Both sides now … Joni MITCHELL

Les paroles et la musique de cette belle chanson sont de la canadienne, auteure-compositrice-interprète, Joni MITCHELL. Elle a trouvé son inspiration dans le livre de l’écrivain Saul BELLOW : Henderson The Rain King datant de 1959.

Rows and flows of angel hair
Arcs-en-ciel(lignes) et flots de cheveux d’anges
And ice cream castles in the air
Et châteaux de crème glacée dans le ciel
And feather canyons ev’rywhere
Et canyons de plumes partout
I’ve looked at clouds that way
C’est ainsi que je voyais les nuages

But now they only block the sun
Mais à présent ils se contentent d’obstruer le soleil
They rain and snow on ev’ryone
Ils font pleuvoir et neiger sur tout le monde
So many things I would have done
Il y tant de choses que j’aurais faites
But clouds got in my way
Mais des nuages se sont mis en travers de mes projets

I’ve looked at clouds from both sides now
À présent j’ai regardé les nuages des deux façons
From up and down, and still somehow
D’en haut et d’en bas, et cependant je ne sais pourquoi
It’s cloud illusions I recall
C’est l’illusion des nuages que je retiens
I really don’t know clouds at all
Vraiment les nuages je ne les connais, pas du tout

Moons and junes and ferris wheels
Lunes, juins et grandes roues ( de fête foraine)
The dizzy dancing way you feel
Le vertige dansant que tu ressens
As ev’ry fairy tale comes real
Quand chaque conte de fées s’accomplit
I’ve looked at love that way
C’est ainsi que je voyais l’amour

But now it’s just another show
Mais à présent c’est une toute autre histoire
You leave ’em laughing when you go
Ça les fait rire quand tu les quittes
And if you care, don’t let them know
Et si t’as des sentiments, ne les laisse pas voir
Don’t give yourself away
Ne te trahis pas

I’ve looked at love from both sides now
À présent j’ai regardé l’amour des deux façons
From give and take, and still somehow
Donner et prendre et cependant je ne sais pourquoi
It’s love’s illusions I recall
Ce sont les illusions de l’amour que je retiens
I really don’t know love at all
Vraiment l’amour je ne le connais pas du tout

Tears and fears and feeling proud
Larmes et peurs et sentiment de fierté
To say I love you right out loud
De dire je t’aime à haute et intelligible voix
Dreams and schemes and circus crowds
Rêves, projets et cirques bondés
I’ve looked at life that way
C’est ainsi que je voyais la vie

But now old friends are acting strange
Mais à présent de vieux amis se comportent bizarrement
They shake their heads, they say I’ve changed
Ils hochent la tête, disent que j’ai changé
Well something’s lost, but something’s gained
Certes on perd quelque chose, mais on gagne autre chose
In living ev’ry day
À vivre (pleinement) chacun de nos jours


I’ve looked at life from both sides now
À présent j’ai regardé la vie des deux façons
From win and lose and still somehow
Gagner et perdre et cependant je ne sais pourquoi
It’s life’s illusions I recall
Ce sont les illusions de la vie que je retiens
I really don’t know life at all

Pain au chocolat ou chocolatine ? A vous de choisir …

Faut-il dire pain au chocolat ou chocolatine ? Il s’agit d’une viennoiserie faite en pâte feuilletée, fourrée, en général, de deux petites barres de chocolat. En France, l’appellation est partagée. La majorité des français disent « pain au chocolat « qui reste donc le terme le plus souvent employé. Mais du côté de Bordeaux et Toulouse on emploie plus couramment le nom  » chocolatine « .

En dehors de nos frontières, les noms diffèrent : en Belgique, par exemple, ce sera pain au chocolat, alors qu’au Québec c’est chocolatine qui l’emporte, comme dans les pays d’Amérique latine ! Pour la Suisse, les Etats-Unis, l’ Australie, ou la Nouvelle Zélande , c’est croissant au chocolat (chocolate croissant)

Si l’on remonte dans le temps, pain au chocolat était utilisé pour parler d’une « viennoiserie » à savoir une pâtisserie d’inspiration viennoise. Auguste Zang, un boulanger autrichien, installera la première  »boulangerie viennoise » à Paris, rue Richelieu, et c’est donc probablement lui qui en a lancé la mode . En tous les cas, c’est ce qu’affirme l’historien culinaire Jim Chevalier. Les viennoiseries proposées étaient notamment le délicieux croissant autrichien Kipferl, mais également un genre de brioche fourrée avec du chocolat à l’intérieur, et que l’on appelait Schokoladencroissant (croissant au chocolat).

August Zang croissant chocolatine pain au chocolat
August ZANG

L’hypothèse qui est la plus retenue, est qu’en entendant le patron prononcé le mot schokoladencroissant avec un très fort accent autrichien, les français auraient , avec le temps, déformé ce qu’ils entendaient, et transformaient le nom autrichien en chocolatine.

Il y a, également, une autre version affirmant que ce seraient les Anglais qui auraient donné le nom chocolatine au pain au chocolat. Ces derniers appréciaient beaucoup les viennoiseries françaises, notamment l’une d’entre elles qu’ils appelaient chocolate in bread, une expression qui, au fil du temps, deviendra chocolate in. Une hypothèse qui semble intéressante et que l’on serait tenté de retenir, mais les historiens confirment que c’est faux et que c’est la première qui est tout à fait crédible.

Si la deuxième serait erronée , c’est pour une question de date dans l’arrivée du chocolat en France. Certes la fève fut découverte en 1492, mais ramenée en France en 1528 par Hernan Cortes. Les Anglais avaient été chassés hors de France en 1453 lors de la bataille de Castillon. Donc peu de chance qu’ils aient pu apprécier des pâtisseries viennoises à base de chocolat à cette époque.

Pain au chocolat ou chocolatine … Le débat est toujours présent, a tel point qu’en 2018 des députés issus du mouvement Les Républicains souhaitaient un amendement pour  » valoriser l’usage courant d’appellation due à la notoriété publique du produit et de ses qualités reconnue au travers d’une appellation populaire , à savoir donc protéger le terme chocolatine. Mais leur demande a été rejetée.

Chacun emploiera donc le terme qui lui convient , bien que je reste persuadée qu’en dégustant ces délicieuses viennoiseries, le consommateur se moque un peu de savoir s’il doit dire pain au chocolat ou chocolatine 🙂


Venise ! Ô souvenir …

« Venise ! ô souvenir ! ô cité blanche et rose !
Merveilleux alcyon, fleur de la mer éclose
Entre l’azur uni des ondes et le ciel,
Cité-femme au doux nom, ô mon charme éternel,
Venise, ainsi que toi, les Vénus étaient blondes.

Tes pieds exquis trempés aux vagues peu profondes,
Telle qu’une princesse en habits d’Orient,
Tu te penches, et l’eau reflète, en souriant
Le rythme de ton corps et tes parures vaines.

Des canaux délicats et minces sont tes veines;
Ainsi qu’aux êtres fins le silence t’est cher.
Les marbres éclatants et roses sont ta chair,
Si pure qu’on dirait que les brises sonores
Y font courir le sang des vivantes aurores.

Tes yeux sont le rayon divin du ciel léger,
Et ton sourire fait le jour, sans y songer.
Ainsi mon rêve épris n’a pas pu se défendre
De t’aimer d’un amour mélancolique et tendre,
Comme on aime une femme, et comme on tend les bras
Aux belles visions qui ne s’envolent pas.

J’ai connu ton regard et j’ai connu ta bouche.
Je sais ce que le ciel, quand le soleil se couche,
Met à ton front serein de grâce et de splendeur.
Un souffle du Lido m’apporta cette fleur,
Errante sur les Mots brodés d’écumes blanches.
Les cigales au loin résonnaient dans les branches.

Lorsqu’il fallut, hélas ! partir et te quitter,
Je te laissai mon cœur sans en rien emporter.
Tel l’amant ô la plus auguste des maîtresses.
S’arrache, frissonnant, aux dernières caresses. » Albert MÉRAT (Poète français – Extrait de son recueil Les villes de marbres en 1869)

FARNACE RV 711 … Antonio VIVALDI

(Vidéo : Ouverture – I SOLISTI VENETI – Direction Claudio SCIMONE)

Il s’agit d’un opéra ( précisément un dramma per musica ) créé en 1727 à Venise, dirigé par le compositeur lui-même. Le livret est du poète Antonio Maria Lucchini. Il avait été utilisé une première fois pour le Farnace de Leonardo Vinci auquel Vivaldi avait assité à Rome en 1724.

L’œuvre sera remaniée profondément à diverses reprises jusqu’en 1737, avec des rajouts d’arias, de récitatifs, d’actes aussi. La dernière fois que Vivaldi le fera ce sera avec l’intention de le présenter à Ferrare. Ces modifications avaient pour but d’obtenir un opéra parfaitement abouti. A l’époque, il faut savoir que Vivaldi avait moins de succès à Venise car la Sérénissime avait une préférence pour les opéras napolitains.

Farnace est une histoire de devoir, d’amour, d’enjeu politique. Une œuvre brillante, dramatiquement puissante, complexe, éloquente, passionnée, colérique, nostalgique aussi. L’émotion et la noblesse du cœur sont bien présentes également. Elle donne raison à ce que disait l’abbé Conti en 1727 à savoir que la musique de cet opéra est variée et bouge à la fois dans le sublime et dans le tendre. Les arias sont magnifiques , virtuoses, expressives et tout en nuances.

Elle tombera malheureusement dans l’oubli et n’en ressortira que dans le dernier quart du XXe siècle. La partition ultime est conservée à Turin.

(Vidéo : « Perdona o mio figlio amato  » – Philippe JAROUSSKY (Contre-ténor) – Il est accompagné par L’ENSEMBLE MATHEUS dirigé par Jean-Christophe SPINOSI)
(Vidéo :  » Gelido in ogni vena  » – Max Emanuel CENCIC (Contre-ténor) – Il est accompagné par l’Ensemble I BAROCCHISTI – Direction : Diego FASOLIS)

Prendre le temps …

 » Prendre le temps est important. Oui, je pense que tout va trop vite. On parle trop vite, on réfléchit trop vite (quand on réfléchit ! ). On envoie des mails et des textos sans se relire, on perd l’élégance de l’orthographe, la politesse, le sens des choses. Non, non je ne suis pas contre le progrès, j’ai juste peur qu’il isole davantage les gens. » Grégoire DELACOURT (Écrivain français – Extrait de son livre La liste de mes envies)

Grégoire DELACOURT

La couleur du poème …

 » La couleur du poème dépend de la quantité de lumière
Qui se réverbère en son encre.
Elle change au gré de l’heure, de l’âge et de la langue.

Incolore au commencement, quand il n’est encore qu’une aspiration vague.
D’un blanc de page vide, il tend vers le gris en rêvant son encre prochaine.
Aube indécise sur le papier. Tels brouillards ou fumées qui montent.
C’est pourtant vers le bleu qu’il s’enlève le plus souvent,
Accroissant son ciel et son eau, entrouvrant sur la page une vague idée d’azur.

Noir, si rien ne le tire hors de soi, prisonnier qu’il demeure des signes.
Rouge, quand il accélère, s’enfièvre, circule et bat.
Or d’étincelle ici et là en son ballet de feuilles mortes.
Vert en mai devant l’arbre, blanc de décembre sous la neige,
Mais d’une couleur indistincte quand s’y penche un visage aimé. » Jean-Michel MAULPOIX (Poète, écrivain et critique littéraire français)

Jean-Michel MAULPOIX

Le Garçon au gilet rouge … par Paul CÉZANNE

 » Seul Paul Cézanne , au style si distinct et si en avance sur son temps, pouvait peindre ce Garçon au gilet rouge. Il mêlait l’impressionnisme et le classicisme à une réflexion intellectuelle immense. Ce portrait, qui parait simple à première vue, se transforme en un objet très différent lorsqu’on l’examine de plus près.

Cézanne en réalisa plusieurs versions. Celle-ci, avec ses aplats de rouge, marron-bleu et bleu-vert et ses formes blanches simples et démarquées, est l’une de ses tentatives les plus modernistes. Son harmonie naît d’une palette réduite où les couleurs se répondent d’une partie du tableau à l’autre. Les ombres bleu-vert de la peau et la chemise unifient l’œuvre et placent sur le même plan le garçon et le cadre qui l’entoure. Une série de diagonales se recoupent et font écho : le rideau de gauche, le dos penché du garçon, et le bras droit qui repose sur une surface qui bascule par rapport au champ pictural.

Cézanne a déconstruit une scène ordinaire pour la reconstruire entièrement. Le Garçon au gilet rouge nous montre ainsi deux préoccupations essentielles de l’artiste : l’exploration de sa résolution de l’énigme qu’est la représentation d’un univers à trois dimensions sur une surface plane, de façon à nous apprendre quelque chose sur les formes représentées. Cézanne a, ici, atteint son objectif. Son tableau fonctionne comme un ensemble tout en montrant la voie au cubisme de Braque et de Picasso qui baptisa Cézanne le Père de la peinture moderne.  » Ann KAY ( Écrivain, rédactrice anglaise, diplômée en histoire de l’art)

Le violoncelle …

 » Tenu entre les bras serré contre son cœur
Ce très bel instrument en bois de palissandre
En émettant des sons proches de la voix humaine
Exprime à sa façon les bonheurs et les peines

Le passage de l’archet sur les cordes sensibles
Comme le passage d’un peigne dans une chevelure
Fait naître des lueurs des notes parfumées
Comme la voix du vent qui fait trembler l’automne

Dénuée de paroles la musique s’envole
Engendrant derrière elle d’agréables frissons
C’est comme l’apparition d’une femme très belle

Dans l’air léger du soir c’est un battement d’aile
C’est dans les nuits d’hiver la danse des flocons
Ce sont des robes qui tournent, ce sont des feuilles qui volent  » Alain HANNECART (Poète français)

Tableau de Antonio ZOPPI

Le son …

 » Je pense que le son est extrêmement important. Je dois avouer que j’y suis particulièrement très attaché, scotché même. J’aime penser au son d’un instrument, particulièrement un instrument à cordes, de la même manière qu’un merveilleux peintre pense à ses couleurs : tous les rouges ne sont pas identiques, ni les bleus, ni les verts ! Il fait constamment des variations de couleurs. Pour moi, les interprètes les plus talentueux se doivent, eux aussi, de faire la différence. » Leonard ROSE (Violoncelliste américain)

Leonard ROSE 1918/1984