Sonate pour Viole de Gambe & Clavier CQ.88 … Carl Philipp Emanuel BACH

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Portrait de Carl Philipp Emanuel BACH par Franz Conrad LÖHR

«  Un musicien ne peut émouvoir les autres s’il n’est pas ému lui-même. C’est par l’âme qu’il faut jouer. » C.P.E. BACH

Carl Philipp Emanuel est le 2e fils de Jean-Sébastien Bach, probablement celui  de ses enfants dont on peut dire qu’il a le mieux réussi dans la musique. Il a été connu, apprécié et a fort bien gagné sa vie. Il fut un compositeur novateur et inventif.

Cette très belle Sonate fut écrite en 1759 à l’époque où il était musicien à la Cour du roi de Prusse, Frédéric le Grand. Elle fait partie d’une série de six composées pour la viole de gambe et le clavier. Carl était lui-même gambiste ; en conséquence de quoi, il a pu montrer tout son talent au travers de ces très belles partitions.

Celle-ci est se déploie entre modernité et tradition. Assez italienne par certains côtés, expressive, exigeante et technique. Le dialogue entre les deux instruments est fort bien équilibré, intense, nuancé et ne manque pas de cette émotion dont parlait le compositeur.

(Vidéo : Allegro assaï – Paolo PANDOLFO à la Viole de Gambe – Rinaldo ALESSANDRINI au Clavecin)

Moi lorsque je lis …

 » Moi lorsque je lis, je ne lis pas vraiment, je ramasse du bec une belle phrase et la suce comme un bonbon, je la sirote comme un petit verre de liqueur jusqu’à ce que l’idée se dissolve en moi comme l’alcool ; elle s’infiltre si lentement qu’elle n’imbibe pas seulement mon cerveau et mon cœur, elle pulse cahin-caha jusqu’aux racines de mes veines, jusqu’aux radicelles des capillaires.

Ainsi, bien malgré moi, je suis devenu sage je découvre maintenant que mon cerveau est fait d’idées travaillées à la presse mécanique, de paquets d’idées. Ma tête dont les cheveux se sont tous consumés, c’est la caverne d’Ali Baba, et je sais qu’ils devaient être encore plus beaux, les temps où toute pensée n’était inscrite que dans la mémoire des hommes. En ces temps-là, pour compresser des livres, il aurait fallu presser des têtes humaines ;  mais même cela n’aurait servi à rien, parce que les véritables pensées viennent de l’extérieur, elles sont là, posées près de vous comme une gamelle de nouilles, et tous les inquisiteurs du monde brûlent vainement les livres quand ces livres ont consigné quelque chose de valable, on entend encore leur rire silencieux au milieu des flammes, parce qu’un vrai livre renvoie toujours ailleurs » » Bohumil HRABAL (Écrivain tchèque – Extrait de son livre Une trop bruyante solitude)

Bohumil HRABAL (1914/1997)

21.12.2021 : l’hiver est de retour …

 » Dans la forêt qui se réveille
Décembre fête un nouveau jour,
Au pied du houx l’ombre sommeille…
Voyez, Hiver est de retour !

Dame Nature en robe blanche
Le matin pose avec amour
Un peu de givre sur les branches…
Voyez, Hiver est de retour !

Sous un épais tapis de neige
Les fleurs se cachent tour à tour,
Coquelicots ou perce-neige…
Voyez, Hiver est de retour !

Comme le temps doucement passe
Quand il marche à pas de velours,
Sans bruit et sans laisser de trace…
Voyez, Hiver est de retour ! « Isabelle CALLIS-SABOT (Poétesse et romancière française)