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Elisabeth d’Autriche (Sissi) …

SISSI Franz Xaver Winterhalter, 1865.
 » Portrait de Elisabeth d’Autriche  » par Frans Xaver WINTERHALTER

 » En 1853, le jeune François Joseph règne depuis quatre ans sur un empire qui vient de connaître une des plus graves crises de son histoire. Menacé d’implosion par le brutal réveil des nationalistes et la révolution de 1848, le pouvoir des Habsbourg n’a dû son salut qu’à la fidélité indéfectible de l’armée et aux divisions internes des différents mouvements révolutionnaires. L’autorité de l’État rétablie, il reste désormais à assurer la pérennité de la dynastie.

FRANCOIS JOSEPH 1856 Carl Lemmermayer
 » Portrait de François-Joseph  » par Carl LEMMERMAYER

Face à la menace qui font peser les ambitions prussiennes sur l’Autriche, le gouvernement de Vienne entend bien resserrer ses alliances avec les principautés allemandes. Une première négociation avec la Cour de Berlin échoue. L’archiduchesse Sophie se tourne alors vers les Wittelsbach qui règnent en Bavière. C’est la fille aînée d’une branche cadette de la famille, Hélène, qui est alors pressentie pour devenir la future impératrice. Les deux jeunes gens doivent se rencontrer pour l’anniversaire de François-Joseph. Mais celui-ci ne montre aucun intérêt pour sa promise. En revanche il tombe immédiatement sous le charme de la jeune sœur de celle-ci : Elisabeth, que tous, dans la famille, appellent Sissi. Elle n’a que 15 ans, il en a 23 et entend bien faire triompher ses sentiments. Durant le bal qui clôt la fête, il rend publiques ses préférences, n’accordant ses faveurs qu’à l’élue de son cœur. La fête terminée, il tient tête, pour la première fois de sa vie, à sa mère qui n’a plus qu’à s’incliner.

Le mariage est célébré huit mois plus tard le 24 avril 1854 en grande pompe à Vienne, en l’église des Augustins où officient une cinquantaine d’évêques. Les jours précédents Elisabeth a découvert sa nouvelle patrie, le palais de la Hofburg, puis le château de Schönbrunn, et la vie de cour fastueuse et quelque peu pesante où l’intimité est un luxe rare. François-Joseph, qui a grandi dans ce monde et a été éduqué pour être empereur, s’en accommode fort bien. Sissi, beaucoup moins, d’autant que sa belle-mère, qui la juge immature, a décidé de la chaperonner, créant ainsi de multiples frictions entre les deux.

Les premières années du couple semblent pourtant marquées par le bonheur avec la naissance de trois enfants Sophie en 1855, Gisèle en 1856, et Rodolphe en 1858. En outre, Sissi s’affiche ostensiblement aux côtés de son mari au cours des voyages officiels du Milanais à la Hongrie en passant par la Carinthie. Mais, en son for intérieur, elle souffre de son manque de liberté et de sa grande solitude. Accablé par les affaires d’État, François-Joseph consacre l’essentiel de ses journées à examiner ses dossiers et à recevoir des visiteurs.

SISSI et famille
Premier rang assises sur le canapé : Sissi et deux de ses enfants ( Rodolphe et Gisèle ) ainsi que l’archiduchesse Sophie et son époux l’archiduc François-Charles. Debout ( de gauche à droite ) François-Joseph ( empereur d’Autriche ) , Maximilien (empereur du Mexique ) et son épouse Charlotte de Belgique, Louis-Victor et Charles Louis les deux frères de François-Joseph

Sissi tente d’échapper aux contraintes et obligations du protocole en se ménageant des temps et des espaces de liberté. Sa belle-mère ne voit là que des caprices de jeune femme. Le conflit s’envenime en 1856 à la naissance de Gisèle. L’archiduchesse Sophie décide d’enlever ses enfants à Sissi pour les éduquer selon ses propres principes. La chose est inacceptable pour la jeune impératrice qui s’en ouvre à son mari. C’est là une des rares fois où François-Joseph défiera sa mère. Mais la victoire de Sissi sera de courte durée et aura un goût amer. Ne souhaitant pas se séparer de sa fille aînée lors d’un long voyage officiel en Hongrie, elle l’emmène avec elle. Or, la jeune Sophie y trouve la mort en 1857. L’impératrice est non seulement inconsolable mais également en proie à un profond sentiment de culpabilité. Aussi, lorsque naît, un an plus tard, l’héritier au trône, elle ne résistera pas à sa belle-mère qui élèvera Rodolphe.

A partir de 1860 le couple se délitera. Sissi pense que François-Joseph lui est infidèle et s’enferme de plus en plus dans son mal-être. L’anorexie en est la manifestation la plus évidente, mais également sa soif d’exercices physiques : longues chevauchées, séances de gymnastique. Elle manifeste, par ailleurs, des petits gestes provocateurs qui sont tout autant des manifestations de son désir de liberté : elle fume en public, ce qui fait scandale. Ce sont surtout les voyages qui lui permettent de recouvrer cette indépendance tant souhaiter. En novembre 1860, pour soigner une tuberculose qui vient de lui être diagnostiquer, elle s’installe six mois à Madère.A son retour, elle entame un bras de fer avec sa belle-mère sur l’éducation des enfants. Menaçant de quitter définitivement Vienne, elle obtient gain de cause.

Son influence grandissante culmine lors de la négociation du compris avec la Hongrie. La cause hongroise revêt par bien des aspects une dimension romantique qui plaît à Sissi. De plus elle a fait la connaissance, à Buda, du comte Andrassy, une des figures charismatiques du mouvement national hongrois, un aristocrate bel homme, et excellent cavalier. Condamné à mort par contumace en 1849 pour avoir participé à la révolte hongroise du «  printemps des peuples « , il a gardé de son exil parisien le surnom du « beau pendu » . L’impératrice se prend de passion pour la cause hongroise qu’elle voit au travers des yeux de cet homme qui, incontestablement, la séduit. Elle convainc l’empereur de recevoir Andrassy et argumente en faveur d’une large autonomie pour les Hongrois. Le 8 juin 1867, lors du couronnement de François-Joseph à Buda, elle est follement acclamée par la foule qui la considère comme «  la providence de la patrie « . Sissi le lui rend bien : en avril de l’année suivante, elle va s’arranger pour accoucher, en Hongrie, de son quatrième enfant, une fille prénommée Marie-Valérie, et elle effectue de longs séjours au château de Gödöllö que le peuple hongrois a offert au couple impérial, cadeau habilement choisi par Andrassy qui sait qu’Elisabeth a eu un véritable coup de foudre pour l’endroit.

COMTE ANDRASSY Gyula Andrassy par Gyula Benczúr
 » Portrait du Comte Andrassy  » par Gyula BENCZUR

Vienne l’ennuie et François-Joseph reste accaparé par les affaires de l’Empire. Elle va multiplier les séjours en Angleterre et en Irlande où elle s’adonne à la chasse et aux plaisirs équestres. François-Joseph se résigne à cette situation car Sissi est toujours présente lorsque le protocole l’exige.  » Nous sommes heureux ensemble parce que nous ne nous gênons ni l’un ni l’autre  » écrira t-elle … A partir de 1882 sa santé s’altère mais elle ne renonce pas aux chasses en Angleterre. Elle se passionne aussi pour la Grèce. Elle cherche par ses voyages à fuir Vienne, la Cour, mais aussi se fuir elle-même. La réalité se rappelle brutalement à elle le 30 janvier 1889 : ce jour-là son fils Rodolphe se suicide à Mayerling en compagnie de sa jeune maîtresse. Sissi est si effondrée qu’elle ne pourra assister aux obsèques de son fils. Elle suspend ses voyages durant plus d’un an, puis les reprend de plus belle. Ses incessantes pérégrinations lui seront fatales.

Le 9 septembre 1898, alors qu’elle se trouve en Suisse, elle décide de se rendre à Genève pour rendre visite à la baronne de Rothschild. Une indiscrétion du journal local révèle sa présence à l’hôtel Beau Rivage alors qu’elle voyage sous un pseudonyme. L’occasion est trop belle pour un jeune anarchiste italien, Luigi Lucheni. Il fait le guet devant l’hôtel et lorsqu’elle sort, il se jette sur elle et la poignarde une seule fois. Sissi se relève, marche quelques mètres avant de s’effondrer. On la ramène en urgence à l’hôtel, mais il est trop tard, l’arme a perforé le cœur. Apprenant la mort de sa femme, François-Joseph est pétrifié et laisse paraître son émotion en murmurant «  rien ne me sera donc épargné sur cette terre «  ….  » Philippe GRANDCOING ( Historien et écrivain français )

luigi lucheni
 » Luigi LUCHENI  » lors de son arrestation