La musique …

 » La musique est peut-être l’exemple unique de ce qu’aurait pu être ( s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées ) la communication des âmes. » Marcel PROUST (Écrivain français)

Les Rhapsodies hongroises … Franz LISZT

LISZT WEIMAR
Mémorial LISZT à WEIMAR – Sculpteur : Herman HAHN en 1900 – Inauguration en 1902 

Les Rhapsodies Hongroises de Liszt sont au nombre de dix-neuf et leur composition s’échelonne de 1846 à 1886 ( à noter, toutefois, que la majeure partie d’entre elles furent écrites avant 1854) . Au départ, des mélodies auxquelles il avait donné le nom de Magyar Dallock.

Pour bien comprendre ces pièces, il faut les prendre individuellement . Tout simplement parce qu’elles sont très différentes : originales, rebondissantes, mystérieuses, majestueuses, pittoresques, sauvages, fougueuses, mélancoliques, passionnées, étranges, intenses, déchirantes, émotionnelles, scintillantes, toutes très virtuoses. Ce sont des musiques vivantes dont il faut bien saisir l’esprit.

Avant toute chose, Liszt a cherché, avec elles, à reproduire au piano les effets sonores empruntés aux orchestres tziganes qu’il avait entendu durant son enfance, particulièrement le son des violons et ceux du cymbalum . Dans la forme, elles reprennent les effets languissants et sauvages du Lassan ( lent ) et du Friska ( rapide).

Dans une préface, il a voulu, un jour, les expliquer. Malheureusement certaines d’entre elles avaient déjà été publiées … Il va donc le faire dans un livre Des bohémiens et leur musique en Hongrie et là il fera des erreurs ( certes involontaires) d’un point de vue de l’ethnomusicologie, mais il donnera, toutefois, beaucoup d’indications d’une grande richesse.  Beaucoup ont dit que dans ses Rhapsodies les mélodies et les rythmes n’étaient pas hongrois mais tziganes. En fait les deux y sont mêlés et c’est un peu là  son erreur et sa confusion quand on parle d’ethnomusicologie.

Ce que Liszt a ignoré au moment de leur composition, c’est que les tziganes n’avaient pas de musique propre : ils s’étaient appropriés des vieilles mélodies populaires hongroises mais aussi des musiques de compositeurs  hongrois peu connus et ils les avaient modifiées, jouées un peu à leur façon  et apprises d’oreille. En conséquence de quoi, il fut difficile à Liszt de pouvoir, par la suite, reconstituer ce détail de l’histoire, ce qui lui a valu des problèmes , des critiques et des colères, en disant, dans son livre, que la musique tzigane était de la musique hongroise.

Il a toujours été fasciné par la musique tzigane, ses couleurs, la virtuosité, la facilité de ces musiciens à savoir reproduire de la musique alors qu’ils ne l’avaient jamais apprise. Cela leur venait naturellement , facilement, avec plein d’ornementations diverses, et les violons donnaient l’impression de pleurer ou chanter. Il aimé en elle la matière sonore, piquante, savoureuse, la luxuriance multiforme du rythme, les fameux Lassan et Friska, tout ceci l’a beaucoup influencé dans la composition des Rhapsodies. Et au-delà du côté musical, il a aimé le peuple tzigane aussi : les origines de leur race, leur indépendance, leur vie d’errants, leur résistance face aux persécutions dans certains pays d’ Europe.

Pour les interpréter, j’ai fait un choix personnel ,  à savoir de la numéro 1 à la 9, ansi que la 10 : Gyorgy CZIFFRA   et de la 11 à la 19 : France CLIDAT ( surnommée Madame Liszt ). Tous deux font partie de celles et ceux qui furent d’incroyables lisztiens !