Le bouton de rose …

 » Bouton de rose,
Tu seras plus heureux que moi ;
Car je te destine à ma Rose,
Et ma Rose est ainsi que toi
Bouton de rose.

Au sein de Rose,
Heureux bouton, tu vas mourir !
Moi, si j’étais bouton de rose,
Je ne mourrais que de plaisir
Au sein de Rose.

Au sein de Rose
Tu pourras trouver un rival ;
Ne joute pas, bouton de rose.
Car, en beauté, rien n’est égal
Au sein de Rose.

Bouton de rose,
Adieu, Rose vient, je la vois :
S’il est une métempsycose,
Grands dieux ! par pitié rendez-moi
Bouton de rose.  » Constance De SALM (Née Constance de Théis – Poétesse, Femme de Lettres française, princesse et comtesse, première femme à être reçue au Lycée des Arts en 1795 / Extrait de son recueil Oeuvres Complètes II/1795 )

L’intérêt dans une toile… par Alfred SISLEY

Alfred SISLEY (1839 /1899)

 » L’intérêt dans une toile, vous le savez, est multiple. Le sujet, le motif, doit toujours être rendu d’une façon simple, compréhensible, saisissante pour le spectateur. Celui-ci doit être amené, par l’élimination des détails superflus, à suivre le chemin que le peintre lui indique, et voir, tout d’abord, ce qui a empoigné l’exécutant.

Après le sujet, une des qualités les plus intéressantes du paysage est le mouvement, la vie. C’est aussi une des plus difficiles à réaliser. C’est l’émotion de l’exécutant qui donne la vie, et c’est avec cette émotion qu’il éveille celle du spectateur. Il faut que les objets soient rendus avec leur texture propre. Il faut encore (et surtout) qu’ils soient enveloppés de lumière, comme il le sont dans la nature. Voilà le progrès à faire. En est-il de plus magnifique, et de plus mouvementé, que celui qui se reproduit fréquemment en été ? Je veux parler du ciel bleu avec les beaux nuages blancs baladeurs. Quel mouvement ! Quelle allure n’est-ce-pas ?

Il fait l’effet de la vague quand on est en mer. Il exalte, il entraine. Un autre ciel : celui-là le soir plus tard. Ses nuages s’allongent, prennent souvent la forme des sillages, des remous qui semblent immobilisés au milieu de l’atmosphère. Puis, peu à peu, disparaissent, absorbés par le soleil couchant. Celui-là est plus tendre, plus mélancolique. Il a le charme des choses qui s’en vont, et je l’aime particulièrement. Mais je ne veux pas vous raconter tous les ciels chers aux peintres. Je ne vous parle que de ceux que je préfère entre tous. J’appuie sur cette partie du paysage, parce que je voudrais vous faire bien comprendre l’importance que j’y attache. Comme indication : je commence toujours une toile par le ciel. » Alfred SISLEY (Peintre anglais – Propos tenus Sisley dans une lettre adressée en 1892 à l’écrivain, critique d’art, collectionneur et journaliste français Adolphe TAVERNIER – Ce dernier fut l’un de ses proches et l’un de ses plus fervents collectionneurs. Il dira de lui qu’il fut  » un magicien de la lumière, un poète des ciels, des eaux, des arbres, en un mot un des plus remarquables paysagistes de nos jours » .

 » La Seine à Bougival  » Alfred SISLEY
« La baie de Langland » Alfred SISLEY
 » La prairie à Veneux Nadon  » Alfred SISLEY
« Le printemps avec des acacias » Alfred SISLEY
« Pont de Moret au coucher du soleil «  Alfred SISLEY