La poésie …

 » La poésie fait son nid d’une main à peine ouverte,
elle peut suivre les lignes de la paume
et aussi vivre dans un poing.
Elle est ce souffle inattendu qui patientait en toi,
ce temps posé sur l’instant, mais qui dure.
Si tu veux la dresser, change de livre,
délaisse les gens qui veulent la définir.
Elle aura toujours le coup d’aile d’avance
de l’oiseau quand tu veux l’attraper.

Un poème ne t’attend pas.
Il est là, même où tu l’ignores.
Il ne se veut pas forcément plus brillant
qu’une bruine qui s’amuse ou un soleil qui tombe.
Un poème ne fait pas pousser les fleurs :
c’est une parole entre deux lèvres
qui ne sauvera peut-être pas la Terre,
mais qui s’entendra,
se fendra d’un aveu, d’un amour, d’un combat.
Elle chantera encore quand d’autres s’agenouillent
ou s’enfuient devant la foule des bras tendus.

Aujourd’hui, tu vas écrire, me confies-tu.
Alors, vas-y, jette-toi dans la beauté.
Au bout d’une page, ou de quelques vers,
il y a parfois le début d’un univers.
Je te regarde : ce matin, tu te sens si poème
que tu crois pouvoir toucher,
pour dire le monde,
l’infini d’une seconde.  » Carl NORAC (Poète et écrivain belge de langue française. Ce poème s’intitule Poème pour l’enfant au bord d’une plage)

Carl NORAC

2 réflexions sur “La poésie …

  1. Magnifique enthousiasme porteur et convaincant. J’aimerais pour ma part que l’infini dure plus d’une seconde, au moins le temps qu’il faut pour coucher la pensée et qu’elle reste, insomniaque, dans le livre ouvert de l’éternité. Mais c’est plus demander qu’une bruine…sauf pour celui qui sait la faire tomber.

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