Les échecs …

 » Assurément je connaissais par expérience le mystérieux attrait de ce « jeu royal« , le seul entre tous les jeux inventés par les hommes qui échappe souverainement à la tyrannie du hasard, le seul où l’on ne doive sa victoire qu’à son intelligence ou plutôt à une certaine forme d’intelligence. Mais n’est-ce-pas déjà le limiter injurieusement que d’appeler les échecs un jeu ? … N’est-ce-pas une science, un art ou quelque chose qui est suspendu entre l’un et l’autre et qui réunit un nombre incroyable de contraires. C’est une pensée qui ne mène à rien, une mathématique qui n’établir rien, un art qui ne laisse pas d’œuvre, une architecture sans matière ; et il a prouvé, néanmoins, qu’il était plus durable, à sa manière, que les livres ou que tout autre monument, ce jeu unique qui appartient à tous les peuples et à tous les temps et dont personne ne sait quel dieu en fit don à la terre pour tuer l’ennui, pour aiguiser l’esprit et stimuler l’âme … Où commence t-il, où finit-il ?  » Stefan ZWEIG ( Dramaturge, écrivain, journaliste et biographe autrichien- Extrait de son livre Le joueur d’échecs )

» Les échecs  » – Eduard BITTERLICH

Chaque page d’un livre …

« Chaque page d’un livre est une ville. Chaque ligne est une rue. Chaque mot est une demeure. Mes yeux parcourent la rue, ouvrant chaque porte, pénétrant dans chaque demeure. Ce matin, en sortant de mon livre, j’éprouvais une délicieuse sensation d’ébriété et d’espace, une grande impatience, un magnifique désir. Tout ce que je demande à un livre, c’est de m’inspirer ainsi de l’énergie et du courage, de me dire ainsi qu’il y a plus de vie que je ne peux en prendre, de me rappeler ainsi l’urgence d’agir. » Réjean DUCHARME ( Écrivain québécois – Extrait de son livre L’avalée des avalés)

livre la nuit
Photo de Kasia DERWINSKA