A bientôt …

Je m’absente pour quelques jours de repos et vous retrouverai le Ier août !

Soyez assurés(ées) que, durant ce laps de temps, je continuerai de vous suivre , avec grand plaisir, même si je ne poste pas.

Je vous dis à très bientôt. Bonnes vacances à celles et ceux qui se préparent à en prendre et heureuses journées à vous toutes et tous. Prenez bien soin de vous surtout.

Amicales pensées,

Lisa 🌺♥

Concerto pour deux violoncelles RV531 … Antonio VIVALDI

Un concerto assez unique et spécial pour l’époque puisqu’il faisait intervenir deux violoncelles. Vivaldi a commencé à s’intéresser de façon assez approfondie à cet instrument lors de l’arrivée de deux violoncellistes de talent à l’Ospedale della Pietà à Venise : Bernardo Aliprandi et Antonio Vivandini . Un intérêt qui deviendra une véritable passion.

Vingt-sept Concertos pour violoncelle , ce qui fera de lui le compositeur vénitien, de son époque, qui en a écrit le plus ! Ces partitions ne seront pas publiées de son vivant, celle-ci le sera après 1770.

C’est réellement une très belle page, éloquente, brillante, virtuose, expressive, à la fois heureuse et tourmentée selon le mouvement abordé, pleine de vie et d’allégresse. Les deux instruments sont très complémentaires tout en gardant chacun leur individualité propre et leur caractère. Ils dialoguent merveilleusement bien.

( Vidéo : Anner BIJLSMA (Violoncelle) & Anthony PLEETH (Violoncelle) – Accompagnés par l’Ensemble THE ACADEMY OF ANCIENT MUSIC – Direction : Christopher HOGWOOD)

J’ai voulu peindre …

 » J’ai voulu peindre en rose
Les murs gris de la vie
Ecarter les barreaux
Pour faire entrer le ciel
Et réduire en poussière
Comme broyées à jamais
Mes humeurs moroses

J’ai voulu peindre en vert
Et couronner de fleurs
Les arbres dénudés
De l’hiver
Et d’un coup de pinceau
Effacer les nuages
Et les ombres

J’ai voulu peindre en bleu
L’opacité des brumes
Rendre plus lumineux
Ce qui paraît trop sombre
Tout autour de nous
Et t’inviter enfin
A suivre le chemin
De mes délires  » Jacques HERMAN (Poète, peintre, historien et enseignant suisse)

 » Les couleurs  » Peter NOTROTT

La tranquillité à la campagne …

 » La tranquillité qu’on goûte à la campagne, et la variété des images qu’elle présente à nos yeux, influent singulièrement sur le génie et sur le cœur : j’ai vu des hommes qui, après un certains temps, n’étaient plus reconnaissables. Le bien qu’on retire de son séjour, c’est plus de franchise dans le caractère, plus de simplicité dans les manières et, ce qu’il y a de plus heureux, le changement de plusieurs vices en autant de vertus. » David Augustin DE BRUEYS (Auteur dramatique et théologien français. Extrait de son livre « Les amusements de la raison »(1721)

Les peintres et le voyage à Rome …

 » Rome est la ville où, plus qu’ailleurs, se dirige le voyage des peintres, parce qu’elle est la tête des écoles de peinture ! Rapporte de Rome la juste manière de dessiner ... » Karel Van MANDER ( Peintre et écrivain flamand )

VIVA ROMA jean baptiste Corot vue de Rome le pont et le chateau saint Ange
 » Vue de Rome : le pont et le château Saint-Ange avec la coupole de Saint-Pierre  » – 1826 – Jean-Baptiste Camille COROT ( Fine Arts Museum San Francisco / Etats Unis ) – Le tableau sert l’affiche de l’exposition.

Rome va devenir le centre culturel et artistique en Europe dès les XVe et ce jusqu’au XIXe siècle  . Le  Cinquecento sera celui  des maîtres de la peinture et de la sculpture comme Michel Ange, Titien, Raphael etc … qui ont beaucoup apporté à l’art et ont laissé des traces indélébiles que ce soit à Rome, Florence, Venise et autres cités italiennes : Naples, Milan, Parme, Mantoue, Trevise, Sienne . Au XVIIIe siècle, il était possible de voir Rome sur des documents et les artistes  n’eurent qu’une envie : y aller pour se forger le  » goût et la manière  » qu’ils avaient également pu apprécier au travers des œuvres d’artistes italiens qui circulaient dans toute l’Europe.

L’Italie n’en finissait pas d’éblouir et séduire,  et Rome voyait l’épanouissement de grands courants artistiques. Elle apparaissait aux yeux de beaucoup comme une cité intemporelle. La découverte de l’Antiquité et de la Renaissance les attirait et une fois sur place, ils se sont émerveillés de la campagne, de la nature, de la lumière, des paysages et du côté sauvage de certains sites.

A cette époque, plus encore que dans les siècles précédents, aller en Italie était quasiment une obligation, une référence, un voyage nécessaire si l’on voulait ajouter un  » plus  » à sa formation et une fois sur place il fallait tenter de se faire un nom pour pouvoir rentrer au pays avec de vraies belles références. La renaissance artistique italienne fascinait les artistes et ils avaient à cœur de tenter l’aventure.

Rome et ses ruelles, ses échoppes d’artisans, ses tavernes, les romains et leur vie quotidienne, les ruines antiques, les palais, les fontaines, les ateliers des peintres, les vestiges architecturaux, les monuments, les jardins, la campagne furent des grandes sources d’inspiration pour les paysagistes – Partir là-bas pour  » le Grand Tour  » (expression apparue dans la seconde moitié du XVIIe ) approfondir ses connaissances, se former aux évolutions esthétiques, se renouveler artistiquement parlant, apprendre une nouvelle façon de peindre , mieux connaitre et admirer les œuvres grandioses des Maîtres italiens, les copier et s’inspirer d’eux.

Partir là-bas et se faire connaître, rencontrer des personnes influentes car le mécénat y était très actif,  beaucoup de monde donc beaucoup de réseaux, de collectionneurs, d’acheteurs . C’était aussi quelquefois vouloir apprendre auprès d’un peintre italien comme l’a notamment fait Claude Lorrain avec Agostino Tassi . Et puis il y avait la belle lumière de l’Italie, sa palette de couleurs, ses paysages harmonieux qui ont fasciné celles et ceux qui arrivaient de France, de Belgique, d’Allemagne, d’Angleterre. …. Sans oublier la littérature, les grands auteurs italiens !

VIVA ROMA une cour à Rome Christopher Wilhelm ECKERSBERG
 » Une cour à Rome  » – 1813 – Christoffer Wilhelm ECKERSBERG ( Ribe Kunstmuseum / Danemark)

Le voyage jusqu’en Italie était très difficile à l’époque en raison de l’inconfort, des conditions climatiques, la rencontre avec les voleurs de grand chemin, les haltes dans des relais ou auberges de fortune à l’aspect pas très accueillant , l’état des routes, toutes les formalités administratives d’avant départ que cela demandait pour le passage en douane etc..

Bien sur, les conditions de voyage dépendaient aussi de l’argent que l’on avait; et les artistes n’étaient généralement pas très fortunés. Donc ils économisaient avant et puis au fur et à mesure de leur épopée, ils offraient leurs services pour en gagner un peu plus . Rubens par exemple fut de ceux-là :  pour vivre et subvenir à ses besoins, il était entré au service du Duc de Mantoue . D’autres avaient la chance de partir sous la protection  d’un mécène qui assurait financièrement leur voyage  et ce  en échange d’une mission ayant souvent attrait à la copie d’antiques.

Il y avait deux possibilités pour se rendre en Italie : terrestre ou maritime. Traverser les Alpes était le plus courant, le plus souvent emprunté à l’aller comme au retour. Le voyage en mer, il est vrai, était plus direct, plus rapide, mais très dangereux  sinon plus en raison des tempêtes, des pirates ( les barbaresques ) en Méditerranée. Le confort n’était pas de mise, les passagers nombreux, hommes et animaux souvent mélangés,  donc, outre le mal de mer, de gros risques de maladie et épidémie.

Une fois arrivés à Rome tout n’était rose : il fallait s’accoutumer au climat qui parfois était assez difficile : forte chaleur qui incommodait beaucoup ou fortes pluies avec inondations. Trouver un logement n’était pas chose facile. Les auberges et les hôtels c’était bien souvent exclu soit parce que les chambres proposées étaient petites et très sales, soit intéressantes mais trop chères. Donc restait l’option chez  l’habitant, ou celle de trouver un mécène qui en contre partie d’un travail, offrait une pièce à vivre, ou bien encore s’adresser aux institutions religieuses. La plupart des peintres étrangers se regroupaient  dans certains quartiers dit  » des artistes  » car c’était là où l’on pouvait plus facilement trouver un hébergement .

Leur séjour à Rome durait entre 1 à 3 ans , quelquefois plus, voire rester définitivement parce que l’amour avait tapé à leur porte et qu’ils avaient fondé une famille. En conséquence de quoi leur vie se terminerait en Italie.

Vivre au quotidien à Rome à l’époque c’était aussi  se retrouver confronter aux querelles, à la violence, c’était devoir être entourer par la rivalité et la jalousie des autres artistes , qu’ils soient étrangers ou italiens,  selon que l’on arrive à trouver un emploi, un mécène ou que l’on rencontre des personnes influentes qui deviennent de potentiels acheteurs. Mais c’était aussi parfois développer des réseaux d’amitié et donc par conséquent se soutenir , s’épauler, collaborer avec d’autres, partager les mêmes enseignements,  y trouver une certaine émulation.

VIVA ROMA Atelier des frères Robert à Rome Aurèle Robert
 » Atelier des frères Robert à Rome  » – Aurèle ROBERT ( Musée d’Art et d’histoire à Neufchâtel / Suisse)

Outre la ville, la campagne et les paysages à l’extérieur de Rome ont beaucoup intéressé les peintres. Ces thèmes n’avaient pas le même aspect à l’époque que ce qui se présente à nous de nos jours . C’était très rural et beaucoup moins urbain donc plus beau. Par ailleurs, il y avait les vestiges antiques dans une nature souvent assez sauvage, sur des collines. On partait comme en promenade sur ces sites enchanteurs, on s’asseyait et on commençait à dessiner ou à peindre, seul ou avec d’autres, en se laissant imprégner de beauté et de lumière.

VIVA ROMA LES DECOUVREURS D ANTIQUES HUBERT ROBERT
« Les découvreurs d’Antiques  » 1765 environ. Hubert ROBERT ( Musée de Valence art et archéologie / France)
VIVA ROMA rue du colisée et de l'arc de constantin 1742 Paolo Giovanni PANINI
 » Vue du Colisée et de l’Arc de Constantin  » – 1742 – Giovanni Paolo PANNINI – ( Musée Thomas Henri à Cherbourg-en-Cotentin  / France )
VIVA ROMA Vue du Campo Vaccino à Rome de giovanni Paolo Pannini, 1742. Cherbourg-en-Cotentin, Musée
 » Vue du Campo Vaccino à Rome  » – 1742 – Giovanni Paolo PANINI ( Musée Thomas Henri à Cherbourg-en-Cotentin / France )
VIVA ROMA Temple antique campagne à Rome 1772 Charles Francis HOUEL
 » Temple antique dans la campagne de Rome  » – 1772 – Charles Francis HOUEL
VIVA ROMA LES CASCATELLES DE TIVOLI JEAN HONORE FRAGONARD
 » Les cascatelles de Tivoli  » – 1761/62 – Jean-Honoré FRAGONARD ( Musée du Louvre -Paris / France)
VIVA ROMA fromagerie romaine en 1837 Ditlev Conrad Blunck
 » Une trattoria romaine  » 1837 – Conrad BLUNCK – ( Thorvalden museum de Copenhague)

Important aussi de parler de l’Académie de France à Rome. En 1666, à la demande de Louis XIV  et sur les conseils des peintres Charles Le Brun et Charles Errard, Colbert créera l’Académie de France, sorte d’annexe de l’Académie royale de peinture et sculpture de Paris, qui fut mise en place pour accueillir  des jeunes artistes  à qui le roi allouait une pension pour pouvoir rester 1 à 3 ans sur place et acquérir une très belle formation. On leur demandait de réaliser des copies de l’Antique et de la Renaissance italienne pour la décorations de résidences royales. Par ailleurs, des cours quotidiens étaient dispensés . Au départ, on vit arriver des peintres, puis ce furent des sculpteurs et des architectes.

Cette Académie offrait la possibilité de recevoir des récompenses et notamment le célèbre prix de Rome qui permettait à celui qui arrivait à le décrocher, de recevoir une bourse, de nombreux avantages et  rester à Rome durant quatre ans. Beaucoup d’artistes vont tenter de l’obtenir.

L’institution fut installée, au départ, dans une simple maiso, puis transférée au Palais Caffarelli en 1673, au Palais Capranica en 1684 et au Palais Mancini en 1725. Ce dernier sera complètement détruit par les révolutionnaires romains en 1793, ce qui amènera les pensionnaires à partir pour Naples, Florence et Venise. L’Académie fut donc définitivement supprimée pour renaître de ses cendres en 1795 sous le Directoire.

VIVA ROMA PALAIS MANCINI
Palais MANCINI à Rome ( Siège de l’Académie de France )

Napoléon Bonaparte décidera alors de la transférer en 1803  sur le mont Pincio à la Villa Médicis, en accord avec la Cour d’Etrurie. Cette villa avait été bâtie au milieu du XVIe siècle par Giovanni Lippi et son fils Annibale à la demande du Cardinal di Montepulciano. En 1576, elle deviendra la propriété du Cardinal Ferdinand Médicis. Lorsque la famille Médicis s’éteindra, elle reviendra à l’un de ses cousins François III de Lorraine, grand Duc de Toscane, puis à son fils Léopold Ier.

VILLA MEDICIS ROME
Villa MÉDICIS / Rome

Rome donnera l’envie d’aller voir d’autres villes italiennes comme Venise, Florence, ou Naples pour ses  cités disparues et redécouvertes telles qu’Herculanum et Pompéï .

Orphée aux enfers … Jacques OFFENBACH

(Vidéo : Ouverture – Herbert V.KARAJAN à la direction de l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE BERLIN )

Opéra-bouffe ( ou première grande opérette française )composé en 1858, créé au Théâtre des Bouffes-Parisiens la même année, révisé en 1874 et repris au Théâtre de la Gaîté.  Livret de Hector Crémieux  et Ludovic Halévy.  Ce sera le premier gros succès du compositeur . Offenbach se moque là d’un sujet très prisé dans les siècles passés à savoir Orphée et Eurydice.

Une partie de la presse de l’époque va crier au scandale, les critiques aussi, l’accusant à la fois de ridiculiser l’Antiquité, d’injurier le gouvernement, tout mettant en avant les problèmes sociaux de l’époque.  Mais le public, même s’il entendait les attaques, se précipita très nombreux pour voir le spectacle, lequel obtiendra un triomphe et fera l’objet de plus de 220 représentations, ce qui sera une bonne aubaine pour lui car sa situation financière était au plus bas.

C’est vraiment une œuvre pétillante, brillante, impertinente, caustique et audacieuse.

Le Galop infernal entendu à la fin de l’Ouverture va être repris , bien des décennies plus tard, dans les spectacles de music-hall pour accompagner la danse du french can-can.

(Vidéo : Can-Can interprété par le BALLET DE L.OPÉRA GRAND AVIGNON – Accompagné par l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE de MONTE-CARLO sous la direction de Didier BENETTI)

( Vidéo :  » Duo de la mouche  » Acte III – Mady MESPLÉ & Michel TREMPONT – Accompagnés par l’ORCHESTRE DU CAPITOLE DE TOULOUSE sous la direction de Michel PLASSON

Voler …

 » Au moment où vous doutez de pouvoir voler, vous cessez pour toujours de pouvoir le faire. La raison pour laquelle les oiseaux peuvent voler et que nous ne pouvons pas, c’est simplement parce qu’ils ont une foi parfaite, et avoir la foi c’est avoir des ailes. … Alors viens aves moi là où les rêvent naissent, où le temps n’est jamais prévu. Juste pense aux choses heureuses et ton cœur volera pour toujours !  » James Matthew BARRIE (Écrivain et dramaturge écossait / Extrait de son livre Peter Pan )

C’est la poésie qui illustre le mot …

 » Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n’employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu’ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain. Ce n’est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse. Ce n’est pas le mot qui fait la poésie, c’est la poésie qui illustre le mot. » Léo FERRÉ (Auteur-compositeur-interprète, pianiste et poète français naturalisé monégasque) 

Léo FERRÉ 1916/1993

Le vieux puits …

« Je voudrais me pencher sur le vieux puits, qui songe
Là-bas, au coin du clos où saignent les mûriers,
Et revoir dans sa nuit où la fougère plonge.
Mes rêves d’autrefois, de moi-même oubliés.

Je voudrais me pencher sur la margelle rousse,
Désaltérer mon âme à mon passé dormant,
Et, parmi les reflets des plantes et des mousses,
Tout au fond du miroir, rire à mes yeux d’enfant.

Je voudrais, je voudrais… ô bonheur ! ô détresse !
Boire le philtre vert du vieux puits enchanté.
Et grâce à lui revivre un jour de ma jeunesse,
Tout un jour d’innocence et de limpidité.  » Gérard D’HOUVILLE nom de plume de Marie De HEREDIA (Poétesse, romancière, dramaturge française. Ses Petits poèmes (dont celui-ci) furent publiés dans La Revue des Deux Mondes en 1917. Pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, Marie fut la fille de l’homme de Lettres et poète José Maria De Heredia, l’épouse de l’écrivain et poète Henri de Régnier, et la muse de nombreux peintres)