Aria :  » Cara tomba  » … Alessandro SCARLATTI

Cette sublime aria fait partie de l’opéra Mitridate Eupatore. Si, de nos jours, on salue et on loue cette tragédie lyrique, elle sera un échec lors de sa création au Teatro San Giovanni Grisostomo de Venise en 1707. La critique sera d’ailleurs très dure envers le compositeur. Probablement parce que l’on était en pleine saison du Carnaval et que le public souhaitait quelque chose de plus léger, de plus festif, moins pesant. Probablement aussi parce que la scène vénitienne voyait plus en lui le compositeur prolifique des virtuoses Sonates. Et pourtant, à Naples, il était largement reconnu pour ses talents opératiques.

Le livret est de Girolamo Frigimelica Roberti d’après les Choéphores d’Eschyle, Electre de Sophocle, et Electre d’Euripide. Une histoire d’usurpateurs, de meurtres et de régicide qui se déroule en 150 avant J.C. à Sinope.

C’est un opéra qui mérite les compliments qu’on peut lui faire de nos jours. Il est poignant émotionnellement parlant, intensément dramatique . Les arias superbes, puissantes. La musique d’une grande richesse orchestrale – Une chance qu’il fut retrouvé et reconstitué (instrumental et scénique-réduction de 5 à 3 actes) par le compositeur italien Giuseppe Piccioli .

(Vidéo : Simone KERMES au vocal – Elle est accompagnée par l’Ensemble MUSICHE NOVE – Direction : Claudio OSELE)

La tristesse … par Anne DUFOURMANTELLE

« La tristesse nous laisse entre deux mondes, ni désespoir ni indifférence, elle est une promenade au bord de la catastrophe, mais avec élégance, comme un enfant qui court le long d’une falaise sans percevoir le danger, les yeux dans la fracture du ciel, le dessin des nuages, la douceur du vent. Elle n’a pas d’épaisseur propre, pas d’écho. Elle délimite un espace intérieur flou, déraisonnable, où l’on reste au bord des larmes avec en même temps un apaisement étrange. La tristesse peut submerger, mais elle apaise aussi ; elle a un pouvoir d’adhérence qui enveloppe le corps dans une sensation cotonneuse d’étrangeté à soi-même, comme un chagrin d’amour dont on aurait subitement perdu le sens, mais pas la nostalgie. « ‘ Anne DUFOURMANTELLE ( Philosophe, psychanalyste française, écrivain – Extrait de son livre L’éloge du risque  )

DUFOURMENTELLE Anne
Anne DUFOURMANTELLE ( 1964-2017) – Elle s’est noyée en portant secours à un enfant sur la plage de Ramatuelle ( Var-France) en 2017