Le chalet …

 » On le dirait éclos d’un nuage de brume,
Agrippé au rocher comme un chat au rideau,
Le vieux chalet de bois tout en haut du hameau,
S’engourdit sous la neige en un soir qui s’allume.

Frileusement blotti, il a clos ses paupières,
Fermer sa lourde porte aux intrus de la nuit,
La cheminée ronronne et, cadencé son bruit,
Semble monter au ciel au rythme de prières.

Quelques sapins touffus à la blanche ramure,
Se penchent sur cette ombre et doucement la veillent,
Les flocons s’agitant comme un essaim d’abeilles,
Par millions de baisers butinent sa toiture.

Dans les frimas d’hiver rien ne bouge ou remue,
Le silence trop lourd aux oreilles bourdonnent,
Tandis que tout en bas un Angélus résonne,
Au fond de la vallée où la vie continue. » Monique LAHOSTE (Poétesse française)

SONATE pour clavecin & flûte BWV 1031 … Jean-Sébastien BACH

(Vidéo : Emmanuel PAHUD à la flûte et Trevor PINNOCK au clavecin)

La paternité de cette Sonate pour flûte et clavecin, que l’on situe aux environs de 1730, a longtemps été mise en doute. En effet, on a émis plusieurs idées : soit qu’elle ait été écrite par le deuxième fils de Bach à savoir Carl Philipp Emanuel, soit qu’elle le fut par Christian Friedrich Penzel, l’un de ses derniers élèves , soit qu’elle serait l’œuvre du compositeur et flûtiste Johann Joachim Quantz et que Bach se serait inspiré de cette partition pour sa version personnelle.

Ces différentes suppositions ont été un peu mises de côté depuis depuis que l’on a eu connaissance de documents émanant du secrétaire particulier du Cantor qui a parlé de cette Sonate comme étant bien celle de Jean-Sébastien.

Elle est vraiment très belle, cantabile, complexe, et expressive.

Personnages à la fenêtre … Gustave CAILLEBOTTE

 » Le thème du personnage à la fenêtre devient un motif de prédilection chez l’artiste qui en propose de nombreuses versions autour des années 1880. Frontière ou seuil entre le dedans et le dehors, la fenêtre suscite, par sa transparence, le regard : c’est un poste d’observation privilégié de la réalité extérieure. De plus, les possibilités du cadrage différent amplifient son rôle d’échangeur entre l’espace intérieur et extérieur : la fenêtre a ainsi, dans la peinture de Caillebotte, un rôle actif dans la construction du tableau. En d’autres termes, pour l’art moderne, émancipé de la narration, le cadrage devient à la fois une nécessité et un défi. » Itzhak GOLDBERG (Historien de l’art, critique d’art, professeur en histoire de l’art, écrivain dans de nombreuses revues traitant de la peinture. Extrait de l’ouvrage La ville par les impressionnistes et par Caillebotte)

Gustave CAILEBOTTE/1876
Gustave CAILLEBOTTE/1880
Gustave CAILLEBOTTE / 1880
Gustave CAILLEBOTTE / 1880

La Nativité …

» Le ciel est noir, la terre est blanche ;
( Cloches, carillonnez gaiement ! )
Jésus est né ; la Vierge penche
sur lui son visage charmant.

Pas de courtines festonnées
pour préserver l’enfant du froid ;
rien que les toiles d’araignées
qui pendent des poutres du toit.

Il tremble sur la paille fraîche,
ce cher petit enfant Jésus,
et pour l’échauffer dans sa crèche
l’âne et le bœuf soufflent dessus.

La neige au chaume coud ses franges,
mais sur le toit s’ouvre le ciel
et, tout en blanc, le chœur des anges
chante aux bergers :  » Noël ! Noël !   » Théophile GAUTIER (Poète, romancier et critique d’art français)

 » Nativité dite du Val de Grâce  » – Michel ANGUIER ( Elle se trouve en l’église Saint Roch à Paris – Autel-chapelle de la Vierge )

Joyeux Noël …

Cette année encore nos fêtes de Noël seront perturbées par un nouveau virus qui nous obligent à beaucoup de prudence et de responsabilité.

Profitez donc de ces instants de sérénité, de paix, d’amour, auprès de vos proches, tout en prenant grand soin des uns et des autres.

Je vous adresse mes affectueuses pensées ainsi que mes souhaits pour un très JOYEUX NOËL ! ♥

Messe de minuit & In Nativitatem Domini Canticum … Marc-Antoine CHARPENTIER

(Vidéo :  » Credo  » (Messe de minuit) – Marc MINKOWSKI à la direction de son Ensemble LES MUSICIENS DU LOUVRE avec au vocal : Annick MASSIS – Magdalena KOZENA – Eric HUCHET – Patrick HENCKENS – Rusell SMYTHE – Jean-Louis BINDI – )

La période de Noël avait une certaine importance à la Cour de Louis XIV, ce qui amenait les compositeurs a rivalisé dans l’écriture de très belles compositions pour la période de la Nativité. Charpentier fut l’un d’entre eux.

Il a, à son actif, sur ce thème, des très beaux Motets, Oratorios, et une superbe Messe de minuit, le tout ayant été composé aux environs de 1690 lorsqu’il était maître de chapelle en l’église Saint-Louis à Paris.

Sa messe a quelque chose d’assez original en ce sens qu’elle mêle à la foi le profane et les chants traditionnels au sacré. De plus, elle n’a pas ce côté très traditionnellement sérieux et sobre des messes que l’on pouvait entendre durant cette période.

Elle est joyeuse, douce, pleine d’allégresse, de subtilité, d’allégresse.

Quant à la partition nommée In Navitatum Domini Canticum,classée soit comme un Motet, soit comme un Oratorio, traitant de l’adoration des bergers, de la naissance de l’enfant Jésus, elle est réellement d’une grande richesse mélodique.

Vidéo : « O infans, O deus  » (In Nativitatem Domini Canticum ) William CHRISTIE à la direction de son Ensemble LES ARTS FLORISSANTS)

C’était la nuit de Noël …

 » C’était la nuit de Noël, un peu avant minuit,
à l’heure où tout est calme, même les souris.
On avait pendu nos bas devant la cheminée,
pour que le Père Noël les trouve dès son arrivée.

Blottis bien au chaud dans leurs petits lits,
les enfants sages s’étaient déjà endormis.
Maman et moi, dans nos chemises de nuit,
venions à peine de souffler la bougie,
quand au dehors, un bruit de clochettes,
me fit sortir d’un coup de sous ma couette.

Filant comme une flèche vers la fenêtre,
je scrutais tout là haut le ciel étoilé.
Au dessus de la neige, la lune étincelante,
illuminait la nuit comme si c’était le jour.

Je n’en crus pas mes yeux quand apparut au loin,
un traîneau et huit rennes pas plus gros que le poing,
dirigés par un petit personnage enjoué :
c’était le Père Noël je le savais.

Ses coursiers volaient comme s’ils avaient des ailes.
et lui chantait, afin de les encourager :
 » Allez Tornade !, Allez Danseur ! Allez , Furie et Fringuant !
En avant Comète et Cupidon ! Allez Eclair et Tonnerre !
Tout droit vers ce porche, tout droit vers ce mur !
Au galop au galop mes amis ! au triple galop !  »

Pareils aux feuilles mortes, emportées par le vent,
qui montent vers le ciel pour franchir les obstacles ,
les coursiers s’envolèrent, jusqu’au dessus de ma tête,
avec le traîneau, les jouets et même le Père Noël.

Peu après j’entendis résonner sur le toit
le piétinement fougueux de leurs petits sabots.
une fois la fenêtre refermée, je me retournais,
juste quand le Père Noël sortait de la cheminée.

Son habit de fourrure, ses bottes et son bonnet,
étaient un peu salis par la cendre et la suie.
jeté sur son épaule, un sac plein de jouets,
lui donnait l’air d’un bien curieux marchand.

Il avait des joues roses, des fossettes charmantes,
un nez comme une cerise et des yeux pétillants,
une petite bouche qui souriait tout le temps,
et une très grande barbe d’un blanc vraiment immaculé.

De sa pipe allumée coincée entre ses dents,
montaient en tourbillons des volutes de fumée.
Il avait le visage épanoui, et son ventre tout rond
sautait quand il riait, comme un petit ballon.

Il était si dodu, si joufflu, cet espiègle lutin,
que je me mis malgré moi à rire derrière ma main.
mais d’un clin d’oeil et d’un signe de la tête,
il me fit comprendre que je ne risquais rien.

Puis sans dire un mot, car il était pressé,
se hâta de remplir les bas, jusqu’au dernier,
et me salua d’un doigt posé sur l’aile du nez,
avant de disparaître dans la cheminée.

Je l’entendis ensuite siffler son bel équipage.
ensemble ils s’envolèrent comme une plume au vent.
avant de disparaître le Père Noël cria :
 » Joyeux Noël à tous et à tous une bonne nuit.  » Clément CLARKE MOORE ( Professeur de théologie et de littérature grecque et orientale, poète américain)

Écrire …

 » Écrire c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, le fil d’une œuvre, d’une histoire couchée sur un papier de soie. Écrire c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n’est pas de s’élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier et de sa plume, sur le fil du langage ; ce n’est pas non plus d’aller tout droit sur une ligne continue parfois entrecoupée de vertiges aussi furtifs que la chute d’une virgule ou que l’obstacle d’un point. Non, le plus difficile pour le poète, c’est de rester continuellement sur ce fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu’un instant, de la corde de son heure imaginaire. En vérité, le plus difficile c’est de devenir un funambule du verbe. » Maxence FERMINE (Écrivain français-Extrait de son livre Neige )

Maxence FERMINE