (1496 )

 » La Procession des reliques de la Croix sur la place Saint-Marc « (1496 ) – Gentille BELLINI

Leur carrière ne s’arrêta pas là. Ayant régné six siècles dans le ciel de Venise, ils furent, une nouvelle fois, capturés au profit d’un empire. Le 13 décembre 1797, une population consternée assista à l’enlèvement de ces symbole de la ville par les ingénieurs et les soldats de Napoléon.

Débarqués trois mois plus tard à Toulon, les quatre chevaux de bronze remontèrent lentement le Rhône , la Saône, le Canal du Centre, la Loire, enfin la Seine jusqu’à Paris. Le 17 juillet 1798, ils participèrent à l’L’Entrée triomphale des objets de science et d’art recueillis en Italie, hommage de la Révolution française aux productions de l’esprit humain ! C’est en ce sens qu’il faut comprendre cette annexion.

Illustration de Pierre-Gabriel BERTHAULT  

Les chefs-d’œuvre prélevés par Bonaparte pendant sa campagne d’Italie et présentés aux Parisiens lors de ce solennel défilé sur le Champ-de-Mars n’étaient pas seulement un butin de guerre. Ils n’étaient pas seulement un butin de guerre ; ils n’étaient pas réservés à l’usage privé, mais bien destinés à l’édification publique. « Têtes de l’univers, capitale de la Grande Nation, des Lumières et du Progrès, Paris trouvait tout naturel de rassembler dans ses murs les modèles de l’Antiquité et les dernières réalisation de l’industrie. Les prestigieux chevaux y firent donc leur apparition tirés par un char précédés de cette inscription :  » La Grèce les céda, Rome les a perdus. Leur sort changea deux fois, il ne changera plus. »

Cette quatrième éternité, après celle que leur avait promise Rome, Byzance puis Venise, les conduisit d’abord aux Invalides. Puis les chevaux furent disposés sur les piliers de la grille qui entourait le château des Tuileries. En 1808, l’Arc de Triomphe du Carrousel, qui venait d’être édifié à la gloire des armées napoléoniennes, leur offrit un support plus digne d’eux. On eut l’idée de leur attacher un char, et ils cautionnèrent dès lors, de leur antique galop, les grandioses revues militaires qui rassemblaient régulièrement une foule enthousiaste entre le Louvre et les Tuileries.

Puis ce fut Waterloo, la chute de l’Empire … Cette éternité napoléonienne aura été la plus courte. En 1815, François Ier, empereur d’Autriche et nouveau maître de Venise, exigea que les chevaux de Saint-Marc lui fussent restitués. Les quatre coursiers reprirent la route de l’Italie, laissant à Paris un vide que le sculpteur Bosio, en 1828, sur ordre de Charles X comblera par une copie que l’on voit toujours sur l’Arc de Triomphe du Carrousel.

 » François Ier d’Autriche  » par Friedrich VON AMERLING

Les chevaux retrouvèrent leur place au-dessus du portail central de la Basilique Saint-Marc. On aurait pu conclure ici cette fantastique chevauchée d’un bout à l’autre de l’espace européen, de sa culture, de ses ruptures, s’ils n’avaient connu un dernier avatar. Dans les années 1980, Venise décida, en effet, de les remplacer par des copies. Non pour cause de guerre ou de politique cette fois, mais pour les protéger de la pollution atmosphérique. Désormais ils sont installés au Musée de Saint-Marc. Ils jouissent d’une retraite bien méritée. » Jean-Baptiste MICHEL (Écrivain et journaliste français)

Chevaux originaux conservés au Musée de la Basilique Saint-Marc à Venise

Le cerf …

 » J’entrai au bois par un bout de l’allée, comme il arrivait par l’autre bout.
Je crus d’abord qu’une personne étrangère s’avançait avec une plante sur la tête.
Puis je distinguai le petit arbre nain, aux branches écartées et sans feuilles.
Enfin le cerf apparut net et nous nous arrêtâmes tous deux.
Je lui dis :
— Approche. Ne crains rien. Si j’ai un fusil, c’est par contenance, pour imiter les hommes qui se prennent au sérieux. Je ne m’en sers jamais et je laisse ses cartouches dans leur tiroir.
Le cerf écoutait et flairait mes paroles. Dès que je me tus, il n’hésita point : ses jambes remuèrent comme des tiges qu’un souffle d’air croise et décroise. Il s’enfuit.
— Quel dommage ! lui criai-je. Je rêvais déjà que nous faisions route ensemble. Moi, je t’offrais, de ma main, les herbes que tu aimes, et toi, d’un pas de promenade, tu portais mon fusil couché sur ta ramure. » Jules RENARD (Écrivain , poète, auteur dramatique français – Extrait de son recueil Histoires naturelles)

Cerf au Château de Chambord

Accueillir ce qui vient …

 » Accueillir ce qui vient comme il vient. Ne pas s’épuiser à vouloir arrêter les marées, à tenter de changer ce qu’on ne changera pas, mais vouloir ce qui arrive de la manière dont il arrive. Jouer sa partition du mieux que l’on peut, même si l’on n’a pas écrit la symphonie ; naviguer sans faillir alors qu’on n’est pas maître des flots. L’océan a ses marées, la vie a ses hauts et ses bas. Il est préférable d’accompagner le mouvement plutôt que de s’y opposer. » Laurence DEVILLAIRS ( Auteure française, Normalienne, agrégée, Docteur en philosophie, spécialiste du XVIIe siècle et de philosophie morale – Extrait de son livre Petite philosophie de la mer)

Tableau de William Henry MARGETSON

A la rencontre de August MACKE …

 » Je peins avec une peine colossale et je m’applique toujours en travaillant, ce qui fait que je suis très fatigué après. Je m’arrache les images, trait par trait, de la cervelle. Vraiment. Car, en fait, je suis très indolent. Mais quand je me suis arraché les nerfs, il faut que ces chiffons de toile valent quelque chose, au moins mon énergie s’y déverse. Elles peuvent plaire à qui elles veulent, je peins, peins et peins encore et me réjouis de tout mon coeur quand mon regard plonge avec la lumière dans l’obscurité de la forêt ou tremble au-dessus des prairies et finalement réfléchit des nuages dans le lointain. Chaque jour qui vient, vivre un nouveau bonheur, de nouvelles joies. Je veux maintenant utiliser les journées autant que je peux. J’ai toujours envie de travailler.  » August MACKE (Peintre expressionniste allemand)

AUGUST MACKE Photo
August MACKE 1887/1914

 » La figure la plus rayonnante et la plus terrestre, parmi les peintres du Cavalier bleu fut August Macke, originaire de Westphalie, rhénan d’adoption, né en 1887 à Meschede, vivant et travaillant à Düsseldorf, à Bonn, et tué en 1914 en Champagne. Il n’était pas aussi féru de métaphysique que ses amis. Au fil du temps il s’éloigna de plus en plus de Kandinsky. Le plus important pour lui étaient dans la couleur, la sensualité des couleurs et l’accord harmonieux des formes. Il s’en tenait aux beautés du monde terrestre. Pour lui c’était un bonheur de vivre et c’est ce bonheur qu’il voulait peindre.

Ses inspirations passaient par les yeux, non par l’intellect. Dans l’insouciance la plus totale, essayant et expérimentant sans complexe, adoptant et rejetant, il se confronta avec les courant de la peinture d’avant 1914. L’éclat de sa peinture s’inspire de Franz Marc et du jeune Kandinsky, mais plus encore des disques, cercles et Fenêtres de Delaunay. Sur le plan formel, il fut fasciné par la claire logique de la composition cubiste et pendant un temps par la dynamique du futurisme, puis pour finir par le tubisme de Léger. Le peintre devait même s’essayer à l’abstraction bien qu’elle ne correspondit que très peu à son tempérament naturel.

Chez Macke, l’engouement des tableaux impressionnistes se relie à la cohérence formelle de Seurat. Dans son style éloigné du mythe , tourné vers le monde d’ici-bas, il est le peintre le plus romantique parmi les peintres allemands de ce siècle ; non pas un peintre luttant pour sa forme , mais un peintre très tôt accompli. La transparente beauté , le chromatisme  aux tonalités majeures, et la grâce si mélodieuse de ses tableaux sont restés sans équivalent dans l’art allemand de ce siècle.  » Karl RUHRBERG ( Journaliste allemand, historien de l’art, auteur d’ouvrages sur l’art, organisateur et consultant d’expositions.

AUGUST MACKE BOUTIQUE DE CHAPEAUX
 » La boutique de chapeaux « –August MACKE
AUGUST MACKE LA PROMENADE Lenbachhaus museum munich
 » La promenade  » – August MACKE
« Le ballet russe » August MACKE
 » L’azalée rose » – August MACKE

Quelqu’un …

 » Quelqu’un d’un doigt léger m’a touchée à l’épaule.

Je me suis retournée mais il s’était enfui :

Peut-être es-tu celui que je n’espérais plus

Et dont le souvenir confus

Trouble encore quelquefois le miroir de mes songes ?

Ou bien

L’ange gardien de mon âme d’enfant

Alors que résonnait aux jardins du Printemps

Le doux éclat de nos deux rires ?

Je froissais quelquefois tes ailes dans nos jeux,

Blanches ailes au reflet bleu

Comme l’enfantine journée.

Viens-tu comme autrefois, poser mes pieds lassés

Sur la divine échelle où palpitaient les anges ?

Nous la sentions vibrer d’amour pur sous nos doigts,

Mais c’était le temps d’autrefois…

Ou bien

Es-tu tout simplement

Celle que chaque jour j’attends,

La patiente Silencieuse,

Avec le fil aiguisé de ta faux

Dissimulé derrière ton épaule ? …

Es-ce donc en ce soir d’automne

Et dans sa fragile beauté

Qu’il faut partir pour l’incertain voyage ?

Ô Mère du sommeil, prends moi donc par la main,

Ne faisons pas de bruit et ne troublons personne,

Partons comme s’envole une feuille en automne.  » Louisa PAULIN (Institutrice et poétesse française occitane – Aveugle et très malade, elle a dicté ce poème à l’automne 1943. Elle est décédée en 1944)

 » L’ange gardien  » Pietro DA CORTONA

Les arbres …

 » Les arbres sont des sanctuaires. Qui sait leur parler, qui sait les écouter, peut apprendre la vérité. Ils ne prêchent pas l’apprentissage et les préceptes, ils prêchent sans décourager par les détails, l’ancienne loi de la vie. Les arbres bruissent donc le soir quand le doute qu’engendrent nos pensées puériles nous étreint. Les arbres ont des pensées longues, des pensées au souffle lent et reposantes, tout comme ils ont des vies plus longues que les nôtres. Ils sont plus sages que nous tant que nous n’avons pas appris à les écouter. Mais dès que nous avons appris à écouter les arbres, la brièveté, la rapidité et la précipitation enfantine de nos pensées fait jaillir en nous une joie incomparable. Quiconque sait écouter les arbres n’a plus envie d’être un arbre. Il ne veut pas être autre chose que ce qu’il est. C’est cela, être chez soi. C’est cela, le bonheur  » Hermann HESSE ( Romancier, poète, peintre et essayiste allemand puis suisse. Extrait de son livre Arbres : Réflexions et poèmes)