Feuilles d’automne …

 
 » J’aime entendre le vent qui sanglote dans l’ombre
Durant les soirs brumeux de l’automne pâli,
Lorsqu’il erre plaintif dans la campagne sombre
Où le joyeux été repose enseveli.

Fuyant de ses baisers les mortelles atteintes,
Toutes les feuilles d’or quittent, d’un vol pressé,
L’arbre qu’elles ornaient de leurs changeantes teintes
Et qui demeure seul en face du passé.

Elles s’en vont par bande à travers la bruine,
Parfois rasant la plaine ou montant jusqu’aux cieux,
Troupe folle d’oiseaux que l’inconnu fascine,
Et que guide au hasard son vol capricieux.

Mais quelqu’une parfois, déchirée et lassée,
Ne pouvant soutenir sa course plus longtemps,
Se laisse retomber sur la terre glacée
Qui lui semblait si belle et si verte au printemps.

Puis c’est une seconde, aussi pâle et flétrie,
Qui vient toucher le sol en un long tournoîment,
Comme un ramier, trahi par son aile meurtrie,
Sur le chemin désert s’abat languissamment.

Bientôt, s’amoncelant, elles couvrent la plaine ;
Sur leurs restes l’hiver jette son blanc manteau,
Et, du souffle glacé de sa puissante haleine,
Il leur fait un immense et tranquille tombeau…

Hélas ! et c’est ainsi que durant notre vie
S’effeuille l’arbre vert de nos illusions:
Une première feuille est d’une autre suivie,
Puis leur nombre s’accroît et devient légions;

Et lorsque de nos ans arrivera l’automne,
Comme les feuilles d’or, de même dormiront
Tous nos rêves d’hier sous la blanche couronne
Dont l’âge aux doigts de glace aura ceint notre front.  » Alice DE CHAMBRIER (Poétesse suisse – Extrait de son recueil Au-delà (1886)

 » Feuilles d’automne  » par Vladimir KUSH

Ercole sul Termodonte RV.710 … Antonio VIVALDI

(Vidéo :  » Sinfonia  » – EUROPA GALANTE sous la direction de Fabio BIONDI

C’est à Rome en 1723, au Teatro Capranica, que Vivaldi présenta cet opéra. Il obtiendra un très beau succès. Le livret est de Giacomo Francesco Bussani. Compte tenu que l’époque ne permettait pas aux femmes de se produire sur scène, ce sont des castrats qui les avait remplacées.

La partition intégrale de cette œuvre lyrique s’est perdue. Des fragments étaient dispersés un peu partout en Europe. Par chance, le livret avait été conservé. Toutes les arias y étaient inscrites. Une majorité font partie d’œuvres anciennes. Vivaldi, en effet, avait (comme d’autres) pour habitude de réutiliser certaines pièces qui avaient été appréciées dans le passé.

Le chef et violoniste Fabio Biondi a souhaité reconstituer l’œuvre et on ne peut que louer une telle initiative pour redonner vie à cette page vivaldienne magnifique et captivante. Pour ce faire, il a réuni les fragments musicaux trouvés à Paris, Bruxelles et Munster, puis il les a complétés en se référant au livret.

(Vidéo :  » Sento su quale diletto  » – Philippe JAROUSSKY – Il est accompagné par l’Ensemble EUROPA GALANTE sous la direction de Fabio BIONDI)
(Vidéo :  » Con aspetto lunsighiero  » Vivica GENAUX accompagnée par l’Ensemble EUROPA GALANTE dirigé par Fabio BIONDI )
(Vidéo : « Non saria pena la mia  » Joyce DI DONATO – Elle est accompagnée par l’Ensemble EUROPA GALANTE sous la direction de Fabio BIONDI)