Musique & Orchestre …

 » L’art de diriger consiste à savoir abandonner la baguette pour ne pas gêner l’orchestre. J’ai souvent dit à l’orchestre, et en particulier aux plus jeunes musiciens :  » fais de ton mieux, aimes ce que tu fais parce que tu es autorisé à faire cela. » J’entend par là qu’ils peuvent faire ce que des millions de personnes ne peuvent pas faire. Beaucoup de gens ne peuvent par interpréter de la musique ou l’écouter. Être impliqué professionnellement dans une chose aussi créative est un grand privilège, et nous avons le devoir de le faire de façon à pouvoir apporter du plaisir.

Dans notre profession, quelqu’un peut être très brillant et avoir une maîtrise technique totale, mais en dernier ressort ce qui compte ce sont ses qualités d’être humain. Si la personne ne voit que des notes, c’est intéressant mais cela ne peut l’enrichir. La musique ne devrait exister que dans un seul but : celui d’enrichir l’homme et lui donner quelque chose qu’il a perdu. Aucune musique est médiocre, sauf si elle est interprétée d’une façon qui la rend comme telle. Il existe probablement un nombre incroyable de possibilités pour donner vie à la musique par rapport à une partition.  » Herbert V.KARAJAN (Chef d’orchestre autrichien)

Tableau Roger SURAUD

SYMPHONIE N°5 Op.67 … Ludwig V.BEETHOVEN

( Vidéo : Herbert V.KARAJAN & l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE BERLIN )

Elle est très facilement reconnaissable par les huit  premières notes de départ  . On dit (sans confirmation aucune)  que Beethoven aurait expliqué ces mesures en disant  » ainsi le destin frappe à la porte « . Nul ne saura jamais si cela est vrai … Par contre, ce qui est certain c’est qu’il n’aura jamais imaginé combien elles deviendront célèbres et sa partition si populaire.

Elle fut dédiée à deux de ces mécènes le comte Franz Joseph Lobkowitz, grand mélomane et violoniste à ses heures, et le comte Andreï Razumovsky un diplomate.

La 5e Symphonie est vraiment une œuvre magnifique, magistrale, tragique, virtuose,  audacieuse, d’une grande clarté structurelle et d’une grande capacité inventive. Elle représente tout le génie expressif de Beethoven. Quand on sait que quelques années auparavant, il traversait des moments suicidaires et écrivait son Testament de Heiligenstad, on peut comprendre le côté inquiétant et tourmenté qu’il peut y avoir en elle. Mais il  y a aussi, en contraste, notamment dans le dernier mouvement, un moment de lumière rayonnante et triomphante  qui nous amène à penser qu’il a vaincu tous ses sentiments les plus sombres et qu’il a trouvé la force de continuer au travers de la musique.

Malgré toutes ses qualités, sa création fut un échec  : différentes raisons en ont été la cause, mais celle qui a le plus mis en colère Beethoven, c’est l’incompétence des musiciens. Certes, les œuvres présentées avaient été très peu répétées préalablement, mais pour lui les exécutants n’étaient absolument pas à la hauteur de sa musique et il n’avait pas manqué de le leur faire savoir. En conséquence, le public n’avait pas apprécié et une très mauvaise ambiance générale s’était installée. 

Il aura fallu une critique venant de la part de l’écrivain , compositeur, dessinateur et critique musical Ernst Theodor Wilhem Hoffmann, dans son essai La musique instrumentale de Beethoven en 1810, pour que l’on aille y voir d’un peu plus près, avec curiosité, ce que renfermait réellement cette œuvre, qu’on la comprenne et qu’on l’apprécie à sa juste valeur. » C’est irrésistible comme cette œuvre magnifique transporte l’auditeur à travers des climats grandissant jusqu’au royaume spirituel de l’infini  »  disait-il.

Les compliments ne s’arrêteront pas là : en 1830 Goethe assiste à son interprétation sous la direction de Félix Mendelssohn. Il s’écriera  » c’est très grand, c’est absolument fou !  » … Quatre ans plus tard ce sera le tour du critique musical François-Joseph Fétis de transmettre son ressentis dans la Revue musicale :   » Une telle création se situe au-dessus de la musique. Ce ne sont plus des flûtes, des cor, des violons et des contrebasses que l’on entend, c’est le monde, l’univers qui s’ébranle  » -… et de Berlioz après l’avoir entendue à Paris  » :   » C’est au final que la Salle du Conservatoire eût offert un curieux spectacle à un observateur de sang-froid. Au moment où, quittant l’harmonie sinistre du scherzo pour la marche éclatante qui lui succède, l’orchestre semble vous faire passer tout d’un coup d’une caverne du Blocksberg sous le péristyle d’un temple du soleil, les exclamations, les chuts, les applaudissements, les éclats de rire convulsifs contenus pendant quelques secondes , ont tout d’un coup ébranlé la salle avec une telle force que le puissant orchestre, submergé sous cette trombe d’enthousiasme, a disparu complètement. Ce n’est qu’au bout de quelques instants d’une agitation fébrile que le spasme nerveux, dont l’auditoire entier était possédé, a permis aux instruments de se faire entendre. » 

Pain chocolat aux amandes …

 » Devant un pain au chocolat blond et doré
Fourré de pâte d’amande nappé de sucre glace
Je craque comme un enfant qui pleure quand on le prive
De téter sa tétine comme lui je salive
L’odeur et la chaleur qui s’en dégage m’absorbe
Totalement je savoure chaque bouchée lentement
Quel douceur au palais quel saveur sous la langue
Je me laisse prendre et je succombe avec délice
A cette onctuosité du chocolat fondant
Et de la pâte d’amande encore tiède et complice  » Alain HANNECART (Poète français)