Les ponts …

 » Sur l’eau les ponts s’agenouillent.

On dirait qu’ils prient.

Parfois des êtres désespérés

sautent par-dessus.

Mais les ponts ne les retiennent pas

ou alors leur inspirent

une dernière pensée.

On dirait qu’ils rêvent.

C’est une idée variable. Parfois des malfaiteurs

les empruntent dans leur fuite.

Les ponts acclament leurs espoirs.

Mais ils se cabrent si fort

qu’en pleine traversée

ils cassent un jour.

On dirait de haut

qu’on les voit encore.  » Maurice COTON ( Poète français)

Ponts à Venise

La musique … par Alfred BRENDEL

 » Il existe des interprètes qui utilisent les pièces qu’ils jouent comme si elles étaient les leurs. Je suis convaincu en ce qui me concerne que l’interprète n’est pas le créateur. Sans le compositeur, l’interprète n’est pas grand chose. Nous devons venir en aide au créateur. A ce propos, le pianiste Edwin Fischer a dit un jour : «  l’interprète doit rendre la vie à l’oeuvre sans la brutaliser « . C’est tout à fait ma position. Certains pensent que la musique commence à prendre vie au moment où ils l’interprètent sinon l’oeuvre n’existe pas. Je ne crois pas que ce soit la vérité. La musique est déjà écrite mais elle dort. Nous sommes là pour l’embrasser afin qu’elle se réveille.  » Alfred BRENDEL ( Pianiste allemand )

Alfred Brendel, Piano
Alfred BRENDEL

Concerto Op.35 pour violon & orchestre … Erich KORNGOLD

( Vidéo : Jascha HEIFETZ au violon – Il est accompagné par L.ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE LOS ANGELES / Direct. Alfred WALLENSTEIN )Erich KORNGOLD

 » Malgré la demande de virtuosité dans le final, l’œuvre a été, avec ses nombreux épisodes mélodiques et lyriques, davantage envisagée pour un Caruso que pour un Paganini. Il est inutile de dire combien j’ai été heureux que mon Concerto soit interprété à la fois par un Paganini et un Caruso sous les traits d’une seule et même personne : Jascha Heifetz . » Erich KORNGOLD (Compositeur autrichien naturalisé américain) le soir de sa création en 1947. Le violoniste était  accompagné par l’Orchestre de Saint Louis dirigé par Vladimir Golschmann.

Cette magnifique partition fut écrite en 1945, dédiée à Alma Mahler ( l’Andante notamment). Elle est très lumineuse dans son ensemble, d’une grande richesse mélodique, avec une belle palette de couleurs, un peu dans l’esprit des films hollywoodiens ce qui, finalement, n’est pas très étrange compte tenu du fait que ce compositeur a travaillé pour le cinéma et notamment avec la Warner.

L’Andante est très beau, émouvant, avec un violon dialoguant subtilement avec l’orchestre, ce qui est réellement magnifique.

Erich KORNGOLD à gauche – Jascha HEIFETZ à droite – et Emanuel Bay (pianiste) au milieu photo prise durant les répétitions du Concerto)