Le côté architectural de MONET …

 » Les autres peintres peignent un pont, une maison, un bateau et ils ont fini. Je veux peindre l’art dans lequel se trouvent le pont, la maison, le bateau et la beauté de l’art où il sont.  » Claude MONET (Peintre impressionniste français)

Monet fut surtout un peintre des paysages, des ports, des bateaux, des jardins, mais très souvent dans l’une ou l’autre de ces toiles, on note la présence d’une construction : édifices célèbres ou simples petites cabanes sans importance, des escaliers, des clochers, des ponts de pierre, des églises, des cathédrales, des fermes, des toits ; aucun lieu n’a été similaire à un autre ( à moins de n’avoir été reproduit plusieurs fois dans des séries).

 » L’escalier  » Claude MONET

Toute sa vie durant, Monet a inséré quelque chose d’architectural dans ses tableaux. Il leur a donné un rôle, parfois insignifiant, parfois déterminant. Certains de ces édifices furent historiques et ont servi de regard sur le passé. Ils ont été peints là comme un contraste posé dans l’agitation et l’animation d’une ville moderne, comme un rappel du temps, parce qu’en les regardant on se souvient, mais aussi comme une justification de la présence de l’homme.

D’autres logent, abritent, protègent. Monet a été conscient de leur fragilité car exposés aux affres et caprices de la météo et des catastrophes naturelles. Il en a peu parlé finalement mais il a simplement évoqué le plaisir que ce fut pour lui de les peindre et aussi la difficulté que certains d’entre eux lui ont apporté. Il a bravé , en effet, bien souvent des conditions météorologiques assez difficiles, mais peu importe car il aimait ça.

On retrouve de l’architecture dans ses tableaux sur Paris, Argenteuil, Vétheuil, Rouen, le Havre, Antibes,  Londres, Bordighera, Venise mais aussi Amsterdam et Zaandan aux Pays-Bas :

NORMANDIE : Il n’est pas né en Normandie mais il y est arrivé enfant, et il a passé toute sa jeunesse là-bas. Par ailleurs, il finira sa vie à Giverny.

La Normandie va lui offrir de beaux motifs architecturaux diversifiés :  des villes (Le Havre, Rouen, Honfleur, Sainte Adresse, Trouville … j’en passe et des meilleures , qui se sont développées avec l’arrivée du chemin de fer et par voie de conséquence avec lui des touristes) , ports, phares, plages, falaises, côtes, campagne, ponts, villages, maisons, hôtels, cabanes abandonnées à flanc de colline, églises  etc…Comme toujours il se plante là affrontant parfois une météo difficile mais heureux.

« La chapelle de Notre-Dame-de-Grâce  » 1864 Claude MONET
 » Cabane du douanier/Varengeville » 1882 Claude MONET
MONET ET ARCHITECTURE LA PLAGE A TROUVILLE
 » La plage à Touville « – 1870  – Claude MONET
MONET LA GRANDE ALLEE A GIVERNY
 » La grande allée à Giverny  » – 1900 – Claude MONET 

La cathédrale de Rouen a fait partie de l’une des séries incroyablement célèbres et importantes dans l’oeuvre de Monet. Il a porté un grand intérêt à cet édifice qui représentait pour lui une sensibilité de ce passé auquel il est toujours resté attaché. Il arrive là en 1892, puis en 1893, toujours à la même époque, entre février et avril,  de façon à capter une lumière qui soit à peu près la même.

Il loue deux appartements qui se trouve juste en face de la cathédrale et dont les fenêtres lui donnent des points de vue différents à différentes heures du jour.  Une trentaine de tableaux immortaliseront la cathédrale Notre-Dame de Rouen. Il n’entrera dans l’édifice que deux ans plus tard, dix jours après avoir terminé son travail .

MONET CATHEDRALE DE ROUEN 1892 FACADE OUEST
 » La cathédrale de Rouen – 1892 – Claude MONET

PARIS : il a abordé le thème de la capitale , vers 1866/67, avec Le quai du Louvre et le Jardin de l’Infante . Une ville qu’il va aimer  » regarder d’en haut  » pour une perspective meilleure. Bien souvent, en effet,  il s’est placé sur une terrasse ou sur un balcon .Ayant obtenu une une autorisation du comte de Nieuwerkerke ( alors surintendant des Beaux Arts   ), il s’installait  sur l’un des balcons du Louvre ( avec dos tourné au musée ) afin d’avoir des vues magnifiques. Idem pour le boulevard des Capucines par exemple où il s’était positionné sur le balcon du photographe Nadar. Il attend le moment opportun qui permettra de donner vie et animation à ses toiles. Lorsque l’on en regarde certains, on a même l’impression que ce sont des photographies.

MONET ET ARCHITECTURE Quai_du_Louvre_1867
 » Le quai du Louvre  » – 1867 – Claude MONET
MONET LE PONT NEUF 1871
 » Le Pont-Neuf  » 1871 – Claude MONET

On ne peut pas dire qu’il ait beaucoup apprécié la ville elle-même , parce qu’il n’ y a finalement passé que de brefs séjours . Il a nettement préféré la banlieue en bords de Seine, mais il n’a pas détesté se promener le longs des quais, flâner dans certains quartiers comme celui du   boulevard des Capucines , les Tuileries, le Parc Monceau, le Pont Neuf, le Pont de l’Europe, le Panthéon, la coupole du Val de Grâce, la rue Montorgueuil , la rue Saint Denis et bien sur la gare St Lazare toute de verre et d’acier. Il a passé son enfance et son adolescence au Havre et lorsqu’il est revenu pour la première fois à Paris, il avait 19 ans, peu d’argent en poches : la ville qui l’avait vu naître était alors en pleine effervescence : on démolissait, on reconstruisait, ce n’était plus le Paris  d’autrefois, ni encore le nouveau car le projet Haussmann battait son plein.

Le quartier de l’Europe avec son célèbre pont métallique et la gare Saint-Lazare toute de verre et d’acier vont le fasciner ( surtout la gare ) – Il fait une demande à la direction ferroviaire ( qu’il obtiendra ) pour pouvoir s’installer à l’intérieur même de la gare. De même qu’il loue un atelier non loin de là pour pouvoir la peindre en extérieur. Il le fera à différentes heures de la journée afin d’obtenir une grande diversité d’effets de lumière. Il peindra les machines, les quais, les réverbères, les entrepôts de marchandises, les panneaux de signalisation, et les nuages de vapeur sortant des locomotives aussi.  Chaque tableau fait sur la gare Saint Lazare est différent de l’autre, une oeuvre d’art à part entière comme il l’a souhaité d’ailleurs. Un jour c’est dans l’un de ces trains qu’il partira pour toujours loin de Paris pour s’installer définitivement à Giverny.

MONET 1877 LE PONT DE L EUROPE ET LA GARE ST LAZARE
 » Le pont de l’Europe – Gare Saint Lazare  » – 1877 Claude MONET
MONET LA GARE ST LAZARE 1877 ARRIVEE D UN TRAIN EXTERIEUR
 » Arrivée d’un train – Gare Saint Lazare extérieur  – 1877 – Claude MONET

ARGENTEUIL  : Monet  aimé la banlieue qui  lui a offert une grande variété de motifs. On peut dire qu’il y a eu une évolution importante et évidente entre Argenteuil et Vétheuil. C’est en 1871 que Monet s’installe à Argenteuil ( 15 kms environ de Paris ) avec sa famille. L’endroit est  en pleine évolution, d’un côté on trouve la  campagne, de l’autre  la ville  qui souhaite regarder vers le futur, vers la modernité. La population a doublé car beaucoup de parisiens ont fait le choix de venir s’y  » réfugier  »  durant le bouleversement des travaux d’Haussmann. Monet va rester sept ans à Argenteuil .

Il y a beaucoup à voir et à peindre. Il s’attardera sur les fameux ponts , qui avaient été démolis durant la guerre de 1870 et qui étaient en reconstruction. Le premier est ferroviaire en fer et béton plutôt moderne, et le second routier est plus traditionnel. Mais la sérénité de la campagne environnante, baignée parfois de soleil, va l’attirer également, tout comme les rues ou les boulevards avec des bâtiments très anciens qui apparaissent dans certaines de ses toiles

MONET ARGENTEUIL LE PONT DE BOIS 1872.jpg
 » Le Pont de bois/ Argenteuil « – 1872 –  – Claude MONET

VETHEUIL : Il s’installe là en 1878 alors que sa vie est traversée par de gros soucis financiers et que la santé de sa femme Camille donne bien des inquiétudes . Il a deux enfants.  Il  loge dans une maison, route de Mantes,  où se trouve la famille Hoschedé. Ce qui va beaucoup attirer Monet dans ce petit village, c’est l’église Notre-Dame, classée monument historique en 1845. Sa construction date du moyen-âge et le clocher est magnifique .

Le village, lui aussi, a retenu son attention. Pour ce faire il s’est souvent positionné sur l’autre rive de la Seine afin d’avoir un point de vue plus dominant pouvant lui offrir  une vue du village dans sa globalité ainsi que son reflet sur l’eau.

village scene with church oil on canvas
 » Église de Vétheuil  » – 1878 – Claude MONET

VENISE : la Sérénissime lui a offert beaucoup d’opportunités d’un point de vue architectural  parce qu’elle offre énormément de constructions . Il s’est rendu là-bas en 1908 avec Alice sa seconde épouse sur une invitation de leur amie Mary Hunter. Si Monet n’aimait pas trop quitter son Giverny, Alice fut très heureuse de ce voyage . Un grand nombre de ses amis s’étaient déjà rendus à Venise  et lui en avait parlé. Ils arrivent en train et logeront d’abord chez leur amie puis à l’hôtel Britannia.

Ce n’est pas tant le quantitatif de tableaux ( 37 au total  dont une grande partie du palais des Doges)  qui a compté pour ce voyage, mais le qualitatif car chacun d’entre représenteront des images qui resteront de merveilleux souvenirs. Un grand nombre  de ces toiles furent commencées sur place et terminées en atelier plus tard   »  Bien que je sois enthousiasmé par Venise et que j’ai commencé quelques toiles, je crains bien de ne pouvoir rapporter que des commencements qui seront uniquement des souvenirs pour moi. » – 29  feront l’objet d’une exposition à Paris.

Il se levait assez tôt, vers 6 h du matin semble t-il, pour travailler au gré des heures et de la lumière, par tranche de 2 h,  soit en peignant sur place ou depuis la fenêtre de son hôtel : San Giorgio Maggiore, San Marco, le palais des Doges, les palais de la lagune.

Lorsqu’ils quitteront Venise, ils feront le voeu d’y revenir … Malheureusement Alice va mourir en 1911.

MONET LE GRAND CANAL 1908
 » Le Grand Canal  » – 1908 – Claude MONET

LONDRES : Il s’est rendu à Londres en 1870 fuyant la guerre franco-prussienne en France. La ville  a eu alors un gros impact sur lui et, comme il l’avait souhaité, il est revenu  des années plus tard en 1887/ 1899 / 1900 et 1901. Les maisons de briques rouges rencontrées lors de ses promenades, le Pont de Waterloo, celui de Charing Cross, Westminster et le Parlement ont été des sujets fascinants pour lui surtout avec les effets de lumière et des variations atmosphériques (brouillard, brume, pluie) dans lesquels baignaient ces édifices lors des changements de météo, saison et heure, sans oublier les différents reflets sur l’eau.

Lorsqu’il revient en 1899 il est installé avec son épouse à l’hôtel Savoy. La fenêtre de sa chambre lui déroule un spectacle incroyable sur la Tamise, différents célèbres édifices de la ville, ainsi que sur  des usines fumantes  se trouvant sur une autre rive. Comme il a eu souvent l’habitude de faire, il commence ses tableaux sur place et les finit en atelier une fois retourné en France.

MONET LA TAMISE ET LE PARLEMENT
 » La Tamise et le Parlement  » – 1871 env. – Claude MONET

BORDIGHERA ( Italie ) : C’était à l’époque un petit village sur une colline, non loin de la frontière. Il arrive là en 1884 et va y rester trois mois. Il dira que c’est vraiment un endroit féérique : il y a le village, les villas environnantes ( Bischoffsheim, Garnier etc..) , la ligne de chemin de fer. Il part explorer toute la région, faire des randonnées en montagne, dans la vallée de la Nervia où il rencontrera un beau château médiéval, un vieux pont, des villages anciens haut perchés, des églises de pierre etc…

MONET VUE DE BORDIGHERA 1884
 » Vue de Bordighera  »- 1884 – Claude MONET
MONET ET ARCHITECTURE 1884 DOLCEAQUA LE VIEUX PONT SUR LA NERVA
 » Dolceacqua, le vieux pont sur la Nervia  » – 1884 – Claude MONET

ANTIBES : le voyage en Italie sera une occasion de se rendre sur la Côte d’Azur et plus particulièrement à Antibes, ville ancienne fondée par les phéniciens vers 600 avant J.C. – Depuis son hôtel au Cap d’Antibes, il peint des nouveaux paysages pleins de lumière avec la mer bien sur, mais aussi les remparts, le Fort Carré, la Garoupe, et toutes les fortifications d’une autre époque qui seront d’excellents sujets pour sa peinture. Il les réalise en ce rendant sur place, depuis certains jardins, de la plage ou de son hôtel.

MONT LE FORT ANTIBES EFFET APRES MIDI 1888
 » Antibes – Effet après-midi  » 1888 – Claude MONET

LES PAYS-BAS : il se rend dans ce pays avec Camille et leur enfant et se pose à Zaandam un centre industriel ( il visitera également Amsterdam ).  Il va y peindre plus d’une vingtaine de toiles dans lesquelles on peut y voir notamment des moulins à vent et des maisons dotées de belles couleurs, des ruelles, des ponts.

MONET MOULINS A WESTZIJDERVELD PRES DE ZAANDAM 1871
 » Moulins à Westzijderveld près de Zaandam – 1871 – Claude MONET

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