L’eau, le feu et l’air …

 » L’eau le feu l’air comme alphabet de nos jours.
Mais si la voyelle est un oiseau, si chaque
Lettre fait le plein de chaleur et de sang
Qu’importe alors le sens du livre sous sa laque.
Seul compte ce frisson que nous donnent en s’ouvrant
Ses pages d’où montent des appels et des chants.
Que sont toutes choses sinon remous sur un fleuve
Sans source ni delta qui roule dans le soir
Quand les espoirs s’enfuient vers des planètes neuves. » Georges Emmanuel CLANCIER (Poète et écrivain français- Extrait de son recueil Le poème hanté)

Georges Emmanuel CLANCIER 1914/2018

Chrysanthèmes rouges … Claude MONET

 » Paysagiste par excellence, Monet s’est consacré presque toute sa carrière à la peinture de plein air, apprise aux côtés de Eugène Boudin, son premier maître. Aussi, natures mortes et fleurs coupées sont-elles rares dans son œuvre.

De 1864 jusqu’à la fin de sa vie, on dénombre seulement une quarantaine de toiles représentant des bouquets de fleurs. Même lorsqu’il s’adonne à ce type de peinture (généralement quand les conditions météorologies l’empêchaient de peindre en extérieur) l’artiste cherche, par une composition agitée, à recréer l’expérience du dehors.

Ici, les chrysanthèmes épanouis envahissent l’espace étroit de la toile en une multitude de petites touches vibrantes et lumineuses. Posée dans un vase sur un napperon fleuri, le bouquet se détache du fond sombre et indistinct. Dans cette œuvre, la nature morte est aussi prétexte à une étude et un jeu de contrastes sur les tonalités, pourpres et chaudes, lorsqu’il s’agit de représenter les grosses têtes colorées des fleurs et la nappe, vertes et bleues et plus froides dans le traitement de l’arrière-plan.

Exposée dès mars 1882 à l’occasion de la septième exposition expressionniste, l’œuvre apparait sous le numéro 69. Gustave Caillebotte, ami de Monet, avec qui il partageait une passion pour les fleurs et le jardinage, a probablement acquis cette œuvre peu avant cette manifestation, la gardant toute sa vie dans sa collection. Cette dernière fut léguée en 1894 à l’État qui écarta, par la suite, Les chrysanthèmes rouges des œuvres retenues. » Claire GOODEN ( Attachée de conservation au Musée Marmottan-Monet)

« Chysanthèmes rouges » 1880 Claude MONET