La fée Jonquille …

 » Je suis l’enfant chérie : le merle et l’étourneau

Chantent mon arrivée, perchés dans les rameaux ;

Moi, perle des narcisses et jonquille nouvelle,

A travers la contrée, j’ai entendu l’appel.

Et les vergers retentissent de voix qui chantent

Aussi bien mon jupon que ma robe charmante ;

Les enfants jouent et que disent-ils ? Ecoutez !

Ils disent : la belle jonquille est enfin née. »

Cicely Mary BARKER (Illustratrice-aquarelliste et auteure anglaise de livres sur les fleurs – La fée Jonquille fait partie de son ouvrage Le jardin féérique où chaque fleur a une fée)

Les doigts et le piano …

CHOPIN MAIN
Moulage de la main gauche de Frédéric CHOPIN par Auguste CLÉSINGER –  » La main gauche c’est simplement le maître de chapelle. Elle ne doit jamais fléchir. C’est une véritable horloge. Quand à la droite, faites-en ce que vous voulez et ce que vous pouvez“ Frédéric CHOPIN (Compositeur polonais, pianiste virtuose)

 » Pendant longtemps, les pianistes ont travaillé contre la nature en cherchant à donner une sonorité égale à chaque doigt. Au contraire, chaque doigt devrait avoir sa propre partie. Le pouce a la plus grande force, parce qu’il est le plus gros et le plus indépendant des doigts. Vient ensuite le cinquième, à l’autre extrémité de la main. Puis l’index, son support principal. Enfin, le troisième, qui est le plus faible des doigts. Quant à son frère siamois, certains pianistes essaient, en y mettant toute leur force, de le rendre indépendant. C’est chose impossible et vraiment inutile. Il y a donc plusieurs espèces de sonorités, comme il y a plusieurs doigts. Il s’agit d’utiliser ces différences. Et ceci, en d’autres mots, est tout l’art du doigté.  »  Frederic CHOPIN (Pianiste et compositeur polonais) .

Les Valses de CHOPIN …

 » La musique de Chopin ramasse la fleur des champs sans en faire tomber la rosée ni le duvet le plus léger  » Rubrique nécrologique de la Gazette Populaire en Octobre 1849

Chopin a composé dix-neuf Valses entre 1829 et 1848  : quatorze furent publiées de son vivant, et cinq, qu’il trouvait imparfaites, le seront à titre posthume. On peut dire qu’il a apporté une certaine noblesse à ce genre . Ce ne sont pas des valses viennoises et d’ailleurs Chopin lui-même n’a jamais souhaité qu’il en soit ainsi. Ce qui permet probablement d’en saisir toute leur particularité, leur poésie et leur charme. Elles furent très populaires du vivant de Chopin et le sont toujours aujourd’hui.

Quelqu’un a dit un jour à propos de l’une d’entre elles : elle est destinée à des âmes supérieures qui dansent avec une joie intellectuelle … eh bien je pense que cette affirmation pourrait tout aussi bien se référer à toutes ces pièces magnifiques et profondes venues non seulement de la pensée, du cœur et de l’âme d’un merveilleux compositeur .

Elles ne furent pas écrites pour la danse. Pourtant, quelques-unes seront utilisées, bien plus tard, par des chorégraphes, comme celle-ci par exemple :

( Vidéo : Valse Op.64 N°2 ( 1847) utilisée par Mikhail FOKINE pour son ballet Les Sylphides – Galina ULANOVA et Vladimir PREOBRAZHENSKY à la danse )

Ce sont des pages magnifiques, des morceaux de bravoure, virtuoses, énergiques, nobles, élégantes qui passent de la gaieté à la mélancolie. Le pianiste Alfred Cortot disait à leur propos :  » subtilité de l’invention musicale, concision aristocratique de la forme et de la notation, furtive nostalgique du sentiment …  »

J’en ai choisi quelques-unes :

Valse Op.69 N°1 dite  » de l’adieu  » : Arthur RUBINSTEIN au piano

 Valse N.1 Op.69 dite de l’Adieu ( 1835 ) écrite pour celle qui a tenu une place particulière dans son cœur, à savoir Maria Wodzinska, la sœur de ses amis, dont il était amoureux. Il lui composera cette superbe valse juste avant de quitter Dresde où il s’était rendu pour les voir. Elle lui écrira peu après son départ :  »  lorsque tu nous a quitté, nous étions tous très tristes, les yeux remplis de larmes. Tu étais dans toutes nos pensées, nos conversations. Cette valse, la dernière pièce que nous t’avons entendu jouer, nous a rapproché de toi. Nous étions alors très heureux et nous avions retrouvé notre frère. »

C’est la sœur ainée du compositeur, Ludwika, qui lui donnera ce nom car elle savait qu’elle avait été écrite lorsqu’il avait quitté Dresde. Cette page ne sera publiée qu’en 1852.

Elle est assez étonnante, pleine de douceur, délicatesse et tendresse.

Valse Op.34 N.1 – Vladimir ASKHENAZY au piano :

Composée en 1834. fut écrite pour une jeune fille répondant au prénom de Josefina. Elle est très captivante, délicieusement joyeuse avec des envolées lyriques. On a dit d’elle d’une façon très poétique  :  » quand on l’écoute il n’y a pas de nuage, juste du soleil, juste l’éclat d’un mois d’été  »

Valse Op.18 N.1 – Samson FRANCOIS au piano :

Écrite en 1833– Elle est très célèbre avec son jeu de notes répétées et ses magnifiques sonorités perlées. C’est une pièce joyeuse, lumineuse, espiègle, déconcertante.

Valse OP.34 N.2 : Dinu LIPATTI au piano :

L’Op.18 est composé de trois superbes Valses brillantes. La N.2 reste celle que Chopin a beaucoup aimé. On lui a donné différents surnoms comme La valse du regret ou bien La valse mélancolique. Ce qui la caractéristique très bien d’ailleurs compte tenu qu’il y a beaucoup d’émotion dans cette émouvante page.