Expo d’été :  » SCHOCKING – Les mondes surréalistes d’Elsa SCHIAPARELLI  » …

 » L’allure d’une femme doit toujours correspondre à sa manière de vivre, à ses occupations, à ses affectations, à ses moyens aussi. Après tout, le dicton populaire « La vie tient à un fil » fut-il inventé par les Parques tandis qu’elles tissaient, ou par le couturier d’une maîtresse capricieuse ? Elsa SCHIAPARELLI (Créatrice de mode, italienne)

Sur l’illustration de l’affiche : il s’agit du détail de la Cape Phœbys en laine et soie datant de 1937/38 – Elsa SCHIAPARELLI

Il y a 18 ans, en 2004, le Musée des Arts décoratifs avait déjà proposé une belle rétrospective sur elle. Il y revient cette année pour revisiter son monde, ses souvenirs. L’expo, au parcours chronologique et thématique, s’intitule SHOCKING – Le monde surréaliste d’Elsa SCHIAPARELLI (Jusqu’au 22 janvier 2023) .

Elsa SCHIAPARELLI ( 1890-1973)

Pourquoi Shocking me direz-vous ? Tout simplement une référence à certaines de ses créations : au parfum et au rouge à lèvres qui portent ce nom et qui ont connu un succès mondial – au ton rose fuschsia dit rose shocking qu’elle choisit en 1936 au milieu de différents tissus qu’on lui présentera pour une étude sur le ton rose et qui deviendra sa marque de fabrique – au titre du livre autobiographique qu’elle rédigera en 1954.

Elsa Schiaparelli fut une grande créatrice de mode, italienne, proche du monde surréaliste, dotée d’une incroyable inventivité, sensibilité artistique, expressivité, un sens très poussé du détail. Elle a véritablement bouleversé la mode parisienne de 1927 à 1954 . On peut lui attribuer des tas d’adjectifs qui lui correspondent : visionnaire, révolutionnaire, énergique, fantasque, décalée, rebelle, iconoclaste, excentrique, avant-gardiste, audacieuse, insolente, fantaisiste, novatrice, provocatrice, extravagante.

Elle a réinventé, à sa manière, l’image qu’elle se faisait de la femme, de l’élégance féminine, et a soufflé un grand esprit de modernité sur la mode de l’époque. On ne peut qu’applaudir lorsque l’on sait qu’elle ne savait pas coudre au départ !

Manteau du soir 1938/39 Elsa SCHIAPARELLI
Robe – 1939 – Elsa SCHIAPARELLI

Elle se qualifiait comme étant une couturière inspirée. Elle l’a été ! Sa mode fut basée sur des thèmes qu’elle chérissait comme l’Antiquité, la nature, la musique, les insectes, le cirque, le monde de la commedia dell’arte, l’astrologie, le baroque (plus particulièrement l’esprit Louis XIV et Versailles). Le tout englobé dans cet art surréaliste qu’elle a tant aimé.

Pull avec une de ses énormes broderies en forme d’abeille – Elsa SCHIAPARELLI
Chapeau et veste « Papillons » – Elsa SCHIAPARELLI
Boléro  » Zodiac  » 1937/38- Elsa SCHIAPARELLI

Elsa Schiaparelli a toujours éprouvé une fascination pour l’art et elle fut une grande admiratrice du mouvement surréaliste. Pour elle, la mode c’était de l’art avant tout, un art qui se devait d’évoluer comme la sculpture ou la peinture.

 » le dessin d’une robe haute-couture n’est pas, à mon avis, une profession, mais un art. Et un art des plus difficiles et des plus décevants car à peine une robe est-elle née que déjà elle appartient au passé. Dès l’instant où l’on créé une robe, elle n’est plus à vous. Une robe ne possède pas de vie propre, à moins d’être portée, et dès lors, une autre personnalité la prend et l’anime ou du moins s’y efforce, la détruisant, la grandissant, ou en faisant d’elle un hymne à la beauté. Le plus souvent elle devient un objet indifférent, parfois une pitoyable caricature de ce que l’on voulait qu’elle fut : un rêve, une expression …  » E.S.

L’expo est magnifique. Elle met bien en scène ce lien entre la mode et l’art , et nous permet de comprendre cette grande liberté qui fut la sienne, non seulement en tant que personne, mais dans son esprit créatif. Elle s’est permis l’impensable, tout en ne manquant pas d’humour, de poésie et d’une certaine élégance . Elsa Schiaparelli n’a pas été une mécène comme a pu l’être par exemple Coco Chanel, mais elle fut surtout l’amie et la collaboratrice fidèle des artistes issus du mouvement surréaliste.

On peut y admirer environ 500 pièces : costumes, vêtements divers, accessoires de mode, bijoux, photographies, dessins, céramiques, parfums, affiches. Son célèbre salon de couture du 2 place Vendôme a même été reconstitué au 2e étage. C’est là qu’elle recevait sa riche clientèle composée de personnalités venues du monde artistique, cinématographique, aristocratique : Vivien Leigh, Juliette Gréco, Gene Thierney, Marlène Dietrich, Katharine Hepburn, Gloria Guiness, Mae West, Milicent Rodgers, Arletty, Lauren Bacall, la Duchesse de Windsor, Zsa-Zsa Gabor, Michèle Morgan, Grace Moore, la princesse Poniatowski, Ami Johnson, Anna de Noailles, Marquise de Polignac, pour ne citer qu’elles ) . Une clientèle qui non seulement a été friande de ses vêtements originaux, spectaculaires souvent, mais également une clientèle qui lui a apporté une notoriété internationale.

Une autre salle est consacrée à sa grande amitié et collaboration avec Salvador Dali qui partageait avec elle ce grain de folie et de scandale qui la caractérisait. Ils se rencontrent en 1930 et vont faire fusionner leur génie créatif. Première collaboration avec la collection 1936/37 où sera présenté le tailleur-tiroir inspiré par le tableau du maître espagnol Cabinet anthropomorphique. Viendront pas la suite d’autres créations à l’imagination folle comme par exemple : le chapeau-chaussure – la robe squelette – la veste du soir complètement recouverte d’éclats de verre – le parfum Roy Soleil – le poudrier téléphone – le broche en forme de bouche perlée avec des dents en perles et des lèvres en rubis , ou la Robe homard.

Elsa SCHIAPARELLI en compagnie de Salvador DALI
 » Chapeau-chaussure  » en collaboration avec Salvador DALI
 » Le tailleur-tiroir  » Elsa SCHIAPARELLI en collaboration avec Salvador DALI
Robe  » Squelette  » Elsa SCHIAPARELLI en collaboration avec Salvador DALI

Ce crustacé a toujours été pour Dali l’expression du plaisir et de la douleur. Il l’a fait entrer dans différentes de ses œuvres et il l’a proposé à la couturière. La légende raconte qu’il voulait y ajouter quelques petites tâches de vraie mayonnaise sur la robe mais qu’elle a refusé ! La robe fut présentée durant la collection printemps-été de 1937 et elle deviendra célèbre car portée par la duchesse de Windsor et mise à l’honneur par le magazine Vogue dans un article de huit pages !

Robe du soir « Homard » en collaboration avec Salvador DALI – 1937
Wallis SIMPSON duchesse de Windsor portant la robe Homard

Dali ne fut pas le seul avec lequel elle a collaboré. La liste est longue : Cocteau, Triolet, Magritte, Giacometti (qui dessina pour elle, entre autres, des boutons en bronze réalisés par François Hugo en 1938/39 pour un tailleur que porta Marlène Dietrich) , Oppenheim, Schlumberger, Franck, Vertès, Dunand , Clément, Peynet, Man Ray, Horst, Bérard, Von Dongen, Beaton, Hoyningen-Huene et tant d’autres. Elle disait :  » travailler avec des artistes comme Bérard, Cocteau, Dali, Van Dongen ou des photographes comme Beaton, Man Ray ou Hoyningen-Huene, vous plonge dans l’extase. Vous vous sentez comprise, soutenue, hors de cette réalité vulgaire et ennuyeuse qui veut qu’une robe soit faite pour être achetée« .

Manteau Elsa SCHIAPARELLI en collaboration avec Jean COCTEAU
Collier en métal doré monté sur tissu – Elsa SCHIAPARELLI en collaboration avec Jean CLÉMENT 1938

Celle que l’on surnommait Schiap, la grande rivale de Coco Chanel, a laissé un grand impact sur la mode. Son style a marqué des générations de stylistes et couturiers et il est finalement toujours d’actualité. Nombreux sont ceux qui, en effet, furent inspirés par elle : John Galliano, Christian Lacroix, Azzedine Alaïa, Alexander McQueen, Vivienne Westwood, ou le nouveau directeur artistique de la Maison Schiaparelli, lui aussi très original et qui ne cesse de puiser son inspiration dans les œuvres d’Elsa, à savoir Daniel Roseberry. C’est du reste sur lui que s’achève le parcours de l’expo.

Christian Lacroix a rendu un vibrant hommage en 2013 à la créatrice, en confectionnant dix-huit modèles évoquant son style. Il a souvent avoué avoir eu une admiration immense pour Elsa Schiaparelli et que sans elle, il n’aurait jamais été couturier.

Elle a porté un soin très méticuleux au choix des tissus qu’elle utilisait, et a fait entrer des matériaux assez étonnants par exemple le métal, la porcelaine de Sèvres, cellophane, le plexiglas, la rhodophane (donnant une impression de verre). Première à utiliser le tissu camouflage, l’imprimé-coupons de journal (repris par John Galliano), la fermeture éclair, le réversible.

Comment oublier ses célèbres pull-over avec des motifs (cravates ou nœuds) tricotés en trompe l’œil, ses lunettes fabriquées en écailles de tortue et surmontées d’une frange, ses oreilles dorées en guise de boucles d’oreilles, son bonnet-tube, ses broches géantes en forme d’insectes ou d’yeux éclatants, ou bien encore ses bottines surpiquées d’orteils, des gants à ongles en python rouge !

Pull en trompe-l’œil – 1927 Elsa SCHIAPARELLI
Pulls en trompe-l’œil – Elsa SCHIAPARELLI
Lunettes Elsa SCHIAPARELLI
Paire de gants avec ongles en python rouge – Elsa SCHIAPARELLI 1936/37

Sur ses vêtements on voit souvent des broderies assez imposantes. Pour cela, elle faisait appel à la Maison Lesage, très connue comme grand brodeur. Nombreuses sont les Maisons de couture qui travaillaient avec eux.

Comme je l’ai dit, l’exposition évoque les parfums Elsa Schiaparelli. Elle a commencé en 1937 . Le premier fut Shocking, célèbre. Le flacon représente l’actrice May West. Il fut créé par Eleonor Fini. C’est le parfumeur Jean Carles concevoir le parfum : estragon, aldéhydes et bergamote en notes de tête – miel blanc, narcissus, jasmin, rose et ylang-ylang en notes de cœur – Clou de girofle, civette, musc, ambre, bois de santal et patchouli en notes de fond.

Parfum Shocking – Elsa SCHIAPARELLI :  » De cette silhouette (celle de May West) surgit aussi celle d’un flacon de parfum en forme de femme. Un célèbre flacon qui pratiquement la signature de la Maison. Eleonor Fini le modèlera pour moi et le parfum mettra plus d’un an avant d’être prêt. Il me restait à lui trouver la couleur avec laquelle il devait être présenté. Le nom devait commençait par un S, cela étant l’une de mes superstitions. Trouver le nom d’un parfum est un problème très difficile. Chaque mot du dictionnaire semble avoir été déposé. La couleur m’apparut en un éclair. Lumineuse, impossible, imprudente, vivante, comme toute la lumière et les oiseaux du monde mis ensemble, une couleur de Chine et du Pérou mais par de l’Occident, une couleur choquante, pure et non diluée. Je baptisais le parfum Schocking.  » E.S.

Il y eut aussi Salut ( 1934 ) – Soucis ( 1934 ) Sleeping ( 1938 – en forme de bougeoir ) – Snuff (1939 – parfum pour hommes, en forme de pipe, référence à René Magritte, avec un emballage ressemblant à une boite à cigares ) – Zut pour hommes (1948) – et le très connu Roy Soleil dont le flacon fut réalisé par Salvador Dali)

Parfum  » Snuff  » – Elsa SCHIAPARELLI
Parfum  » Le Roy Soleil  » Elsa SCHIAPARELLI – Flacon en cristal massif incolore de Baccarat avec de l’émail bleu et de laque or. Il fut imaginé par Salvador DALI en collaboration avec Fernand GUÉRY-COLAS

Elle est née à Rome en 1890 dans une famille aisée, aristocratique, intellectuelle, humaniste , austère et très cultivée. On peut dire qu’elle a baigné dans l’art dès sa plus tendre enfance. Maman, marquise Maria Dominicis, descendait de la famille Médicis, papa était un érudit, conservateur à la Bibliothèque du Palais Corsini, et professeur de langues orientales . La famille comptait aussi un oncle très célèbre astronome qui fut un pionnier pour ses observations sur la planète Mars, mais également pour ses recherches sur la Renaissance italienne et les tombeaux égyptiens. Elle fera des études de philosophie.

Elle a entretenu, très jeune, une espèce de mal-être en rapport avec le fait qu’elle ne se trouvait pas jolie. Cela va la pousser à se créer un monde imaginaire fait de métamorphoses et de papillons. Tous ces états d’âme et ses ressentis , elle les couchera très tôt en écrivant des poèmes teintés d’érotisme, ce qui lui vaudra d’être placée en pension en Suisse. Pour s’enfuir de cet endroit, elle va faire une grève de la faim et affirmera déjà un caractère bien trempé.

Pour s’émanciper, elle épousera en 1914 le Comte Wilhelm Wendt qu’elle avait rencontré à Londres. Il est spécialiste en parapsychologie, astrologie, spiritisme, chiromancie, bref des domaines qui n’ont pu que la fasciner. Ils auront une fille Maria-Luisa, surnommée Gogo, s’installeront à New York, puis à Boston. Le mariage ne va malheureusement pas durer. Il faut dire que monsieur est un coureur de jupons qui ne tardera pas à lui être infidèle. Il entretiendra d’ailleurs une relation avec la danseuse Isadora Duncan.

Elsa SCHIAPARELLI avec son époux et sa fille

A New York, elle rencontrera, dès 1920, pas mal d’artiste avant-gardistes dont Marcel Duchamp (qui lui sera présenté par l’épouse du peintre dadaïste Picabia) et Man Ray pour qui elle posera. Elle divorcera en 1922 et prendra la décision de rentrer en Europe avec sa fille qui fut sa grande passion.

Direction Paris. Sur place, elle fréquentera le restaurant Le bœuf sur le toit , où elle se liera d’amitié avec de nombreuses personnalités du monde dadaïste et surréaliste. Parmi ses rencontres, elle en fait une déterminante et importante : celle avec le couturier Paul Poiret qui la fait entrer dans le monde de la mode. Elle devient sa muse, et lui son mentor. Il lui apprendra le métier, elle inventera sa propre touche .

Comme je l’ai dit au début de cet article, elle ne savait pas dessiner et encore moins coudre. Mais elle a du génie et un incroyable esprit créatif. Elle imagine des vêtements en mettant directement des tissus sur des mannequins. Sa première collection avec des sweaters en laine chinée et dessins en trompe-l’œil font sensation et vont avoir un succès immédiat, tout comme ses robes audacieuses et fantaisistes.

Elle prendra beaucoup de plaisir à la création et va très vite décider de se lancer en freelance. Le succès la pousse, en 1927, à ouvrir un premier atelier. Ce qu’elle propose alors est complètement novateur et affole les clientes : jupe culotte (pour la ville et le sport) , combinaison-culotte de ville, robe portefeuille, robe avec fermeture éclair et…

Elsa SCHIAPARELLI portant l’une de ses jupes-culottes

Son succès à Paris, mais à l’international également, va attiser la jalousie des autres couturières de l’époque : Jeanne Lanvin, Jeanne Paquin, Madeline Vionnet etc… mais ce ne sera rien en comparaison de ce qu’éprouvera Coco Chanel vis-à-vis d’elle. Elles se ressemblent quant leur envie folle d’indépendance et de liberté, mais sont différentes en ce qui concerne leur vision du métier.

C’est à peu près à cette époque qu’elle commence à collaborer avec de nombreuses personnalités du monde artistique et surréaliste à Paris. La première sera Elsa Triolet pour qui elle créé un iconique collier de perles de porcelaine qui ressemblent à des comprimés pharmaceutiques. Les créations extravagantes vont se multiplier avec, notamment, le Mad Cap, genre de bonnet-tube très souple qui va connaitre un succès international et sera grandement copié. Avec Jean Dunand elle imagine la robe plissée trompe-l’œil avec des plis peints à la laque. Avec Alberto Giacometti ce seront des bijoux et de la déco, avec Meret Oppenheim le bracelet fourrure et métal.

 » Mad Cap  » bonnet-tube -1931 porté ici par Katharine HEPBURN – 1931 Elsa SCHIAPARELLI
Veste Elsa SCHIAPARELLI avec boutons dessinés par Alberto GIACOMETT

En 1932, exit l’atelier, elle s’installe au 21 place Vendôme. Un hôtel particulier sur cinq étages, de nombreuses chambres et une boutique au rez-de-chaussée. Elle fera appel à un très célèbre architecte d’intérieur : Jean-Michel Frank pour le rénover entièrement avec la collaboration d’Alberto Giacometti. Le lieu devient la Maison de couture Schiaparelli. Des succursales verront le jour à New York et en Angleterre. De nombreuses personnalités françaises et étrangères franchissent le seuil et souhaitent être habillées par elle. Les créations sont tellement belles et audacieuses qu’elle fait la couverture de nombreuses revues étrangères comme le New York Times et le Newsweek. Le premier dira que ses collections sont résolument tournées vers la modernité.

Par ailleurs, elle reçoit beaucoup chez elle, dans son hôtel particulier de la rue du Berry. Tout le Paris aristocratique et artistique est présent. Elle organise des bals et des fêtes costumées mémorables.

Lors de la seconde guerre mondiale, elle quittera la France et retournera aux Etats-Unis.. Elle s’installera New York Elle recevra le prix Neiman Marcus à Dallas. Première créatrice européenne à le recevoir. En son absence, la Maison de couture continuera de fonctionner tant bien que mal vu la situation. Retour en 1945, lancement de la première collection d’après guerre avec notamment La garde-robe itinérante , un vestiaire qui fera sensation, composé de six robes, un chapeau réversible et trois pliants. Les femmes vont l’adorer lorsqu’elles voyagent. Deux ans plus tard, Hubert de Givenchy, qui n’avait alors que 19 ans, deviendra son premier assistant, puis son directeur artistique. Il restera quatre ans à ses côtés avant d’ouvrir sa propre Maison de couture.

Robe du soir  » en plissé graphique  » 1951 – Elsa SCHIAPARELLI

Malheureusement, les affaires ne seront plus ce qu’elles étaient. Ce n’est pas la faute d’une non créativité, mais plutôt celle d’une situation financière assez préoccupante. Beaucoup de Maisons de haute-couture fermaient, licenciaient du personnel, et faisaient face à de nombreuses grèves. De plus, après guerre les tissus étaient rares et chers et la clientèle plus aussi riche qu’auparavant. Les années passant, elle prendra la décision en 1954 de présenter sa dernière collection et fermer les portes de la Maison. En 1952, deux ans avant cette fermeture, en 1953, elle a conçu les emblématiques costumes de Zsa-Zsa Gabor pour le film Moulin rouge, de John Houston.

Zsa-Zsa GABOR dans le film « Moulin Rouge » 1952 Costumes Elsa SCHIAPARELLI

Une fois retirée des affaires, elle fait don de nombreuses pièces de ses dessins et vêtements issus de ses collections, au futur Musée des Arts décoratifs , puis se mettra à la rédaction de son livre de Mémoires : Shocking Life . Elle meurt en 1973, dans son sommeil, à Paris. Elle est enterrée au cimetière d’un petit coin de Picardie qu’elle avait beaucoup aimé pour sa tranquillité, le village de Frucourt.

Elle a eu deux petites-filles que l’on connait bien, Marisa Berenson ( Mannequin et actrice) et Berry Berenson (Photographe et actrice, décédée lors des attentats du 11 septembre 2011à New York -Elle était à bord du vol 11 de l’American Airlines )

La Maison de couture Schiaparelli a été rachetée en 2012 par l’homme d’affaires Diego Valle, PDG de la société de maroquinerie Tod’s. Avec lui, admirateur de la couturière, la célèbre Maison reprend vie. Le premier directeur artistique sera Marco Zannini, puis Bertrand Guyon en 2015. Il laissera la place à Daniel Roseberry, à qui Diego Valle va demander de retrouver l’esprit pertinent de Schiap . Ses collections sont véritablement un retour aux sources surréalistes et affolent notamment Beyoncé et Lady Gaga ! D’ailleurs la collection 2022/23 fut dédiée à Elsa Schiaparelli.

Actuelle Maison SCHIAPARELLI, Place Vendôme à Paris
Daniel ROSEBERRY Automne-Hiver 2021-2022

Ier août 2022 …

Dictons du mois d’août :

 » Lorsqu’il pleut le Ier août, les noisettes sont piquées de poux  »

 » Paysan qui dort en août, dort à son coût  »

 » Tels les trois premiers jours d’août, tel est le temps de l’automne « 

 » un mois d’août sans rosé donne une mauvaise année « 

 » Temps sec en août et gros nuages bleus, neige pour l’hiver  »