Élégie Op.24 … Gabriel FAURÉ

(Vidéo : Jacqueline DU PRÉ au violoncelle & Gerald MOORE au piano)

L’Élégie de Fauré est une pièce très célèbre du répertoire pour violoncelle et piano, dédiée à celui qui la créera en 1880 à savoir Jules Loëb, professeur au Conservatoire de Paris. Le compositeur en fera une version orchestrale en 1895/96, laquelle sera proposée Salle Érard à Paris en 1901.

Elle a obtenu, dès le départ, un très gros succès qui ne se démentira pas au fil des années. Elle est toujours autant appréciée et jouée.

Ce devait être, à l’origine, une Sonate que Fauré ne terminera pas. Il en conservera le Ier mouvement qui est cette Élégie. Elle est expressive, lyrique, intense, passionnée. Le début, qui traduit le désespoir amoureux, est assez triste, mélancolique. Elle évolue, par la suite, de façon plus passionnée, quasi houleuse, et se termine comme elle a commencé dans le calme et la solennité.

C’est sur ce morceau que nos deux talentueux patineurs français, déjà quadruples champions du monde et quintuples champions d’Europe : Gabriella PAPADAKIS et Guillaume CIZERON ont obtenu la médaille d’or, en programme libre, lors des J.O 2022 à Pékin . Ils nous ont proposé une incroyable et belle prestation, pleine de grâce et d’émotion.

Aimer quelqu’un c’est …

« Aimer quelqu’un, c’est comme emménager dans une maison. Au début, on tombe amoureux de la nouveauté. On s’étonne chaque matin que tout cela ne vous appartienne, comme si on craignait qu’on n’annonce qu’il y a eu méprise, que nous ne sommes en réalité pas autorisés à habiter une si belle demeure. Puis les années passent et la façade se ternit, le bois se fissure par endroit, et on commence à aimer la maison moins pour sa perfection que pour ses imperfections. On apprend par cœur chacun de ses coins et recoins ; comment éviter de coincer la clé dans la serrure quand il fait froid ; quelles lattes du parquet ploient quand on marche dessus ; comment ouvrir la penderie sans faire grincer la porte. ce sont tous ces petits secrets qui font que c’est notre maison.  » Fredrik BACKMAN (Romancier, chroniqueur et bloggeur suédois – Extrait de son livre La vie selon Ove)

« Maison et amour » Illustration par Valérie WALSH

La lettre d’amour … VERMEER

 » La toile de Vermeer s’offre clairement comme une énigme. La scène est parsemée d’indices qui invitent le spectateur à son déchiffrement. Son titre original était La Lettre . L’usage a voulu qu’il soit désormais désigné comme La Lettre d’amour. Précision, nuance de taille, que rien ne semble justifier mais qu’on ne saurait croire infondée ni innocente. En même temps qu’elle diffuse cette paix, cette douceur incomparable propre aux oeuvres de Vermeer, la toile s’offre clairement comme une énigme, une énigme à résoudre.

Par une porte étroite, le spectateur est plongé dans la pénombre, surprend ou épie de façon accidentelle ou préméditée, une scène très éclairée. Il assiste à la remise, par une servante, d’une lettre adressée à sa maîtresse. Cette scène de genre est l’un des canons de la peinture flamande du XVIe siècle. On écrit et on lit beaucoup dans la peinture hollandaise. On y joue également d’un instrument de musique, luth ou virginal, même si la note reste souvent en suspens comme dans notre   lettre , comme pour confirmer la définition de la poésie proposée par Paul Valéry  » cette longue hésitation entre le son et le sens  » . Il semble que ce soient là les seules distractions autorisées pour les jeunes filles dans les maisons où la règle, pour le pas dire le règlement, est de s’atteler à ce que Verlaine appelait  » les travaux faciles et ennuyeux « .

Hervé DE SAINT HILAIRE ( Écrivain, journaliste au Figaro, passionné d’art, pédagogue français)

 » La lettre d’amour  » Johannes VERMEER