Calendrier …

 » Janvier prend la neige pour châle ;
Février fait glisser nos pas ;
Mars de ses doigts de soleil pâle,
Jette des grêlons aux lilas.

Avril s’accroche aux branches vertes ;
Mai travaille aux chapeaux fleuris ;
Juin fait pencher la rose ouverte
prés du beau foin qui craque et rit.

Juillet met les œufs dans leurs coques
Août sur les épis mûrs s’endort ;
Septembre aux grands soirs équivoques,
Glisse partout ses feuilles d’or.

Octobre a toutes les colères,
Novembre a toutes les chansons
Des ruisseaux débordant d’eau claire,
Et Décembre a tous les frissons. » Rosemonde GÉRARD-ROSTAND (Poétesse et comédienne française- Calendrier est un poème qui fait partie du recueil Les pipeaux)

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 » Les quatre saisons  » Alphons MUCHA

Les Quatre Saisons de VIVALDI …

Les Quatre Saisons sont des concertos pour violon qui font partie d’un recueil publié en 1725 à Amsterdam et intitulé : Il Cimento dell’armonia e dell’invenzione Opus 8. Une collection qui a connu un très beau succès notamment en raison de la présence de ces quatre pièces : RV.269 Le Printemps – RV 315 L’été – RV 293 L’Automne et RV 297 L’Hiver.

Comme bon nombre des concertos de Vivaldi, ceux-ci se caractérisent par son célèbre vif-lent-vif et la façon si particulière dont ils ont été traités à savoir bien mettre en évidence la place du soliste pour qu’il puisse y déployer tout son talent virtuose. Il avait plus de 40 ans lorsqu’il se mit à écrire ces concertos. Ce n’était pas une première parce que le genre existait déjà : il est né, en effet, fin du XVe siècle et Vivaldi n’en était pas le père. Mais il s’en est emparé et, on peut dire qu’il a excellé dans ce genre et qu’il a vivement contribué à son développement.

Dans les Quatre Saisons, on retrouve toute l’impulsion rythmique, le génie instrumental, théâtral, les élans du cœur, la liberté d’écriture, les contrastes magnifiques de Vivaldi. Ils représentent une œuvre narrative brillante, vibrante, poétique, sereine, passionnée, une musique magique qui, il faut bien le reconnaître, ne peut que rendre heureux lorsqu’on l’écoute.

C’est le  cycle des saisons avec un printemps bucolique, pastoral, le chant des oiseaux, l’éveil de la nature endormie – Un été expressif, surprenant dans ses rythmes, un peu plus dramatiques que le précédent, mais il fait chaud, le soleil brille – Un automne festif et mélodieux au temps des vendanges et l’ouverture de la chasse – Et enfin un hiver avec le froid, le gel, le tourbillon des flocons de neige, et des pizzicati qui traduisent la pluie.

Chaque saison est accompagnée d’un Sonnet écrit, à la main, sur la partition par le compositeur, lequel explique, de façon poétique, chacun des mouvements.

Les Quatre Saisons ont été souvent reprises par de très nombreux interprètes. Certaines versions, comme par exemple, celle , assez récente dirons-nous, de Fabio BIONDI et EUROPA GALANTE méritent largement les compliments reçus .

Personnellement, j’ai une petite tendresse pour une version ancienne, mais que je trouve absolument magnifique, couronnée par de nombreux prix. Il s’agit du violoniste Félix AYO avec son ensemble I MUSICI. Elle est l’un des premiers enregistrements qui ont permis au public, en 1959, de découvrir, avec enthousiasme, ces Quatre Saisons …. J’ai eu envie de vous la faire découvrir.