Les cigales …

 » Lorsque dans l’herbe mûre aucun épi ne bouge,
Qu’à l’ardeur des rayons crépite le froment,
Que le coquelicot tombe languissamment
Sous le faible fardeau de sa corolle rouge,

Tous les oiseaux de l’air ont fait taire leurs chants ;
Les ramiers paresseux, au plus noir des ramures,
Somnolents, dans les bois, ont cessé leurs murmures,
Loin du soleil muet incendiant les champs.

Dans les blés, cependant, d’intrépides cigales
Jetant leurs mille bruits, fanfare de l’été,
Ont frénétiquement et sans trêve agité
Leurs ailes sur l’airain de leurs folles cymbales.

Frémissantes, debout sur les longs épis d’or,
Virtuoses qui vont s’éteindre avant l’automne,
Elles poussaient au ciel leur hymne monotone,
Qui dans l’ombre des nuits retentissait encor.

Et rien n’arrêtera leurs cris intarissables;
Quand on les chassera de l’avoine et des blés,
Elles émigreront sur les buissons brûlés
Qui se meurent de soif dans les déserts de sables.

Sur l’arbuste effeuillé, sur les chardons flétris
Qui laissent s’envoler leur blanche chevelure,
On reverra l’insecte à la forte encolure.
Plein d’ivresse, toujours s’exalter dans ses cris ;

Jusqu’à ce qu’ouvrant l’aile en lambeaux arrachée,
Exaspéré, brûlant d’un feu toujours plus pur,
Son œil de bronze fixe et tendu vers l’azur,
Il expire en chantant sur la tige séchée. « Jules BRETON (Peintre et poète français -Extrait de son recueil Les champs et la mer)

Histoire d’un ballet : Dances at a Gathering …

Ce ballet a vu le jour en 1969. Il signa le grand retour de Jerome Robins au New York City Ballet après une absence qui a duré 13 ans. Comme on le sait, ce merveilleux chorégraphe a toujours été habité par la musique de Frédéric Chopin, et bien sur c’est lui qu’il a choisi pour illustrer la musique de sa nouvelle chorégraphie. Différents morceaux ont été choisis : de nombreuses Mazurkas ( N.3 Op.63, N°3 Op.33, N° 6 Op. 4, N°s 4 et 5 Op.7, N° 2 Op.24, N° 2 Op.56) des Valses ( N°2 OP.69, N°s 1 et 2 Op.34, N° 2 Op.70, Op. 42) un Nocturne (N0 1 Op.15) des Études (N°2 Op10, N°s 4 et 5 Op.25) et un Scherzo (Op.20)

On peut réellement dire qu’il fait partie des ballets pour piano de Robbins. Sur les musiques citées ci-dessus , il a créé une communauté de solos, des duos, et des danses pour le corps de ballet, des combinaisons époustouflantes , de la grâce pure, une danse magnifique, pas spécialement virtuose mais pleine de poésie, de fraicheur, de légèreté, de mélancolie, élégante comme toujours avec lui.

Robbins dira :  » Il n’y a pas d’histoire, pour aucune des danses dans ce ballet. Il n’y pas d’intrigue et pas de rôles particuliers. Les danseurs dansent les uns avec les autres sur cette musique, dans cet espace, dans une communauté qui vit dans la musique de Chopin. Mais il y a beaucoup de possibilités. »

(Vidéo : Francesca HAYWARD & William BRADWELL pour le Royal Ballet/Londres)
(Vidéo : Opéra de Paris pour la Valse Op.34 N.1 )
(Vidéo : Nolween DANIEL & Emmanuel THIBAULT pour l’Opéra de Paris)