Ce bon élixir, le café …

 » Ce bon élixir, le Café
met dans nos cœurs sa flamme noire ;
grâce à lui, fier de sa victoire,
l’esprit subtil a triomphé.

Faux Lignon que chantait d’Urfé,
tu ne nous en fait plus accroire ;
ce bon élixir, le Café
met dans nos cœurs sa flamme noire.

Ne faisons qu’un autodafé
des vieux mensonges de l’Histoire ;
et mêlons, sans peur du grimoire,
à notre vieux sang réchauffé,
ce bon élixir, le Café.  » Théodore DE BANVILLE (Poète, dramaturge et critique français- Extrait de son recueil Rondels )

CAFÉ

Concerto pour Hautbois Op.1 …Alessandro MARCELLO

MARCELLO Alessandro
Alessandro MARCELLO

(Vidéo : Version intégrale avec Marcel PONSEEL à l’hautbois baroque et direction de l’Ensemble IL GARDELLINO )

Alessandro Marcello est issu d’une famille noble de Venise. Doué pour la musique (il jouait de nombreux instruments) mais tout aussi talentueux pour l’écriture, la peinture, le dessin, les mathématiques et la philosophie. C’est un peu un touche-à-tout qui réussissait tout ce qui l’entreprenait.

On ne peut pas dire qu’il ait composé énormément (quelques cantates et concertos), quelquefois même sous un autre nom,  mais si il y a une œuvre qui se détache de toutes les autres c’est celle-ci. Fut un temps, la paternité a été attribuée injustement à son frère Benedetto, puis à Vivaldi, avant de la rendre à celui qui l’avait  réellement écrite.

C’est une page pleine de finesse, souplesse, expressive, dans le style baroque italien, avec un Adagio qui reste un petit trésor d’émotion (3’30 mn de la vidéo ci-dessus) et qui est la clé de son succès depuis le jour où Jean-Sébastien Bach, charmé par la partition, va décidé de donner sa version-clavier en l’arrangeant et l’ornementant superbement bien. Ce sera le Concerto BWV 974 après Alessandro Marcello.

Ce Concerto a été initialement prévu pour le hautbois, mais on peut la trouver en différents autres instruments : piano, violoncelle,flûte, guitare etc…. A noter que c’est généralement la partition revisitée de Bach qui est reprise, notamment l’Adagio, justement en raison des forts belles ornementations qu’il a apportées.

(Vidéo : Glenn GOULD au piano dans l‘Adagio du Concerto BWV 974 de BACH (Transcription de celui de Alessandro MARCELLO)

TURNER -Peintures et Aquarelles, collections de la Tate …

TURNER Peintures et aquarelles

«  Le plus grand peintre de tous les temps vit parmi nous et peint pour nous  » John RUSKIN (Critique d’art – Il a été un grand admirateur de Turner, mais aussi un grand défenseur de son œuvre et collectionneur de ses tableaux)

Comme beaucoup d’autres institutions muséales, le musée Jacquemart-André avait dû fermer en raison de l’épidémie qui a sévi ces derniers mois. Il a ré-ouvert le 26 mai et dans la foulée la décision a été prise de prolonger l’exposition TURNER -Peintures et Aquarelles – Collections de la Tate jusqu’au 11 janvier 2021. 

Un parcours chronologique avec une soixantaine d’aquarelles et une dizaine de peintures à l’huile, faisant partie du fonds personnel de la Tate Britain de Londres, sont présentées. Certaines pour la première fois en France.

TURNER autoportrait TATE GALLERY de Londres
 » Autoportrait  » – William TURNER ( Tate Gallery de Londres )

Turner fut le plus grand peintre britannique  connu d’une part  pour sa façon si particulière d’estomper les formes au profit justement de la lumière, ce qui avait pour résultat de faire émerger des impressions, des mouvements . Visionnaire, audacieux, merveilleux coloriste, magnifique paysagiste, on pourrait ajouter un poète de la peinture . Il a souvent peint , en effet, de façon délicate, fluide, lyrique , avec de très belles lumières, des petits dégradés qui rivalisent souvent avec la transparence et une petite note «  venue de l’âme « .

Sans oublier qu’il reste l’un des plus grands peintres aquarellistes du XIXe siècle. Ses premières œuvres étaient des aquarelles, et il a tout fait pour que ce procédé gagne en reconnaissance. L’aquarelle ne le quittera jamais, même lorsqu’il commencera à peindre à l’huile.Il en fera un art à part entière.

Ses fabuleuses aquarelles sont touchantes et poétiques. Leur format est, certes, très souvent de petite taille, mais franchement elles n’en demeurent pas moins superbes, ne serait-ce là encore que pour cette clarté lumineuse qu’elles dégagent, les couleurs changeantes de la mer, ses reflets, ses mouvements. L’eau est, en effet, fort présente dans ses toiles, mais également le ciel et ses variations selon le rythme des saisons, des changements de météo, en alternance de pluie ou de soleil. IL ne cesse de jouer sur la transparence ce qui amène les couleurs à se superposer et donner des effets assez incroyables.

L’aquarelle est une technique  à laquelle Turner a été attaché très tôt, dès l’adolescence. Il va profondément en aimer la fluidité et la légèreté.  Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas un procédé facile. La peinture(à l’eau) doit être appliquée par touches juxtaposées, bien diluées pour qu’elles soient transparentes. Il faut être assez rapide dans l’exécution. Ce procédé s’est répandu au XVIIIe siècle. On a longtemps considéré que l’aquarelle était un art mineur, beaucoup moins noble que la peinture à l’huile. C’est en Angleterre qu’il a vraiment atteint son autonomie. Celles et ceux qui l’utilisaient alors travaillaient sur du papier sec, puis petit à petit cela se fera sur papier mouillé. L’aquarelle, on peut le dire, a vraiment révolutionné l’art du paysage.

TURNER Dinant bouvignes et Crèvecoeur
 » Dinant, Bouvignes et Crève-cœur – coucher de soleil  » 1839 env. Gouache et aquarelle sur papier / William TURNER ( Tate Britain)
TURNER Yatch approchant de la côte
 » Yacht approchant de la côte  » 1840 env. Huile sur toile – William TURNER (Tate Britain)

En tant que paysagiste, il a mis à profit ce qu’il avait appris au travers du paysage topographique, à savoir représenter le plus fidèlement possible ce qu’il voyait. Ce qui lui a valu d’avoir de nombreuses commandes. Partant de là, il a exploré d’autres façons de voir le paysage et l’a exprimé autrement par la suite.

Il s’est également essayé à la gravure, assez tôt, en 1791, puis plus intensément entre 1807 et 1819. Il dessinait à la plume à l’encre noire et à la gouache , puis  graver lui-même sur des plaques de cuivre. Il a longtemps travaillé pour des imprimeurs, mais cela s’est arrêté définitivement en 1830.

Ce fut un homme  que l’on a dit déterminé, farouchement attaché à sa liberté, pas très bon caractère, voire même très taciturne avec l’âge. Très secret quant à sa vie privée  » aussi silencieux qu’un bloc de granit pour ce qui est des mouvements de son âme  » dira son ami et confident John Ruskin.

Il se  complaira à envelopper sa personnalité, et son œuvre, d’un voile de mystère, mais on sait qu’il a été un grand amoureux de littérature et poésie (les deux ont très souvent été une source d’inspiration pour lui), et qu’il a eu une profonde admiration pour Titien, Poussin, Rembrandt, et surtout pour Claude Gellée qui a incroyablement influencé son travail. Pour autant, cet attachement aux maîtres du passé, ne l’empêchera nullement  d’être un avant-gardiste attentif à la peinture moderne, notamment comme l’avait souligné le critique d’art William Hazlitt « par ces abstractions de perspective aérienne« qui lui seront longtemps reprochées mais qui deviendront sa signature.

Il ne s’est jamais marié. Il semblerait qu’il ait eu une liaison avec une certaine Sarah Danby, laquelle lui aurait donné deux filles. Rien ne peut confirmer qu’il soit réellement le père, car beaucoup ont affirmé que la paternité en revenait à son propre père, ce qui,  par conséquent, aurait fait de ces deux petites filles ses demi-sœurs …. Après quoi, il a vécu 18 ans avec une veuve, Sophia Carolina Booth. C’est d’ailleurs chez elle qu’il va mourir du choléra.

Il a expérimenté la lumière avec  des nouvelles couleurs comme l’orangé mais surtout le jaune (il sera d’ailleurs vivement critiqué pour l’utilisation excessive de cette couleur),   tout comme il s’est penché sur la science pour étudier ce que les teintes chaudes pouvaient apporter de complémentarité aux teintes froides et ce dans le but de créer des émotions. On l’a surnommé le peintre de la lumière tant ses toiles en étaient imprégnées de façon assez éblouissante. Et pour que cette lumière soit plus vive encore, il va préférer peindre sur des toiles recouvertes de blanc, plutôt que sur des surfaces sombres comme il était de coutume à l’époque.

Peintre célèbre de son vivant, admiré, adulé , comblé d’honneur, ses tableaux se sont bien vendus. Il a été encensé, voire même vénéré par d’autre peintres notamment avec Claude Monet ( si l’on regarde bien son tableau Impression Soleil levant, on comprend combien il y a une inspiration trouvée chez Turner) , mais également par Camille  Pissarro et autres.  Pourtant c’est un solitaire, orgueilleux,  assez morne qui ne trouvera de véritable tendresse que dans son art : la peinture .

 » Nous descendons tous de l’anglais.Ce fut le premier, peut-être, qui sut faire flamboyer les couleurs dans leur éclat naturel  « Camille Pissarro

TURNER l'artiste
 » L’artiste et ses admiratrices  » 1827 – Aquarelle et pigments opaques sur papier / William TURNER (Tate Britain)

Turner a été un pionnier et un visionnaire en bien des domaines picturaux. D’abord dans la technique, en s’intéressant de très près aux théories scientifiques de la couleur. Puis, n’oublions pas qu’il fut, bien avant les impressionnistes, un adepte de la peinture en extérieur, l’un des premiers ( dès leur sortie ) à utiliser des tubes de peinture en métal, ce qui lui apporte beaucoup plus de facilité pour peindre en plein air.

Un très grand voyageur ( 35 voyages entre 1817 et 1845 )  : non seulement il s’est rendu dans différentes régions de son Angleterre natale, mais très souvent  à l’étranger aussi (France, Italie, Allemagne, Pays Bas, Danemark, Autriche, Suisse, République Tchèque notamment ) et cette envie d’ailleurs a commencé dès son adolescence.  Chaque pays visité lui a apporté une autre lumière et différentes couleurs et il s’est littéralement nourri de tous ces apports.Les voyages transformeront son travail et sa technique évoluera.

Entre 1797 et 1815, la crainte des invasions ne permettait pas que l’on puisse traverser la Manche. La défaite de Napoléon à Waterloo va changer les choses et un très grand nombre de personnes ( peintres, écrivains, grand public de toutes couches sociales) vont pouvoir voyager, aidées en cela par l’avènement du bateau à vapeur à grande vitesse et à l’amélioration des routes pour que les voyages soient plus accessibles.

Turner a été de ceux qui ont profité de cette liberté de déplacement. On peut même dire que non seulement il fut un insatiable voyageur, un voyageur invertébré disait-on de lui . Cela a considérablement joué dans le développement de son art tout simplement en raison des nombreux sujets qui s’offraient à lui. Jusqu’à la fin des guerres napoléoniennes il s’est souvent déplacé en Grande-Bretagne traversant les paysages romantiques du Pays de Galles et de l’Écosse. Lorsque la paix s’est installée, il a pu partir, chaque année, pour l’étranger, que ce soit en bateau, en diligence, à pied aussi pour de grandes et belles promenades, carnets de route en poche (Il réalisera 267 carnets tout au long de sa carrière) !

TURNER Vue des gorges de l’Avon, 1791 crayon, encre et aquarelle
« Vue des gorges de l’Avon  » 1791 – Crayon, encre et aquarelle / William TURNER ( Tate Britain )
TURNER Scaborough 1825
 » Scaborough  » 1825 – Aquarelle et graphite sur papier / William TURNER ( Tate Britain )

Pour autant attention : il n’est pas parti à l’aventure le cœur léger et sans se soucier de rien. Non ! Il prenait grand soin de régler attentivement, minutieusement, sérieusement chacun de ses périples, longtemps à l’avance. Du reste un grand nombre d’historiens l’ont qualifié de touriste professionnel, tant tout était fort bien organisé !

TURNER la vision de Colomb
 » La vision de Colomb pour les Poèmes de Samuel Rogers  » 1830/32 – Graphite et aquarelle sur papier / William TURNER ( Tate Britain )

Joseph Mallord William Turner a vu le jour en 1775 à Londres. Son père William est barbier-perruquier. Il a eu une sœur née trois ans après lui qui est morte à l’âge de quatre ans. Sa mère Mary ne s’en remettra pas. Elle va devenir folle et devra être internée. William sera alors confié à un oncle qui habite dans le Middlesex, à Brentford. Puis il retournera auprès de son père.Ce dernier vivra du reste avec son fils jusqu’à sa mort.

Enfance très solitaire et très tôt une passion pour le dessin. A dix ans, son père s’émerveille que l’on trouve remarquables les dessins de son fils, d’autant qu’il n’a pas eu de professeur, et d’ailleurs il ne cessera de l’encourager.  En 1789, le jeune William décide d’aller suivre les cours de la Royal Academy. Il a quatorze ans. Non seulement il est heureux de se trouver en ces lieux, mais il a une profonde admiration pour le président de l’institution : Joshua Reynolds. Cinq ans plus tard, on applaudit ce jeune homme doué qui expose ses premières œuvres au sein même de l’Académie. Il en sera le plus jeune membre à l’âge de 24 ans !

Sachant qu’il a besoin d’inspirations nouvelles, il va multiplier les voyages. Voir de nouveaux horizons. Rien n’est laissé au hasard  : avant chaque départ, il aime se documenter sur l’endroit où il va se rendre, apprend les bases de la langue locale, emmène avec lui un maximum de petits carnets où il note et surtout dessine. Ce travail minutieux n’est pas uniquement un travail d’observation : il s’imprègne et pénètre chaque endroit.

TURNER Le Lac Léman avec la Dent d’Oche au-dessus de Lausanne1841, graphite et aquarelle sur papier,
 » Le lac Léman avec la dent d’Oche au-dessus de Lausanne  » 1841 – Graphite et aquarelle sur papier / William TURNER ( Tate Britain )
TURNER Ehrenbreitstein avec un arc-en-ciel 1840 graphite, aquarelle et gouache sur papier
 » Ehrenbreitstein avec un arc-en-ciel  »  1840 Graphite, aquarelle et gouache sur papier  » William TURNER ( Tate Britain )

En France en 1826, il va partir au fil de l’eau, et explore les rives de la Seine et de la Loire. Croisière sur cette dernière durant deux semaines et avec elle des paysages inédits dont il se délecte. Plus de vingt aquarelles sortiront de ce périple et feront partie d’une publication.

Il a 44 ans  lorsqu’il se rend en Italie pour la première fois. Il en reviendra avec environ une vingtaines de carnets bien remplis, et une cinquantaine d’aquarelles sublimes. Rome bien sur en 1819. Toutefois un peu déçu : il  s’était fait une idée de la ville qui ne sera pas celle qu’il espérait. Même la lumière romaine ne l’éblouira pas. Il va pourtant y rester trois mois pour tenter de trouver ce sublime dont on parlait tant ! Le sculpteur Canova lui permettra même de devenir membre honoraire de l’Académie romaine Saint-Luc.

La Sérénissime en 1833 ce sera autre chose : une passion. Elle va lui donner des envies de créer une Venise qui ne soit que la sienne, hypnotique, entre brume et lumière insaisissable. Venise s’imprègne des couleurs de Turner. Elle change sans cesse et se fait enchanteresse, entre bleu, ocre, rose, rouge, jaune, blanc et gris : tout est subtil.

TURNER Venise la piazzetta
 » Venise la Piazzetta avec la cérémonie du Doge épousant la mer  » 1835 env. Huile sur toile / William TURNER ( Tate Britain )
Venice: Looking across the Lagoon at Sunset
 » Vue sur la lagune au coucher du soleil  » 1840 Aquarelle sur papier / William TURNER ( Tate Britain )

Durant les dix dernières années de sa carrière, il va encore davantage se pencher  sur l’observation, l’étude de la lumière, tenter d’en élucider le mystère. Cela va donner des toiles beaucoup plus suggestives,  quasi abstraites dans lesquelles la lumière explose littéralement. Un effet obtenu avec des coups circulaires  à l’aide d’une brosse. Il accumule alors des tas et des tas de dessins et d’aquarelles.

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 » Coucher de soleil  » – 1845 Aquarelle sur papier / William TURNER ( Tate Britain )

Il a été professeur de perspective à la Royal Academy de 1807 à 1837, membre de ladite institution à 27 ans, puis  président par intérim  en 1845.

Turner est mort du choléra en 1851 à l’âge de 76 ans. C’est le poète et critique d’art John Ruskin qui fut nommé exécuteur testamentaire. Le peintre a souhaité que l’intégralité de ses œuvres soit léguée à l’État britannique, mais cela n’aboutira pas. Environ 300 peintures à l’huile, plus de 20.000 dessins, des aquarelles et des carnets de voyage avec croquis seront remis à la National Gallery. De nos jours, la majeure partie de son legs se trouve à la Tate Britain.

Tout n’a pas été très clair pour réglé ce testament et il a fallu en passer par une très longue bataille juridique qui ne verra son achèvement qu’en 1856 soit 5 ans après le décès du peintre.

Il a été inhumé, à sa demande, non loin de Joshua Reynolds son professeur qu’il a toujours fortement apprécié, à la cathédrale Saint Paul à Londres.

Depuis 1984 un prix prestigieux porte son nom. Il a été créé à la Tate de Londres. Par ailleurs, en 2004 c’est le Turner Watercolours Award qui a vu le jour au Royal Institute of painters in Water Colours de Londres. Les deux récompensent des jeunes artistes méritants.

 » Dieu est soleil …  »  aurait-il prononcé avant de mourir. Il aura rejoint cet infini que l’on ressent dans certaines de ses œuvres.

TURNER la visite de la tombe
 » Visite de la tombe  » 1850 – Huile sur toile / William TURNER ( Tate Britain )

Être matin …

«Une lumière  derrière les paupières,

les oiseaux brisent à petits coups

l’œuf de silence.

Un parfum de chèvrefeuille

nappe les airs.

Il y a si peu de temps

pour être matin…  » Heather DOHOLLAU (Poétesse anglaise d’expression française / Extrait de son recueil Matière de Lumière/1985)

jardin fenetre

 

 

 

Horst J. HORST …

«Je ne pense pas que la photographie ait quoi que ce soit à voir, de près ou de loin avec le cerveau. Cela n’a à voir qu’avec l’attrait visuel  » HORST J.HORST

HORST Photo 2
Horst J.HORST (1906-1999)

Horst Paul Albert Bohrmann, dit Horst J.Horst, est un talentueux  photographe de mode (et de studio) américain, quelque peu révolutionnaire dans son domaine, suggestif, pas vraiment fantaisiste ( à de rares exceptions), rigoureux et minutieux dans ses préparations de prises de vue (si l’on s’en réfère à ce que les autres ont pu en dire ) aimant la beauté féminine, sa grâce et sa sensibilité. Ses photos ne sont pas quelconques, elles ont un cachet un peu spécial, avec une lumière particulière, un sens des détails que ce soit dans la pose, ce qui bien souvent les rend élégantes, ce qui lui vaudra d’ailleurs  le surnom : le photographe de l’élégance.

Il est né à Weissenfels en 1906. Passionné par l’art architectural et la sculpture grecque  au départ, il part étudier la première de ces disciplines  à Hambourg, puis à Paris (stage chez Le Corbusier) . Il  va aimer fréquenter tout ce qui compte d’artistes bohèmes de la capitale, fréquente aussi les endroit chics, se fait inviter dans des soirées où se croisent  des personnalités influentes du monde de l’art.

HORST Le grec 1942
 » Le grec  » 1942 – Horst P.HORST

C’est ainsi qu’il fait des  rencontres intéressantes pour lui , une surtout  : George Hoyningen-Huene directeur du magazine Vogue-France (surnommé  le Baron) . Coup de foudre : il devient son élève, son amant, son modèle. Tous deux vont beaucoup voyager. George trouve que Horst a du talent en photographie, il lui permet de s’enrichir auprès de grands photographes du moment .

Premières photos en 1931 pour Vogue dans  l’édition parisienne,  et premier cliché à succès en 1939 : Le corset. Après quoi il embarque sur le paquebot Normandie pour les Etats-Unis lorsque  la seconde guerre mondiale éclate.  Avant de partir, il va se lier d’amitié avec Coco Chanel et la photographiera durant une trentaine d’années.

HORST Corset 1939
 » Le corset  » 1939 – Horst J.HORST
HORST Coco
Coco CHANEL par Horst P.HORST

Installation à New York, obtention de la nationalité américaine et un nouveau nom à savoir celui qu’on lui connait désormais : Horst P.Horst. Ses portraits des stars, mannequins, et personnalités  américaines ( Bette Davis, Rita Hayworth,  Loretta Young, Marlène Dietrich, le top de l’époque Lisa Fonssagrives, Joan Crawford , Steve McQueen,  Luchino Visconti, le président Harry Truman, de nombreuses premières dames et autres photographes,  Salvador Dali, Andi Warhol ,  etc etc …  obtiennent énormément de succès. Les professionnels de la photo le reconnaissent comme l’un des leurs  et,  dans la foulée, il devient le directeur de la photographie du magazine Vogue/Etats Unis. Il y restera jusqu’en 1951 à la fermeture des studios .

HORST Summer Fashion Couverture Vogue 1941
 » Summer Fashion  » pour Vogue 1941 – Horst P.HORST
HORST Betty FORD 1975
Betty FORD pour VOGUE 1975 – Horst P.HORST
HORST Marlène
Marlène DIETRICH par Horst P.HORST
HORST andy WARHOL
Andy WARHOL – par Horst P.HORST à la Factory

Après quoi il va ouvrir son propre atelier,  travaille beaucoup dans son atelier-photo pour d’autres magazines (dont Life en 1980) et  des couturiers aussi . Ses photos, réunies en différentes séries, se tirent à des millions d’exemplaires et coûtent cher. Il fait l’objet de nombreuses expositions et rétrospectives dans les années qui suivront.

HORST Couverture Vogue pour Clavin KLEIN Fashion
Couverture de Vogue pour Clavin KLEIN en 1983  – Horst P. HORST
HORST Série round clock 1987
Série Round the Clock / 1987 – Horst P.HORST
HORST 1987 Round the clock
Série Round the Clock / 1987 Horst P.HORST

 

Il meurt à Palm Beach en 1999 à l’âge de 93 ans.

HORST Nature morte 1937
 » Nature Morte  » 1937 – Horst P.HORST

 

 

 

Les Indes Galantes … Jean-Philippe RAMEAU

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Buste de Jean-Philippe RAMEAU réalisée par Jean-Jacques CAFFIERI en 1760 – Il s’agit d’une terre cuite qui se trouve au musée des Beaux-Arts de Dijon (France) 

(Vidéo : Jordi SAVALL à la direction de l’Ensemble Le CONCERT DES NATIONS)

Les Indes Galantes est une oeuvre qui fut créée en 1735 à l’Académie royale de musique. Le livret est du poète, chansonnier et goguetier  français Louis Fuzelier. On peut dire qu’elle représente l’excellence dans le genre  » opéra-ballet « .

Elle se compose d’un prologue et quatre Entrées ( drames lyriques)   : le Turc généreux – Les Incas du Pérou – Les fleurs de Fête persane – Les Sauvages, toutes différentes, indépendantes, réunies par l’amour, le voyage, l’exotisme.  Chacune a  sa musique, révélatrice du grand talent déployé par Rameau.

C’est un véritable petit trésor enchanteur, irrésistible, insouciant, raffiné, festif, avec une belle richesse de couleurs orchestrales , harmoniquement inventif, et qui ne manque pas de délicatesse. Il a beaucoup plu au roi et à la Cour et a fait l’objet de 320 représentations entre 1735 et 1773.

( Vidéo : Rondeau  » Les Sauvages «  (4e Entrée) – Il s’agit là de la cérémonie du calumet de la paix qui scelle l’union de Zima et Adario, ainsi que la réconciliation entre les Indiens dits les Sauvages et les Européens // Madali LÉGER (Soprano) – Laurent NAOURI (Baryton-Basse) accompagnés par Marc MINKOWSKI à la direction de l’ensemble LES MUSICIENS DU LOUVRE)

JUIN 2020 …

Dictons du mois de juin :

 » Abeilles en mai valent un louis d’or, abeilles en juin c’est chance encore  »

 » En juin trop de pluie, le jardinier s’ennuie  »

 » Bon soleil de juin n’a jamais ruiné personne  »

 » Juin larmoyeux rend laboureur heureux  »

 » Qui en juin se porte bien, au temps chaud ne craindra rien  »

juin 1