Nuages …

 » La description des nuages
exige de faire diligence
en une fraction de seconde
ils ne sont plus eux, ils sont autres.

Leur trait principal consiste
à ne jamais reproduire
ni formes, ni teintes, ni poses, ni dessins.

Jamais porteurs d’aucune mémoire,
légers, ils survolent la gravité des faits.

Témoins de quelque chose , vous voulez rire !
au moindre souffle, voilà qu’ils s’éparpillent.

En regard des nuages
la vie semble solide,
presque enracinée, quasi éternelle.

À côté des nuages
les pierres sont nos cœurs,
nous pouvons compter sur elles,
alors qu’eux : des cousins lointains et volages.

Que les gens soient, s’ils y tiennent,
et qu’ils meurent ensuite un à un,
les nuages n’en ont rien à faire
de ces affaires
extraordinaires.

Au dessus de ta vie parfaite
et de la mienne, imparfaite pour l’instant,
ils paradent, fastueux comme avant.

De périr avec nous ils ne sont point tenus.
Pour voguer, nul besoin d’être vu.  » Wislawa SZYMBORSKA (Poétesse polonaise – Extrait de son recueil Je ne sais quelles gens )

Étude de nuages par John CONSTABLE :

NUAGES John CONSTABLE

CONSTABLE nuages

Jeune fille assise, vue de dos … DALI

 » Ce tableau, tout comme la Jeune fille à sa fenêtre, représente Anna Maria la sœur de Dali. Cette fois, elle est assiste de trois quarts, détendue, contemplant les murs de Cadaquès baignant dans une atmosphère immobile, où le temps semble suspendu, et où l’on peut lire l’influence des expériences cubistes de Picasso.

L’œuvre révèle aussi l’attachement de Dali aux maîtres du passé, comme en témoigne une certaine ressemblance avec la Baigneuse Valpinçon d’Ingres. La netteté et la volumétrie presque tangible de cette peinture sont dues également à sa sympathie pour les thèses de la revue de Mario Broglio Valori Pastici, ainsi qu’à son refus du langage expérimental et révolutionnaire avant-gardiste.

La perspective de la chaise n’est pas tout à fait cohérente avec celle du buste de la jeune fille, ni avec sa position par rapport au paysage, mais l’ensemble s’accorde grâce à l’harmonie chromatique basée sur les tons du blanc, beige et marron, entre le premier et le deuxième plan. » Angela SANNA (Historienne de l’art, italienne)

Portrait. Jeune fille assise | Fundació Gala - Salvador Dalí
 » Jeune fille assise, vue de dos  » – 1925 – Salvador DALI ( Musée Reine Sofia à Madrid )

Fleur d’été : le bleuet …

« Douce cueillette de bleuets qui, par les près, sous le ciel pur, vas, tenant dans tes doigts fluets, ton frais bouquet de fleurs d’azur ….  » Auguste ANGELLIER

 » Hélas ! Qu’il est difficile aujourd’hui de trouver des bleuets ! Repoussés sur toute la surface des champs de céréales par les pesticides, on a parfois la chance d’en trouver en bordure des chemins. C’est une fleur très ancienne que les fouilles archéologiques ont permis de déceler dans les cités lacustres, dans les steppes du Moyen-Orient, dans les tombes égyptiennes et notamment celle de Toutankhamon (les archéologues furent surpris, en ouvrant le sarcophage, de trouver parmi l’or, une simple couronne de bleuets encore intacts) .

Les tiges grêles, d’un gris-vert velouté, se terminent en forme de petits artichauts aux sépales barbelés et imbriqués. Les pétales ont la forme de tubes qui s’évasent en langues découpées d’un bleu tendre et frais.

Plusieurs légendes s’y attachent, notamment celle du centaure Chiron, blessé par une flèche empoisonnée et que le suc de cette fleur aurait guéri. C’est pourquoi le bleuet est aussi appelé «  herbe-au-centaure « . Il aurait également la propriété de décongestionner, sous forme de décoction, les yeux irrité, d’où son autre surnom «  casse-lunettes « .

Autrefois poussant de compagnie dans les champs, les bleuets, les épis de blé et les coquelicots entraient dans la composition de bouquets qui symbolisaient la Nation française. Il est bien rare de nos jours de pouvoir lier ensemble ces trois espèces.

Dans le langage des fleurs, le bleuet signifie délicatesse ou pureté des sentiments, peut-être en raison de sa couleur fraîche et pure. » Marthe SEGUIN-FONTES (Institutrice, auteur-illustrateur française)

Il y aurait deux sortes de bleuets : le Centaurea montana qui pousse dans les montagnes entre 1300 et 2500 mètres d’altitude et celui appelé Centaurea cyanus qui est le bleuet des champs associé à la Vierge Marie en raison de sa couleur. Lorsque la première guerre mondiale prit fin, le bleuet symbolisa le souvenir et d’ailleurs les anglais en ont fait l’emblème de la Grande Guerre. A noter que les jeunes militaires qui arrivaient au front, en uniforme bleu, étaient surnommés «  bleuets  » par les plus âgés.

 

Comment peut-il faire aussi chaud …

» Comment peut-il faire aussi chaud ?
rien ne saurait nous rafraîchir,
nous nous sentons tout mous dans l’eau :
s’y baigner ? A peine un plaisir !

Le sable est brûlant sous nos pieds,
on n’y peut marcher qu’en sandales !
Les touristes sont si outrés
que certains crient même au scandale !

Mais avoir chaud, c’est naturel
à la mi-août dans le Midi !
Regardez donc les hirondelles
qui zèbrent le ciel sans souci …  » Vette de FONCLARE ( Poétesse française – Vers extraits du  Poème Août )

PLAGE Peter ADDERLEY
Tableau : Peter ADDERLEY

Aria :  » O quante volte  » … Vincenzo BELLINI

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Cette aria est issue du Ier acte/4e scène de l’opéra de Vincenzo Bellini Les Capulet et les Montaigu, qui fut créé en 1830 à la Fenice de Venise puis en version française trois ans plus tard au Théâtre Italien de Paris.

Le livret est de Felice Romani d’après une Nouvelle de Matteo Bandello datant du XVIe siècle et une pièce de théâtre de Luigi Scola en 1818. Bien que l’histoire soit celle de Romeo et Juliette, cette œuvre lyrique, au demeurant passionnante, intensément dramatique et puissante, n’est absolument pas une version musicale de la pièce de Shakespeare.

A cette époque Bellini se remettait doucement de l’échec de son dernier opéra Zaïra qui avait été créé un an plus tôt à Parme. La Fenice, à Venise,  le pressait d’écrire un nouvel ouvrage et lui souhaitait vivement pouvoir reconquérir le public. Donc il va utiliser une méthode qui se faisait couramment à l’époque à savoir reprendre des éléments d’autres de ses pièces et notamment, dans ce cas, ceux provenant de Zaïra.

C’est ainsi qu’cette sublime aria proposée ce jour, faisait partie de son premier opéra Adelson et Salvini en 1825. En un peu plus d’un mois, l’opéra était prêt pour la Fenice.

( Vidéo : Au vocal : Natalie DESSAY / Accompagnement musical par l’ensemble CONCERTO KÖLN dirigé par Evelino PIDO )

L’éternel printemps …

 » La position instable des personnages, intimement soudés dans leur baiser, est frappante : l’homme, une jambe devant l’autre et le bras gauche tendu pour trouver un appui, se penche pour embrasser sa bien-aimée qu’il soutient de son bras droit. La femme agenouillée cherche de la main la tête de son compagnon de sorte que son corps décrive un arc.

La surface du marbre, rugueuse sur le socle, devient lisse et polie sur les corps, apportant aux chairs douceur et reflets. Dans la description du baiser, la force de l’attraction se traduit par la continuité de la surface, tant et si bien que les deux visages paraissent ne faire qu’un.

Cette sculpture, en raison de son thème ouvertement érotique et de son interprétation facile, fut particulièrement appréciée par les contemporains de Rodin, si bien que l’artiste la reproduisit dans divers matériaux et formats. » Ilaria PRINCIPE(Historienne de l’art, italienne)

Скулптура на Роден продадена за рекордни 20,4 милиони долари
 » L’Éternel printemps  » 1884 Auguste RODIN ( Version appartenant au Musée des Beaux-Arts de Budapest )

Il y a ceux qui savent …

 » Il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Et pour dix mille qui ne savent pas, il y en a un seulement qui sait. C’est le miracle de tous les temps, le fait que ces millions savent tant de choses mais ne savent pas ça. C’est comme au XVe siècle quand tout le monde croyait que la terre était plate : seuls Colomb et quelques autres connaissaient la vérité. Mais c’est différent tout de même, car il leur fallait du talent pour se figurer que la terre était ronde. Tandis que cette vérité saute tellement aux yeux que c’est le miracle de toute l’histoire que les gens ne sachent pas….  » Carson MC.CULLERS (Romancière américaine- Extrait de son livre Le cœur est un chasseur solitaire/1940)

Carson MC.CULLERS  (1917/1967)