Allo, à l’eau …

 » Allo, à l’eau ! C’est l’S.O.S

Pour noyer comme il faut son stress,

Son désespoir ou ses sanglots

Qu’on voudrait être de croco.

Dès lors, il faut se foutre à l’eau

Les plombs pétés dessus les plots,

Et vider sa mélancolie,

Laver son spleen, boire à l’envie.

On plonge contre la déprime

Dans le fin fond de la piscine,

Et dès qu’on est tout à fait cool

La brasse aussitôt en découle.

On nage alors dans le bonheur,

Heureux comme un poisson dans l’eau

On papillonne pendant des heures

De vague en lame, de flaque en flot.

En longues dérives, on flâne:

A défaut d’air,on brasse l’eau,

On écume son vague à l’âme

Sans rage aucune ou point s’en faut.

Plus qu’un salut, c’est un repos

Que la planche que l’on pratique

Et quand on en a plein le dos

L’indienne est la thérapeutique…. Louis VIBAUVER (Poète français)

A propos du tableau  » Les persiennes  » de Henri MATISSE …

 » Tout est en lignes douces et croisées. A l’oblique des voilages retenus d’une embrasse, répondent les raies colorées du couvre-lit. Aux horizontales des laies des persiennes, les verticales des croisillons en bois. Mais la chaise, le corps de la jeune fille, le motif du haut de la fenêtre ne sont qu’arrondis, courbes et volutes. Ouvert, quitté, le livre git sur les genoux. Un paysage de persiennes, soulevé sur le paysage assommé de lumière, contredit le désir de fraîcheur.

Si la jeune fille tournait les yeux vers le dehors, elle chercherait un mouvement dans ce décor immobile, mais elle nous regarde, interrogative, cadrée dans le retrait de la loggia. Va t-elle nous parler de ce qu’elle vient de lire ou effleurer le temps qui passe à l’insu des couleurs attendries ? Elle écrit entre les lignes son propre livre. Lire c’est se délier. » Colette NYS-MAZURE (Poétesse et écrivaine belge de langue française)

« Les persiennes » 1919 – Henri MATISSE