Manon … Kenneth MAC MILLAN

Kenneth MACMILLAN 1929/1992 (Danseur, chorégraphe, directeur de ballet)
(Vidéo : Sylvie GUILLEM)

Manon est un roman publié en 1731 par l’abbé français Antoine François Prévost. Il raconte l’histoire d’une jeune femme, Manon, qui séduit un jeune séminariste : Des Grieux. Elle va le détourner de sa carrière d’ecclésiastique, l’initiera à ses proches penchants pour le luxe et la débauche et parallèlement à la liaison qu’elle entretenait avec lui, elle en vivra une autre avec un homme riche et puissant. Elle arrivera à faire accepter cette situation à son jeune amant, soutirera de l’argent à son protecteur, lequel finira par s’en rendre compte et la fera arrêter. Accusée de vol et de prostitution, elle sera déportée en Louisiane avec Des Grieux. Sur place, elle suscitera la convoitise de son géôlier. Une situation qui rendra fou de jalousie son amant qui finira par le tuer. Ils s’évaderont, s’enfuiront dans les marais. Malheureusement, elle tombera malade et va mourir dans ses bras.

L’histoire touchante de Manon va fortement inspiré le monde du ballet au XVIIIe et XIXe siècles. Le premier qui proposera sa chorégraphie sera Jean-Pierre Aumer en 1830. Le livret sera étudié et rédigé par Eugène Scribe. On peut dire qu’il a véritablement fait « entrer la danse » dans l’histoire car au Ier acte, on assistait à un ballet de l’Opéra de Paris avec des danseuses célèbres du passé comme La Camargo et Marie Sallé ; dans l’acte II Manon apprenait le Menuet afin de pouvoir faire son entrer dans le monde et les Salons les plus en vue.

La musique très raffinée et expressive de cette romantique version sera celle de Fromental Halévy.

De nos jours, la version dite de référence est celle de Kenneth MacMillan, dont la création eut lieu au Covent Garden de Londres en 1974. Il a signé la chorégraphie et le livret. C’est un ballet en trois actes pour lequel il choisira des musiques empruntées au compositeur français Jules Massenet . Pour l’aider dans ces arrangements musicaux, il fera appel à Leighton Lucas, ancien danseur des ballets russes, devenu chef et compositeur.

Tous deux feront un choix mosaïque fort judicieux avec différentes extraits empruntés à ce compositeur, curieusement non de son opéra Manon (1884), mais d’autres de ses œuvres lyriques comme Cendrillon – Thaïs – Chérubin – Don Quichotte, ainsi que d’autres puisés dans deux de ses Oratorios, des pièces pour piano et des Suites pour orchestre. Ce collage musical est vraiment un superbe travail car il a apporté une grande richesse à la danse.

MacMillan a repris l’essentiel du roman de l’Abbé Prévost : sa Manon est une jeune femme amorale qui perd sa dignité par peur de devoir retomber dans la misère de son enfance. Dans sa chorégraphie, il a bien cherché à montrer la différence des classes, entre la richesse bourgeoise et la grande pauvreté dans la France de l’époque où se situe l’histoire. Il a voulu donner différents aspects psychologiques à ses personnages afin de pouvoir contribuer activement aux exigences spécifiques du ballet narratif.

C’est un ballet inventif, divertissant, dramatique, avec un lyrisme tragique. Il y a un délicieux mélange de grâce et d’émotion. On a l’impression que MacMillan nous conte une histoire et il le fait de façon que l’on s’y attache facilement. Il a su merveilleusement évoqué la chute des amants depuis les étreintes passionnées du début de leur liaison, jusqu’à leur fin tragique.

Manon est un rôle brillant et superbe pour une danseuse. MacMillan a toujours voulu choisir des interprètes qui soient fraîches, spontanées, instinctives, qu’elles apportent leur propre personnalité pour que l’on puisse voir le personnages sous différents aspects. De grandes ballerines l’ont interprété : Darcey Bussel, Alessandra Ferri, Sarah Lamb, Sylvie Guillem, Jennifer Penney, Natalia Makarova … pour ne citer qu’elles.

(Vidéo : Jennifer PENNEY & Anthony DOWELL)

C’est un ballet qui est inscrit de façon permanente au Royal Ballet de Londres. Il est entré au répertoire de l’Opéra de Paris en 1990. Toutefois, en France, on a dû le rebaptiser L’histoire de Manon Lescaut car les héritiers du compositeur Auber avaient vivement protesté compte tenu que l’opéra de leur aïeul(1836) portait le même nom que le ballet de MacMillan.

(Vidéo : Sarah LAMB & Vadim MUNTAGIROV)

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