L’amitié …

 » L’amitié est une force dont nul ne peut prétendre pouvoir se passer. On a besoin d’amis, comme on a besoin de manger, de boire ou de dormir. L’amitié, c’est un peur la nourriture de l’âme : elle ravitaille le cœur, elle sustente l’esprit, elle nous comble de joie, d’espoir et de paix. Elle est la richesse d’une vie. Et le gage d’une certaine idée du bonheur.  » Barbara ABEL (Auteure belge – Extrait de son livre Derrière la haine)

Elle s’élève sur les pointes …

 » Elle s’élève sur les pointes, sur l’orteil tendu et rigide. Ce n’est plus ni la marche ni la course, c’est une forme de mouvement inouïe qui s’affranchit des lois de la gravitation, des habitudes mécaniques du mouvement vulgaire, des nécessités de l’aplomb. La ballerine n’appartient plus à la terre, son règne est la région éthérée, le domaine de la fantaisie délivrée. » André LEVINSON (Journaliste français de danse- Extrait de son ouvrage Théophile Gautier et le ballet romantique)

Photo Simon CROFTS

Histoire d’un ballet : Le Spectre de la Rose …

SPECTRE Valentine Gross Hugo
 » Le spectre de la rose  » ( Nijinski/Karsavina) par Valentine GROSS-HUGO

C’est le  poème de Théophile Gautier Le Spectre de la Rose (Recueil La Comédie de la Mort / 1838 ) qui sera à l’origine du livret rédigé par Jean-Louis Vaudoyer pour ce ballet :

 » Soulève ta paupière close
Qu’effleure un songe virginal ;
Je suis le spectre d’une rose
Que tu portais hier au bal.
Tu me pris encore emperlée
Des pleurs d’argent de l’arrosoir,
Et parmi la fête étoilée
Tu me promenas tout le soir.

Ô toi qui de ma mort fus cause,
Sans que tu puisses le chasser
Toute la nuit mon spectre rose
A ton chevet viendra danser.
Mais ne crains rien, je ne réclame
Ni messe, ni De Profundis ;
Ce léger parfum est mon âme
Et j’arrive du paradis.

Mon destin fut digne d’envie :
Pour avoir un trépas si beau,
Plus d’un aurait donné sa vie,
Car j’ai ta gorge pour tombeau,
Et sur l’albâtre où je repose
Un poète avec un baiser
Ecrivit : Ci-gît une rose
Que tous les rois vont jalouser  » ….

La musique  choisie sera celle  de Carl Maria Von Weber «  l’Invitation à la valse Op.65  » (ré-orchestrée par Hector Berlioz) – Les décors et costumes seront signés par Léon Bakst – Les affiches du spectacle par Jean Cocteau.

Les rôles principaux assurés par Vaslav Nijinski qui, comme on peut le lire dans les différents témoignages laissés pour ce ballet, fut brillant, éblouissant, étourdissant ,  et Tamara Karsavina dont la critique dira que sa danse fut un épanchement de l’âme. Quant à la chorégraphie, elle fut confiée à Mikhail Fokine. Le ballet sera créé en 1911 à Monte-Carlo par la compagnie des Ballets Russes qui  (créée par Serge Diaghilev cette année-là), puis au Théâtre du Châtelet.

SPECTRE Karsavina et Nijinski
Tamara KARSAVINA et Vaslav NIJINSKI

 Costume original de Nijinski pour Le Spectre de la Rose

L’histoire est celle d’une jeune fille qui rentre du bal une rose à la main. Elle respire le parfum de la rose puis s’endort, rêvant de l’esprit de cette fleur qui viendrait la faire danser. L’esprit disparaît en s’enfuyant par la fenêtre dans un bond spectaculaire. C’est à ce moment là que la jeune fille se réveille et trouve la rose à ses pieds.

C’est un ballet mythique, plein de charme, incroyablement enchanteur, magnifique, romantique, sentimental,  entre rêve et réalité, porté par une danse poétique, éthérée, aérienne, expressive, théâtrale et émotionnelle. Avec lui, Fokine a, en quelque sorte, réinventé le danse masculine qui, il faut bien le dire, était un peu mise de côté à l’opéra , tout simplement parce que les ballerines étaient au centre de tout.

Depuis sa création, il a fait l’objet d’un grand nombre de re-lectures tout aussi différentes qu’intéressantes comme celles de Maurice Béjart, Angelin Preljocaj, Benjamin Millepied ou Thierry Malandin pour ne citer qu’eux.

( Vidéo : Manuel LEGRIS et Claude de VULPIAN / Opéra de Paris)