La tradition Bournonville … par Nikolaj HÜBBE

 » La tradition Bournonville est un grand héritage pour les danseur, mais cela peut être aussi une sorte de camisole de force. En tant que danseur, vous devez absolument vous concentrer sur l’instant de la performance. Pourtant, tout dans nos productions traditionnelles lie le danseur au passé. Par exemple les costumes que nous portons ont été portés non seulement par nos prédécesseurs immédiats mais aussi par des danseurs il y a un demi-siècle ! Une fois j’ai porté un costume que Borge Ralov (premier danseur des années 1930) avait endossé auparavant. Ces conditions rendent difficiles l’appropriation d’une pièce car vous êtes constamment mis au courant de la lignée. En changeant un peu les choses, j’ai donné aux danseurs et à moi-même la possibilité de regarder avec un œil nouveau et de donner aux danseurs l’expérience de créer les rôles comme si c’était la première fois. Il ne s’agit surtout pas d’égaler ce qui a été fait avant. Bournonville est un classique. La plupart du temps, ce type de chorégraphe meurt en même temps que leurs chorégraphies. Pour Bournonville c’est différent car elles survivront toujours. Ce sont devenues quasiment des archétypes. C’est un peu comme notre architecture actuelle qui, malgré tout, demeure basée sur celle des anciens Grecs, avec pour modèle le Parthénon d’Athènes.  » Nikolaj HÜBBE (Danseur danois, chorégraphe. Après avoir fait carrière au Royal Ballet danois puis au New York City Ballet, il a été nommé directeur artistique du Royal Ballet danois en 2008. Il connait parfaitement la méthode Bournonville dans laquelle il a excellé durant toute sa carrière de danseur)

Nikolaj HÜBBE travaillant la Sylphide (version Bournonville) avec lune de ses danseuses : Cristina OLSEN

Histoire d’un ballet :  » NAPOLI  » … Auguste BOURNONVILLE

Auguste BOURNONVILLE 1805/1879
(Vidéo : ROYAL BALLET DANOIS avec Alexandra LO SARDO – Alban LENDORF – Ulrik BIRKKJAER – Carolina BALDWIN – Marcin KUPINSKY – Gregory DEAN – Holly DORGER – Amy WATSON – Susanne GRINDER )

C’est un voyage en Italie en 1841, et plus précisément à Naples, qui va inspirer le brillant chorégraphe Auguste Bournonville pour son merveilleux ballet Napoli ( ou le pêcheur et son épouse) , créé en 1842 au Théâtre royale de Copenhague. Les musiques sont un très judicieux pot-pourri de pages écrites par des compositeurs danois célèbres, auxquelles il a associé es airs populaires du folklore italien.

Napoli est un petit trésor chorégraphique tout à fait révélateur de ce que fut ( et qui est toujours préservé de nos jours) l’esprit et le style de la fameuse méthode Bournonville, enseignée dans de nombreux pays autre en dehors du Danemark.

La particularité de sa danse c’est l’élégance, la grâce, la légèreté, la virtuosité, l’importance qu’il a tenu à donner à chaque mouvement, à chaque pas, mais aussi l’esprit français qu’il a voulu maintenir dans son pays, lui qui avait beaucoup appris à Paris avec Auguste Vestris et Pierre Gardel lorsqu’il était venu danser en France.

Une histoire d’amour avec Giacomo et Peppo tous deux amoureux et désirant épouser la jolie Teresina qui elle n’a de cœur que pour le pêcheur Gennaro. Ce dernier lui demandera sa main et l’invitera à venir se promener dans sa barque. Une violente tempête les surprendra. Gennaro arrive à se sauver, mais la jeune fille sera emportée par les flots et se retrouvera dans la grotte bleue de l’île de Capri où elle rencontrera Golfo, l’esprit de la mer qui vit là avec ses naïades. Gennarro la cherchera longtemps et finira par la retrouver avec l’aide de la vierge. Ils finiront par se marier.

 Son ballet est très attachant, captivant, complexe, virtuose, plein de fraîcheur, de naturel, de charme, de vitalité, riche en couleurs. La pantomime est très présente. 

La chorégraphie des vidéos de l’article est celle de Nikolaj HÜBBE (Danseur, chorégraphe, directeur artistique du Royal Ballet danois)

(Vidéo : Solo de Linda HINDBERG ( ROYAL BALLET DANOIS )

Le thé …

 » Le thé est une boisson ignorée durant des décennies. Il est redevenu collectionnable. Mais bien qu’on le qualifie d’antiquité, il est vivant. A travers le goût et l’odorat, chaque gorgée ouvre notre cœur aux souvenirs de famille, d’amour et des difficultés que nous avons surmontées. Nos ancêtres croyaient que les meilleurs thés pouvaient éliminer l’arrogance, dissiper l’impatience et alléger notre tempérament. » Lisa SEE (Écrivaine américaine – Extrait de son livre La mémoire du thé°