Musicalité & Danse …

 » Vous entendez souvent dire d’une chorégraphie qu’elle est musicale. Généralement on entend par là qu’elle est rythmique, en mesure. Sans parler de la tentation de faire des pas sur des notes. Beaucoup de chorégraphes ne discernent pas la structure de la musique, con caractère profond. Il ne faut pas nécessairement savoir jouer d’un instrument, ni même savoir déchiffrer une partition pour faire un ballet. Il faut, en revanche, connaître la musique de manière sensible et la vivre totalement, pas comme un simple soutien rythmique, ni comme un bain émotionnel général. La musicalité, c’est vivre la musique en la ressentant pleinement, en étant totalement investi par elle, par son caractère, en la laissant vous pénétrer jusqu’à la moelle. « Jiri KYLIAN (Danseur et chorégraphe tchèque)

Photo de Jack DEVANT avec Sabina YAPPAROVA & Marat SHEMIUNOVBallet « Multiplicity. Forms of Silence and Emptiness « (Formes du silence et du vide) /Passage Le compositeur)

Histoire de ballet : LAURENTIA …

Vaktang CHABUKIANI

Vidéo : Acte I ( le rideau se lève à 1.32) – Natalia OSIPOVA et Ivan VASILIEV – Avec le CORPS DE BALLET du  Théâtre Impérial Mikhailovsky de Saint Pétersbourg.)

Laurentia est un ballet qui fut créé en 1939 par le chorégraphe georgien Vakhtang Chabukiani d’après la pièce de Lope de Vega : Fuente Ovejuna. La version donnée de nos jours a totalement écarté la partie soviétique  qui était de mise à l’époque dans la chorégraphie originale . Désormais, elle se penche davantage dans l’atmosphère et l’intrigue de la pièce, tout en respectant bien sur le travail de Chabukiani, les costumes, les danses espagnoles et notamment la Jota. La musique est de Alexander Crain.

L’histoire raconte la révolte de Fuente Ovejuna. Laurentia, une jeune paysanne, aime Fondoso. Ils sont fiancés. Tous deux sont très amis avec le jeune commandeur Mengo Fernando Gomez. Un jour, ce dernier fait des avances à Laurentia et essaie même d’abuser d’elle. Elle est sauvée par Fondoso qui menace Gomez avec une arbalète. Le commandeur s’échappe, mais revient quelques temps plus tard pour condamner le jeune homme. Le village, poussé par Laurentia, va se révolter contre cette décision. Tous s’uniront pour se rendre au château y mettre le feu , libérer Fondoso et tuer le commandeur.

C’est une chorégraphie fort bien menée, énergique,  imaginative, enthousiaste, brillante. La danse se mêle à l’histoire sans interruption, les pas de deux sont romantiques et pleins de tendresse, les pas d’ensemble superbes eux aussi tout comme les solos , les danses folkloriques espagnoles spectaculaires et fougueuses. On assiste également à des jetés, portés  et des sauts assez incroyables.

( Vidéo : Acte II (le rideau se lève à O.14 – Natalia OSIPOVA et Ivan VASILIEV – Avec le CORPS DE BALLET du  Théâtre Impérial Mikhailovsky de Saint Pétersbourg.)