Philosophie de l’amour …

« Les fontaines se mêlent au fleuve
Et les fleuves à l’océan,
Les vents du ciel se mêlent à jamais
Avec une douce émotion ;
Rien au monde n’est unique,
toutes choses par une loi
se divisent dans l’être de l’autre se mêlent –

Pourquoi pas moi avec le tien ?
Voir les montagnes embrasser le ciel élevé
Et les vagues se serrent les unes les autres;
Aucune fleur sœur ne serait pardonnée
si elle dédaignait son frère:
Et la lumière du soleil étreint la terre,
Et les rayons de lune embrassent la mer …
Que valent tous ces baisers,
si tu ne m’embrasses pas? » (Percy BYSSHE SHELLEY (Poète anglais – Extrait de son recueil Hymne à la beauté intellectuelle)

Percy BYSSHE SHELLEY 1792/1822

Quand j’écris un opéra …

 » Quand j’écris un opéra, je cherche avant tout à être sincère, à être vrai, à donner de toutes mes forces, et par tous les moyens, le sens de la vie. L’inspiration est un éveil, une évasion de toutes les facultés humaines, et se manifeste dans toutes les grandes réalisations artistiques. ».«  Giacomo PUCCINI (Compositeur italien)

Giacomo PUCCINI 1858/1924

TOSCA … Giacomo PUCCINI

En 1889, Puccini assiste à une représentation de la pièce de Victorien Sardou La Tosca avec, dans le rôle principal Sarah Bernhardt. Cela lui donne l’envie de composer un opéra différent de ses deux derniers ( La Bohème et Manon  ). Il le voit encore plus réaliste et crédible . Il écrit à Giulio Ricordi, son éditeur,  pour obtenir les droits : «  Je vous prie de faire le nécessaire pour obtenir l’autorisation de l’auteur. Je serais fort triste de renoncer à cette idée. Pour moi, Tosca est une oeuvre  faite exactement à ma mesure. Elle n’est pas de dimensions excessives, n’est pas un spectacle décoration et ne nécessite pas une surabondance de musique. »

Faute de réponse, le projet ne verra pas le jour tout de suite . Quelques années passeront  avant qu’il n’ait véritablement toute l’expérience pour se jeter dans ce travail d’adaptation, et qu’il ait fait tout son possible pour obtenir l’acceptation de Victorien Sardou. Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, ses librettistes favoris, seront chargés de la rédaction du livret. Certains personnages seront supprimés et l’action va se recentrer en trois actes.

PUCCINI et ses deux librettistes
Giacomo PUCCINI en 1896 avec à ses côtés ses deux librettistes attitrés à savoir : Giuseppe GIACOSA et Luigi ILLICA. L’un lui a apporté son côté poétique ( Giacosa ) , l’autre son côté dramatique ( Illica) – Une belle osmose entre les trois.

Une histoire où se mêlent l’amour, la politique, la passion, la conspiration, le meurtre et le suicide. Elle  se déroule à Rome et met en scène une cantatrice ( Flora Tosca )  infiniment jalouse, maîtresse d’un peintre ( Mario Caravadossi ) . D’un autre côté on a un ancien consul républicain  romain (Angelotti), ami du peintre, qui s’évade de la prison Saint Ange, se réfugie dans l’église San Andrea della Valle  et lui demande de l’aide pour le cacher car il est recherché par le chef de la police  Scarpia, lequel n’est pas insensible lui aussi aux charmes de Tosca.

Scarpia veut se débarasser de Caravadossi, l’arrête en l’accusant d’avoir soutenu un fugitif, le fait torturer par ses hommes de mains. Tosca découvre avec stupeur le sort réservé à son amoureux.Il est menacé de mort et peut y échapper à la seule condition qu’elle se donne à Scarpia. Pour le sauver, elle accepte le chantage, mais lorsqu’ils se retrouvent tous deux, elle le poignarde en plein coeur , vole le sauf-conduit avant de fuir vers son amour. Quand ils se retrouvent elle lui raconte tout. Malheureusement les tireurs arrivent et le tuent. Accablée de douleur elle enjambe le parapet et  se jette dans le vide.

Tosca est un drame de passion et de désir qui sera créé à Rome au théâtre Costanzi en 1900. On ne peut pas dire qu’il obtiendra le succès que Puccini attendait. Les critiques seront très mitigées notamment en raison du côté assez violent de l’histoire. Toutefois, le public, lui, est assez enthousiaste et l’opéra fait l’objet de plusieurs rappels à la fin.

C’est une oeuvre lyrique magnifique, chaleureuse,  éblouissante, expressive,  très intense, oppressante même, avec une musique brillante incroyablement belle, une fluidité superbe dans le déploiement musical et dramatique, des sentiments réalistes, profonds, des personnages qu’il est difficile d’oublier,  un livret efficace et concis dans lequel l’histoire est vibrante. Puccini a fait preuve d’un grand souci du détail ce qui apporte à cet opéra un côté très authentique. Les arias et duos sont absolument bouleversants.

Le rôle de l’héroïne principale  est très exigeant, très riche. Il nécessite d’avoir des qualités vocales aussi performantes dans le grave que dans l’aigu. En cela la saisissante et charismatique Maria Callas reste une Tosca inoubliable ( j’oserai dire insurpassable comme elle l’a souvent été ) car, tout comme elle, il est  passionné et  impétueux.

( Vidéo : «  Vissi d’arte  » Acte II – Maria CALLAS )

( Vidéo :  » E lucevan le stelle  » – Acte III – Luciano PAVAROTTI )