Histoire d’un ballet : PAQUITA …

 » Ce ballet dans lequel l’action est , certes, un peu trop mélodramatique, est un véritable succès. La richesse et l’originalité des costumes, la beauté des décors, mais surtout la perfection de la danse de Carlotta en sont les raisons ! Ses pas sont d’une inimaginable difficulté. Elle saute à coche pied sur les pointes avec des tours d’une vivacité éblouissante, immédiatement suivis et exécutés dans une rapidité surprenante et qui inspirent mélange de crainte et de plaisir parce que ses exécutions sont faite à la limite du possible et ce même si elle a souvent répété …  » Théophile GAUTIER (Poète, romancier français, critique d’art. Propos tenus après la première du ballet)

(Vidéo : Agnès LETESTU pour l’Opéra de Paris )

Paquita est un ballet en trois actes et plusieurs tableaux, créé en 1846 tout spécialement pour celle qui régnait sur l’Opéra de Paris depuis près de dix ans à savoir la célèbre danseuse Carlotta Grisi dont on ne cessait de vanter le style aérien, l’habileté technique et la grâce . Le public et la critique lui réserveront un accueil très enthousiaste. Le chorégraphe fut Joseph Mazillier. Le livret sera rédigé par l’écrivain, journaliste et librettiste Paul Foucher qui s’inspira d’une Nouvelle extraite du recueil de Miguel Cervantes Nouvelles exemplaires :  La petite Gitane ,  ainsi que de l’Homme qui rit de Victor Hugo.

Carlotta GRISI dans Paquita

Pour la musique, il fera appel au violoniste, chef et compositeur Edouard Deldevez. Elle se révèlera très imaginative, expressive et brillante.

C’est l’histoire d’une jeune fille issue d’une noble famille, enlevée à sa naissance par des gitans. Elle tombe amoureuse (et réciproquement) de Lucien d’Hervilly un officier. Amour impossible en raison de leur différence sociale. Mais Paquita sauvera Lucien d’un complot et après bien des rebondissements on apprendra qu’elle est, en réalité, la fille de Charles d’Hervilly, l’oncle de Lucien. Les coupables seront arrêtés, le bal du gouverneur prendra place et les deux gens pourront se marier.

Ce ballet disparaîtra , par la suite, des scènes françaises, voyagera jusqu’en Angleterre, puis s’en ira vers la Russie où il aura énormément de succès car il représentait le merveilleux style français du XIXe siècle. Après l’avoir lui-même interprété lorsqu’il était un jeune danseur, Marius Petipa donnera sa première lecture personnelle en 1847, puis une seconde en 1881 lorsqu’il était devenu maître de ballet à Saint Pétersbourg. Il enrichira sa chorégraphie du Grand Pas de Deux ( sur une musique de Ludwig Minkus ) , de la Mazurkas des enfants et procédera également à d’autres remaniements.

(Vidéo : Grand pas de Deux Agnès LETESTU & José MARTINEZ- Opéra de Paris )

Après lui, Paquita tombera dans l’oubli durant des décénnies. En 2001, Brigitte Lefèvre, qui était alors directrice de la danse à l’Opéra de Paris, demandera à Pierre Lacotte, grand spécialiste des ballets perdus ou oubliés, de le remonter. Cela occasionnera un  important et difficile travail de recherches sur des documents existants  qu’il put réussir à trouver, ainsi que sur tous les différents témoignages recueillis notamment celle avec laquelle il avait étudié la danse à savoir Lyubov Egorova qui avait dansé Paquita en Russie, et Carlotta Zambelli qui, elle aussi, tint , un jour, le rôle principal de ce ballet.

Pierre LACOTTE

On peut réellement dire que Pierre Lacotte a ré-inventé Paquita. Il l’a fait avec subtilité, finesse, beauté, intensité. C’est une chorégraphie d’excellente qualité, le style est soigné. C’est l’un des plus beaux fleurons de la danse française. L’argument est rocambolesque, pittoresque, fantaisiste, et la danse incroyablement belle. Les arrangements musicaux et ré-orchestration de la partition de Minkus, sont de David Coleman.

Véritable poésie chorégraphique, expressif, riche en couleurs, élégant, raffiné, très gracieux, il a la réputation d’être difficile d’interprétation que ce soit pour les solistes comme pour le corps de ballet ( ce dernier est très souvent mis en valeur) . Il demande, en effet, un grand professionnalisme, de la technique. Il faut, par ailleurs, être doté d’une excellente pantomime. On peut même rajouté qu’il est heureux et joyeux car la fête, pétillante et réjouissante, est présente à chaque tableau.

(Vidéo : Pas de Trois : Nolwenn DANIEL – Mélanie HUREL & Emmanuel THIBAUT -Opéra de Paris )
Tutu PAQUITA pour les danseuses du corps de ballet de l’Opéra de Paris – Ils ont été réalisés par Luisa SPINATELLI

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