Tête de vieillard … Jean-Honoré FRAGONARD

 » Le portrait de cet homme coiffé d’un bonnet fait partie de la série Têtes d’expression à laquelle Fragonard s’est consacré à partir des années soixante du XVIIIe siècle. Sur fond neutre aux tonalités grises, le peintre nous montre un vieillard qui tourne brusquement la tête pour observer quelque chose sur sa gauche, comme s’il l’avait saisi par surprise, à un moment où il ne prenait pas la pose.  L’homme est âgé, mais la peinture nous renvoie l’image d’une personne fière et énergique. Les traits du visage sont tendus dans une allure altière : les yeux vifs et extrêmement réalistes fixent avec détermination un point dans le lointain ; la bouche est courroucée et figée par la concentration. Grâce à un savant usage du clair-obscur et à l’emploi audacieux de touches économes et rapides, le peintre fait ressortir avec efficacité les traits physiques de son personnage : sa barbe blanche, ses vêtements de couleur moirée et son visage marqué par le temps … » Margherita PINI ( Historienne de l’art )

FRAGONARD Tête de vieillard
 » Tête de vieillard  » – 1760/80 – Jean-Honoré FRAGONARD ( Musée Jacquemart-André/Paris)

Le jardin en fleurs …

 » Chez nous dans le jardin il y a tant de fleurs
Qu’elles font alentour rayonner leur odeur
Fraîche, verte et poivrée de plantes printanières.
Parfois même s’y mêle une senteur amère.

Chez nous, dans le jardin, il y a tant de fleurs
Qu’il est tout moucheté de taches de couleurs
Jonchant le roux craqué, aride de la terre
Assoiffée et rongée par l’excès de lumière.

Chaque soir on arrose, et sous les gouttelettes
Les plantes assoiffées boivent, dressant leur tête.
Le soleil assoupi les laisse s’enivrer.

Quand enfin il s’endort, les parterres de fleurs
Clignotant dans la nuit éteignent leurs couleurs.
Et seule vit encor la lune auréolée.  » Vette de FONCLARE (Poétesse française)

 » Jardin en fleurs  » 1888 Vincent VAN GOGH

Les Sonates pour piano de Frédéric CHOPIN …

Chopin n’a composé que trois Sonates pour son instrument, le piano. La Sonate N.1 Op.4, charmante et agréable, est une œuvre de jeunesse écrite en 1828 et dédiée à son professeur au Conservatoire de Varsovie.

Comparativement aux autres pages de ce compositeur, elle est méconnue et moins jouée. De l’avis général, il y a des mouvements qui sont plus réussis que d’autres. Personnellement, et cela n’engage que moi, j’aime le Larghetto.

(Vidéo :  » Larghetto  » – Vladimir ASHKENAZY au piano)

La Sonate N.2 Op.35 a été commencée en 1837 à Majorque et se terminera en 1839 à Nohant. C’est vraiment un grand récit émotionnel ! Pour Chopin, elle a représenté  » sa réflexion interprétative de la condition humaine face à la mort  »

Elle n’a pas toujours été bien comprise à l’époque, critiquée aussi. Elle est magnifique, lumineuse, aérienne, mélancolique , mais fougueuse, passionnée, voire même assez démentielle dans les deux derniers mouvements. Elle est bâtie autour de La marche funèbre qui est au cœur même de la Sonate avec un rythme progressif et saccadé.

Ce mouvement est devenu très célèbre et il est souvent interprété tout seul. Il a été utilisé lors de l’enterrement du compositeur au cimetière du Père Lachaise, aux funérailles de personnalités célèbres comme Victor Hugo, John Kennedy ou Jacques Chirac, entre autres.

(Vidéo :  » Marche funèbre  » -Grigory SOKOLOV au piano)

La Sonate N.3 Op.58 a été écrite en 1844 à Nohant. Elle est dédiée à une amie : la comtesse Emilie de Perthuis.

C’est une page magistrale que ce soit dans l’expression comme dans la structure. Celle qui porte en elle ce qui représente ce merveilleux style Chopin. Une page brillante, émotionnelle, avec de beaux passages poétiques, redoutable pour celui ou celle qui l’interprète, très virtuose, la plus aboutie et réussie des trois.

(Vidéo : Martha ARGERICH au piano)