Quatuor K.V.465 « Les Dissonnances  » … W.Amadeus MOZART

(Vidéo : Adagio-Allegro par le Quatuor ÉBÈNE )

Ce merveilleux Quatuor fut composé en 1745 et fait partie d’une série de six dédiés à Joseph Haydn.

C’est un chef-d’œuvre que l’on pourrait qualifier de théâtral avec un contenu symbolique, voire même initiatique, un magnifique petit trésor laissé par Mozart, écrit dans un langage plutôt audacieux et une forme qui l’est tout autant.

La partition est originale. Elle doit son nom à sa lente introduction (fait rare et assez saisissant chez Mozart) , et se révèle pleine de noblesse, de grâce, à la fois légère et profonde, avec un côté dramatique bien présent.

Novembre …

 » La forêt se défait de ses belles couleurs,
Dans le froid du matin quelques rêves s’accrochent,
L’automne se consume et l’hiver se rapproche,
Le temps s’écoule avec une extrême langueur…

Au long sommeil la vie semble se résigner ;
Tandis que l’horizon timidement s’allume
Des écharpes de givre et des manteaux de brume
S’enroulent tout autour des arbres dénudés.

Silencieusement s’évapore la nuit,
L’amertume grandit au fur et à mesure ;
Novembre est là, qui décompose la nature
Et qui provoque un si mélancolique ennui. » Isabelle CALLIS-SABOT (Poétesse et auteure française – Ce poème Novembre fait partie de son recueil Cent poèmes pour rêver)

Une feuille sur l’eau …

 » Une feuille morte sur l’eau,
Ephémère bribe de vie,
Descend  au fil bleu du ruisseau
Avec la surprenante envie
D’aller tout comme un vrai bateau,

Un joli bateau si fragile…
Encore un tout petit sursis ?
Elle tangue un peu, elle oscille
Depuis une heure sans soucis…
Le courant qui se veut facile

La berce juste un petit peu ;
Le tangage s’est adouci,
Balancement tout comme un jeu…
Oh non ! Ne pas mourir ainsi,
Ce n’est point le temps des adieux !

Mais telle une jolie nacelle
Voguant exempte d’ennemis,
Comme une frêle balancelle
Poussée par un mistral ami,
La feuille dorée étincelle

Dans le soleil roux qui décline.
Encor un tout petit répit
Pour le grêle esquif ? Il s’incline
Sous le vent qui s’est assoupi,
Et la feuille qui dodeline

Vogue toujours au fil de l’eau
Qui la ballotte ivre et ravie
De sa valse sur le ruisseau.
Elle en éprouverait l’envie
De devenir un vrai bateau !  » Vette DE FONCLARE (Professeur de Lettres, poétesse française)

Une bibliothèque …

« La bibliothèque se défend toute seule, insondable comme la vérité qu’elle héberge, trompeuse comme le mensonge qu’elle enserre. Labyrinthe spirituel, c’est aussi un labyrinthe terrestre. Vous pourriez entrer et vous ne pourriez plus sortir. » Umberto ECO (Écrivain italien – Extrait de son livre Au nom de la rose)

Bibliothèque nationale d’Autriche à Vienne

Le goût de la bonne lecture …

 » Si le goût de la bonne lecture était plus répandu parmi les gens du monde, ils auraient plus de bonnes connaissances pour se bien conduire. L’oisiveté engendre tous les vices, mais c’est l’ignorance qui les accrédite et les perpétue. » David Augustin DE BRUEYS (Auteur dramatique, théologien français / Extrait de son ouvrage Les amusements de la raison en 1721)

 » La lecture  » William STRANG

Concerto N°2 op.21 … Frédéric CHOPIN

(Vidéo :  » Maestoso  » Maria JOAO PIRES au piano – Elle est accompagnée par le ROYAL PHILHARMONIC ORCHESTRA – Direction André PRÉVIN)

Chopin fut un grand spécialiste du piano, et  sa contribution pianistique fut, d’ailleurs, très importante pour l’évolution de cet instrument. Même lorsqu’il a composé avec orchestre, le piano a tenu une place de premier choix.

Il a écrit deux Concertos pour piano et orchestre : le N°1 OP 11 et le N°2 OP 21, tous deux en 1830, et interprétés, la même année, pour  la première fois à Varsovie. Toutefois, le N°2 le fut le premier. Lorsque Chopin est arrivé à Paris, son éditeur le trouvera plus difficile d’interprétation par rapport à l’autre,  et va préférer placer l’OP. 11 comme étant le N°1 et l’OP.21 comme étant le N°2.

Curieusement,  ce fut une partition assez critiquée à l’époque  : on lui trouvait quelques défauts que ce soit dans la forme et dans l’instrumentation, mais au fil des années on l’a beaucoup appréciée et elle est devenue  une de celles que le public, les chefs et les interprètes affectionnent tout particulièrement.

Ce Concerto N°2 Op.21 est une page très exigeante, et tout comme le N°1 il se doit impérativement de bien fusionner avec l’orchestre. Il doit y avoir une réelle osmose entre eux.

La passion pour le chant lyrique de Chopin est bien présente car il est très cantabile ! mais également lumineux, éclatant, expressif,  virtuose, et porte en lui une certaine sobriété. Le Larghetto est une petite merveille, une  sublime et émouvante  poésie musicale qui fut dédié à la soprano Kostancja Gladkowska pour laquelle il a éprouvé des sentiments amoureux.

(Vidéo :  » Larghetto  » – Maria JOAO PIRES au piano – Elle est accompagnée par LE ROYAL PHILHARMONIC ORCHESTRA – Direction André PRÉVIN)

11 novembre 2021 …

En ce jour du 11 novembre qui fête l’Armistice, j’ai choisi un poème magnifique du  poète, romancier et journaliste français, Louis ARAGON (Extrait de La guerre et ce qui s’ensuivit- Le roman inachevé 1956) :

 » Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles
Jeune homme dont j’ai vu battre le coeur à nu
Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus
Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille

Qu’un obus a coupé par le travers en deux
Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre
Et toi le tatoué l’ancien Légionnaire
Tu survivras longtemps sans visage sans yeux

Roule au loin roule train des dernières lueurs
Les soldats assoupis que ta danse secoue
Laissent pencher leur front et fléchissent le cou
Cela sent le tabac la laine et la sueur

Comment vous regarder sans voir vos destinées
Fiancés de la terre et promis des douleurs
La veilleuse vous faite de la couleur des pleurs
Vous bougez vaguement vos jambes condamnées

Vous étirez vos bras vous retrouvez le jour
Arrêt brusque et quelqu’un crie Au jus là-dedans
Vous baillez Vous avez une bouche et des dents
Et le caporal chante Au pont de Minaucourt

Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit
Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s’efface
Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri »

« Le poilu victorieux » est une statue qui a été réalisée par le sculpteur Eugène BÉNET en 1920. Elle représente, comme son nom l’indique, un poilu de la première guerre mondiale. Elle fut destinée à orner différents monuments aux morts en France. Toutes sont signés du nom de l’artiste. Il y en a plusieurs centaines . Certaines sont en bronze, d’autres en pierre, et d’autres encore ont été colorées.

Jeter l’encre …

 » Quand j’ai du vague à l’âme
Quand j’ai le cœur qui rame
Je jette l’encre à l’eau
Pour infuser mes mots,
Quand la houle est tenace
Quand l’avarie menace
Je joue de l’encrier
Pour ne pas chavirer.

Quand les échecs s’enchaînent
Quand l’amer se déchaîne
Je noircis mon cahier
Pour ne pas dériver,
Quand les tourments sont forts
Quand s’éloigne le port
Quand les jours sont galère
Je me soigne de vers.

Quand mon âme est ballottée
Par de puissants alizés
Je sors l’encre et le papier
Pour éviter de sombrer,
Quand mon âme est submergée
Par de brumeuses marées
Je mets le cap sans tarder
Sur des îlots griffonnés.

Quand j’ai du vague à l’âme
Quand l’ouragan se trame
Je jette l’encre à l’eau
Pour immerger mes maux,
Quand l’horizon décline
Quand mon bonheur marine
Au naufrage promis
Je réponds poésie ! » Laurent AYCAGUER (Poète et auteur français aquitain)