Le verger au printemps …


 » Peut-être que si j’ai osé t’écrire,

langue prêtée, c’était pour employer

ce nom rustique dont l’unique empire

me tourmentait depuis toujours : Verger.
 

Pauvre poète qui doit élire

pour dire tout ce que ce nom comprend,

un à peu près trop vague qui chavire, 

ou pire : la clôture qui défend.


Verger : ô privilège d’une lyre

de pouvoir te nommer simplement ;

nom sans pareil qui les abeilles attire,

nom qui respire et attend…


Nom clair qui cache le printemps antique,

tout aussi plein que transparent,

et qui dans ses syllabes symétriques

redouble tout et devient abondant.  » Rainer Maria RILKE (Écrivain et poète autrichien/Extrait de son recueil Vergers)

 » Dans le verger  » un tableau de Robert BEYSCHLAG

Le loup est un chasseur ! Le photographe aussi … Patrick BLIN

 » Le loup est un chasseur ! Le photographe aussi ! La photographie animalière est, par ailleurs, nommée   chasse photographique  . Mais que nous soyons photographe animalier, portraitiste, reporter, photographe de plateau ou photographe de sports, nous sommes tous des chasseurs. Nous chassons l’instant, l’éphémère, le scoop, la lumière, les ombres, le sujet rare, le mouvement, l’ambiance, l’atmosphère, les couleurs, les formes, les lignes, les regards, les rires, les larmes, les émotions, l’exploit. Nous transformons parfois le réel en irréel, en image abstraite ou terriblement concrète. Mais quelle que soit notre spécialité ou notre passion, nous sommes tous des chasseurs, consciemment ou non. Notre approche est souvent la même, comparable à celle des grands prédateurs. Nous regardons tout autour de nous, puis nous décelons une présence, un mouvement, une forme. Alors notre regard et notre corps se figent, nous sommes connectés à notre sujet. Nous ne sommes plus simples spectateurs, nous devenons observateurs. En général, tout va très vite dans notre esprit. Le sujet, la distance qui nous sépare de lui, la lumière qui l’entoure, l’intérêt de déclencher. Tout comme les loups, nous nous faisons discrets, presque invisibles afin de ne pas perturber le spectacle qui s’offre à nous, car ce qui importe, c’est le résultat, l’émotion que procure cet instantané figé à tout jamais.  »

Patrick BLIN ( Photographe français – Extrait de son livre   Sur la terre des loups-Voyage en Yakoutie /2012

PATRICK BLIN PHOTOGRAPHE
Patrick BLIN

« Craints ou adorés à travers les siècles, les loups ne nous laissent jamais indifférents. Pour ceux qui ont la chance de les apercevoir, la rencontre, même furtive, laisse une trace. J’ai eu le bonheur de les approcher… À travers mes photos, j’ai voulu rendre hommage à leur beauté et partager mon émotion ». P.B.

LOUP PATRICK BLIN
Photos Patrick BLIN